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Il ne faut jamais avoir peur quand on rêve d'une vie meilleure ✧ Thalia :: Extension Charm :: Flash Back
Adèle de Lestang
Adèle de Lestang
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Adèle de Lestang
Sam 4 Avr - 21:33

 

Il ne faut jamais avoir peur quand on rêve d'une vie meilleure

— Thalia & Adèle

La valeur de l’argent ce n’était pas quelque chose dont on avait conscience quand on vivait dans un milieu fortuné. Et ça depuis qu’Adèle avait claqué la porte au nez de sa famille, c’était quelque chose qu’elle devait apprendre. S’il y avait bien une chose dont elle n’avait jamais manqué jusqu’à présent c’était bien d’argent. Si à l’intérieur de sa famille, elle avait bien compris être la personne non desiderata, ce n’était pas la même chose à l’extérieur où il fallait bien sûr sauver les apparences. Ainsi la jeune femme à défaut de bénéficier d’amour dans sa famille, avait bien profité de l’argent mis à sa disposition. C’était ainsi que certains avaient pu penser à tort à la vie de princesse qu’elle pouvait avoir. Il ne suffisait pas de porter la tenue pour en être une et jusqu’à présent elle avait toujours pensé non pas vivre dans un château, mais dans une cage dorée. Elle avait toujours dépensé sans compter, avait l’habitude de se vêtir de tenues coûteuses, de choisir ses effets personnels parmi les références les plus onéreuses, de bien sûr se fournir en matériel haut de gamme et surtout de ne pas vraiment faire attention à la quantité. Elle n’avait jamais appris à économiser et ne savait pas ce que c’était que de se retrouver dans le besoin.

Et puis le jour était venu où elle avait dû choisir entre sa liberté et l’argent. L’aspect financier, c’était la seule chose qui l’avait maintenue attachée à sa famille. Majeure, elle était libre de faire ce qu’elle souhaitait oui, mais sans un gallion, elle n’irait pas très loin. Aussi avait-elle élaboré un plan pour s’émanciper. Poursuivre ses études et décrocher le boulot de ses rêves pour s’assumer seule financièrement. Avec son niveau scolaire, elle le savait, elle n’aurait aucun mal à trouver un hôpital pour l’engager. Le plan était tombé à l’eau lorsque son beau-père lui avait trouvé un crétin prêt à l’épouser et lui avait ordonné de mettre fin à ses études, le tout par simple lettre sans même se donner la peine de savoir si elle allait bien. Sa mère ? Absolument aucune réaction… Fidèle à elle-même, une ombre incapable de prendre sa défense. Alors elle avait choisi la liberté. Oh bien sûr, elle s’attendait parfaitement à ne plus voir aucune rentrée d’argent apparaître dans son coffre. Cela ne l’avait pas surprise, il fallait faire attention voilà tout. Facile à dire… Adèle ne souhaitait pas que son soudain changement de statut se sache. Les personnes informées se comptaient sur les doigts d’une main. Elle avait donc continué à maintenir les apparences et à poursuivre un train de vie qui ne suivait pas vraiment avec ses finances, malgré elle. Elle n’était pas idiote, elle avait vite appris à regarder les prix des choses qu’elle achetait et à se rendre compte qu’elle ne tiendrait jamais comme ça. Son amie Anjelica lui avait alors proposé un petit job au Thestral motor et ça lui avait permis de souffler. Il était en effet hors de question de revenir sur sa décision et de rentrer tête basse en France à passer le reste de son existence à déprimer.

Aujourd’hui, c’était un nouveau défi qui s’annonçait pour elle. Adèle avait décidé de faire ses achats de rentrée scolaire. Encres, plumes et parchemins n’avaient pas spécialement posé problème, en revanche elle découvrait les prix des manuels scolaires et là ce n’était plus la même chanson. Elle ne se voyait pas faire un détour par le garage pour demander une avance à Anje. Le problème ce n’était pas le salaire, c’était elle qui s’y prenait comme un manche pour gérer son budget. Elle fixa la liste des ouvrages obligatoires et les quelques autres optionnels conseillés pour ceux qui souhaitaient s’avancer. Autrement dit vu la classe de boulets en médicomagie, ceux qui avaient un niveau avancé pourraient se perfectionner. Oui mais voilà, tout ça augmentait considérablement la facture finale. Elle fixa l’un des ouvrages optionnels qu’elle aurait aimé acheter. Juste avant, elle s’était aventurée discrètement dans le rayon des livres de seconde main, espérant ne croiser personne, mais il n’y était pas. Peut-être serait-il disponible à l’emprunt à la bibliothèque de Poudlard ? Ou alors elle pouvait toujours l’acheter plus tard ? Mais où diable était passé tout son argent ? Dans les apparences… Fallait-il vraiment faire un choix entre les apparences et ses études ? Et comment ferait-elle si elle n’était pas capable de mettre de l’argent de côté pour se trouver un logement l’été prochain ? Cet été, elle avait pu compter sur le ministère, il n’en serait pas de même l’année prochaine. C’est vrai que ses amies ne la laisseraient sans doute pas dans la misère, mais elle ne voulait pas être un fardeau pour quelqu’un. Adèle voulait payer sa part, elle voulait réussir à s’assumer elle-même, mais là elle était très mal partie et ne savait absolument pas comment rectifier le tir. Elle qui se revendiquait indépendante, s’étalait de tout son long devant la cage aussitôt la porte ouverte. Bref elle avait pris un mauvais départ, elle devait trouver une solution pour s'en sortir. En attendant, elle avait beau recalculer, les prix sur les étiquettes n’ayant pas changé entre temps, elle ne pouvait toujours pas ajouter ce livre dans la pile de ses achats. Elle soupira résignée se préparant à remettre l’ouvrage à sa place. Elle releva alors la tête et reconnut la sœur de sa meilleure amie.

- Salut Thalia ! Tu vas bien ?

Et oui la rentrée approchait et bien sûr qu’elle n’était pas la seule à effectuer ses achats pour Poudlard.

MAY



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Thalia Carrow
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Thalia Carrow
Mar 14 Avr - 0:15
Il ne faut jamais avoir peur quand on rêve d'une vie meilleure
Thalia & Adèle

« Half my life is books, written pages. Live and learn from fools and from sages. You know it's true. All these feelings come back to you »
La rentrée scolaire arrivait à grands pas et cela impliquait un certain retour à la normale. Rien n’avait été normal durant l’été, il fallait que je l’avoue. Cependant, rien n’avait été normal dans ma vie depuis plus de trois ans. J’avais vagabondé à gauche, à droite, au gré de mes envies durant deux ans, sans tenir compte des jours fériés, des horaires de cours ou bien les couvre-feux. J’avais dû m’adapter à mon retour pour réintégrer tout ça à mon horaire. L’adaptation avait été assez simple avec l’aide de quelques compagnons de cours. Une chose m’avait trotté en tête durant l’année, qu’est-ce que j’allais faire durant l’été? Avant d’aller à l’université à l’automne dernier, j’avais habité chez Eliael pendant quelques jours, le temps de ramasser ce dont j’avais besoin pour l’école et partir étudier. Je ne voulais pas m’imposer chez mon mentor plus qu’il ne le fallait alors je m’étais dit que j’allais me trouver un petit appartement et travailler dans une boutique du chemin de Traverse, pourquoi pas. Malheureusement, ou heureusement selon les points de vue, les circonstances ont fait que je n’ai pas eu besoin de le faire. Nous avons tous été confinés près d’un lac pour y passer l’été gratuitement. J’avais eu de la chance. L’argent que j’avais pu économiser au fil du temps allait se rentabiliser.

Quand j’étais partie de chez mes parents, j’avais dû me débrouiller pour subvenir à mes besoins et j’avais dû me trouver des emplois un peu partout où j’allais. J’avais fait aller et j’étais même assez fière de moi. J’étais capable de me gérer, comme une grande fille. Pas besoin d’un homme pour me gérer, me dire quoi faire et surtout pour gérer mon portefeuille. Cette année ne serait pas différente, gestion de portefeuille. Le début de l’année scolaire arrivait, ce qui voulait dire de nouveaux achats de manuels, de parchemins et d’autres matériels. C’est donc avec tout ça en tête que j’avais commencé mes achats de première nécessité. Mes robes et autres morceaux d’uniformes m’allaient encore très bien donc pas besoin d’en acheter de nouveaux. J’allais avoir besoin de quelques chaussettes, ce qui n’était pas un grand problème. Mes vêtements normaux étaient tous bons, j’avais des jeans, des t-shirts et des pulls pour survivre un bon moment encore. Côté matériel scolaire, il me restait encore quelques rouleaux de parchemin, mais je n’en avais pas assez pour l’année, alors j’étais allée en acheter, avec quelques plumes et de l’encre. La seule chose qui me manquait vraiment, c’étaient mes manuels de cours. - Salut Thalia ! Tu vas bien ? Je suis sortie de mes pensées en entendant quelqu’un prononcer mon nom. J’ai regardé autour et c’est là que je l’ai vue, tout près. Adèle était à côté de moi, voulant probablement s’acheter du matériel pour ses cours aussi. J’ai souris à la blonde, contente de la revoir. Il y avait longtemps que nous ne nous étions pas parlés. Elle était la meilleure amie de ma sœur et je devais avouer qu’elle m’avait beaucoup aidée à me réconcilier avec Hestia. J’avais un énorme respect pour elle. Elle était la preuve, tout comme ma sœur, que le stéréotype que Serpentard était la maison des mauvaises graines était faux.

«Salut Adèle ! Je suis contente de te voir. Comment tu vas ? T’as eu un bel été ? »

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Adèle de Lestang
Lun 20 Avr - 23:14

 

Il ne faut jamais avoir peur quand on rêve d'une vie meilleure

— Thalia & Adèle

De tous les gens qu’elle aurait pu croiser, Adèle était contente d’être tombée sur la Rouge et Or. Oh ça, elle n’aurait vraiment pas aimé tomber sur un des crétins de sa classe qui avaient eu leur année, on se demandait encore comment. Il fallait sûrement remercier le Blood Circle pour ça. Non franchement, ça l’aurait gonflée de parler des ouvrages qu’elle ne pouvait pas acheter avec la débile du fond qui n’arrivait pas à retenir plus d’une consigne à la fois. Et ça aurait été pire de voir un neuneu acheter un de ces livres optionnels, un vrai gâchis de son point de vue. La Française appréciait Thalia, même si leur relation s’était construite sur une demande qui aurait pu lui faire perdre l’amitié de sa sœur. Elle aurait pu refuser, c’est vrai qu’Adèle n’était pas vraiment ce qu’on pourrait appeler quelqu’un de serviable. Elle qui ne faisait jamais rien sans rien, Thalia était son exception. En effet, Adèle n’avait jamais rien demandé à l’aînée de Carrow en échange des informations sur le bien-être de sa sœur. Elle avait accepté parce que l’histoire des sœurs faisait écho à celle de sa mère et de son oncle et dans un sens ça l’avait touchée. Maintenant toute cette histoire était derrière elles et Adèle n’était plus obligée de cacher à sa meilleure amie qu’elle était en contact avec sa sœur pour la rassurer sur son état. Plus d’animosité et de rancoeur entre les sœurs Carrow, comme quoi la vie pouvait être clémente aussi. Adèle s’était bien évidemment excusée auprès de son amie et Merlin sait que les excuses ce n’était vraiment pas son fort. Son amitié avec Hestia était bien plus forte que sa fierté, elle n’avait pas hésité une minute. Quant elle voyait comment la relation des deux filles avait évolué, elle ne regrettait pas tant que ça son choix.

- Je vais bien merci ! Quant à mon été, hum on va dire que c’était plutôt particulier cette année…

Particulier ce n’était rien de le dire et pourtant à bien y réfléchir, malgré la situation c’était sûrement le meilleur été de sa vie. Elle l’avait passé loin de sa famille, par la force des choses au vu de l’actualité, mais aussi par son choix. La vérité c’était qu’elle n’y retournerait jamais et ça, le jour où elle l’avait réalisé, elle avait senti un énorme poids la quitter. Donc forcément, passer l’été sans sa peste de demi-sœur, sans son beau-père ignoble et sa mère indifférente, rien que ce paramètre plaçait cet été en première position. Ensuite elle avait trouvé un petit travail dans le garage de celle qu’elle considérait comme sa grande sœur. Elle n’aurait pas pu rêver mieux comme premier emploi pour éviter de couler suite à son changement radical de situation. Sur son temps libre, elle s’était déjà bien évidement avancée sur le programme de deuxième année de médicomagie. Après tout même si les choses se passaient mieux avec sa cousine, Adèle ne renonçait pas à la concurrencer et elle était certaine que celle-ci avait fait la même chose qu’elle. Enfin, elle avait continué à passer du temps avec Hestia. Même si leur idée de voyage dans un pays exotique était tombée à l’eau à cause des moldus et de son budget très réduit, hors de question de ne pas se retrouver. Elles avaient bien sûr parlé un peu de Thalia, parce que ce qu’Adèle avait fait, la jeune femme l’avait fait trois ans plus tôt. Elle n’avait jamais osé dire à son amie qu’elle admirait sa sœur d’avoir ainsi brisé les chaînes de sa famille. Adèle s’était souvent demandée comme elle avait tenu le coup. Oui parce qu’elle passait certes le meilleur été de sa vie, elle n’en restait pas moins en galère à se demander comment éviter d’y perdre trop de plumes. C’était peut-être le moment de mettre sa fierté de côté et d’interroger la Gryffonne. Celle-ci ne la jugerait pas, c’était une évidence puisqu’elle savait ce qu’elle vivait.

- Je ne pense pas qu’Hestia t’en ait parlé, quoique ça aurait de bonne guerre vu nos échanges à son propos, commença-t-elle dans un sourire, mais j’ai quitté ma famille. Tu ne seras pas très étonnée d’apprendre que mes raisons sont semblables aux tiennes, les familles de sang-pur ne font pas vraiment dans l’originalité…

Toute sa vie, elle avait accepté de se plier aux règles et aux préceptes rigides de sa famille. Elle avait sans cesse eu la pression sur ses épaules et toujours cette lourde responsabilité de faire honneur à sa famille. La goutte d’eau avait été lorsqu’on avait voulu lui prendre définitivement sa liberté et ses rêves, lorsqu’on avait voulu lui voler son avenir pour le donner à un inconnu. Alors même si elle se doutait des conséquences, elle avait mis fin à tout ça.

- Évidemment, dès ce moment, j’ai cessé d’exister de l’autre côté de la Manche et mon coffre a cessé d’être alimenté… Je m’y attendais bien sûr, j’aurais été bien stupide d’espérer que ce ne soit pas le cas. Du jour au lendemain, comme ça, ça fait... bizarre et… hum… ce n’est vraiment pas facile tous les jours.

Elle avait baissé la voix en avouant ces derniers mots et détourné le regard. Ce n’était pas évident de reconnaître ses difficultés, même à quelqu’un qui était aussi passé par là.

- Je ne sais pas comment tu as fait pour affronter ça...


MAY



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Thalia Carrow
Ven 24 Avr - 20:39
Il ne faut jamais avoir peur quand on rêve d'une vie meilleure
Thalia & Adèle

« Half my life is books, written pages. Live and learn from fools and from sages. You know it's true. All these feelings come back to you »
J’avais toujours aimé la période juste avant la rentrée scolaire. Il y avait une sorte de fébrilité dans l’air. Il y avait l’anticipation des nouveaux enseignants, l’excitation de reprendre certaines matières que nous adorions, l’essaie de nouvelles matières pouvait aussi être une source d’excitation. Nous voulions tous revoir nos amis, reprendre nos habitudes et pour certains le retour à la compétition, amicale ou non, pour les résultats scolaires et surtout pour nos maisons. Quelle était la meilleure maison? C’était LA question qui importait pour beaucoup de jeunes sorciers chaque année. Qui allait gagner? Qui allait finir dernier? Dans d’autres cas, plusieurs s’en foutaient royalement. Personnellement, je me retrouvais entre ces deux extrêmes. J’étais fière d’être Gryffondor, fière d’être dans cette maison qui inspirait tant. Oui le courage, oui la hardiesse, la force et la détermination. Nous nous flattions tous en nous disant que nous avions toutes ces caractéristiques en nous, à différents degrés. Par contre, pour ce que j’avais vu à travers les années, c’est que ce n’était pas nécessairement le cas. Si tu voulais vraiment être dans une maison, tu le pouvais. Dans tout ça, moi, ce qui me plaisait le plus, c’était d’aller me promener sur le Chemin de Traverse et croiser les différents commerçants, des amies ou des collègues de cours. C’était encore mieux quand le soleil était de la partie et c’était le cas ce jour-là. Tout était en place pour passer une belle journée. Adèle était la première amie que je croisais durant mes courses du jour. Souriante, je lui avais demandé comment s’était passé son été et à voir la tête que la blonde a faite, j’ai sourcillé un peu. « Je vais bien merci ! Quant à mon été, hum on va dire que c’était plutôt particulier cette année… » J’avais sourcillé, mais en y repensant bien, la plupart des sorciers avaient eu un été particulier. Après tout, nous étions plusieurs à avoir passé nos vacances près du lac d’Ullswater. Dans mon cas, ça m’avait arrangé pas mal. Je n’avais eu à peu près aucune dépense et je n’avais pas eu à payer de loyer. Plusieurs étudiants étrangers avaient dû rester loin de leur famille et ça avait été une période assez difficile pour eux. J’avais de la peine pour ces gens-là. Je devais même avouer que je les enviais un peu. Après tout, ils avaient une famille qu’ils aimaient au loin, une famille qui leur manquait, à qui ils écrivaient régulièrement et qui leur envoyait de petits cadeaux pour tenir le coup dans cette séparation forcée.

Moi, je n’avais que ma sœur. Ça me suffisait, mais avoir une vraie famille aimante qui ne m’aurait pas renié était quelque chose que j’aurais voulu avoir. Malheureusement, nous ne choisissions pas notre famille et c’est ce qui faisait que moi, j’en étais sortie gagnante de cette isolation, mais ce n’était pas le cas de tout le monde. Je devais garder tout ça en tête, toujours.« Je ne pense pas qu’Hestia t’en ait parlé, quoique ça aurait de bonne guerre vu nos échanges à son propos, commença-t-elle dans un sourire, mais j’ai quitté ma famille. Tu ne seras pas très étonnée d’apprendre que mes raisons sont semblables aux tiennes, les familles de sang-pur ne font pas vraiment dans l’originalité… » Alors que j’écoutais ce que la Serpentard me racontait, j’ai essayé de cacher ma surprise du mieux que je le pouvais. Au départ, j’avais hoché la tête à la négative, lui faisant comprendre que ma sœur ne m’avait pas parlé d’elle durant nos rencontres estivales. Quand Adèle m’a expliqué qu’elle avait quitté sa famille, comme je l’avais moi-même fait un peu plus de trois ans plus tôt. Ce n’était pas quelque chose de facile à faire. C’était comme se lancer d’un avion sans savoir si nous avions un parachute fonctionnel sur le dos. Ça nous laissait donc deux options : soit on s’écrasait au sol, soit on atterrissait en douceur après une chute plus qu’effrayante. Bon, c’était un truc typiquement moldu que j’avais vu quand je m’étais promené à droite et à gauche quand j’étais partie de chez mes parents. Franchement, je les considérais complètement fous de vouloir faire ça. Qui est assez idiot pour se lancer d’un avion? De toute façon, ce n’était pas du tout le point de notre conversation. Elle avait franchi le cap et elle avait dit les bons mots, les familles sang-purs étaient trop conservatrices pour faire autre chose que ce qu’elles savent faire de mieux, c’est-à-dire être complètement stupides.« Évidemment, dès ce moment, j’ai cessé d’exister de l’autre côté de la Manche et mon coffre a cessé d’être alimenté… Je m’y attendais bien sûr, j’aurais été bien stupide d’espérer que ce ne soit pas le cas. Du jour au lendemain, comme ça, ça fait... bizarre et… hum… ce n’est vraiment pas facile tous les jours.» La voix d’Adèle avait baissé énormément et son regard était allé se perdre plus loin. Juste avec ces deux signes, je pouvais voir que ça lui prenait beaucoup de courage pour m’avouer tout ça. En même temps, je me disais que j’étais une des personnes qui pouvait très bien comprendre ce qu’elle m’expliquait. J’étais moi-même passée par là il y a de ça quelques années et j’avais dû adapter mes routines énormément. Ça avait pris du temps, des sacrifices et plusieurs mois, mais j’y étais arrivée. Maintenant, j’étais très fière de comment je me débrouillais. « Je ne sais pas comment tu as fait pour affronter ça... » Les yeux remplis de compassion et de fierté, j’ai doucement pris le poignet de la blonde entre mes doigts pour lui donner un peu de force.

« Je vois. Ils voulaient que tu te maries j’imagine ? C’est ce qui m’a fait foutre le camp de chez moi en tout cas. »

J’ai levé les yeux au ciel devant cette imbécilité. Nous étions en 2019 par Merlin! Comment pouvaient-ils penser que de jeunes sorcières allaient accepter de se marier à un sorcier qu’elles n’aimaient pas et surtout, un pur inconnu? Je détestais ces coutumes sorcières. Les moldus s’étaient débarrassés de ces idées arriérées il y a de ça des dizaines d’années! Pourquoi nous ne le pouvions pas? Si d’autres sorcières faisaient comme Adèle et moi peut-être allions revirer la vapeur.

«Oh, ça n’a pas été facile au début, je te jure. Je voulais explorer. J’ai vidé mon compte à Gringotts, mais je me suis trouvé des petits boulots partout où j’allais pour payer mes logements. J’ai servi de la bièrraubeurre, j’ai lavé des tables et un paquet d’autres petits boulots. J’ai pu économiser un peu. »

Je me rappelais ces différents boulots. Même si ce n’était pas super gratifiant d’essuyer de la bièrraubeurre séchée sur des comptoirs, j’avais rencontré des gens que j’avais adorés. Bon, il y avait eu des cons, il y en avait partout de ça de toute façon. Par contre, de l’autre côté, j’avais encore des contacts en Russie, en France, en Espagne et dans plusieurs endroits. Si besoin, je pourrais toujours me tourner vers eux, au cas. J’ai rapidement sorti ces souvenirs de ma tête pour me concentrer sur Adèle qui ne semblait pas en mener large. Il y avait une question essentielle que je devais lui poser.

«Comment ça s’est passé ? Tu tiens le coup ? »

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Adèle de Lestang
Jeu 30 Avr - 14:31

 

Il ne faut jamais avoir peur quand on rêve d'une vie meilleure

— Thalia & Adèle

L’été, c’est vrai avait été particulier pour tout le monde. Les attaques du Blood Circle n’avaient laissé personne indifférent et Adèle n’avait pas vraiment échappé à ça. Cela l’avait profondément affectée, mais avec l’aide d’Hestia et de sa cousine, elle avait décidé d’affronter une chose à la fois. Alors oui, elle n’avait pas pu rentrer en France, mais en fait tant mieux. Oui elle avait peur des moldus, et oui ce ne serait sans doute pas la dernière fois qu’une attaque de ce genre se produisait. Il lui faudrait sûrement apprendre à gérer, à se défendre, à répliquer, elle apprendrait tout ça, oui mais une chose à la fois. D’abord elle avait voulu régler les problèmes que sa famille lui avait collé. A quoi bon se battre pour une vie qu’elle ne désirait pas ? Elle avait donc choisi la vie qu’elle voulait même si cela était au prix de nombreux sacrifices. Jamais, elle ne comprendrait sa mère pour avoir fait le choix inverse. Elle avait alors très vite vu arriver les conséquences de son choix, mais elle ne regrettait pas. Sa liberté nouvellement acquise avait été des plus agréables et elle avait choisi d’en profiter. Pas facile avec les finances qui ne suivaient pas.

Ainsi elle avait décidé de parler avec Thalia de tout ça sans vraiment se poser plus de questions. S’il y avait bien quelqu’un qui pouvait comprendre ce qu’elle vivait, c’était bien la Gryffondor. Aucune honte à avoir, aucune peur de voir sa situation se répandre en rumeurs. Au niveau social, c’était la dégringolade et elle n’avait pas envie qu’on la regarde pour ça. C’était déjà bien assez compliqué comme ça. Bien qu’elle essayât de le cacher, la Française capta l’étonnement lorsqu’elle commença son récit. Hestia n’avait parlé de rien, Adèle n’en était pas vraiment surprise. Il n’était pas simple d’expliquer ce qui s’était passé pour elle cet été, même si elle savait que Thalia ne la jugerait pas. Parmi les gens, il y avait ceux qui penseraient que ce qu’elle avait fait été normal et puis il y avait ceux qui trouveraient que c’était une honte, qu’elle insultait sa famille, qu’elle n’avait que ce qu’elle méritait. Ce n’était pas encore tout le monde qui pensait que les traditions des familles sang-pur étaient absurdes. Lorsque Thalia lui attrapa les poignets en signe de soutien, son regard se reposa sur la Rouge et Or, surprise. Elle s’étonnait encore parfois des marques d’affection qu’on pouvait lui manifester, mais les acceptait bien plus volontiers qu’avant.

- Oui, c’est bien ça… Tellement typique. Je crois que je pouvais supporter à peu près tout, sauf ça.

Elle avait supporté de ne pas recevoir l’amour dont elle avait besoin, de ne pas avoir de reconnaissance alors même qu’elle se pliait à tout ce qu’on lui demandait. Elle avait même accepté d’être méprisée par sa belle-famille. Elle se disait qu’un jour, elle pourrait vivre sa vie, mener la carrière qu’elle désirait. Après tout, elle ne déshonorerait pas sa famille en étant une grande médicomage. Oui mais voilà, non il fallait quand même perpétuer les traditions. C’était comme ça et son beau-père n’avait pas envie de payer pour ses études. Elle ne voulait pas se marier, elle ne voulait pas devenir comme sa mère. Sa mère était devenue l’ombre d’elle-même, elle n’était pas heureuse. Sa grand-mère le lui avait plus ou moins fait comprendre, et le souvenir que gardait son oncle de sa mère n’était pas ce qu’elle connaissait. Alors non le mariage, surtout arrangé, rendait malheureux, elle ne voulait pas devenir comme ça.

Thalia lui expliqua que rien n’avait été facile pour elle au début aussi. Forcément, elle avait dû rencontrer les mêmes difficultés qu’elle. Du jour au lendemain, il fallait sortir de ses habitudes et la liberté avait quelque chose de vertigineux, d’angoissant. C’était l’inconnu. On n’était jamais certain de ce qu’on arriverait à faire ou si les situations qu’on rencontrerait pourrait facilement être gérées. Et enfin l’aspect financier. L’argent ne faisait pas le bonheur, Adèle était plutôt d’accord. Elle avait apprécié ces deux derniers mois loin des contraintes, mais voir l’argent lui filer entre les doigts avait de quoi la stresser pour assurer son avenir.

- J’ai reçu une lettre, environ une semaine après l’attaque de l’université… Je ne pensais pas après cet attentat recevoir un autre coup de massue comme celui-là. Bien sûr on ne me demandait pas mon avis, ça mon beau-père n’en a jamais rien eu à faire.


Ça l’avait anéantie, mais elle n’osa pas l’avouer à haute voix. Parce qu’à partir du moment où elle avait reçu cette lettre, elle avait compris que rien ne serait plus jamais comme avant. D’un côté, rentrer, se marier et renoncer définitivement à sa carrière. De l’autre refuser, être reniée, perdre l’avantage financier et son statut social, se débrouiller toute seule.

- J’ai mis un peu de temps à répondre, je craignais de faire le mauvais choix. J’aurais été bien avancée, toujours étudiante, mais à la rue... J’y ai été un peu fort, je crois… je n’ai jamais reçu de réponse. J’ai balayé les décisions de mon beau-père en lui sortant que puisqu’il n’avait jamais souhaité me reconnaître, il n’avait aucun droit sur mon avenir. J’ai accusé ma mère de rester indifférente et de ne pas me soutenir. Ha et j’ai souhaité peut-être un peu ironiquement bon courage à ma demi-sœur…

Elle était restée correcte, mais quitte à claquer la porte de chez soi, elle ne s’était pas gênée pour y mettre les formes et exprimer son ressentiment. Elle n’avait été tendre avec personne puisque personne ne l’avait été avec elle.

- Avec tout ça j’ai eu de la chance. Le financement des chambres par le ministère cet été, c’est tombé à pique. Sauf que… je n’ai jamais eu à gérer moi-même mon argent, j’ai toujours dépensé sans compter, alors je galère. Une amie m’a proposé un job, et là encore j’ai eu de la chance… mais dès que j’ai de l’argent, il disparaît trop vite. Je…


Elle regarda autour d’elle et se rapprocha de la Rouge et Or, pour être certaine de n’être entendue que d’elle.

- Je n’arrive pas du tout à économiser. Je ne sais pas comment faire. L’été prochain il faudra que je me débrouille pour me loger, je ne vois pas comment je vais y arriver.

Elle n’avoua pas tout de suite que c’était probablement son train de vie qui faisait que ça ne fonctionnait pas. Elle n’était pas idiote, mais elle avait du mal à admettre qu’elle ne pouvait pas conserver à la fois son ancien mode de vie et sa liberté.

- Tu aurais des astuces ? Parce que là à part un placard, je ne vais pas pouvoir me payer grand-chose pour passer le prochain été.

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Il ne faut jamais avoir peur quand on rêve d'une vie meilleure ✧ Thalia 190818120715901788
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Thalia Carrow
Mer 6 Mai - 18:04
Il ne faut jamais avoir peur quand on rêve d'une vie meilleure
Thalia & Adèle

« Half my life is books, written pages. Live and learn from fools and from sages. You know it's true. All these feelings come back to you »
En réfléchissant bien, je me disais que les femmes des générations avant moi étaient des coquilles vides. Elles ne l’étaient pas toutes, ce n’était pas possible. Par contre, les sorcières qui avaient vécu en vase clos, comme de jolis bibelots qui pouvaient être montrés à qui le voulait bien. Comment avaient-elles pu accepter de vivre ainsi? Aucun de leurs désirs n’était possible. Aucune de leurs ambitions n’était atteignable. Ce qu’elles avaient fait et faisaient encore n’était pas vivre. Elles étaient présentes, existaient, mais sans plus. Je pouvais les comparer à de jolies plantes. Elles étaient là, on les voyait, on en parlait un peu, mais nos interactions avec elles étaient plus que minimales. Ma mère était une plante. Certains diraient qu’à l’époque, les sorcières n’avaient pas le choix, que c’était comme ça que la vie se déroulait et tout ça. Peut-être bien. Mais sincèrement, je croyais que c’était de la foutaise. J’avais pris mes propres décisions. Ça n’avait pas été une décision facile et surtout la vie ensuite avait été plus compliquée. Par contre, je n’avais jamais été plus libre. Adèle, de ce que je comprenais, venait d’atteindre cette liberté, mais à quel prix! Quand je lui ai touché le poignet, j’ai vu son regard étonné se poser sur moi quelques secondes avant de se calmer. Clairement, le soutien n’était pas ce qu’elle avait le plus eu dans les derniers jours. « Oui, c’est bien ça… Tellement typique. Je crois que je pouvais supporter à peu près tout, sauf ça. » C’est sans surprise que j’avais pu deviner la cause de la chute de la Serpentard; un mariage arrangé. On pouvait vivre avec la pression de la famille, les soirées ennuyeuses et cette fausse fierté pour notre nom que nous devions montrer aux autres. Par contre, un mariage arrangé était une autre paire de manches. On savait qu’en quittant le nid familial, les lubies de la famille devaient beaucoup moins nous atteindre.

Malheureusement, avec le mariage forcé, il y avait des risques. Nous pouvions être malheureuses pour le reste de notre vie. Ça, c’était la limite à ne pas franchir et plusieurs familles passaient dessus quand même, les brisant jusqu’à un point de non-retour. J’étais vraiment désolée pour la blonde, j’étais passée exactement par le même chemin qu’elle, je savais ce qu’elle vivait.  « J’ai reçu une lettre, environ une semaine après l’attaque de l’université… Je ne pensais pas après cette attentat recevoir un autre coup de massue comme celui-là. Bien sûr on ne me demandait pas mon avis, ça mon beau-père n’en a jamais rien eu à faire. » Demander son avis? À une sorcière sang-pur? À une jeune sorcière sang-pur? Jamais ce ne serait fait! Quelle idée! Les traditions ancestrales étaient beaucoup plus importantes que les désirs de sa propre famille. C’était logique… Bande d’idiots. Je ne comprenais pas comment nous pouvions encore suivre des dogmes comme ceux-là alors que les moldus s’en étaient débarrassés il y a de ça des années. Nous avions beau nous croire plus brillants et plus évolués qu’eux, mais pour certains cas, c’était complètement faux. Pour ça, nous étions arriérés. Je regardais Adèle et je repensais au moment où j’étais partie. La décision s’était prise d’elle-même. Je ne pouvais pas vivre ainsi. Mais en même temps, faire une croix sur tout ce que j’avais avait été difficile. La famille en soi, ce n’était pas un si grand mal, mis à part pour ma sœur, mais le confort… ça avait été un deuil. Ça m’avait pris quelques jours à m’y habituer, mais quand ce fut fait, j’ai été heureuse comme rarement je l’avais été. Jusqu’à ce que tout me rattrape, mais ça, c’était une tout autre histoire.

« Ils ne m’avaient pas demandé de mon avis non plus. Je ne comprends pas à quoi ils s’attendent quand ils nous annoncent un truc du genre. Comme si passer notre vie avec un pur inconnu serait une bonne chose. Ma mère n’est pas l’image même de la sorcière épanouie. Ta mère doit être pareille… je veux dire… Je ne comprends pas comment elles peuvent vouloir nous imposer ça. »

Pour moi, c’était un non-sens, un conflit cognitif incroyable. À la base, les parents sont censés aimer leurs enfants sans limites. Ils feraient tout pour eux, en principe. C’est ce que j’avais vu dans de nombreuses histoires, autant chez les moldus que chez nous. J’aurais dû être aveugle pour ne pas avoir que ma mère n’était pas le modèle même de la sorcière épanouie. Elle faisait tout ce que mon père lui disait sans s’obstiner et elle s’attendait à la même chose d’Hestia et moi. Jusque-là, c’était compréhensible. Par contre, m’imposer un mariage sans amour alors qu’elle-même vivait cela était incompréhensible. Il n’y avait aucune affection entre mes parents. Ils étaient froids l’un avec l’autre. En public, ils se montraient comme le couple idéal, mais quand les rideaux se fermaient, la normalité prenait le dessus et la routine des cœurs gelés revenait. Il n’y avait rien là-dedans de souhaitable pour ses proches. Rien! « J’ai mis un peu de temps à répondre, je craignais de faire le mauvais choix. J’aurais été bien avancée, toujours étudiante, mais à la rue... J’y ai été un peu fort, je crois… je n’ai jamais reçu de réponse. J’ai balayé les décisions de mon beau-père en lui sortant que puisqu’il n’avait jamais souhaité me reconnaître, il n’avait aucun droit sur mon avenir. J’ai accusé ma mère de rester indifférente et de ne pas me soutenir. Ha et j’ai souhaité peut-être un peu ironiquement bon courage à ma demi-sœur… » En écoutant ce que me disait Adèle, je ne pus retenir mon sourire. C’était plutôt bien dit tout ça. Elle disait y être allée trop fort, moi je trouvais que ces mots avaient été bien choisis. Ils ne lui avaient pas imposé qu’une robe pour une soirée, ils voulaient lui imposer un mari pour le reste de sa vie. Ce n’était pas rien. C’était une énorme décision et je me disais : à décision énorme, réaction énorme. Tout était proportionnel dans la vie. Quand tu fais chier quelqu’un, il est évident que tu vas te faire chier dessus.

« Non, ce n’était pas exagéré comme réaction. T’as bien fait. Ils ne t’ont pas du tout respectée en voulant t’imposer ce mariage, pourquoi l’aurais-tu fait à ton tour ? T’en fais pas avec ça, quand je suis partie ça a ressemblé à ça, mais j’ai été moins polie encore… c’est tout moi. »

Pour la politesse, c’était passé à la trappe. Je m’en rappelais encore. J’avais juré, je les avais traités d’idiots de sang pur arriérés, j’avais cassé de la vaisselle (bon seulement mon verre, mais l’Effet avait été là) et j’avais claqué la porte en insultant tous mes aïeux. La grande classe quoi. J’avais un tempérament assez sanguin. J’étais capable de me gérer, mais dans certaines situations j’explosais et ce jour-là, ça avait été nucléaire. Je savais que j’avais fait la bonne chose, mais il y avait toujours une petite voix en moi qui me disait : Et si? Je ne le saurai jamais. « Avec tout ça j’ai eu de la chance. Le financement des chambres par le ministère cet été, c’est tombé à pique. Sauf que… je n’ai jamais eu à gérer moi-même mon argent, j’ai toujours dépensé sans compter, alors je galère. Une amie m’a proposé un job, et là encore j’ai eu de la chance… mais dès que j’ai de l’argent, il disparaît trop vite. Je… » Pour ça, Adèle avait tout à fait raison. Nous avions eu de la chance toutes les deux cet été. Avec les logements autour du lac et toute cette situation, nous n’avions pas eu à débourser quoi que ce soit pour vivre. Ça m’avait permis d’économiser quelques galions et d’éloigner ce problème de ma tête, pendant un temps en tout cas. Je savais que je n’aurais pas la même chance l’été suivant, j’allais donc devoir recommencer à travailler de façon plus régulière. J’ai fait un sourire compatissant à la meilleure amie de ma sœur alors qu’elle me parlait de sa gestion de budget. Elle avait raison, au début c’est très difficile. Il faut apprendre à trouver ce qui est vraiment nécessaire et laisser le reste de côté. La blonde s’est rapprochée de moi pour terminer sa phrase, ne se sentant sûrement pas assez à l’aise pour que tout le monde l’écoute. « Je n’arrive pas du tout à économiser. Je ne sais pas comment faire. L’été prochain il faudra que je me débrouille pour me loger, je ne vois pas comment je vais y arriver. » Sa crainte était tout à fait légitime et à entendre ce qu’elle me disait, je savais déjà quel était le problème. Adèle ne s’était pas encore adaptée à sa nouvelle vie qui allait être radicalement différente de ce qu’elle vivait avant. Le luxe? C’était fini! Les caprices? Terminés! Les envies soudaines non nécessaires? Non nécessaires comme le nom le disait. Le strict minimum serait sa vie pour le moment. C’était triste et difficile, surtout au début. Mais quand on y arrivait, on était tellement fière. En tout cas, moi je l’étais. « Tu aurais des astuces ? Parce que là à part un placard, je ne vais pas pouvoir me payer grand-chose pour passer le prochain été. » Il n’y avait malheureusement aucune formule magique pour nous rendre immensément riches d’un coup de baguette. Ce n’était que dans les films moldus que c’était possible. Elle allait devoir faire comme tout le monde. J’ai hoché la tête, lui montrant qu’il y avait une solution.

« Tu vas devoir faire comme j’ai fait, il va falloir réduire tes dépenses. Il va falloir couper tes achats au strict nécessaire, nourriture et logement. Tu peux te faire plaisir de temps en temps, sinon tu vas devenir folle. Par contre, la dépense doit tout de même être sensée. Personnellement, il y a certains de mes vêtements que j’ai achetés dans des friperies. On en trouve de très beaux en bon état. C’est difficile pour l’orgueil au début, je te l’accorde. Mon matériel scolaire est pour la plupart d’occasion aussi. Il y a certains volumes que j’ai dû acheter neufs puisqu’ils ne se vendaient pas autrement, mais j’essaie de réduire le plus possible. »

J’ai souris à Adèle, essayant de lui montrer que ce n’était pas si mal au fond. C’était un énorme changement, certes, mais en bout de ligne on s’y habituait.

« Et puis, ce que je vais te dire là, tu en fais ce que tu veux, c’est qu’une idée qui vient de me passer par la tête. Je vais devoir me trouver un logement l’été prochain aussi. On pourrait se trouver un endroit toutes les deux. Comme ça, les dépenses seraient coupées en deux. Seulement si tu en as envie. C’est encore loin. »

Je ne voulais pas m’imposer dans la vie de la blonde. Je me disais que ça pourrait être sympa d’avoir une colocataire. L’entraide serait plus facile. Le soutien serait tout près.

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Adèle de Lestang
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Adèle de Lestang
Lun 25 Mai - 10:23

 

Il ne faut jamais avoir peur quand on rêve d'une vie meilleure

— Thalia & Adèle

C’était quelque chose de très difficile de s’opposer à sa famille, mais un jour le vase finissait par déborder. Elle avait toute sa vie attendu des tas de choses de sa famille. De l’amour d’abord. Elle avait vite compris qu’elle n’y aurait jamais vraiment droit. Les marques d’affection de sa mère étaient bien trop rares, et elle ne voyait pas sa grand-mère aussi souvent qu’elle l’aurait voulu. Quant aux Beaulieu… non vraiment amour, ne devait pas faire partie de leur vocabulaire. Soit, si elle ne pouvait pas avoir d’amour, alors la reconnaissance ? Oh ça pendant longtemps elle l’avait cherchée. Son perfectionnisme maladif découlait de ça, mais là encore ce n’était pas de sa famille qu’elle avait pu en obtenir. A force, elle avait renoncé à obtenir quelque chose, juste à faire ce qu’on attendait d’elle pour ne finalement pas avoir de problèmes. Cependant plus elle grandissait, plus elle comprenait qu’il y avait mieux ailleurs. Tout de suite c’était plus facile de quitter sa famille quand l’avenir qu’on vous traçait était tout sauf réjouissant et qu’on pouvait avoir mieux. Le mariage arrangé c’était souvent la goutte d’eau qui faisait déborder le vase. C’était ce qui avait fait fuir Thalia, même chose pour son oncle. Oui c’était une évidence, le mariage ce n’était déjà pas une mince affaire avec quelqu’un qu’on aimait alors avec un inconnu…

- Je crois qu’ils s’attendent à ce qu’on dise oui, parce que c’est comme ça qu’on a été élevées etc. Je crois que ma demi-sœur n’aurait pas la volonté de s’opposer à la décision de son père… C’est martelé dans notre esprit depuis toutes petites, un vrai conditionnement, juste que sur nous ça ne fonctionne pas…


Voilà tout c’était des traditions, et les traditions étaient très vite mises dans les têtes des enfants pour qu’il ne leur vienne pas à l’esprit de penser autrement. Sauf que voilà, ça ne marchait pas à tous les coups, les vieilles coutumes sang-purs n’étaient pas vraiment les plus agréables à perpétuer. Leurs mères ? A ça, clairement la sienne ne respirait pas le bonheur. Adèle ne l’avait pas souvent vu sourire. Le vrai sourire, pas celui hypocrite qu’elle collait sur son visage aux réceptions. Elle savait qu’elle avait des circonstances atténuantes, que se retrouver seule avec un bébé ce n’était pas le plus simple, mais elle aurait tellement aimé que sa mère fasse un choix différent. Pour elles deux.

- Ma mère n’a jamais pris part aux décisions importantes, à vrai dire. Le droit de poursuivre mes études, je le dois à ma grand-mère. Elle a toujours été résignée, je pense que même si elle l’avait voulue elle ne se serait jamais opposée à mon beau-père non plus…

La Française gardait en mémoire un souvenir précieux de sa mère, sans doute l’un des seuls moments où elle avait vraiment eu l’impression que celle-ci lui portait de l’affection. Elle avait souvent espéré que cela se reproduise ou qu’elle prenne enfin son rôle de mère auprès d’elle. Non, le silence de ces dernières semaines était lourd de sens. Elle n’aurait jamais la mère dont elle rêvait. Voilà pourquoi elle n’avait pas su retenir ses mots dans sa lettre de réponse. Adèle eut un sourire en entendant Thalia lui donner raison.

- C’est vrai et puis de toute façon, ils n’accepteraient pas gentiment notre réponse alors autant partir avec classe, reprit-elle amusée.

Oh bah un non, c’était suffisant peu importe que ce soit justifié ou non, les parents sang-purs n’aimaient pas qu’on leur désobéisse. Les conséquences seraient les mêmes qu’elles vident leur sac ou non, autant le faire. C’était libérateur. Oui, mais les conséquences ? L’argent ne tombait plus du ciel et il fallait s’adapter avec ce qu’on avait, ce qu’Adèle n’arrivait pas du tout à faire. Voilà pourquoi elle se confiait aussi à la sœur de sa meilleure amie. Parce que celle-ci aurait sûrement des astuces à lui partager pour lui éviter de finir à la rue l’été prochain. Elle écouta donc Thalia lui expliquer comment elle-même avait fait pour en arriver là et réussir à vivre décemment. Sans doute que ça n’allait pas lui plaire, forcément qu’elle allait devoir faire des sacrifices. C’était ça ou revenir en rampant en France. Inimaginable. Elle préférait égratigner un peu son orgueil en revoyant sa manière de vivre que de perdre tout son honneur en retournant supplier Beaulieu. La jeune femme énuméra les choses à faire et Adèle tenta bien de dissimuler son désappointement. Faire de la récupération en matière de vêtement ? Ha ça, c’est clair que ça allait lui demander beaucoup. C’est vrai qu’elle n’avait pas forcément besoin de ces vêtements de grands couturiers, même si elle n’avait connu que ça de sa vie. Elle regarda Thalia, elle avait raison. Elle n’avait pas l’air de porter des guenilles et restait tout à fait jolie et classe dans ses tenues. Elle n’était pas vraiment prête à franchir les portes d’une friperie, mais il est vrai qu’elle pouvait déjà stopper tous ces achats inutiles.

- D’accord, oui effectivement ça ne va pas être facile. Je crois que je vais me torturer l’esprit à chaque fois que je vais vouloir acheter quelque chose. Remarque si je choppe la migraine à chaque fois, ça peut être pas mal pour ne plus me tenter à faire les boutiques, plaisanta-t-elle tout de même.

Ce qui était utile ou ce qui ne l’était pas, ça dépendait de quoi finalement ? Elle allait devoir réfléchir totalement à toutes ses dépenses. Des livres d’occasion ? Un livre était un livre après tout c’était le même contenu même si certaines pages étaient un peu cornées ou usées. Peut-être que les autres ne s’en rendraient pas compte ? Oui parce que pour le moment le regard des autres, ça la taraudait. Pas simple pour quelqu’un qui avait l’habitude d’être hautaine et exigeante avec les autres. La proposition de Thalia prit Adèle au dépourvu. Partager un logement avec la Rouge et Or ? La Française prit le temps avant de lui répondre. Maintenant que les sœurs étaient réconciliées, ça ne devrait pas poser de problème à Hestia, non ? La vie en colocation, c’est vrai que ce n’était pas toujours facile, il suffisait de voir les querelles de dortoir qui pouvaient exister, mais elle pouvait faire des efforts aussi, sans doute.

- Et bien euh... C’est vrai que je n’avais pas du tout pensé à ça, mais euh… Oui, en fait oui, ça pourrait être une bonne idée. Enfin je ne suis pas quelqu’un de facile à vivre, je le reconnais. A voir si tu pourrais me supporter du coup, grimaça-t-elle.

Autant prévenir directement qu’elle avait ses défauts. Enfin après Hestia la supportait très bien depuis un an, donc c’est que c’était faisable aussi. Les autres, elle ne leur avait jamais demandé leur opinion, parce qu’elle s’en fichait.

- Mais l’idée me plaît, ne serait-ce que d’éviter de me retrouver toute seule dans un appartement pendant deux mois.

Enfin oui, elle sortirait pour voir ses amis et si tout se passait bien, elle pourrait même conserver son travail au garage d’Anjelica, mais c’était quand même plus sympa de pouvoir parler à quelqu’un plutôt que de rester seule en tête à tête avec son assiette de spaghettis le soir.

MAY



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Thalia Carrow
Dim 12 Juil - 17:40
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« Half my life is books, written pages. Live and learn from fools and from sages. You know it's true. All these feelings come back to you »
Je m’étais opposée à ma famille juste avant de quitter la maison. Cette histoire de mariage arrangé avait été la goutte qui avait fait déborder mon vase. Jusqu’alors, il y avait souvent eu des frictions entre mes parents et moi, mais rien n’était arrivé à la cheville de cette journée de juillet. J’étais capable de vivre avec les idées arriérées de mes géniteurs, avec leurs soirées ennuyeuses à mourir et leur manque complet d’affection pour moi. Je me disais que ce serait bientôt et que j’allais pouvoir partir de la maison. J’étais capable de vivre dans tout ça de leur part. Ma sœur me donnait de l’affection et de la reconnaissance, les idées arriérées je ne les écoutais pas et je ne les appliquais pas et les soirées ennuyeuses, bien qu’interminables, avaient une durée limitée. Malheureusement, le mariage était normalement pour la vie, surtout dans le milieu où j’étais née. C’était l’aspect « temps » qui m’avait poussée à agir ainsi, rien d’autre. Je n’étais pas prête à dire « pour toujours », surtout pour quelqu’un que je ne connaissais pas et qui serait probablement aussi idiot que mes ancêtres. Avant cette annonce, je pouvais voir un avenir plus joli, plus doux. Avec le mot mariage, ils avaient bouché mes fenêtres vers l’avenir et j’avais dit non. J’avais verbalisé à voix haute mes incompréhensions face à cette situation et Adèle a essayé d’expliquer du mieux qu’elle pouvait quelque chose qui était, selon moi, inexplicable. « Je crois qu’ils s’attendent à ce qu’on dise oui, parce que c’est comme ça qu’on a été élevées etc. Je crois que ma demi-sœur n’aurait pas la volonté de s’opposer à la décision de son père… C’est martelé dans notre esprit depuis toutes petites, un vrai conditionnement, juste que sur nous ça ne fonctionne pas… » J’ai hoché la tête en me disant que ça avait du sens. Ma mère nous avait souvent parlé de beaux mariages avec de beaux sorciers et qu’on serait épanoui pour ça et qu’on rendrait la famille fière. Mais je me disais que ce n’étaient que des histoires et je n’avais jamais pris ça au sérieux. En plus, nos parents avaient vécu ça eux aussi avant nous. Ça n’excusait pas le manque d’avancée, mais ça pouvait l’expliquer.

« T’as sûrement raison, mais ça prouve qu’ils ne nous connaissaient pas du tout pour penser que ça allait passer comme dans du beurre. Ou bien ils essayaient aussi de se convaincre que nous allions les écouter… peu importe la version qui est la leur, c’est stupide. »

J’ai hoché la tête négativement, découragée par le monde dans lequel nous étions nées la Serpentard et moi. Le monde autour de nous évoluait, mais les vieilles traditions puristes stagnaient et c’était le choc des idées entre l’évolution et les traditions qui créait des conflits, autant de façon intrafamiliale qu’entre des clans. On pouvait penser à la lutte ancestrale entre les mangemorts et l’Ordre du Phénix par exemple. Ce n’était pas que ça le problème, loin de là, mais c’était l’une des sources. L’évolution qui ne se faisait pas. Les femmes avaient leur place et les hommes la leur et c’est ce que la blonde m’a expliqué en me parlant de sa mère. « Ma mère n’a jamais pris part aux décisions importantes, à vrai dire. Le droit de poursuivre mes études, je le dois à ma grand-mère. Elle a toujours été résignée, je pense que même si elle l’avait voulue elle ne se serait jamais opposée à mon beau-père non plus… » Je comprenais très bien ce qu’elle disait. Je le disais depuis longtemps, ma mère était un joli bibelot vivant qui paraissait bien accroché au bras de mon père. Elle ne servait qu’à ça, elle donnait de la valeur à mon géniteur, rien de plus. Pour le mariage, c’était elle qui avait commencé à initier la discussion sur le mariage, mais j’ai l’impression que c’est un travail que mon père lui a donné pour que la nouvelle passe mieux. Ça avait été un échec cuisant, mais l’effort avait été là. J’avais l’impression que c’était ce qui s’était produit aussi du côté d’Adèle. Elle semblait mal à l’aise avec sa réaction, mais je lui ai rapidement fait comprendre qu’elle avait eu la bonne réaction. Après tout, il fallait se faire comprendre et se faire respecter sur cette Terre. Personne ne le ferait pour nous.

« C’était la même chose chez moi, on pouvait avoir l’impression que ma mère prenait des initiatives parfois, mais c’était généralement mon père qui lui disait quoi faire. Comme cette histoire de mariage, c’est elle qui m’a annoncé la nouvelle à table, mais clairement elle jouait la messagère pour mon père. Il devait croire que j’accepterait plus facilement la décision si ça venait d’elle, il s’est mis sa baguette dans l’œil bien profondément. »

La blonde a renchéri, étant d’accord avec sa propre réaction. Son malaise semblait être parti et je voyais à la place une jeune sorcière fière. « C’est vrai et puis de toute façon, ils n’accepteraient pas gentiment notre réponse alors autant partir avec classe. » Je ne pus que sourire en l’entendant. Elle avait bien raison et pour partir avec classe, c’est bien ce qu’elle avait fait. Ses parents ne seraient pas d’accord avec cette affirmation, mais Adèle était partie comme je l’avais fait, avec tambour de trompette. Nos familles croyaient que nous avions gâché nos vies et que nous leur faisions honte, moi je me disais que nous avions repris les commandes de nos vies et allions vivre bien mieux qu’avant. Ce qu’ils en pensaient, maintenant, ça ne me faisait plus rien. Je me suis assez fait de soucis pour eux avant, là, c’était moi qui comptais, plus eux. Au début je disais même que j’ai fait un peu d’angoisse, mais quand j’ai réalisé ce que ma décision voulait dire, je me suis sentie plus libérée que jamais. Ce fut une grosse adaptation, mais c’était tellement agréable cette sensation de liberté. J’ai donc expliqué à la Serpentard ce que j’avais fait pour arriver à vivre sans l’argent de mes parents. Bon, j’avais pu vider mon coffre à Gringotts quand je suis partie, ça m’avait aidée un temps, mais les galions n’étaient pas infinis et j’avais dû faire des sacrifices. Ça n’avait pas été facile, mais ça en valait tellement la peine maintenant. Cependant, c’était évident, ce ne serait pas facile pour la jeune sorcière en commençant. « D’accord, oui effectivement ça ne va pas être facile. Je crois que je vais me torturer l’esprit à chaque fois que je vais vouloir acheter quelque chose. Remarque si je choppe la migraine à chaque fois, ça peut être pas mal pour ne plus me tenter à faire les boutiques. » J’ai hoché la tête, elle avait complètement raison. Elle va se torturer l’esprit, c’est ce que j’avais fait aussi. Mais c’était rapidement devenue une habitude et j’avais fini par bien gérer. Il faut seulement s’habituer à notre nouvelle routine. Quand c’est fait, après, tout va bien.

« Ça va être exactement ça, mais tu vas voir, tu vas prendre l’habitude assez rapidement. Et puis, tu as deux avantages que je n’avais pas. La première, c’est que tu vas être à Poudlard alors c’est plus facile de faire économies en étant là. La deuxième, c’est que je vais être là pour t’aider si t’as besoin. Tu vas voir, ça va bien aller. »

J’ai fait un clin d’œil complice à la blonde, étant prête à l’aider à tous les pas du chemin si nécessaire. Je lui ai fait une autre suggestion aussi et j’ai clairement vu que j’avais pris la vert et argent par surprise. C’était normal, je lui offrais de vivre avec moi après tout, ce n’était pas seulement se prête un exemplaire de la Gazette du sorcier. Je voulais qu’elle se sente bien à l’aise et elle avait amplement le temps de réfléchir à tout ça. L’année scolaire n’était pas encore commencée et ce logement serait seulement pour la fin juin/début juillet. On avait tout le temps du monde. « Et bien euh... C’est vrai que je n’avais pas du tout pensé à ça, mais euh… Oui, en fait oui, ça pourrait être une bonne idée. Enfin je ne suis pas quelqu’un de facile à vivre, je le reconnais. A voir si tu pourrais me supporter du coup. » J’ai lâché un petit rire en écoutant la réponse de la sorcière. J’avais passé ma vie avec des gens insupportables, ça devrait aller.

« Écoute, on a le temps de voir venir, c’est pour dans plusieurs mois, donc tu peux prendre le temps d’y réfléchir. Sens toi bien à l’aise et te force à rien, mais ça me ferait plaisir. Et pour ce qui est de te supporter, je ne suis pas trop inquiète, mes parents étaient insupportables et comme tu le sais, Hestia a aussi son caractère et tout va bien. Je ne suis pas parfaite non plus, loin de là, alors on devra s’adapter toutes les deux si on cohabite. Avec de la patience, ça devrait être bien je crois. »

J’ai souris, contente. L’idée d’habiter seule me tournait dans la tête depuis déjà plus d’un an. J’avais l’intention de faire ça durant l’été, mais les circonstances ont fait que je n’ai pas eu besoin de me soucier de mon logement. J’avais eu de la chance dans cette malchance si on regardait les choses comme il faut. Cependant, je doutais beaucoup d’avoir la même opportunité l’été prochain. Mais bon, comme je l’avais dit à Adèle, c’était encore bien loin, on avait le temps de voir venir. « Mais l’idée me plaît, ne serait-ce que d’éviter de me retrouver toute seule dans un appartement pendant deux mois. »Mes yeux se sont éclairés et un grand sourire à marqué mes lèvres. Franchement, plus j’y pensais, plus j’espérais que ça se concrétise parce que comme elle, je n’avais pas envie de me retrouver seule. J’en avais assez de l’être.

« Il faut que je te l’avoue aussi, je n’ai pas envie de me retrouver seule entre quatre murs. Avoir un peu de compagnie ce serait bien et puis bon pour le portefeuille aussi ce serait avantageux, autant pour toi que pour moi. »

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Il ne faut jamais avoir peur quand on rêve d'une vie meilleure

— Thalia & Adèle

C’était rassurant de pouvoir parler sans avoir crainte d’être jugée. Ça l’était encore plus de se savoir comprise parce que la personne à qui on parlait avait vécu la même chose. Elle n’avait pas fait d’erreur en se confiant à Thalia. Souvent en décalage avec la pensée d’autres filles dans sa situation, elle était contente de voir qu’il y en avait d’autres pour partager son point de vue. Sa famille ne la connaissait pas ? La Gryffondor devait avoir raison, rien que pour ne pas avoir anticipé sa décision. Il est vrai en même temps que ce n’était pas en se souciant des apparences et en accordant peu d’intérêt à ses sentiments qu’ils pouvaient savoir qui était Adèle. Sa mère ne savait pas qui elle était. Elle avait presque vingt ans et sa mère ne savait même pas comment elle pensait. Sa mère si effacée, l’ombre d’elle-même. Parler de leurs mères aussi lui donnait un sentiment étrange. Bien sûr Hestia lui avait souvent parlé de ses parents et Adèle n’ignorait pas que Mme Carrow n’avait rien de la tendre figure maternelle. Ces mères loin de l’idéal féminin qu’elles se faisaient. Si sa mère était un modèle ? Oh oui bien sûr, un à ne surtout pas suivre. La Française soupira en entendant Thalia lui dire que son père s’était imaginé que ça passerait mieux si l’annonce venait de sa mère.

- Ha ça n’aurait pas fonctionné pour moi non plus !

Non, par contre elle l’aurait sans doute encore moins bien vécu, elle qui avait gardé espoir que sa mère un jour lui vienne en aide. C’était ridicule c’était vrai, mais l’unique souvenir de sa mère lui accordant un peu d’affection avait suffi à nourrir cet espoir. L’espoir s’était certes bien vite évaporé en recevant cette lettre et oui elle avait été déçue devant le silence de sa mère, mais au moins elle n’avait pas eu à entendre cette annonce de sa bouche. Maintenant elle ferait sans cette mère, ça ne changerait sans doute pas grand-chose. Triste constat.

Économiser, faire attention aux dépenses, réfléchir dix fois avant d’acheter quelque chose, se satisfaire du nécessaire, sa vie avait pris un tournant qu’elle n’avait pas anticipé. Pouvait-on la qualifier de dépensière ? Elle ne passait pas non plus son temps dans les boutiques après tout. Elle n’avait juste jamais manqué de rien et de ce fait ne s’était jamais vraiment posé de questions. Elle avait besoin ou envie, elle achetait, point. Voilà, elle n’avait juste pas notion de la valeur de l’argent et apprenait seulement maintenant ce que chaque chose pouvait coûter. C’était là que Thalia s’avérait de bon conseil. Elle savait comment s’en sortir avec une bourse moins remplie. Elle l’écouta confirmer ses propos. L’aînée des Carrow avait raison, elle n’était pas non plus dans une situation désespérée. Si au départ, elle s’était dit que vraiment l’annonce tombait mal, comme ça juste après un attentat qui l’avait déjà bien éprouvée, depuis, tout semblait tourner plutôt bien en sa faveur. Cet été par exemple, elle n’avait pas eu à se poser de questions sur son logement, elle avait eu du soutien quand elle en avait eu besoin et puis elle avait obtenu un job grâce sa grande sœur de coeur. A y réfléchir, c’est vrai que ça aurait pu être pire. Avec Poudlard, la question du logement ne se posait effectivement pas. Avec un uniforme à porter la plupart du temps, inutile aussi de se ruiner en nouvelles tenues. Celles qu’elle avait déjà feraient l’affaire un moment, et puis elle saurait maintenir l’illusion. Le deuxième avantage évoqué par Thalia lui décrocha un sourire reconnaissant. Cette situation dans laquelle elle se trouvait n’était pas enviable et pourtant c’était grâce à celle-ci qu’elle se rendait compte de tous ces gens qui pouvaient tenir un minimum à elle.

- Merci, c’est vraiment gentil à toi.


Et elle n’était pas au bout de ses surprises quand la Rouge et Or lui proposa même de partager un logement pour l’été prochain. Elle la prenait de court, mais il était évident que cette solution pouvait être avantageuse. Sur le plan financier bien sûr, mais c’était aussi éviter de se retrouver seule. Adèle était certes indépendante, avec un sacré caractère, mais elle n’aimait pas trop la solitude sur le long terme. Thalia la rassura. Pas besoin de se précipiter pour lui donner une réponse, elles avaient le temps d’y réfléchir et de s’organiser au besoin. La Française eut un petit rire lorsque la Gryffonne lui dit qu’elle supportait très bien sa sœur. C’est vrai qu’Hestia avait elle aussi un bon caractère. Adèle se disait souvent d’ailleurs que si ça n’avait pas collé entre elles deux, ça aurait sûrement fait un paquet d’étincelles. Mais non, au contraire les deux Vertes s’étaient plutôt bien trouvées et partageaient beaucoup.

- Tu as raison, je garde ta proposition dans un coin de ma tête. Je ne suis pas vraiment quelqu’un de patiente, mais je sais être conciliante quand il faut, surtout pour quelqu’un qui en vaut la peine.


Oui Adèle savait mettre de l’eau dans son vin quand il le fallait, sinon elle n'avancerait à rien dans la vie. L’idée lui plaisait, sans vraiment savoir de quoi l’avenir serait fait pour l’une comme pour l’autre, elle appréciait que quelqu’un pense à elle pour faire un bout de chemin ensemble.

- Je suis vraiment contente d’avoir pu te parler de tout ça. Je ne pensais pas me tromper en me disant que tu pourrais me comprendre. Ce n’est malheureusement pas le cas de tout le monde…

Voilà pourquoi elle s’arrangeait bien pour que personne ne sache rien. Elle pouvait apprendre à faire autrement, mais elle n’avait pas envie d’être jugée. Elle ne voulait pas non plus perdre les avantages que son statut de fille issue d’une grande famille pouvait lui conférer. Elle n’était juste pas prête encore à assumer pleinement sa décision. Elle avait appris toute sa vie à sauvegarder les apparences et elle ne se voyait pas faire autrement pour le moment.

- Je sais que je n’ai pas à avoir honte de ma décision, mais c’est pour ça que je préfère que ça ne se sache pas. Je ne suis pas prête à gérer tous les problèmes qui découleraient de ça.


Si elle pouvait sauvegarder sa réputation un peu plus longtemps, elle le faisait. Elle s’assurait aussi de cette manière que Thalia pourrait rester discrète à ce sujet.
MAY



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