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Les moldus du forum se sentent cruellement seuls au milieu de tout ces sorciers, alors pensez à les privilégier pour vos personnages

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Smile for the picture ✘ Maman Chang :: Three Broomsticks :: Pensine :: Les RPs
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Ven 15 Fév - 22:18
Smile for the picture.
Cho & Hyacinthe
25.07.18 Aujourd'hui est une nuit bien étrange. Voilà un an que je suis en Norvège. Un an que Thomas m'a ramassé dans un petit bar pourri en voyant que je tirais une tronche de six pieds de longs. Un an que j'ai été renvoyé du Ministère de la magie, et que j'ai préféré fuir loin de ma famille pour ne pas leur faire encore plus honte. Il s'en est passé des choses en une année. J'ai été heureux, puis malheureux aussi. Plus souvent triste que joyeux d'ailleurs. J'ai connu l'hiver dans la pénombre, les longs mois d'ennui où on se laisse aller à la déprime hivernale. Je suis tombé amoureux aussi je crois, même si nous ne sommes pas vraiment en couple tous les deux. D'ailleurs, j'ai du envoyer un SMS rapide à la fille que je devais voir ce soir. Je dois annuler. Cette année je suis devenu quelqu'un d'autre. Je suis devenu Hyacinthus, un chanteur et guitariste dans un groupe de black metal norvégien. De la musique extrême, mais ça me plait. Hyacinthus est sur de lui. Il passe du temps avec pas mal de filles, plutôt jolies, c'est le charme du Nord selon lui. Hyacinthus a un humour très noir aussi, il fait souvent des blagues un peu macabres pour cacher qu'il va mal tout au fond. Mais surtout, Hyacinthus est un moldu.

Seulement ce soir, je ne suis plus Hyacinthus, mais Hyacinthe. Hyacinthe Chang-Macleod. Le fils de Charles Macleod, un moldu professeur d'histoire et de Cho Chang, une sorcière bien placée au ministère de la magie. Je ne sais pas vraiment comment Maman m'a retrouvé. La musique de mon groupe s'éloigne pas mal de ce qu'elle écoute, même si je gueule au moins aussi fort que sa chanteuse favorite, la québécoise Céline Dion. Sauf qu'au lieu de crier My heaaaaart will go ooooon je crie plutôt You don't allow me to flee from this agony. Un tout autre registre, donc. Quand je l'aie vue débarquer, au milieu de la foule j'ai eu peur pour elle. Ici, ce ne sont pas des enfants de cœur. Le publique est vite ivre mort, il y a de a bière et de la sueur partout, parfois du sang aussi. Il y a des pogos un peu violent, et je dois avouer que j'ai eu peur pour Maman. Logiquement, on éloigne les filles des pogos pour ne pas risquer de leur faire mal, mais dans l'euphorie générale... Je ne sais pas trop ce qu'elle et venue faire ici à Bergen. Ou plutôt, si, je m'en doute. Maman est venue chercher des explications. Toujours est-il que je me suis empressé de la tirer sur scène, de la présenter rapidement à la foule comme étant ma mère. Je leur ai demandé de l'applaudir, puis je lui ai demandé d'aller attendre en coulisse, pour sa propre sécurité.  

Le concert de ce soir a donc été étrange. Je ne me suis pas forcément comporté comme d'habitude sur scène, pour ne pas trop choquer maman. Elle ne comprendrais surement pas pourquoi je me mutile comme ça en publique, pourquoi je me roule par terre en hurlant à l'agonie. Expression scénique particulière dirons nous, Michael Jackson avait des super chorégraphies travaillées, moi c'est encore une fois un tout autre registre. Je me suis contenu, et les types de mon groupe ont l'air un peu déçus. Surtout Thomas qui me regarde de travers depuis tout à l'heure en démontant sa batterie. Les fans sont encore là d'habitude, on boit un coup avec eux après pour discuter. Surtout de la bière, j'avoue. J'en ai une dans une main, et un jus de fruits dans l'autre pour ma mère. Je crois qu'elle n'approuverais certainement pas que je boive autant. Il y a plein de choses qu'elles n'approuveraient pas, et je sens qu'elle va me reprocher beaucoup de choses. Et poser beaucoup de questions. Quand elle s'est décidée à s'approcher de la scène, j'avais déjà un poignet bien ouvert. Et je me sens mal de lui avoir montré ça. Un parent ne voudrais sans doute pas voir son enfant faire ça. Maman est sensible, et j'en ai conscience. Mais le black metal, ce n'est pas pour les fragiles justement... Tu m'étonne qu'elle préfère Céline Dion !

Une fois de retour en coulisse, je ne tarde pas à retrouver ma maman, qui discute poliment en souriant avec Svein le bassiste de mon groupe. J'adresse moi aussi un sourire à ce dernier, et tend son jus de fruit à ma mère. Vu ma tête, mon camarade comprend vite qu'il vaut mieux nous laisser seuls tous les deux. Que ça risque de gueuler en cantonais dans pas longtemps. Je leur ai déjà parlé de ma famille. Forcément, un type à moitié Hongkongais qui a grandi à Glasgow ça a tendance à interpeller. Une fois la porte de la loge refermée, je la fixe un court instant en silence, passe une main dans mes longs cheveux décolorés en blond, puis me retourne vers ma mère. La vérité c'est que je ne sais pas vraiment quoi lui dire. Je sais que je l'aie déçue. J'en suis certain même. J'ai été impulsif, de partir comme ça sans prévenir après avoir été renvoyé du ministère... Elle a surement du croire que j'étais mort ou quelque chose du genre. S'imaginer le pire. En soi, ça a bien failli en hiver dernier. Mais je suis toujours là. Alors autant commencer par le plus important ?... « Pardon maman. »

C'est un bon début de dire pardon non ?... Qu'est-ce que je peux lui dire d'autre de toute manière ? Je suis un bon à rien. Un mauvais fils et surement une énorme déception. Hyacinthe, le fils prodige, le surdoué qui faisait la fierté de ses parents avec ses bonnes notes... Est devenu tout à fait quelqu'un d'autre. A la limite de l'alcoolisme, dépressif, artiste en dèche puisqu'il a décidé de ne pas faire de la musique populaire et grand publique. Hyacinthe qui devait avoir un avenir brillant en politique, qui travaille au Starbucks du coin à temps partiel. Mes parents ne s'imaginaient surement pas un avenir comme celui-là.
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Dim 17 Fév - 15:15
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Hyacinthe & Cho

« You better start running when you hear the man coming. Won't do you no good. Kiss your baby goodbye. Come on, love, it's alright!. You never know unless you give it a try. »
Je ne m’étais jamais autant inquiétée de ma vie. J’avais deux enfants, l’inquiétude était la routine quotidienne et c’était normal. J’avais peur qu’ils tombent malade, qu’ils se blessent, qu’ils vivent ou voient des choses qui allaient les changer complètement. C’était le lot de tous les parents, moldus ou sorciers. Il y avait bien le débat des parents indignes qui se foutent de leur progéniture, mais ça c’était autre chose. Du moment que tout le monde comprend qu’ils représentent personne et que ce sont des gens horribles qui ne savent ce qu’est une famille et l’importance que ça a, le débat est clôt. Par contre, pour la défense de ces gens qui ne méritent pas qu’on prononce leur nom, il y avait aussi des enfants que nous pouvions qualifier d'indignes. Ce sont ceux qui se foutent de tout, qui ne pensent qu’à eux et surtout ce sont ceux qui ne pensent pas aux répercussions de leurs actes. Il ne pense qu’à l’instant présent, jamais au futur. Anticiper est trop difficile pour eux. Pendant, je me disais que ça ne pouvait arriver qu’à ceux qui élèvent mal leurs enfants, qui leur donnent toujours tout ce qu’ils veulent sans réfléchir. Agir comme ça, c’était chercher les problèmes, franchement. Je m’étais pensée bien fine en me disant que mon mari et moi étions au dessus de tout ça. La vie nous avait rattrapés rapidement l’année précédente et nous n’avions rien vu venir.

Je n’avais rien à dire sur ma fille, elle était studieuse, jouait au Quidditch comme je l’avais moi-même fait à mes années au collège et ne faisait pas de vagues. Nous ne demandions rien de plus. Par contre,son grand frère Hyacinthe c’était autre chose. Il était studieux aussi quand il était à l’école, je n’avais rien à dire là dessus. Par contre, il ne prenait pas toujours les décisions les plus logiques et côté vague, il était comme un tsunami. Seulement par son apparence on se doutait qu’il pouvait faire des vagues. Je sais que ça choque un peu plus mon mari, mais franchement, du moment que mon fils aurait été heureux, je l’aurais accepté sous n’importe quelle apparence, du moment qu’il restait mon Hyacinthe. Malheureusement, après ses études, un truc s’est brisé. Je le sentais, mais je ne savais pas quoi en faire. Je me disais que c’était l’adolescence, la recherche de soi, j’en savais trop rien. Ce que je savais, c’était que ça m’inquiétait. J’avais réussi à trouver un stage pour lui au ministère, mais je le sentais malheureux. Il n’était qu’une ombre dans la maison. Mon fils enflammé avait été éteint par le ministère.

Un jour, alors que je travaillais tranquillement dans mon bureau, un collègue est venu me dire que mon fils s’était fait renvoyer. Le poids qui est tombé sur mes épaules était énorme. Que s’était-il passé ? Je suis allée le voir à son bureau, mais il était déjà parti. Je suis retournée à la maison, pensant qu’il y serait, mais je m’étais trompée. Il était parti. Il n’y avait presque plus de vêtements dans sa chambre et ses effets personnels n’étaient plus là. Il était parti et moi je me suis mise à pleurer. Il n’avait laissé aucun message, aucun signe. Rien du tout. Mon coeur de mère avait été brisé. Je ne savais pas où il avait pu partir et ça m’a pris près d’un an pour le retrouver. Son père et moi l’avons cherché du mieux que nous le pouvions et nos échecs nous rentraient dedans comme des coups de pelle en plein visage. Nous n’avons tout de même pas abandonné. Nous étions encore ses parents jusqu’à preuve du contraire et nous avions encore des responsabilités. Finalement, nous avons eu des informations comme quoi notre fils se trouvaient en Norvège. J’aurais dû m’en douter avec sa passion pour les hurlements. J’ai donc demandé des congés au travail et je suis partie le chercher. J’allais le ramener à la maison.

J’ai suivi les indications. Je suis allée dans une salle de concerts moldue et je me suis glissée dans la foule pour pouvoir finalement voir mon fils après plus d’un an d’attente. J’avais vu qu’il m’avait vue lui aussi. Je pensais patienter dans la salle pour voir ce qu’il faisait à Bergen, mais mon fils en a décidé autrement. Il m’a fait monter sur scène et m’a présentée comme sa mère à la foule. Je m’attendais à tout sauf à ça. J’ai suivi le concert des coulisses et j’ai pris sur moi pour écouter et surtout pour comprendre. Je ne le reconnaissais pas, d’où venait cette violence. Il s’ouvrait les poignets par Merlin ! À quel point souffrait-il pour faire ça ? Mon coeur déjà brisé a été piétiné pour réduire les morceaux en poussière. J’ai attendu jusqu’à la fin, me retenant autant que possible pour ne pas montrer ma déception et gâcher le concert. J’en voulais à mon fils, mais les autres n’avaient rien à voir dans tout ça. Vivre et laisser vivre qu’on m’avait appris. Les autres faisaient ce qu’ils voulaient, mais pas mon fils. J’ai discuté avec un musicien du groupe de Hyacinthe jusqu’à ce qu’ils viennent me rejoindre lui aussi et me tendant un jus. J’ai haussé un sourcil en le regardant.

«Tu sais que je suis une adulte aussi Hyacinthe. J’ai commencé à boire de la bière tu n’étais pas encore un projet. Merci quand même.»

J'ai tout de même saisi le jus que mon fils me tendait et j'en ai pris une gorgée rapide. C'était buvable pour un truc beaucoup trop sucré. « Pardon maman. » J’ai rehaussé le même sourcil que tout à l’heure en entendant ces mots. C’est tout ? Il était désolé ? Il ne venait pas de casser un vase à la maison, il était parti en cavale pendant un an sans donner de nouvelles. Nous avions pensé à sa mort tous les jours en espérant qu’il allait bien. Et lui, il était désolé. J’ai posé mon jus sur une caisse de son à côté de moi pour me libérer les mains. J’allais gesticuler, et ça n’allait pas être joli.

«C’est tout ce que tu as à me dire Hyacinthe ! Tu pars pendant un an sans nous donner de nouvelles et tu me dis que t’es désolé ?! Ta soeur se fait un sang d’encre et ton père est au bord de la crise de nerfs. On pensait que tu étais mort ! T’as pensé à quoi par Merlin ?!»

Ce n’était que la pointe de l’iceberg de ma colère qui venait de se déverser. Si je laissais tout sortir en même temps, ma progéniture ne s’en sortirais jamais.


(c) DΛNDELION
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Lun 18 Fév - 23:05
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Cho & Hyacinthe
25.07.18 Même quand j'essaye de faire les choses correctement, maman trouve quelque chose à redire. Je serre les dents et baisse les yeux, tout en m'excusant, ne sachant pas forcément quoi lui dire d'autre. Mais ça ne suffit pas non plus. Mes chaussures étant soudainement devenu la chose la plus intéressante de tout l'univers entier, j'écoute donc ma mère commencer à m'engueuler. Tout en mordillant mon piercing j'essaye de ne pas m'emporter moi aussi. Même si j'ai envie de hurler aussi, juste pour lui tenir tête. Juste par principe, parce que je ne laisse personne me chier dessus gratuitement sans réagir. Mais c'est ma mère. Et je lui dois le respect. Pourtant, quand elle me dit que papa est au bord de la crise de nerfs, je ne peux pas m'empêcher de lâcher un petit rire amer et ô combien ironique. Tu parles. C'est surement parce que c'est maman qui se faisait du soucis, qu'il a frôlé la crise de nerfs. Lui et moi... On n'est pas spécialement proches. On ne l'a jamais vraiment été d'ailleurs je crois. Pareil pour Nymphea, elle se fait sans doute plus de soucis pour maman que pour moi. Elle raconte à qui veut bien l'entendre que Hyacinthe est un crétin. Finalement, ma soeur est encore plus hypocrite que je ne le pensais. On a les mêmes gènes, le même nom de famille, très peu d'écart. Mais on ne s'entend pas et c'est comme ça. Elle m'a déjà dit qu'on m'avait adopté, moi je lui ai dit qu'on l'avais trouvé dans une poubelle. Mais ce sont les disputes classiques entre un frère et une sœur, non ?... Même si elle aurais bien voulu que papa et maman m'oublient volontairement sur une aire d'autoroute avec des WC qui puent la pisse, je suppose.

« Tu voulais que je fasses quoi, au juste ?... Que je reste à la maison ? Je vous ai fait honte. C'était mieux pour tout le monde que je disparaisse. Sinon, vous auriez du me regarder avec embarras. » Et je ne veux pas être un poids pour qui que ce soit. Je préfère rester dans mon coin, avec mes emmerdes. Gérer mes problèmes tout seul, même si je les gères visiblement très mal si j'en juge ma vie en Norvège. Mais je n'ai de compte à rendre à personne. Rien à justifier à quoi que ce soit. C'est probablement mieux, que je reste un connard, au moins personne ne me regrettera. Personne ne se souciera de moi, personne ne posera de questions, personne ne me feras de mal. Je vois que mes mains commencent à trembler. Je me recule de quelques pas, tourne le dos à ma mère et sors un paquette de cigarettes de ma poche pour en allumer une. Pour ne pas trop la dérranger avec l'odeur, je reste à bonne distance et trouve finalement le courage de relever les yeux vers elle.


« J'ai été impulsif, ce jour-là. Tu sais sans doute pourquoi j'ai été renvoyé. Cette femme m'a manqué de respect. Elle m'a pris pour une fille histoire de bien commencer, a cru que je ne parlais pas Anglais, limite que je n'avais pas de papiers, et a insisté sur le fait que je n'étais pas très radieuse pour une demoiselle chargée de l’accueil. Elle a dis qu'on embauchais n'importe qui au ministère, que je n'avais rien à faire ici. C'était raciste et très dégradant aussi. Je ne me suis pas laissé faire. On m'a viré parce que je ne me suis pas laisser marcher dessus et chier dans les bottes sans réagir aux réflexions d'une vieille conne raciste et aigrie. Sans doute homophobe en prime, puisqu'elle a du croire que j'étais gay étant donné qu'elle a cru que j'étais une femme. » Je tire une bouffée sur ma cigarette, puis bois une gorgée de bière pour essayer de continuer à rester le plus calme possible. « J'avais besoin d'être seul, après tout ça. » Seul, pendant un an, dans un autre pays. J'aurais pu choisir plus loin. Mais je me suis dit que c'était l'occasion. Qu'aller en Norvège c'était maintenant ou jamais, puisque de toute manière, plus rien ne m'obligeait à rester au Royaume-uni. Je venais de foutre en l'air un avenir au sein du ministère de la magie, mes études en Politique magique n'auraient donc servi à rien, j'aurais perdu mon temps, fait dépenser de l'argent pour rien à mes parents. J'aurais échoué, je n'aurais pas eu de travail au sein du Magenmagot vu mon dossier et mes antécédents, et de toute manière, je ne voulais plus jamais foutre un orteil au ministère. Si jamais on me force à y retourner, je me mettrais à pleurer et à hurler comme un petit garçon jusqu'à ce qu'on ne m'y force plus. Peut-être que ça fonctionnerai ? J'en doute. « Et tu m'as toujours dit de ne pas rester passif face à l’oppression. C'était peut-être pas une Mangemort, mais c'était une sale connasse pleine de préjugés. » Ce serait clairement l'hôpital qui se fout de la charité, puisque maman a combattu pendant la guerre, rejoint l'Armée de Dumbledore aussi bien que mes grands parents étaient contre. Alors elle aussi, elle a été impulsive. Elle aussi, elle a choisi de se défendre.

« Je m'en sors bien, ici. J'apprend le Norvégien. J'habite dans une ferme avec les autres garçons de mon groupe, tous des moldus d'ailleurs. Et je travaille au Starbucks pour gagner ma vie, puisque la musique ça ne paye pas assez. Pour le moment, du moins. Mais on commence à se faire une petite notoriété. » Je crois que maman s'en fiche pas mal. C'est sans doute pas ce qu'elle espérais pour moi, cet avenir d'artiste en dèche, ou bohème si on veut rendre ça un peu plus joli et poétique. Nouvelle gorgée de bière, je repose mon verre et m'essuie la bouche d'un coup de manche avant de re prendre une bouffée de nicotine. « Tu sais bien que j'étais pas heureux au ministère. Je ne suis peut-être pas devenu ministre de la magie comme vous l'espériez papa et toi, mais ça me conviens, la vie de musicien. »

Je soupire longuement et ferme les yeux : « T'as peut-être bien mis un surdoué au monde, mais je ne compte pas devenir prix nobel pour autant. Vous avez toujours trop attendu de moi. »     
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Mer 20 Fév - 2:51
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Hyacinthe & Cho

« You better start running when you hear the man coming. Won't do you no good. Kiss your baby goodbye. Come on, love, it's alright!. You never know unless you give it a try. »
On m’avait déjà dit que j’étais stricte avec mes enfants et je dois avouer que je ne l’ai jamais très bien pris. À chaque fois qu’on me disait ces mots, j’avais l’impression qu’on me disait que je faisais mal mon travail de mère, que je n’étais pas capable d’élever mes enfants comme il faut. Je n’étais pas d’accord tout le monde faisait de son mieux selon ses connaissances. Personnellement, j’ai été élevée dans la plus pure tradition chinoise par des parents strictes, mais aimant et droits. Ça n’a pas fait de moi une mauvaise personne ni même une folle. Ce que mes parents m’ont inculqué a fait de moi la personne que je suis et je suis très fière de mes origines. C’étaient les mêmes valeurs que je voulais faire passer à Hyacinthe et Nymphea. Je voulais leur faire comprendre que c’était pas le travail que nous gagnions ce que nous voulions. Nous devons montrer que nous le méritons, montrer que nous avons fait du travail pour avoir droit à quoi que ce soit. Les origines, la famille ou la nature du sang n’y changeait rien. Certains croyaient que ça changeait tout, mais pour moi ça ne changeait rien. Charles était le meilleur homme que je connaissais. Il était instruit, digne, droit et fier sans avoir une goutte de sang magique dans les veines. À l’inverse, je connaissais des sorciers considérés purs qui ne valaient pas grand chose. Certains m’avaient jugée pour mon mariage, mais leur avis ne m’importait pas. Je savais ce que je voulais et je savais que j’avais pris la bonne décision. C’était tout ce qui comptait.

J’avais pensé que ce que je faisais était pour le mieux pour mes enfants et j’espérais qu’ils allaient retenir tout ce que je leur disais pour qu’ils puissent réutiliser tout ça un jour. Malheureusement pour moi et probablement pour tous les parents, nos progénitures avaient tendance à tordre nos propres pour les retourner contre nous, pour se justifier et surtout pour se distancer des actes qu’ils avaient posés. Rien de bien anormal dans tout ça vous me direz. Par contre, quand ça nous arrivait, surtout dans des situations comme la mienne. C’était plus que frustrant, c’était enrageant. « Tu voulais que je fasses quoi, au juste ?... Que je reste à la maison ? Je vous ai fait honte. C'était mieux pour tout le monde que je disparaisse. Sinon, vous auriez dû me regarder avec embarras. »  Mon fils ne vivaient que pour les extrêmes, tout était tout blanc ou tout noir. Certes, j’avais été déçue quand j’avais appris que Hyacinthe avait été foutu à la porte du ministère. Je savais qu’il n’allait probablement pas sa vie là-bas, mais je pensais qu’il y serait resté un peu plus, le temps de se trouver, de s’orienter dans la vie. Il n’avait qu’une septième année après tout. J’aurais préféré qu’il continu ses études, mais je n’avais pas cru bon de le forcer à aller à l’université. Envoyer quelqu’un à l’école alors qu’il ne veut pas y aller, c’était le meilleur moyen d’avoir de la merde sur les bras. J’avais espoir qu’il y retourne un jour, mais disons que tous nos plans avaient été chamboulés quand mon fils était parti.

«Mais tu ne nous fais pas honte Hyacinthe, je m’attendais...en fait non nous nous attendions à ce que tu viennes pour nous expliquer ce qui s’est passé au lieu de partir de la maison comme un voleur.»

J’observais mon fils de haut en bas, triste et en colère. Il était tellement secret sur tous les aspects de sa vie que j’en venais à me dire que je n’avais peut-être pas fait mon travail de mère. J’aurais dû remarquer que la vie au ministère ne lui conviendrait pas. On m’avait rondement expliqué ce qui s’était passé passé le jour du renvoi de mon fils. On m’avait dit qu’il avait été arrogant, déplacé et avait explosé contre femme. C’était la version ministérielle de l’évènement, pas celle de mon fils. Je l’ai regardé me tourner le dos, il était si maigre. Il ne mangeait probablement pas à sa faim ici. Comment vivait-il ? J’étais rassurée de le voir en vie, mais j’avais tellement de questions, tellement que colère. Alors que mon fils se retournait, une cigarette au bec, j’ai cherché son regard jusqu’à ce qu’il se décide à poser ses yeux sur moi, décidé. « J'ai été impulsif, ce jour-là. Tu sais sans doute pourquoi j'ai été renvoyé. Cette femme m'a manqué de respect. Elle m'a pris pour une fille histoire de bien commencer, a cru que je ne parlais pas Anglais, limite que je n'avais pas de papiers, et a insisté sur le fait que je n'étais pas très radieuse pour une demoiselle chargée de l’accueil. Elle a dit qu'on embauchait n'importe qui au ministère, que je n'avais rien à faire ici. C'était raciste et très dégradant aussi. Je ne me suis pas laissé faire. On m'a viré parce que je ne me suis pas laisser marcher dessus et chier dans les bottes sans réagir aux réflexions d'une vieille conne raciste et aigrie. Sans doute homophobe en prime, puisqu'elle a dû croire que j'étais gay étant donné qu'elle a cru que j'étais une femme. » La situation était horrible, j’en avais conscience. Je comprenais sa frustration, plus qu’il ne le pensait. J’étais solide, j’avais de l’expérience, j’étais plus âgée que lui, ça me donnait un avantage sur lui. J’aurais aimé pouvoir lui éviter tout ça, mais malheureusement la vie était injuste. Il allait devoir faire ses propres expériences et surtout apprendre à gérer ses émotions quand le moment venait. Je suis restée silencieuse en entendant son flot de parole, m’attendant à ce qu’il veuille en rajouter une couche. J’avais accumulé de la frustration pendant un an, mais mon fils aussi avait probablement énormément de frustrations accumulés. C’était lui qui avait été insulté à la base.

« J'avais besoin d'être seul, après tout ça. » J'ai hoché la tête comprenant le besoin de mon fils. Je me souvenais qu'à une époque j'avais voulu être seule moi aussi en situation de crise. Quand ma meilleure amie Élizabeth était décédée durant la grande bataille, j'avais voulu être seule durant mon deuil. Heureusement pour moi, on ne m'avait pas laissée seule, Charles avait insisté pour être avec moi durant cette étape de nos vie. Les répercussions de cette décisions avaient été énormes. Après tout, quelques mois plus tard Hyacinthe venait au monde. Une simple petite décision avait fait qu’une poussière d’ange était venue en moi et était devenue maintenant un adulte qui apprenait à se connaître et qui me faisait passer dans des montagnes russes d’émotions épouvantables. Je lui en voulais énormément, mais mon coeur de mère était rassuré de le voir sauf devant lui. «  Et tu m'as toujours dit de ne pas rester passif face à l’oppression. C'était peut-être pas une Mangemort, mais c'était une sale connasse pleine de préjugés. » J’ai baissé les yeux aux sols, reconnaissant très bien ces mots. Je les avais dit à plusieurs reprises tout au long de l’enfance de mes enfants. Je m’étais battue contre l’oppression il y a de ça plusieurs années et je comptais continuer à le faire jusqu’à ce que mon coeur cesse de battre. Cependant, il y avait des décisions où il fallait gérer ses ardeurs et utiliser les bons mots. C’était la seule chose qui manquait à ma progéniture, le bon choix des mots et surtout le timing. Il avait surtout raison sur un point, la femme n’était pas un mangemort qui voulait tuer, c’était une sorcière ignorante qui ne savait pas parler aux gens. En colère, je me suis avancée vers mon fils, soufflant la fumée de cigarette plus loin, et j’ai saisi la cigarette de la bouche de mon fils pour l’écraser sous ma chaussure. Vu l’état des lieux, un mégot de cigarette de plus ou de moins par terre ne tuerait pas personne.

«Oui t’as raison, il faut se battre contre l’oppression, mais tu ne l’as pas fait de la bonne façon. Il y a une façon de dire les choses, comme tu l’as dit, c’était une sorcière ignorante et pas un mangemort. Tu penses que ce n’est qu’à toi que ça arrive !? Je suis la tête du département des sports et jeux magiques. Je gère un département d’hommes qui ne trouvent pas tous que je suis à ma place. Ils me le font savoir très souvent et je ne hurle pas au scandale à chaque fois. Je travaille encore plus dure, je leur montre que j’ai ma place et ils ferment leur grande gueule quand ils se rendent compte que je fais le boulot plus que parfaitement ! C’est à ça que je m’attendais de ta part. Tu vas te rendre compte toi aussi que la vie est injuste Hyacinthe et tu vas devoir travailler pour faire ta place. Tu peux pas foutre le camp à chaque fois que tu es contrarié.»

C'était un comportement pour les lâches à mon avis, mais je ne pouvais pas remettre ça en plein visage de mon fils. Pas maintenant, il avait beaucoup trop de colère en lui pour que je puisse lui dire ça tout de suite. Il avait craché ce qu’il avait sur le coeur, là ça avait été à mon tour. Il voulait que je le traite en adulte, mais il lui manquait encore tellement d’expériences de vie. La cigarette fraîchement écrasée sous mon pied, je me suis penchée pour ramasser le mégot et le jeter maintenant qu’il était froid. Si mon fils voulait s’encrasser les poumons, grand bien lui fasse, mais pas devant moi. Je ne tolérais pas que mon fils veuille se tuer comme ça. Tout le monde sait que c’est mauvais et lui voulait tout de même en fait à sa tête. Ce que les jeunes pouvaient être idiots...j’avais dû l’être moi aussi à une certaine époque. J’ai repris mon jus que j’avais laissé sur une caisse de son pour en prendre une gorgée alors que mon fils reprenait la parole, continuant son discours. « Je m'en sors bien, ici. J'apprends le Norvégien. J'habite dans une ferme avec les autres garçons de mon groupe, tous des moldus d'ailleurs. Et je travaille au Starbucks pour gagner ma vie, puisque la musique ça ne paye pas assez. Pour le moment, du moins. Mais on commence à se faire une petite notoriété.» Au moins, je savais qu’il travaillait pour subvenir à ses besoins, ce qui était quand même bien. Bon, son périple chez les moldus m’inquiétait un peu. Impulsif comme il était, j’avais peur qu’il révèle le secret magique à tous. Une erreur était si vite arrivée. J’ai hoché la tête pour lui montrer que j’avais entendu et que je comprenais. Je n’acceptais pas tout ça, je refusais qu’il soit musicien, je refusais qu’il vive comme ça loin de nous. Je refusais qu’il se gâche comme ça. « Tu sais bien que j'étais pas heureux au ministère. Je ne suis peut-être pas devenu ministre de la magie comme vous l'espériez papa et toi, mais ça me convient, la vie de musicien.»  Mais d’où sortait-il que nous voulions qu’il soit ministère de la magie ? Je voulais que mon fils soit heureux dans la vie et je voulais qu’il ait toutes les chances du monde pour vivre confortablement dans le futur. Je doutais fortement qu’hurler comme il le faisait allait lui permettre de bien vivre plus tard. Il était encore jeune, il pouvait se contenter de tout et n’importe quoi encore et vivre dans une grande. À 40 ans, je doutais qu’il en soit encore heureux.

«T’avais le droit de ne pas être heureux et de vouloir partir de là. Par tu n’avais absolument pas le droit de partir comme ça sans nous donner de nouvelles Hyacinthe Chang ! »

J’avais haussé le ton en finissant de parler. Il ne comprenait pas qu’en bout de ligne, le boulot au ministère ce n’était pas important. C’était sa fugue le problème et c’ètait pour ça que je lui en voulais. Reposant mon jus sur la caisse, j’ai croisé les bras sur ma poitrine en essayant de me calmer. Je ne voulais pas faire de scène avec tous les gens qui étaient autour de nous. J’ai vu quelques regards se tourner vers nous alors que j’avais parlé plus haut, mais je m’en foutais. Certes, la scène n’était pas nécessaire, mais je devais m’occuper de mon fils.« T'as peut-être bien mis un surdoué au monde, mais je ne compte pas devenir prix nobel pour autant. Vous avez toujours trop attendu de moi. »  Je me suis mordu la lèvre inférieure, essayant de me calmer et ne pas dire de bêtises devant mon fils.

«Nous n’avons jamais demandé un prix Nobel comme fils, ce qu’on veut c’est que tu travailles, que tu ne t’assoies pas sur ton derrière et que tu nous prouves ta valeur. Nous savons que tu as un potentiel infini et tu le jettes à la poubelle comme si c’était de la merde. Ce qu’on veut, c’est que tu reviennes à la maison, on va faire du ménage dans tout ça et regarder ce qui est possible de faire dans le futur.»

Mon ton était ferme, mais je n’avais pas élevé la voix. Je voulais que mon fils revienne à la maison, c’est tout ce que je voulais.
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Mer 20 Fév - 13:31
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Cho & Hyacinthe
25.07.18 Maman est en colère contre moi et je le sais. J'ai naturellemen switché en cantonais lors de notre discution, quand il a été question du monde magique. La probabilité que quelqu'un qui passe par là comprenne est relativement faible. Je lance un regard noir au gars d'un autre groupe qui nous regarde maman et moi, alors qu'il est venu chercher quelque chose dans la loge. Même sans parler Chinois, vu le ton il doit se douter que ce n'est pas une conversation agréable. Heureusement il part assez vite après avoir récupéré son paquet de cigarettes et referme la porte derrière lui, nous laissant seuls ma mère et moi. Je soupire longuement, tourne un peu en faisant les cent pas dans la loge. Bien entendu qu'elle veut que je rentre à la maison. Bien entendu qu'à ses yeux ce que je fais n'est pas sérieux. ça ne l'est pas d'ailleurs, j'en ai conscience. Musicien, ça ne me permettras sans doute jamais de vivre convenablement, sauf si j'avais choisi de faire quelque chose de plus accessible. J'aurais peut-être du rentrer dans un boys band plutôt, comme ceux que Nymphea écoute ? Je suis assez mignon pour ça, mais pas assez souriant. Quoi que, j'aurais pu avoir le rôle du grand brun mystérieux, et apporter la touche de diversité bien pensante et politiquement correcte, au milieu des caucasiens. Puis la carrière est éphémère aussi dans un Boys band. Passé vingt cinq ou trente ans, j'aurais été à la retraite. Puis je ne sais pas vraiment dansé. Me tortiller sur scène en imitant une ballerine, probablement maladroite voire possédée par le démon, ce n'est pas danser j'en ai conscience. C'est un métier ça, de danser. ça s'apprend et ça se travaille. Tout comme c'est un métier de savoir hurler comme je le fais. Maman n'en a surement pas conscience, mais ce n'est pas donné à tout le monde.  Mais elle s'en fiche non ?... Même si dans mon éducation, elle nous a toujours dit à Nym et moi de donner le meilleur de nous-mêmes et de nous faire respecter avec notre travail sérieux.

« Rentrer... Alors que j'ai ma vie ici maintenant ? Je travaille maman. Au café pour gagner convenablement ma vie, mais aussi avec mon groupe pour produire de la musique de qualité même si ce n'est pas au goût de tout le monde et surement pas au tien. » J'ai conscience qu'aux oreilles de maman, c'est un bruit insupportable, une violence extrême. Mais c'est comme ça. Ce sont les émotions à l'extrême, brutes et crues. Le malheur du monde et la misère humaine exposés, que ce soit politique ou encore vis à vis des problèmes personnels. Mes paroles ne sont pas vide de sens. Mes actes sont réfléchis. La musique est travaillée. C'est quelque chose qui prend du temps, de l'énergie. On ne fait pas ça pour rigoler entre potes, si on a envie de devenir connu. Si on n'est pas sérieux, ça ne fonctionne pas. Je soupire et prend une gorgée de bière pour me calmer moi aussi. L'ambiance est électrique dans la pièce entre nous deux. Je peux le sentir, et elle aussi je suppose. C'est le premier vrai argument que j'ai avec maman. A part la fois où je suis rentré avec un piercing, et l'autre fois où je suis rentré avec un tatouage. Une fois les premiers passés, les autres n'ont pas trop posé de problème. Même si en me voyant changer, Grand-mère a cru que j'étais rentré dans la triade et a failli en pleurer. On avais dû lui expliquer calmement que c'était un truc d'occidental, qu'on fait juste pour faire joli ici, que ça n'a pas de rapport avec la mafia ou la criminalité.

« La musique ça me plaît. Tu crois que tout le monde a encouragé Céline Dion quand elle a commencé ?... Il y a forcément eu des gens qui n'ont pas cru en elle, mais pourtant, elle s'est accrochée. » Ok c'est peut-être un peu osé et exagérer de comparer ma situation à celle de la chanteuse québécoise favorite de maman. Mais elle crie aussi fort, voire plus fort, que moi Madame Dion. « Même les peintres connus. De leur vivant on leur disant que les tableaux étaient moches, et maintenant c'est exposé au Louvres. » Bon j'espère avoir un peu de reconnaissance de mon vivant, pas de manière posthume. Mais j'ai encore le temps avant de mourir non ?... Je vais mieux depuis cet hiver. Et c'est quelque chose que maman ne sait pas ça. Il ne vaut mieux pas qu'elle saches d'ailleurs, ça continuerais de l'inquiéter encore plus. « Si tu tiens tant que ça à ce que j'ai un avenir, j'irais passer un diplôme chez les moldus, ici. Je ne sais pas trop comment ça fonctionne, surtout vu ma situation, mes ASPIC ne valent rien. Mais Thomas pourra peut-être m'aider. C'est le batteur de mon groupe, il est en fac d'histoire. » Comme papa quand il était plus jeune. Sauf qu'il n'est pas aussi sérieux dans ses études que mon père... et que c'est un peu un abruti, qui me brise le cœur tous les quinze jours. Je me moquais de Nymphea, je soupirais en roulant des yeux quand elle pleurais pour un garçon. Mais je ne vaut finalement pas mieux. Et c'est ça qui me rend encore plus malheureux, savoir que j'ai des sentiments. C'est compliqué, oui. Je ne souhaite à personne d'être moi. « Je pourrais essayer de passer le concours d'entrée au conservatoire. J'apprendrais le piano ou le violon, si ça te fais plaisir et que ça te semble plus honorable et moins honteux que ce que je fais actuellement, pour m'exprimer à travers la musique. A travers l'art. »

Nouvelle gorgée de bière. Non, je ne tiens pas à rentrer au Royaume-uni. Ma vie est ici maintenant. Plus là-bas. Trop de mauvais souvenirs. Je m'en sors mieux chez les moldus, aussi étonnant que cela puisse paraître. Surtout pour un Serpentard comme moi. On est censés ne pas trop les aimer, normalement. Même si ce n'est pas une qualité requise pour faire partie de cette maison. C'est une légende urbaine, un mythe qui nous colle à la peau. Les gens disent aussi que nous sommes des lâches, mais ce n'est pas le cas : on a juste un très bon instinct de survie, contrairement aux Gryffondor qui vont foncer tête baissée vers le danger au nom de l'honneur. « Ambition, ruse et détermination. Je te rappelle que ce sont les qualités de la maison où j'ai été réparti. Mon ambition actuellement, c'est de me faire un nom dans la musique. Pas d'aller poser mes fesses sur une chaise à l'université. » Puis le diplômes ça ne sert à rien dans la musique, soyons honnête. A moins de vouloir faire partie d'un orchestre philharmonique, ou de vouloir être chanteur d'Opéra. Mais je ne compte pas devenir ténor. Ni même encore chef d'orchestre ou premier violoniste de l'Opéra de Prague ou je ne sais quoi. « La Norvège, ce n'est pas le bout du monde non plus. Je peux facilement prendre un avion pour vous rendre visite, ou l'inverse. Ou envoyer du courrier. Ou même téléphoner. » J'aurais pu le faire avant. J'ai voulu plus d'une fois écrire une lettre à ma famille. Mais je me doutais qu'ils essaieraient de me faire revenir. C'est pour ça que je ne l'ai pas fait. En relisant les lettres que je n'ai jamais envoyé, j'ai senti le goût du regret, le goût de la honte. Être vulnérable, c'est ce que je déteste le plus. Quoi que, il y a beaucoup de choses que je déteste. Très peu que j'aime au final. C'est comme les gens, j'ai peu d'amis, et beaucoup de personnes n'ont aucune valeur à mes yeux. Revenir au Royaume-uni c'est avouer que j'ai échoué ici. Et si je suis parti du Royaume-uni, c'est parce que j'ai échoué là-bas. Tout ça ressemble bien trop à un cercle vicieux. L'échec... C'est la pire de mes peurs. J'y ai été confronté avec mon aventure au ministère de la magie, et je n'ai clairement pas supporté. Il suffit de voir comment ma vie a tourné après ça.

« Je suis désolé maman. Mais je ne sais pas ce que je ferais de plus à la maison qu'ici. Je ne sais même pas ce que j'ai envie de faire, je... » Ma voix se brise et je soupire en lui tournant le dos, énervé contre moi-même d'être soudainement si triste. Pourquoi est-ce qu'elle est venue ?.... C'était beaucoup plus facile, de faire le mort. Je n'avais pas à confronter mes problèmes. « Pardon. »     
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Lun 25 Fév - 1:49
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Hyacinthe & Cho

« You better start running when you hear the man coming. Won't do you no good. Kiss your baby goodbye. Come on, love, it's alright!. You never know unless you give it a try. »
En partant à la recherche de mon fils, j’avais essayé de penser à tous les scénarios possibles et imaginables qui pourraient se produire. J’avais espéré qu’en le retrouvant, il me tomberait peut-être dans les bras, qu’il allait s’excuser et partir avec moi. Je connaissais assez bien mon fils pour savoir que ce ne serait pas ça qui allait de produire. Il avait du caractère, des convictions très solides, il me ressemblait énormément. Par contre, il avait un tempérament qui ressemblait plus à celui de son père. Il était fougueux et se foutait de ne pas suivre la ligne directrice. Il faisait ce que bon lui semblait et faisait tout ce qu’il fallait pour y arriver. À l’âge de Hyacinthe, je n’aurais jamais fait une chose pareille. En fait, à âge comparable c’était le jour et la nuit. Dans un autre contexte, j’aurais été extrêmement fière de lui qu’il suive la voie qu’il croyait être la sienne. Malheureusement pour lui, je n’y croyais pas. Il disait que sa vie était ici, mais plus il me parlait, plus je me rendais compte qu’il n’avait rien. Il avait un boulot à temps partiel chez les moldus, un groupe de hurlements horrible à m’en faire péter les tympans et surtout il semblait malheureux. Une personne heureuse ne se tailladait pas les poignets, une personne heureuse ne ressemblait pas à mon fils à tous les moments de tous les jours. Je comprenais le principe de personnage, mais je connaissais assez mon fils pour savoir que tout ça, ce n’était pas seulement un taule qu’il se donnait. Il était fondamentalement malheureux et je ne comprenais pas pourquoi. Je voulais l’aider, mais il s’était muré derrières de grandes parois que je n’arrivais pas à franchir. « Rentrer... Alors que j'ai ma vie ici maintenant ? Je travaille maman. Au café pour gagner convenablement ma vie, mais aussi avec mon groupe pour produire de la musique de qualité même si ce n'est pas au goût de tout le monde et surement pas au tien. » Il avait raison, je ne considérais pas que c’était de la qualité. Pour moi, la base de la musique était que je devais la comprendre. Ce qu’il faisait, je ne le comprenait pas. Il hurlait des mots qui m’étaient incompréhensibles et je trouvais les sons terriblement agressants. Je n’étais pas une sorcière de mon temps peut-être, je n’en savais rien. La seule chose que je savais, c’était que mon fils allait revenir avec moi, qu’il le veuille ou non. J’étais prête à le prendre en transplanage de force s’il le fallait.

Entendant mon fils me parler en cantonnais, j’ai changé moi-même de langue comme si c’était la chose la plus normale au monde. C’était un choix très prudent. Nous étions dans le fin fond d’un trou en Norvège, les chances que nous soyions compris par des oreilles indiscrètes m’auraient beaucoup étonnées. Pour parler du monde magique, c’était beaucoup plus pratique que l’anglais. Alors que Hyacinthe venait de me dire que sa musique n’était probablement pas à mon goût, j’ai simplement hoché la tête pour lui montrer mon accord. Je savais que la musique lui plaisait, il était aussi artistique que moi j’étais sportive. Il en mangeait autant que moi j’en mangeais à une certaine époque. Mes grossesses successives m’avait empêchée d’atteindre mes objectifs et une voix en mois me disait que ce n’était pas une raison pour empêcher Hyacinthe d’atteindre les siens. En même temps, je me disais qu’il était seulement en réaction à quelque chose, je devais seulement trouver à quoi pour régler le problème et le ramener. « La musique ça me plaît. Tu crois que tout le monde a encouragé Céline Dion quand elle a commencé ?... Il y a forcément eu des gens qui n'ont pas cru en elle, mais pourtant, elle s'est accrochée. » Là, franchement, il poussait le bout. Il comparait ses hurlement à la meilleure diva de tous les temps. Céline Dion avait la voix d’un ange et mon fils...eh bien mon fils semblait invoquer un démon ou je ne sais quoi d’autres. Il voulait que je l’encourage ? Il devrait y avoir plusieurs changements si c’était ce qu’il voulait. Et puis, le contexte n’était pas le même. Céline Dion venait d’une famille de quatorze enfants et elle était la dernière d’entre eux. Hyacinthe était mon ainé et contrairement à Céline, il avait toujours eu de bons résultats. S’il avait été un cancre, je l’aurais peut-être moin poussé vers les études, mais je savais qu’il avait plus que du potentiel et qu’il pouvait vivre une belle vie sans être malheureux à essayer de percer dans un milieu qui était plus que difficile à joindre. Je le voulais heureux, pas misérable.

«Tu pousses trop à te comparer à Céline Dion. Hyactinthe je comprends que c’est ce que tu veux faire dans la vie maintenant, mais ça n’a aucun sens. Tu ne pourras pas gagner ta vie comme ça. Et franchement, c’est quoi les chances que ça fonctionne ? C’est un roulement de dé et j’ai de la difficulté à y croire. Je te le souhaite, mais il te faut un autre plan. Fais des études, soit prêt et après fais ta musique. Si ça plante tu vas pouvoir avoir une porte de secours.»

Ce n’était tout de même pas trop demandé de faire un dernier effort avant de se laisser à sa passion. C’était ce que j’aurais fait à l’époque si l’université avait existé. J’avais eu de la chance de pouvoir me faire une place au ministère comme je l’avais fait. Ça m’avait pris plusieurs années pour y arriver, mais le travail avait été payant. J’avais eu Charles pour m’aider quand je ne gagnais pas un salaire incroyable, ça n’avait pas été des années faciles. Là, Hyacinthe était seul et travaille chez Starbuck, même quand j’étais en bas de la chaîne alimentaire au ministère je gagnais probablement plus que lui. « Même les peintres connus. De leur vivant on leur disant que les tableaux étaient moches, et maintenant c'est exposé au Louvres. »  Il était sérieux ? Je me suis passée une main dans les cheveux, ne comprenant pas ce que mon fils me disait. Il était en train de me dire qu’il voulait avoir du succès, mais postum. Il vivrait donc une vie misérable, mais serait célèbre dans la mort. Je refusais de penser à mon fils comme ça. « Si tu tiens tant que ça à ce que j'ai un avenir, j'irais passer un diplôme chez les moldus, ici. Je ne sais pas trop comment ça fonctionne, surtout vu ma situation, mes ASPIC ne valent rien. Mais Thomas pourra peut-être m'aider. C'est le batteur de mon groupe, il est en fac d'histoire.» Mon coeur se brisait à chaque fois que Hyacinthe reprenait la parole. Il ne voulait pas rester avec nous, chez les sorciers. Il voulait se mêler au moldu et vivre parmi eux, sans sa magie. Je ne comprenais pas pourquoi il voulait étudier chez les moldus. Oui, son père était moldu et je le trouvais tout à fait noble. Il n’y avait rien de mal à être sans-magie. Je le disais toujours, nous ne valions pas mieux qu’eux, c’était ce que nous étions à l’intérieur. Par contre, je ne comprenais pas pourquoi il voulait tout renier, se tenir loin. Nous l’aimions de tout notre coeur, autant que sa soeur. Nous lui avions mis de la pression, c’est certain, tout comme sa soeur d’ailleurs, pour qu’il se pousse, qu’il réussisse et qu’il soit fier de lui. Je me demandais si nous en avions trop fait. Je ne savais plus quoi faire, quoi penser. J’ai passé une main sur mon visage avant de reprendre en cantonais. « Je pourrais essayer de passer le concours d'entrée au conservatoire. J'apprendrais le piano ou le violon, si ça te fais plaisir et que ça te semble plus honorable et moins honteux que ce que je fais actuellement, pour m'exprimer à travers la musique. A travers l'art. »  Il me disait ça comme si nous l’avions toujours empêché de s’exprimer. Sa couleur de cheveux, ses piercings et ses tattoos prouvaient que ce n’était pas le cas.

«Qu’est-ce qu’on a fait Hyacinthe pour que tu veuilles nous rejeter comme ça ? J’y comprends rien. On ne t’a jamais empêché de t’exprimer. »

Charles et moi avions toujours su que notre film était différent des autres, qu’il était un être infiniment sensible et qu’il était plus que seulement brillant. Les âmes sensibles comme la sienne peuvent facilement être troublée et j’avais toujours essayer de le protéger de ce qui pourrait l’envoyer dans une mauvaise direction et son père aussi. Il avait un peu plus de difficulté à gérer l’originalité de Hyacinthe, ce qui pouvait se comprendre, mais il ne l’aimait pas moins. C’était son fils et il aurait tout fait pour lui. Déconcertée, j’ai croisé mes bras sur ma poitrine et pris une grande inspiration pour garder mon calme. « Ambition, ruse et détermination. Je te rappelle que ce sont les qualités de la maison où j'ai été réparti. Mon ambition actuellement, c'est de me faire un nom dans la musique. Pas d'aller poser mes fesses sur une chaise à l'université. » Je savais très bien ce que ces mots caractérisaient. J’avais passé une bonne partie de mon temps à Poudlard moi aussi. C’était il y a longtemps, mais pas assez pour que j’ai oublié. ce n’était que des caractéristiques générales, c’était comme l’astrologie à mon avis. Cela pouvait convenir à n’importe qui le voulait en fait. On disait souvent que les Serpentards étaient plus à risque de tomber dans la magie noire et on oubliait facilement les gens courageux qui en avaient fait partie. À l’inverse, les Gryffondors avaient hébergés des gens mauvais aussi. Je refusais qu’on s’appuie là dessus pour justifier son comportement.

«Je refuse que tu utilises ta maison comme raison pour ta fuite Hyacinthe Chang. Tu es plus que trois mots vides ! »

Chez les Serdaigles, nous avions l’intelligence, la sagesse et la créativité. Pour avoir passé sept longues années sous le signe de l’aigle, j’ai connu des bleus et argents qui étaient bien loin d’être sages et intelligents. Ça ne voulait rien dire. Surtout considérant que Hyacinthe refusait de retourner à l’école et tenait à se détacher de tout ça, je refusais qu’il utilise cet argument.  J’ai serré les poings alors que mon fils reprenait la parole. Je n’étais pas du genre à lever le ton, mais je sentais que ça allait éventuellement venir. « La Norvège, ce n'est pas le bout du monde non plus. Je peux facilement prendre un avion pour vous rendre visite, ou l'inverse. Ou envoyer du courrier. Ou même téléphoner. » Il était sérieux ? Vraiment ? « Je suis désolé maman. Mais je ne sais pas ce que je ferais de plus à la maison qu'ici. Je ne sais même pas ce que j'ai envie de faire, je... Pardon.» Il osait me dire qu’il voulait rester ici et garder le contact alors qu’il ne nous avait même pas dit où il était et ce qu’il faisait depuis un an ? Je n’en revenais pas. qu’il ait ce culot. Mon fils me mentait en plein visage et ne semblait même pas avoir honte. Il s’excusait, mais je sentais ses excuses comme vide.

«Tu devrais avoir honte de me mentir comme ça. Je me suis déplacée jusqu’ici pour venir te chercher parce que nous n’avons pas eu de nouvelles de toi depuis un an et tu oses me dire que tu vas nous téléphoner ou nous écrire. Rester ici n’est pas une option pour toi Hyacinthe. Tu vas revenir avoir moi en Angleterre, tu vas t’asseoir avec ton père et moi et on va régler tout ce qui ne va pas. Tu nous rejettes comme si nous étions des moins que rien pour faire ta vie sans nous expliquer quoi que ce soit. C’est n’est pas comme ça que la vie fonctionne ! »

J’étais en colère et l’émotion faisait trembler ma voix. Je ne tenais pas à ce que mon fils me voit être faible et sentimentale, mais je n’y pouvais rien. J’aimais mon fils et je voulais l’aider. Il semblait souffrir et je n’en connaissais pas la source.

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Lun 25 Fév - 13:36
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25.07.18 Le plus gros des soucis c'est que Maman est au moins aussi têtue que moi. Elle a raison, elle dit que ce n'est pas une vie ce que j'ai actuellement. Je pourrais avoir une situation matérielle plus confortable, mais j'ai quand même appris à me débrouiller. Avec les bois à côté de la maison par exemple j'ai appris à chasser avec les autres garçons de mon groupe. Mais il vaut mieux éviter de lui dire, je suis sure qu'elle paniquerai à l'idée de m'imaginer avec une arme à feu dans les mains. Pourtant le cerf, c'est pas mauvais. Et nos ancêtres il y a des milliers d'années chassaient leur viande aussi, au final c'est plutôt naturel. Avec le retour des beaux jours aussi, on a commencé un potager, pour être indépendants et nous débrouiller. Pareil je sais couper du bois aussi. C'est assez drôle d'ailleurs de me voir en short couper des bûches en prévision de l'hiver. Du coup, même si c'est un peu rustique comme mode de vie, j'ai appris des choses utiles. Mais ça maman s'en fiche. Pourtant si c'est l'apocalypse et que je perd ma baguette, je pourrais quand même réussir à survivre un petit peu plus facilement qu'elle. Je soupire et passe une main dans mes cheveux blonds, avant de finir ma bière d'une traite. 

Ma mère a raison aussi sur un autre point : je devrais songer à sécuriser mon avenir avec une porte de secours au cas où la musique ça ne fonctionne pas. On peut se débrouiller avec les gars pour continuer à distance quelques temps je suppose ?... Avec internet par exemple. La connexion est naze là où nous habitons dans la ferme, puisque c'est isolé. Mais on va souvent en ville pour capter une wifi un peu moins pourrie. Alors ça devrais le faire non ?... Pour organiser des concerts par contre ce sera un peu plus compliqué. Appuyé contre le mur, les mains dans les poches je fixe le plafond en retournant le problème dans ma tête. Je dois aussi peser le pour et le contre. Heureusement pour moi je suis quelqu'un d'assez logique pour comprendre une situation, tant que ça n'implique pas les sentiments. Ma famille me manque, c'est vrai. Et Thomas est un sale con qui ne me mérite clairement pas. D'ailleurs pour lui, nous ne sommes clairement pas en couple, puisqu'il va voir ailleurs. Et moi aussi, du coup. Là d'accord ce n'est pas une vie. Je me fais du mal tout seul en ayant de l'affection qui n'est pas réciproque, j'ai choisi la mauvaise personne. Et m'en éloigner sera bénéfique. 

Est-ce que les autres comprendront mon choix si je décide de retourner de manière plus ou moins définitive au Royaume-uni avec ma famille ?... Peut-être. Certains ont leurs parents à l'autre bout de la Norvège et se sentent un peu seuls. Sven m'a clairement dit aussi que je devrais envoyer ces lettres que je n'ai jamais osé mettre dans une enveloppe, pour parler à ma famille. Lui, il comprend très bien qu'ils me manquent. Mais ce putain d’orgueil m'a empêché d'aller jusqu'au bureau de poste moldu qui est pourtant à deux minutes du café où je travaille en ville. Je soupire longuement et ferme les yeux. J'ai besoin d'y voir plus clair. De savoir si ça vaut le coup de laisser tomber mon groupe momentanément. De mettre toute cette aventure sur pause. Il n'y a pas qu'avec mes parents que je dois discuter de mon avenir : je dois aussi en parler avec les autres membres du groupe. Ils vont devoir se trouver un autre chanteur. Et aussi étonnant que cela puisse paraître, les types capables de gueuler aussi fort que moi ça ne court pas les rues.

« Je vais venir en parler avec papa et toi. Mais je ne promet pas de rester au Royaume-uni pour autant. On verra. » Ne rien promettre est plus prudent. Parce que au final, je ne sais pas trop ce que je veux faire de ma vie. Je ne peux clairement pas être sur de ma décision, puisque je ne l'ai pas encore prise. C'est vrai, la musique ça me plaît. J'aime bien vivre à la campagne en Norvège, j'aime bien avoir une vie où je ne dois pas trop me poser de questions ni réfléchir. C'est reposant. Mais frustrant aussi. C'est pour ça que je m'acharne à apprendre le Norvégien pour m'occuper. Je ne suis pas encore capable de le parler couramment, mais j'arrive à bien me débrouiller, malgré un petit accent et une prononciation parfois hésitante. Seulement, aussi utile que ce soit d'apprendre une langue, ça n'est pas ce qui me stimule le plus intellectuellement. Je préfère les problèmes mathématiques. C'est comme ça que j'ai fini le programme du lycée moldu en six mois, pour ne pas devenir fou. « On discutera ensemble de quelle filière universitaire pourrais me convenir. Et on verra s'ils m'acceptent malgré le délai un peu tardif. » Ils feront sans doute une exception, pour un ancien premier de la classe. Du moins je suppose. Je pose les yeux sur ma mère et soupire en m'étirant un peu le dos. Comme après chaque concert j'ai mal partout d'avoir bougé comme ça, de m'être roulé par terre aussi. « Viens à la maison ce soir. Je suppose que vu le délai, tu n'as pas eu le temps de réserver un hôtel... Tu verras, c'est un peu rustique mais on y est bien. Au moins, on a l'air frais de la campagne et de la forêt juste à côté. »

La Norvège a cet avantage sur le Royaume-uni. Ici il y a plus de grands endroits naturels, tout le monde va faire du camping et des randonnées. C'est un style de vie que les gens ont ici, dès qu'il recommence à faire beau, tout le monde part explorer la nature. Les glaciers, les forêts, les montagnes, les côtes maritimes... On a de quoi faire. En écosse, on a les Highlands c'est vrai. Mais ce n'est pas le même genre de paysage. Le mains dans les poches, je me retourne vers ma mère et soupire de nouveau : « J'ai voulu vous écrire. Plus d'une fois. Mais j'ai jamais envoyé les lettres. »  Pourquoi ?... C'est un peu dur pour moi de l'avouer. Je me mordille la lèvre, joue avec mon piercing et regarde encore mes pieds un peu dérrangé par tout ça : « Je sais que tu vas dire que c'est stupide, mais dans ma tête vous écrire ça revenait à avouer que j'ai échoué et que je ne suis pas capable de vivre sans vous, d'être indépendant. Puis je savais que vous seriez venus me chercher, Et je n'étais pas prêt à rentrer. Je ne le suis toujours pas d'ailleurs. »  Même si dans le fond, maman a raison : je sais surement mieux à la maison. J'aurais moins de soucis à me faire concernant mon avenir là-bas, probablement plus certain qu'ici où c'est effectivement une situation assez aléatoire, qui relève d'un lancé de dé.

Bon, par contre... On est cinq garçons, on a souvent des filles qui viennent à la maison pour la nuit. On a beau essayer de s'organiser pour ranger, je sais qu'en arrivant maman va avoir une mini crise cardiaque en retrouvant des sous vêtement un peu partout dans la maison, et des bouteilles d'alcool vides. On a fait une grosse fêter hier soir, et on a pas spécialement eu le temps de ranger. Du coup... C'est possible qu'elle trouve une petite culotte ou deux dans ma chambre. « Faut que je te prévienne avant qu'on rentre par contre, prépares toi psychologiquement, c'est pas super bien rangé en ce moment à la ferme. On a fait la fête hier, une de nos copines fêtais son anniversaire, et... Enfin, on est les seuls à vraiment avoir une maison sans les parents. Donc on a fait ça chez nous, avec peut-être bien la moitié d'une promotion de filles en fac de lettres... Enfin.... Tu vois sans doute ce que je veux dire. » J'en ai un peu honte, mais je crois avoir suffisamment menti à ma mère pour ce soir. Au moins, même si elle verra sans doute les bouteilles d'alcool vides un peu partout et des cendriers qui débordent, il n'y a plus de drogue, tout le monde a tout consommé, je ne suis pas sur qu'il y ait vraiment des restes.
 
    
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Mar 5 Mar - 21:09
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« You better start running when you hear the man coming. Won't do you no good. Kiss your baby goodbye. Come on, love, it's alright!. You never know unless you give it a try. »
Je regardais mon fils et je me demandais à quel point j’avais été aveugle pour ne pas voir que mon fils était mal à ce point. J’avais réalisé qu’il était malheureux, jusqu’à une certain point, mais je me disais que c’était l’adolescence et que ça allait passer. Par contre, ça n’avait jamais passé et j’avais laissé Hyacinthe vivre sa petite vie de son côté Il était tellement toujours secret et fermé sur ce qu’il faisait que nous nous dit que c’était ce qu’il désirait. Dans la mesure où ça ne le gâchait pas, j’étais prête à vivre avec ça. Cette décision, je l’avais assumé jusqu’à ce que notre fils nous quitte. Là, Charles et moi nous étions mis à l’action. Nous avions laissé de la corde à notre fils et au lieu de l’utiliser convenablement, il s’était préparé un noeud coulant. Je n’avais absolument pas l’intention de le laisser se pendre avec elle donc j’avais fait la route jusqu’ici pour ramener mon fils à la maison, qu’il le veuille ou non. J’avais toujours été assez stricte avec mes enfants et Charles aussi. Nous avions laissé du lousse avec notre fils pour qu’il puisse nous montrer ce qu’il avait dans le ventre et ça avait été un échec retentissant. Je me disais, à la limite, qu’en arrivant dans cette petite ville nordique que j’allais retrouver un Hyacinthe heureux, épanouis et en santé. Ce que j’avais devant moi, ce n’était pas vraiment ce à quoi je m’attendais. Malheureusement pour mon fils, ça me donnait encore plus de munition pour le ramener à la maison.

Il était peut-être convaincu que son mode de vie était une bonne chose, mais ce que je voyais devant moi me disait le contraire. Hyacinthe était toujours aussi maigre, était blême comme jamais, avait des blessures aux bras, avait des cernes sous les yeux et en plus il s’encrassait les poumons. Il n’y avait rien de bien glorieux là dedans. Clairement, ce qui se jouait en ce moment semblait compliqué pour mon fils. Pour moi, il n’y avait qu’une finalité à tout ça et c’était le retour de Hyacinthe à la maison. Je le laissais penser qu’il avait le choix, mais il n’en avait pas. « Je vais venir en parler avec papa et toi. Mais je ne promet pas de rester au Royaume-uni pour autant. On verra. »  J’ai hoché la tête en ayant un petit sourire.Simplement savoir qu’il acceptait de me suivre jusqu’à la maison me satisfaisait. Nous allions pouvoir nous asseoir, parler à tête reposée, trouver des solutions et nous verrions bien comment les choses se passaient. Je souhaitais seulement que ma famille soit unie, heureuse, épanouie et que nous soyons tous ensemble. Ce n’était pas trop demandé il me semble. J’ai ouvert grand les yeux, attentive à ce que me disait mon fils, ne voulant pas le brusquer. Il allait dans la direction que je voulais, la vitesse à laquelle il y arrivait ne changerait rien. « On discutera ensemble de quelle filière universitaire pourrais me convenir. Et on verra s'ils m'acceptent malgré le délai un peu tardif. » J’ai encore hoché la tête en souriant. C’était tout ce que nous voulions. Il allait même plus loin que ce que nous espérions. Nous voulions discuter de son avenir avec lui, Hyacinthe, lui, me disait qu’il voulait regarder pour aller à l’université. Ça avait été beaucoup plus facile que je l’avais imaginé. Je n’allais pas m’en plaindre, au contraire.

«C’est une sage décision Hyacinthe. Je suis certaine qu’il y aura une solution pour ton admission à l’université, si c’est ce que tu décides ultimement de faire.»

Je me suis avancée vers mon fils de quelques pas pour enlever quelques mèches de cheveux qui lui cachaient le visage. Il avait passé ses mains dans sa crinière quelques minutes plus tôt et ils étaient restés devant son visage. Il semblait aimer cacher ses yeux derrière cette longue crinière, mais moi je préférais les voir. J’aimais y voir la vie qui l’habitait, pas la mort qu’il semblait vouloir symboliser. « Viens à la maison ce soir. Je suppose que vu le délai, tu n'as pas eu le temps de réserver un hôtel... Tu verras, c'est un peu rustique mais on y est bien. Au moins, on a l'air frais de la campagne et de la forêt juste à côté. » Je devais avouer que j’ai été un peu prise de cours devant cette demande. J’avais pensé pouvoir transplaner tout de suite accompagnée de mon fils, mais je n’avais pas bien réfléchi. Hyacinthe avait vécu ici durant près d’un an, il avait des choses qui lui appartenaient, des choses à régler, un boulot à lâcher. Il avait quelques trucs à régler et j’allais devoir avoir la patience de l’attendre. Tout ça, c’était pour le mieux. Nous allions pouvoir tenter de reprendre une vie normale. Je n’avais donc pas, comme Hyacinthe l’avait dit, réservé un hotel. J’allais donc suivre mon garçon, le sourire aux lèvres.

«J’ai bien hâte de voir ton chez toi. Ce n’est pas pour longtemps, alors le côté rustique ne sera pas dérangeant. J’irai me balader dans la forêt pendant que tu iras régler ce qu’il te reste à faire avant notre départ.»

J’ai regardé mon fils et j’y ai vu Charles dans la gestuelle, j’y ai vu mon père dans le regard, j’y ai vu ma mère dans la forme de ses lèvres et dans ses pommettes. Nous étions tous présents dans Hyacinthe et nous le resterions pour toujours. Il était notre fils, peu importe ce qui se passait dans la vie. « J'ai voulu vous écrire. Plus d'une fois. Mais j'ai jamais envoyé les lettres. » Mon fils venait de se retourner vers moi et j’ai vu dans ses yeux de la gêne qu’il a rapidement caché en fixant le bout de ses chaussures en mordillant la boucle qu’il avait à la lèvre. Je ne comprenais pas. S’il voulait nous écrire, pourquoi ne l’avait-il pas fait ? Nous n’avions jamais été cruels avec lui, nous ne l’avions jamais jugé sur ce qu’il était, sur ce à quoi il ressemblait. Certes, nous avons parfois haussé un sourcil ou deux en voyant son allure. Mais nous l’avions jamais empêché d’être qui il voulait. Son père aurait bien voulu le faire, mais je ne l’aurais pas laissé faire. Il devait entrer dans notre cadre, mais ce qu’il faisait dans ce cadre lui appartenait et allait toujours lui appartenir. Ne voulant pas rajouter de pression sur les épaules de mon fils, je n’ai rien dis, me contentant de le regarder, patiente. « Je sais que tu vas dire que c'est stupide, mais dans ma tête vous écrire ça revenait à avouer que j'ai échoué et que je ne suis pas capable de vivre sans vous, d'être indépendant. Puis je savais que vous seriez venus me chercher, Et je n'étais pas prêt à rentrer. Je ne le suis toujours pas d'ailleurs. » Hyacinthe avait raison sur ce point, je croyais qu’il faisait fausse route et que c’était stupide de penser qu’il avait échoué et surtout qu’il ne pouvait vivre sans nous. Il vivait sans nous depuis ses 11 ans, bien sûr qu’il en était capable. Quelle idée !

«T’as raison, c’est idiot Hyacinthe. Tu vis sans nous depuis tes 11 ans pendant près de 10 mois par années. Tu es amplement capable d’être indépendant. Je sais bien que tu n’es pas prêts dans la minute à rentrer, mais tu vas voir, c’est pour le mieux. Je suis fière de toi, tu as pris la bonne décision.»

J’ai souris à mon fils et j’ai terminé mon jus avant de jeter le contenant dans une poubelle. Il ne restait plus qu’à en finir avec tout ça. J’allais contacter mon mari plus tard pour lui dire ce qu’il en était, lui expliquer ce que nous allions faire et que nous allions revenir bientôt à la maison, tous les deux Hyacinthe et moi. « Faut que je te prévienne avant qu'on rentre par contre, prépares toi psychologiquement, c'est pas super bien rangé en ce moment à la ferme. On a fait la fête hier, une de nos copines fêtait son anniversaire, et... Enfin, on est les seuls à vraiment avoir une maison sans les parents. Donc on a fait ça chez nous, avec peut-être bien la moitié d'une promotion de filles en fac de lettres... Enfin.... Tu vois sans doute ce que je veux dire. » Je voyais ce qu’il voulait dire. Ça allait être un beau bordel, j’en étais convaincue. Alors que mon fils venait de me parler de ses doutes quant à sa capacité à vivre sans son père et moi, il allait probablement me montrer qu’il était capable de vivre seul, mais dans un chaos assez certain. Je m’en allais dans une garçonnière pour la première fois de ma vie. J’aurais dû me compter chanceuse que mon fils puisse vivre ainsi. À l’époque où j’avais son âge, nous étions en guerre, j’avais connu la mort à quelques reprises et j’avais le coeur lourd. Le coeur de mon fils semblait lourd aussi, mais pas des mêmes chagrins et je lui souhaitais de ne jamais en avoir comme les miens.

«C’est probablement rien que je ne pourrai pas replacer en deux temps trois mouvements. Tes copains n’y verront que du feu. En tout cas, pour mon petit coin où je vais dormir au moins. Tu leur diras que ta mère est femme de ménage, ça leur fera un petit coin propre pendant quelques jours.»

J’ai lâché un petit rire amusé en regardant mon fils et je lui ai fait un petit signe de la tête.

«On y va ?»

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Mer 6 Mar - 13:03
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Cho & Hyacinthe
25.07.18 Femme de ménage ?... La bonne blague. Non, le simple fait qu'elle soit une mère de famille est une explication suffisante. Nous n'avons pas d'elfe de maison, et je me souviens avoir aidé à faire la vaisselle ou passer le balai quand j'étais petit, pour apprendre les responsabilités. Résultat je suis un adulte plutôt propre et organisé, même si j'ai toujours un petit coin en bordel dans ma chambre. Maman et Nym n'étaient pas les seules à participer aux tâches ménagères à la maison, sous prétexte qu'elles étaient des filles. Papa et moi, nous mettions la main à la pâte aussi il n'y avait pas de raison valable. Je souris a ces souvenirs, simples mais... Heureux. La maison me manque. Plus que je ne voudrais bien l'avouer. Terminant ma bière également, je me dirige vers la sortie avec Maman. Les garçons de mon groupe me regardent étrangement pendant que je prends l'une der dernières caisses à ranger dans le van avec Thomas. « Si c'est bon pour vous, ma mère va rester un peu à la maison. Elle n'a pas vraiment eu le temps de réserver un hôtel. » Tous approuvent, sauf lui qui reste silencieux et continue de me jeter des regards noirs. Il semble déjà avoir compris que je vais repartir.

Je la laisse s'installer, puis me pose à côté. Quand Sven démarre la voiture, il s'empresse de baisser le volume de notre musique pour sans doute ne pas importuner ma mère. C'est vrai que Céline Dion c'est bien loin du metal que nous écoutons. Du coup, il switch sur la radio locale. Le présentateur parle en Norvégien, et je parviens à comprendre la globalité de ce qu'il raconte tout de même. Plus ou moins par élimination d'ailleurs. Il prévoit la météo de demain : un temps clair dans la région, idéal pour sortir faire une balade en forêt puis qu'en plus c'est le week end. Les Norvégiens passent beaucoup de temps dehors, dans la nature. Et ça risque de me manquer ça aussi, quand je rentrerai avec maman. Mais l'écosse aussi a de jolis endroits. Peut-être pas le même genre que les Fjord glacés et imposants, mais les Highlands sont parfois très beaux aussi.

Le trajet se fait dans le silence, rythmé par la musique pop et disco de la radio locale qui bien entendu ne passe pas vraiment de black metal. On est un peu mal vus ici, surtout à cause de tout ce qu'on fait nos prédécesseurs. Dans le genre brûler des églises au nom de Satan ou des dieux Païens et s'entre tuer à coup de couteau. Heureusement, nous on ne fait rien de tout ça. On est bien plus sages et finalement, je me rend compte que derrière nos airs de méchants satanistes, nous sommes tous des petits garçons bien élevés par nos parents. En plus, on ne crois pas vraiment à Satan. C'est juste une image, un genre qu'on se donne pour coller à l'esthétique. Dieu et Satan, tout ça pour moi c'est des trucs de moldus et ça n'existe pas. Je serais plus enclin à croire au Boudhisme, si je devais choisir de devenir quelqu'un de spirituel.

Après une petite heure de route, nous voilà arrivés à la ferme. Nous décidons de décharger la voiture demain. Ce soir, on va tous rentrer se reposer. Mon guitariste d'ailleurs est en panique parce qu'il a pris du retard sur ses révisions d'école d’architecture. Dans le groupe je suis peut-être celui avec le plus gros QI, celui qui est censé être surdoué, mais je suis le seul à ne pas faire d'études ou à ne pas en avoir faites. Je soupire longuement, un peu gêné de faire rentrer ma mère dans la fameuse garçonière. C'est mieux qu'elle ait ma chambre, je prendrai le canapé. Je doute que Thomas veuille de moi dans son lit cette nuit et.. Je n'en ai pas spécialement envie non plus. Il vaut mieux nous éviter l'un et l'autre pour le moment, je sens que c'est un peu tendu entre nous. Si tant est qu'il y ait un nous.

Je fais faire un rapide tour à ma mère, pour lui montrer les pièces principales et lui indiquer quelle chambre est à qui. La copine de Luke est là pour la semaine, et elle salue poliment ma mère sans trop comprendre qui est cette femme avec moi. Je les présente donc l'une à l'autre, puis continue pour descendre au sous sol. J'allume la lumière pour montrer la pièce à maman : « C'est ici qu'on travaille. Qu'on répète ensemble, qu'on enregistre et ce genre de choses. » D'ailleurs avec sa visite surprise, je vais être un peu emmerdé. Je dois retravailler quelques parties d'une nouvelle chanson mais ça va devoir être repoussé à un peu plus tard. J'aimerai bien expliquer ce que je fais à Maman. J'en suis plutôt fier en fait. On a isolé la salle nous même pour le bruit. Nous n'avons pas de voisins en pleine campagne mais le son est quand même meilleur comme ça, question d'acoustique. Seulement, j'ai peur de l'embêter avec tous ces détails techniques. Si bien que je reste silencieux et remonte les escaliers pour aller dans la cuisine avec elle. Je débarrasse la table de quelques bouteilles vides, et met de l'eau à chauffer. J'ai mal à la gorge après avoir hurler comme ça pendant une heure. J'ai besoin de mon petit thé. Et surtout je vais attendre mon tour à la salle de bain.

Une fois l'eau du thé chaude, j'en sert une tasse à ma mère également et dépose le miel au cas où elle en veuille elle aussi. Je me racle la gorge tout en touillant mon mug, et sors mon paquet de cigarettes. Oui, je sais qu'elle n'approuve pas. Mais tant pis. Grand-père fume aussi de toute manière. « Nymphea... Elle a eu les résultats de ses ASPIC je suppose ?... ça a du bien se passer pour elle. » Même si je n'ai pas un lien très fort avec ma sœur et que nous nous chamaillons beaucoup, je sais qu'elle est intelligente. Elle n'a peut-être pas autant de facilités que moi, mais elle travaille suffisamment bien. Puis... Ce n'est sans doute pas facile pour elle de passer après moi. D'entendre les Professeur lui dire que son aîné étais brillant. De manière inconsciente, ou pas, nos enseignants attendent d'elle qu'elle fasse aussi bien que moi. Comme si la réussite scolaire et l'intellect étaient héréditaires. Et puis la pauvre, à Serdaigle.... on s'attend à ce qu'elle soit première de la classe. Chang et bleue, double malédiction. Double pression. « Qu'est-ce qu'elle a choisi comme filière universitaire pour l'année prochaine ? »

Vu que ma mère me pousse à étudier, je suppose qu'elle fait la même chose avec ma cadette. Des enfants éduqués, pour qu'on ait un avenir plus certain. Je ne suis pas forcément d'accord avec cette vision, mais papa et elle ne changeront pas d'avis là-dessus. Surtout papa, qui a connu la fac. Moldue certes, mais tout de même des études supérieures. Et puis des enfants d'enseignant qui sont stupides et ne font pas d'études, ça la fout mal aussi non ?... Je souffle sur mon thé et en bois une bonne gorgée pour apaiser ma gorge. Ah, c'est pas forcément facile la vie d'artiste !
    
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Ven 8 Mar - 4:29
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Hyacinthe & Cho

« You better start running when you hear the man coming. Won't do you no good. Kiss your baby goodbye. Come on, love, it's alright!. You never know unless you give it a try. »
Après quelques pas, mon fils a commencé à me suivre et je l’ai laissé prendre la tête pour que je puisse le suivre. Je ne savais pas où aller ni quoi faire. À partir du moment où j’ai mis le pied dans cette ville, j’étais sur le territoire de mon fils. Je ne parlais pas la langue du coin, je ne connaissais pas le milieu dans lequel il évoluait. J’étais très loin de ma zone de confort, mais ce je faisais assez confiance à mon fils pour savoir qu’à partir du moment où il m’avait dit qu’il reviendrait avec moi à la maison, il allait me prendre en charge. Bon, je restais tout de même sa mère, mais il allait devoir m’aider à naviguer dans ses environs le temps qu’il s’organise pour le départ. Alors que nous nous dirigions vers la sortie, j’ai bien vu les regards que les autres garçons posaient sur Hyacinthe et surtout pour moi. Ils ne semblaient pas du tout ravis que je sois là. J’aurais pu me sentir intimidée de voir des gens comme ça me juger, mais j’avais une tâche à accomplir, j’étais là pour ça, le reste coulait sur mon dos comme de l’eau sur le dos d’un canard. Mon garçon a pris une caisse pour la ranger dans une grosse voiture alors qu’il parlait à ses copains. « Si c'est bon pour vous, ma mère va rester un peu à la maison. Elle n'a pas vraiment eu le temps de réserver un hôtel. » Essayant d’être le plus aimable possible, j’ai souris à la ronde pour montrer que je ne voulais pas déranger. La plupart ont hoché la tête en me souriant poliment comme des bons garçons bien élevés. Il y avait bien un garçon qui ne semblait pas heureux d’apprendre la nouvelle et qui fusillait Hyacinthe du regard. Pour essayer d’alléger la situation, j’ai lâché quelques mots à la ronde.

«Je ne resterai pas longtemps, je vous le promets. Je vais rester discrète, je ne vous dérangerai pas.»»

Installée près de mon fils à l’arrière de la camionnette, le trajet jusqu’à la ferme s’est fait silencieusement. L’heure de route a été bercé par la musique basse qui sortait des caisses de sons ainsi que par le bruit du moteur. J’ai tapé du pied en entendant une chanson de Whitney Houston, mais a voir les réactions autour, j’étais la seule à l’apprécier. Je me suis laissée porter par la voiture en regardant les paysages assombris par la fenêtre. Quand nous sommes arrivés, les garçons se sont mis d’accord pour décharger leur voiture le lendemain. Un des amis de Hyacinthe a parlé qu’il devait étudier pour son cours d’architecture et j’ai plutôt été surprise. Est-ce que les autres étudiaient aussi ? Pourquoi mon fils ne voulait-il pas étudier comme eux ? Si j’avais le temps, j’allais essayer de leur demander ce qu’ils faisaient ou bien je pourrais aussi demander à mon fils. Débarquée de la voiture, j’ai suivi Hyacinthe qui soupira en me faisant entrer dans sa ferme. J’ai posé une main sur son épaule, l’encourageant à entrer. Je l’ai suivi alors qu’il me faisait faire le tour des lieux : la cuisine, le salon, les chambres et tout le tralala. C’était effectivement un peu le bordel, il y avait des bouteilles un peu partout, des cendriers pleins et des vêtements éparpillés à la ronde. Ça aurait franchement pu être pire, il aurait pu y avoir des seringues ou je ne sais pas quelle autre cochonnerie.

Nous avons croisé une jeune fille en faisant la balade autour du propriétaire et une salutation et une présentation plus tard, nous étions descendus au sous-sol et j’ai été surprise quand la lumière s’est allumée. « C'est ici qu'on travaille. Qu'on répète ensemble, qu'on enregistre et ce genre de choses. » Alors c’était ici que le massacre se faisait. Bon, pour mon fils, c’était de l’art. Pour moi, c’était un calvaire, mais le principe en tant que tel m’intéressait. Si Hyacinthe voulait me faire écouter sa musique terrible, je l’écouterais, parce que c’était de lui. Mais autrement, ce genre me faisait saigner des oreilles. J’aimais la musique en générale alors c’est avec enthousiasme que j’ai écouté les courtes explications de mon garçon.

«Et vous enregistrez beaucoup de chansons ici ? Ça se passe comment ?»

Questions idiotes ? Probablement un peu, mais pour ma défense je n’avais pas eu de vraies conversations avec Hyacinthe depuis une longue année. J’avais l’impression que je devais recommencer à apprendre à connaître mon garçon. C’était maladroit, mais c’était ce que je voulais et c’était pour le mieux. Je voulais pouvoir reconstruire ce que nous avions avant, mais en mieux. Je voulais avoir une belle relation avec mon fils, tout comme avec ma fille et mon mari. J’ai continué à suivre mon fils un peu partout dans la ferme pour finalement arriver à la cuisine. Mon fils a débarrassé la table des quelques restants de la veille ou bien des autres journées précédentes. Tout ça importait peu. Je me suis assise à la table alors que ma progéniture mettait de l’eau à bouillir. Dès que ce fut près, Hyacinthe m’a amené une tasse et dès que le miel a été posé sur la table, j’en ai pris une petite cuillère pour la mettre dans le thé. Brassant le liquide, j’ai haussé un sourcil en voyant sortir un paquet de cigarettes. S’il voulait se tuer à petit feu, grand bien lui fasse, mais il n’avait pas à imposer ça aux autres. Notre relation n’étant pas nécessairement au beau fixe, j’ai pris sur moi de me taire sur le sujet, pour le moment. J’étais chez lui après tout. « Nymphea... Elle a eu les résultats de ses ASPIC je suppose ?... ça a du bien se passer pour elle. » J’ai souris en entendant la question. Ça s’était effectivement bien passé pour sa soeur et ça me faisait sourire. Ce qui m’aidait le plus par contre, c’était le fait qu’il ait demandé des nouvelles de Nymphea. Ils ne s’entendaient pas vraiment à merveille ces deux-là, mais ils tenaient tout de même l’un à l’autre. Je l’espérais à tout le moins.

«Oui, ça s’est bien passé, nous étions contents et elle aussi. Un acceptable en divination, mais pour le reste c’est du E. »

Le frère et la soeur se chamaillaient énormément et je devais avouer que nous rendait souvent dingue Charles et moi. J’avais été enfant unique alors les rivalités et disputes du genre, je ne connaissais pas vraiment ça. Charles semblait me dire que c’était tout à fait normal et qu’Elisabeth et lui se disputaient tout le temps quand ils étaient jeunes. Malgré leurs différences, et par Merlin il y en avait, je les aimais autant l’un que l’autre. « Qu'est-ce qu'elle a choisi comme filière universitaire pour l'année prochaine ? »  Alors ça, ça avait été un débat qui avait de la difficulté à se terminer, Charles n’approuvait pas vraiment le choix de notre fille, mais je considérais que nous ne pouvions pas l'empêcher de réaliser ses rêves. J’avais dû mettre les miens de côté et ça m’avait fendu le coeur, je ne voulais pas imposer ça à ma fille. Chacun devait porter sa croix. Ça avait été pour avoir du bien dans ma vie, j’avais eu mes enfants après tout. J’avais changé mes rêves, ils étaient restés dans ma tête, mais je m’étais trouvée d’autres buts et j’avais pu m’épanouir autrement. Nymphea n’avait pas besoin de vivre ça alors elle ferait ses propres expériences.

«Elle veut entrer en protection magique. Ton père n’approuve pas vraiment, mais tu connais ta soeur. Si c’est ce qu’elle veut, c’est ce qu’elle va faire.»

J’ai lâché un petit rire, amusée de la situation. Voulant revenir vers Hyacinthe, j’ai bu une petite gorgée de mon thé qui était encore très chaud avant de reprendre la parole.

«Et toi ? Tu as une idée de ce qui pourrait t’intéresser ? »

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Mar 12 Mar - 16:29
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Cho & Hyacinthe
25.07.18 Protection magique ?... Hum, pourquoi pas. Tout le monde est borné dans cette fichue famille. Les parents autant que leurs enfants. Alors forcément, on se dispute souvent, même si on se réconcilie généralement assez vite. On a tous un caractère de merde je crois. Papa, maman et leurs deux enfants, quatre relous qui râlent tout le temps et qui restent tous bien campés sur leurs positions respectives. Alors forcément, que Nymphea iras en protection magique si c'est vraiment ce qu'elle veut. Tout en soufflant sur mon thé, la clope coincée entre le majeur et l'indexe je hausse un sourcil quand maman me demande si j'ai une idée. Forcément, c'est stupide de penser que j'aurais pu m'en tirer sans qu'elle me pose la moindre question, maintenant que j'ai dis que j'allais y réfléchir. « Certainement pas le cursus de droit, du coup. » C'est assez évident, vu ce qu'il s'est passé au ministère. Ma carrère politique est foutue, je suis devenu un indésirable sur liste noire je suppose. Je ne sais même pas si légalement parlant, j'ai encore le droit de m'y rendre... Je bois une gorgée pour soulager ma gorge irritée d'avoir crier pendant une heure sur scène, puis repose ma tasse avant de passer une main dans mes cheveux décolorés. « Art peut-être. » Ou pas, vu la tête qu'elle tire en entendant ce mot là. Je me déconfit, fait tomber ma cendre et me ressaisis rapidement, avant qu'elle ne me fasses une syncope. On a parlé d'avenir sérieux, c'est bien ça ?...« Ou sciences. Sciences magique c'est bien aussi, hein maman ? » C'est con, parce que la filière artistique je sais que ça me plairais bien. Pas forcément tout, genre le théâtre honnêtement j'en ai rien à carrer. Mais dessin, musique et histoire de l'art, ça oui.

Je me force à sourire pour faire passer la pilule. Merde, à dix neuf ans j'ai encore peur de ma mère. Décidément je m'en rend compte : je resterai toujours son bébé semblerait il. Même si je n'en ai pas vraiment envie. Ce n'est pas que je n'aime pas ma famille, sinon j'en aurais rien eu à foutre de leur faire du mal. C'est juste que... Je préfère mon indépendance. Mais maman finit toujours par tout savoir, et papa aussi du coup. Nouvelle gorgée de thé et bouffée de cigarette. « J'aurais peut-être une place dans une revue scientifique après. Ou un poste de professeur ou de chercheur... Faut voir. Mais je pense que ça pourrais me plaire. En plus... Je pense que je dois avoir quelques amis qui se sont dirigés vers cette filière aussi. Je ne serais pas surpris d'y retrouver Hestia. Ou Ethan... Même si... C'est pas vraiment un ami. » Ah, Prewett. Nous n'avons jamais été bien proches et ça date de notre enfance, de quand maman me laissais chez les Prewett de temps en temps pour qu'ils me gardent quand mes grands parents ne pouvaient pas. J'étais le seul à ne pas avoir de magie, puis finalement même si je n'ai pas hérité des gènes moldus du mon père... Le seul à être allé à Serpentard. Disons que du coup, ça n'aide pas spécialement à rester proche, surtout quand lui est allé à Gryffondor. Les deux maisons sont rivales, c'est bien connu.

« Si j'avais été réparti à Serdaigle... Ce serait peut-être différent. Ou Poufsouffle, le choixpeau y a songé un instant mais ça a vité été écarté, trop individualiste pour être jaune malgré la loyauté et le goût de l'effort. ça s'est joué entre bleu et vert... » Je soupire longuement avant de dégager mon visage, nouant mes cheveux avec un élastique. On ne refera pas le passé, n'est-ce pas ?... C'est comme ça et puis c'est tout. J'aurais peut-être été moins égoïste si j'avais été chez les bleus. Moins... Individualiste aussi. Moins impulsif. J'esquisse un petit sourire triste : « D'ailleurs tu étais persuadée que j'avais été réparti là-bas. C'est mon premier vrai mensonge finalement, de ne pas te l'avoir dit jusqu'aux vacances de Noël... Mais je crois que j'avais peur de te décevoir et de te rendre triste, toi qui m'imaginais en bleu. » Finalement ce n'est pas bien surprenant que je sois à Serpentard. J'ai toujours eu beaucoup d'ambition et un caractère assez impulsif, mêlé à un côté stratège et appliqué. Obsessionnel même pour certaines choses, perfectionniste au point de passer des plombes sur une potion pour qu'elle soit faite au gramme près. Trop rigide pour vraiment être bon, du coup. C'est pour ça que j'étais le meilleur de la classe en arithmancie. C'est comme les mathématiques moldues, soit tout est bon soit tout est faux. Et je m'assurais que tout soit bon, quitte à recalculer deux ou trois fois pour en être bien certain.

« Mais c'est pas bien grave. Au moins ça prouve que j'ai une certaine ambition, non ?... Sinon je ne saurais pas là-bas. C'est la qualité principale finalement, avant même d'avoir le sang pur. » De toute manière avec un père moldu, difficile d'avoir un sang pur n'est-ce pas ? Puis maman n'est pas allée à Serpenatard. Mes ancêtres non plus à ce que je saches je suis le seul de la famille. Les Chang ne sont pas en occident depuis bien longtemps, mais en tout cas, à ma connaissance personne n'a été vert et argent avant moi. Il faut un début à tout non ? « Du coup... Oui, sciences magique. Pourquoi pas. A mon avis ça devrais me stimuler assez intellectuellement parlant. » Et c'est ce dont j'ai le plus besoin. De toujours m'occuper l'esprit avec quelque chose. De rationnel, si possible. Des mathématiques, des langues, de l'informatique aussi un petit peu. De la musique aussi, qui au final mélange un petit peu tout ça.  

Je relève la tête en entendant la porte de la salle de bain s'ouvrir. C'est à mon tour d'y aller je crois. Je pose ma tasse et regarde donc maman : « Si tu veux aller te mettre à l'aise, vas y. J'irais après. Je te laisse ma chambre tu y seras mieux installée, je peux rester sur le canapé. »
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Mer 20 Mar - 1:17
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Hyacinthe & Cho

« You better start running when you hear the man coming. Won't do you no good. Kiss your baby goodbye. Come on, love, it's alright!. You never know unless you give it a try. »
Assise comme ça à la table avec mon fils, je voyais une vie normale se dessiner pour moi, pour nous. Je revoyais les possibilités d’avoir une routine, de la stabilité et surtout une vie de famille normale. Parler des études de mes enfants me faisait sourire. Je m’imaginais leur futur, je les imaginais épanouis dans un emploi qui leur convient, avec un mari ou une femme, avec des enfants, pourquoi pas ! J’espérais évidemment être grand-mère, un jour. Pouvoir cajoler la progéniture de mes enfants me semblait être tellement incroyable. Voir de petits Hyacinthe et des petites Nymphea était extraordinaire. Cette simple conversation me faisait rêver, la simple idée des études de mon fils me faisait cet effet. « Certainement pas le cursus de droit, du coup. Art peut-être.»  Clairement, je ne voyais pas vraiment mon fils étudier en droit magique. Il aimait beaucoup trop jouer avec les limites et faire les choses comme il l’entendait. Ce n’était pas nécessairement un défaut, mais parfois, jouer avec les limites pouvait entraîner des problèmes et vu la personnalité de mon fils, il était préférable de rester loin du droit. Pour ce qui était de l’art, je préférais ne rien dire. J’agissais comme si ce n’était qu’une réflexion à voix haute. Considérant que je ramenais mon fils en Écosse pour qu’il fasse des études dites sérieuses au lieu de faire de la musique dans ce trou perdu, des études en art ne me convenaient pas vraiment. « Ou sciences. Sciences magiques c'est bien aussi, hein maman ? »  Puisqu’il me posait la question, j’allais lui répondre. L’occasion était trop belle. Bien sûr que des études en sciences magiques me convenaient beaucoup plus. Les champs d’expertise étaient très larges et, même si ça ne se voyait pas nécessairement au premier coup d’oeil, il y avait un côté très artistique à faire des recherches. Il faut penser en dehors de la boîte, inventer des processus, réfléchir énormément. Ça, je savais que Hyacinthe pouvait le faire.

«Je crois que ça te conviendrait très bien les sciences magiques Hyacinthe. T’as l’esprit d’analyse qu’il faut pour y travailler, tu sais regarder plus loins que le bout de ton nez, penser en dehors de la boîte et ton côté créatif est nécessaire dans ce domaine. C’est une excellente idée. »

J’ai pris une petite gorgée de mon thé qui était encore brûlant. Je ne pouvais m’empêcher de sourire en réfléchissant à cette idée. Plus j’y pensais, plus je me disais que l’idée de mon fils était bonne. « J'aurais peut-être une place dans une revue scientifique après. Ou un poste de professeur ou de chercheur... Faut voir. Mais je pense que ça pourrait me plaire. En plus... Je pense que je dois avoir quelques amis qui se sont dirigés vers cette filière aussi. Je ne serais pas surpris d'y retrouver Hestia. Ou Ethan... Même si... C'est pas vraiment un ami.  » Voir Hyacinthe réfléchir à son avenir me rendait pleine d’espoir et de fierté. Moi qui pensait que j’allais avoir de la difficulté à le ramener à la maison, quelques paroles avaient suffi pour qu’il prenne la décision de reprendre l’école. Il m’avait dit que ce n’était que pour discuter qu’il revenait, mais je savais très bien que ce serait un retour à l’école qui ressortirait de tout ça. Déjà les métiers à la clé semblaient le motiver, en plus il semblait penser que certains amis à lui s’étaient dirigés dans ce cursus. Je ne savais pas vraiment qui était Hestia, mais pour Ethan je le connaissais très bien. J’étais plutôt déçue que l’amitié entre lui et mon fils n’avait pas duré. J’avais énormément vu le Gryffondor quand il était plus jeune, je connaissais bien Shelby, sa mère, d’ailleurs. Par contre, nous ne pouvions, ni elle ni moi, forcer la relation entre les deux garçons. Tout n’était que question de tempérament et ils ne s’accordaient pas. Nous n’y pouvions rien. Avec le temps, peut-être que leur différent allait se régler, mais pour le moment, c’était le statu quo entre les deux.

«C’est encore mieux si tu as déjà des amis qui ont le pied dans le programme non ? Et puis, même si ça ne s’est pas arrangé avec Ethan, ça reste que c’est un visage connu. Et puis, te connaissant, tu vas te lier avec de nouveaux sorciers, je ne suis pas inquiète. »

Avec sa personnalité éclatante, mon fils pouvait rayonner autant qu’être une épave. Là, je voyais quelques braises commencer à illuminer l’épave qu’il était. Il me semblait sombre, éteint. Mais en lui parlant, un à un comme ça, je le voyais reprendre vie, peu à peu, devant moi. « Si j'avais été réparti à Serdaigle... Ce serait peut-être différent. Ou Poufsouffle, le choixpeau y a songé un instant, mais ça a vite été écarté, trop individualiste pour être jaune malgré la loyauté et le goût de l'effort. Ça s'est joué entre bleu et vert... » Je n’aimais pas que les sorciers excusent leurs comportements à cause de leur nom de famille ou bien par la maison dans laquelle ils ont été répartis. Je comprenais l’idée que ces maisons liaient des sorciers ayant des points en commun, mais je refusais de croire que tout pouvait être séparé en différentes boîtes. Il n’y avait pas que les Serpentards qui étaient ambitieux, il n’y avait pas que les Gryffondors qui étaient courageux et il n’y avait pas que les Serdaigles qui étaient érudits. La vie se résumait à beaucoup plus que ça. «  D'ailleurs tu étais persuadée que j'avais été réparti là-bas. C'est mon premier vrai mensonge finalement, de ne pas te l'avoir dit jusqu'aux vacances de Noël... Mais je crois que j'avais peur de te décevoir et de te rendre triste, toi qui m'imaginais en bleu. » Il avait raison sur ce point, j’avais effectivement imaginé Hyacinthe dans la même maison que moi. C’était ce que tous les parents sorciers faisaient en fait, il ne fallait pas se le cacher. Par contre, contrairement à d’autres, je n’aurais jamais pensé rejeter mes enfants s’ils ne tombaient pas dans la même maison que moi. Le concept de personnalité était tellement complexe que penser que tout le monde pouvait être placer dans une petite case précise était franchement se foutre de la gueule des gens. J’avais été très fière de voir la soeur de Hyacinthe se classer dans la même maison que moi, mais je n’en avais pas été moins fière de le voir aller chez les ambitieux. « Mais c'est pas bien grave. Au moins ça prouve que j'ai une certaine ambition, non ?... Sinon je ne saurais pas là-bas. C'est la qualité principale finalement, avant même d'avoir le sang pur. » Il avait raison, il avait de l’ambition, il croyait en ses rêves et c’est ce qui importait. Il avait de l’espoir, un espoir qui, à son âge, j’avais eu de la difficulté à avoir.

«Tu sais très bien ce que je pense de tout ça. Nous sommes beaucoup plus que de petites caractéristiques attribuées à une maison. Je dois t’avouer que ça m’a fait beaucoup de peine que tu penses que j’allais te rejeter pour si peu. C’est ton mensonge qui m’a mis en colère, pas ta répartition. Je ne suis déçue que parce que tu ne me fais pas confiance, tu ne nous fais pas confiance. Nous sommes tes parents Hyacinthe, pas tes voisins de paliers. »

Je me disais qu’à force de lui répéter les mêmes propos encore et encore, l’idée allait finir par entrer dans le crâne de mon fils. C’est bien l’une des choses dont j’étais certaine, autant des parents que dans celle des enseignants, répéter était la seule chose efficace à faire. Déjà, je voyais que lui parler était efficace, il acceptait bien de revenir à la maison après tout. « Du coup... Oui, sciences magique. Pourquoi pas. A mon avis ça devrais me stimuler assez intellectuellement parlant.  » J’étais d’accord avec ça. J’ai hoché la tête en prenant une grande gorgée de mon thé qui avait eu le temps de refroidir un peu. J’ai entendu une porte ouvrir et le regard de mon fils aller vers elle. « Si tu veux aller te mettre à l'aise, vas y. J'irais après. Je te laisse ma chambre tu y seras mieux installée, je peux rester sur le canapé.  »  J’ai souris devant l’attention de mon fils envers moi. J’allais accepter son offre pour prendre sa chambre, histoire de ne pas rendre mal à l’aise ses colocataires durant la nuit ou bien demain matin. Par contre, en regardant bien comme il faut Hyacinthe, je me suis dis que la douche serait pour plus tard dans mon cas. Il en avait franchement plus besoin que moi.

«C’est gentil, j’apprécie énormément. Je vais aller dormir tout de suite, je suis plutôt fatiguée. Je prendrai une douche demain matin, à voir de quoi tu as l’air, tu en as franchement plus besoin que moi.»

J’ai vidé le restant de mon thé en une seule gorgée et je me suis ensuite levée de ma chaise, m’étirant un peu. Le voyage m’avait effectivement fatiguée. La douche pouvait attendre. Je me suis approchée de mon fils à petits pas et je lui ai embrassé le dessus de la tête avant de le serrer dans mes bras alors qu’il était encore assis.

«Je suis contente que tu reviennes à la maison. Bonne nuit Hyacinthe, à demain.»

Je suis partie en direction de la chambre de mon fils et j’ai fermé la porte derrière moi après m’être retournée et lui avoir sourit une dernière fois.

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