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Les moldus du forum se sentent cruellement seuls au milieu de tout ces sorciers, alors pensez à les privilégier pour vos personnages

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Whispers down the lane ♦ Thalia :: Three Broomsticks :: Pensine :: Les RPs
Soledad Velasquez
Soledad Velasquez
Sorcier OP
Métier : Co-gérante du Witches Bazaar et diseuse de bonne aventure au cirque Neverland sous le pseudonyme de "La Catrina". Intervenante occasionnelle aux cours de divination à Poudlard
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Soledad Velasquez
Dim 19 Jan - 16:20



Whispers down the lane
Soledad ☽ ☾ Thalia


La facilité avec laquelle Soledad s’était re-glissée dans son rôle de la diseuse de bonne aventure de Neverland ne cessait de l’étonner. Elle était pourtant restée éloignée pendant près d’un mois du cirque, d’abord à cause de cet affreux bracelet du Blood Circle qui l’avait coupé de son don de voyance, puis ensuite le temps de panser ses plaies correctement et de renouer avec son troisième œil. Pourtant quand elle avait enfin remis les pieds au cirque, elle avait eu la sensation de n’en être jamais partie. Les allées entre les chapiteaux étaient toujours les mêmes, les artistes du cirque fidèles à eux-mêmes et sa tente n’avait pas bougé d’un pouce, comme si elle avait attendu sagement son retour. Soledad devait bien l’avouer, elle avait été soulagée de voir que le nouveau gérant des lieux n’avait pas cherché à la remplacer pendant son absence, elle savait que son rôle de voyante ne révolutionnerait pas le monde, mais au moins elle avait le sentiment d’avoir trouvé sa place. Par Merlin, elle n’aurait jamais pensé dire ça un jour ! Le cirque était son total opposé, sombre et inquiétant, jouant sur le frisson et les interdits, tandis qu’elle était vive et joyeuse, toujours prête à rire et à s’extasier de tout. Pourtant les faits étaient là, et elle les acceptait avec joie : elle était à Neverland chez elle. Ici elle n’était pas jugée pour son apparence ou discréditée à cause de son don, on l’acceptait telle qu’elle était et ça lui faisait un bien fou. Elle n’aurait pas pensé se sentir si bien dans un univers si différent du sien, mais maintenant elle comprenait que ce cirque peu conventionnel était exactement ce qu’il lui fallait pour trouver un équilibre. Ici elle n’avait pas à se cacher ou à jouer un rôle pour rentrer dans un moule, ce n’était pas la politique de la maison qui célébrait plutôt les sorciers dans toutes leurs différences, surtout celles qui les mettaient au ban de la société trop ordinaire dans laquelle ils vivaient encore -et pour une société sorcière ça voulait tout dire ! Certes, Soledad officiait sous un nom de scène, La Catrina, mais cela s’arrêtait là, tout le reste, de la décoration de sa tente, ses tenues ou ses prédictions venaient d’elle. Neverland s’était au départ présenté comme une obligation, mais au final ce lieu lui avait donné l’occasion d’être elle-même, sous toutes ses facettes.

Cela faisait déjà plus de deux mois que Soledad avait repris sa place au cirque, elle n’avait pas vu le temps passer. Déjà parce qu’elle avait été particulièrement soulagée de retrouver sa liaison avec son don de voyance, mais aussi parce qu’elle s’y sentait bien, tout simplement. Oubliés, les doutes et les angoisses qui l’avaient saisi pendant ces premiers mois au cirque. Oubliés les regards en coin des autres artistes qui ne comprenaient pas comment une sorcière aussi solaire que la mexicaine pouvait les rejoindre sans crainte. Tout ça faisait partie du passé et Soledad était bien contente d’avoir pu le mettre définitivement derrière elle. Elle n’était plus la jeune sorcière fébrile et impressionnable de ses débuts, ça n’avait pas été simple mais devenir la diseuse de bonne aventure du cirque l’avait fait grandir, gagner en maturité mais aussi en assurance. Désormais, elle arpentait les allées sinueuses de Neverland comme si elle avait toujours fait partie des lieux. Et ça avait peut être toujours été le cas, ça avait peut être été son destin de se retrouver là, dans ce nouveau rôle qui lui allait si bien. La voyante croyait dur comme fer au destin et aux signes, elle avait toujours su qu’il était inutile de se battre contre le destin, son abuela l’avait bien mise en garde, alors au fond elle ne doutait pas que tout ceci avait un sens, malgré les raisons funestes qui l’avaient menées à Neverland. Merlin seul savait si elle aurait eu une meilleure occasion de pratiquer les arts divinatoires sans être jugée si sa cousine n’était pas venue la trouver avec cet ultimatum. D’ailleurs maintenant qu’elle y songeait, Soledad devait bien avouer que Mahra lui manquait. Ses manières rustres, son ton acerbe et son regard acéré, elle s’y était habituée et c’était étrange de rester à Neverland sans sa cousine. Même si elles étaient de la même famille, les deux mexicaines n’auraient pas pu être plus opposées, pourtant elles avaient réussi à s’apprivoiser. La tâche n’avait pas été aisée, mais Soledad avait fini par apprendre à apprécier cette cousine si différente d’elle. Elles n’auraient peut être jamais pu être de grandes amies, mais elles étaient une famille, et c’était tout aussi important. Alors maintenant, oui, elle lui manquait sincèrement.

C’était en souvenir de Mahra que Soledad avait pris l’habitude de rendre visite aux sombrals du cirque. Dompteuse de sombrals, s’il y avait bien une chose que sa cousine lui avait appris à considérer d’un œil nouveau c’était ces créatures. Au fond, il n’avait pas été difficile pour la mexicaine d’apprendre à apprécier les sombrals, ils étaient mal aimés et jugés à tort par la plupart des sorciers, tout ça à cause de leur apparence et de leurs différences. Ils étaient incompris et rejetés, un peu comme les porteurs du troisième œil, alors ça n’avait pas été difficile pour la brune de s’identifier à eux. Surtout que maintenant qu’elle s’était habituée à eux, elle avait bien compris que derrière leur apparence un peu effrayante se cachait un caractère doux et même parfois timide. Ce qui était franchement ironique quand on voyait leur physique capable de provoquer des cauchemars chez les sorciers les plus influençables. Les rumeurs qui courraient sur leur compte et affirmaient qu’ils portaient malheur ne pouvaient pas être plus fausses et Soledad était heureuse que sa cousine lui ait ouvert les yeux. Avant d’entrer à Neverland elle devait bien avouer que ces chevaux sombres la mettaient mal à l’aise, puisqu’on ne pouvait les voir qu’après avoir vu et accepté la mort, leur vision de cessait de la ramener au décès de son père. Elle n’avait donc jamais cherché à plus connaitre ces créatures, c’était trop douloureux. Maintenant elle avait appris à voir les choses autrement, et elle pouvait remercier sa cousine pour ça. Depuis le départ de Mahra, Soledad avait gardé l’habitude de rendre visite à ces chevaux squelettiques. C’était devenu son petit rituel, avant d’aller jouer les diseuses de bonne aventure pour les sorciers curieux, elle allait passer un peu de temps en leur compagnie. A Neverland les sombrals n’étaient pas enfermés au quotidien, le nouveau dompteur les laissait rejoindre la forêt après chaque représentation et retournait les chercher un peu avant l’heure d’ouverture du cirque. C’était pendant ce laps de temps qu’ils étaient placés dans un enclos confortable. Mahra les avait toujours traités avec le plus grand soin et Soledad était satisfaite de voir que son successeur en faisait de même.

La mexicaine aussi voulait les traiter avec tout le soin qu’ils méritaient alors aujourd’hui en plus de venir leur faire quelques papouilles, elle s’était également munie d’un seau rempli de friandises -comprendre pour eux des morceaux de viande crue. Sauf que cette fois-ci quand elle s’approcha de l’enclos, elle ne trouva pas les lieux vides, une jeune sorcière brune se tenait déjà devant la barrière et faisait face à deux sombrals qui l’observaient avec curiosité alors que trois autres se reposaient plus loin à l’ombre. Certes, le cirque venait d’ouvrir et les premiers visiteurs déambulaient déjà dans les allées, mais ils venaient rarement voir ces créatures. C’était la première fois que Soledad voyait quelqu’un s’aventurer aussi près des sombrals, surtout en solitaire. Apparemment les chevaux sombres étaient tout aussi surpris de l’arrivée de cette visiteuse inconnue puisqu’ils s’étaient approchés pour la renifler. « Vous devriez faire attention à votre sac. » Lança Soledad à l’intention de la visiteuse en voyant un des sombrals essayer de plonger son museau squelettique dans le sac qu’elle portait en bandoulière, certainement à la recherche de nourriture. La mexicaine adressa un sourire à la brune en s’approchant d’elle. « Ils sont plus curieux qu’ils n’en ont l’air. » Expliqua-t-elle une fois arrivée à sa hauteur. Une seconde, elle prit le temps d’observer la nouvelle venue. Brune, jeune, peut-être encore étudiante à l’université de Poudlard, et avec de jolis traits, il ne fallut pas longtemps à Soledad pour deviner qu’elle ne faisait pas parti des habitués du cirque. Neveland attirait un flot fluctuant de visiteurs mais la voyante oubliait rarement ceux qui venaient jusqu’à sa tente. Il y avait même un certain nombre de visiteurs habitués des lieux que la mexicaine commençait à bien connaitre. Clairement la nouvelle venue n’était pas de ceux-là, en fait elle se demandait même si ce n’était pas sa toute première visite au cirque. Soledad détacha ses prunelles de la jeune sorcière et lui adressa un fin sourire d’excuse. « Pardon, je ne voulais pas vous déranger. » Reprit-elle finalement avant de se tourner vers les sombrals. Habitués à sa présence, et certainement attiré par l’odeur qui se dégageait de son seau, une troisième créature s’était approchée. Soledad tendit sa main libre à travers l’enclos pour que la femelle nouvelle venue puisse la renifler. « Hola querida. » Lui murmura-t-elle affectueusement. Habituellement elle entrait dans l’enclos pour mieux profiter de la présence des sombrals, mais comme elle n’était pas seule elle s’en abstint, il ne fallait pas donner des idées aux visiteurs. Elle avait beau se sentir à sa place à Neverland, ce n’était pas pour autant qu’elle pouvait faire d’importe quoi. « C’est rare de voir quelqu’un rendre visite aux sombrals. Habituellement les gens préfèrent les éviter. » Conclut-elle en jetant un coup d’œil à la sorcière. Son ton montrait bien qu’elle trouvait ça dommage, mais l’éclat dans ses prunelles dévoilait plutôt qu’elle se demandait ce que cette jeune sorcière en pensait.

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Thalia Carrow
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Thalia Carrow
Sam 7 Mar - 3:43
Whisper Down the Lane
Soledad & Thalia

« They say I may be making a mistake, I would've followed all the way, no matter how far. I know when you go down all your darkest roads, I would've followed all the way to the graveyard»
J’étais déprimée. Sincèrement, j’avais beau essayer de faire de mon mieux dans la vie, je finissais toujours par tout faire foirer. J’avais une vie de merde chez mes parents. J’ai enfin eu le courage de laisser les traditions puristes derrière moi, je pouvais enfin voler de mes propres ailes. Qu’est-ce que j’ai fait après? J’ai été imprudente et j’ai été mordu par une sirène et je subis tout ça depuis trois ans. J’avais perdu le contact avec ma sœur parce que mes parents ont intercepté les hiboux que je lui envoyais. On avait finalement pu rétablir le contact, après près de trois de silence glacial et de regards foudroyants. Maintenant que tout ça était réglé, j’ai dû me rendre à l’évidence que tout n’était pas réglé. Je n’avais pas dit à ma petite sœur ce que j’étais devenue. En plus d’être une traitre à mon sang, j’étais maintenant une réelle sang-mêlée. Je ne l’étais pas à cause d’un moldu, mon sang était maintenant une sorcière diluée sirène. Ça, ma sœur ne le savait et quand je lui avais annoncé, ça ne s’est pas très bien passé. Le fait qu’elle ait travaillé sur une potion pour m’aider sans savoir que c’était pour moi n’avait pas dû l’aider. Eliael et moi l’avions manipulée et elle m’en voulait à mort. Pour le courrier, elle s’était emportée pour rien. Par contre, en ce qui a trait à ses potions, elle avait plus que raison de m’en vouloir. Nous n’avions pas joué franc jeu avec elle et maintenant je devais vivre avec les conséquences de mes actes.

J’essayais de réfléchir et mes pensées partaient dans tous les sens. Je n’arrivais pas à me concentrer, il y avait trop de gens dans la salle commune. Ils parlaient, passaient, riaient et faisaient tout sauf m’aider à me concentrer. Ma poitrine bougeait au rythme de ma respiration trop rapide, j’avais besoin d’air. J’étouffais. J’ai pris mon sac et je n’ai pas attendu plus longtemps pour quitter Poudlard. Où est-ce que j’allais? Je ne le savais pas. L’air frais du soir caressait mon visage et me faisait un bien fou. Où une personne comme moi, qui ne convenait à aucun cadre, pouvait se sentir à sa place? Il n’y avait pas un millier d’endroits de ce genre dans le coin. Un endroit où les âmes écorchées et les égarés pouvaient se retrouver, sans se sentir jugés. Un endroit où il était facile de se sentir accepté. Il n’y avait qu’à Neverland que je pourrais trouver tout ça. Bah, je le pensais, mais qu’est-ce que j’en savais? Je n’avais jamais fait partie du cirque. Ce n’était que mon point de vue de l’extérieur, de la touriste qui regarde, analyse, mais ne comprend pas nécessairement tout ce qu’il voit.

Avec tous ces jugements en tête sur ce lieu, je me suis rendue à Neverland, près de Pré-au-Lard. Il y avait quelques sorciers à droite et à gauche qui se promenait, seuls ou accompagnés, à discuter ou à se dépêcher. Tous semblaient avoir une destination, moi, je me laissais porter par mes pas qui me guidaient je ne savais où. Mon cerveau était occupé à gérer autre chose, il pensait à Hestia. Il essayait de trouver une solution, une façon de se faire pardonner. Je ne voulais pas déjà la perdre. Je venais seulement de la retrouver. Je venais seulement de recommencer à me sentir entière. La solitude faisait partie de ma routine depuis mon départ de chez mes parents. J’avais des amies, Pandore entre autres faisait une grande différence dans mes journées. Mais malgré tout l’amour que je portais pour la Gryffondor, elle n’était pas ma sœur de sang. Il n’y avait qu’Hestia qui pouvait tenir ce rôle auprès de moi. Il fallait que je lui fasse comprendre mes peurs. Elle pouvait comprendre que j’avais peur de son regard sur moi. Et si elle me jugeait pour ce que j’étais devenue. Et si elle se rangeait du côté de nos parents après tout ça. Les renier était une chose, être une étrange métisse en était une autre. Cette peur avait assombri mon jugement et j’avais pris une mauvaise décision, encore une fois.

Au fil de mes pensées, mes pas m’avaient menée près d’un enclos en retrait qui semblait vide. Le soleil était plutôt fort ce jour-là et m’avait aveuglée pendant un temps. Maintenant, il y avait des arbres au-dessus de ma tête et mes yeux avaient de la difficulté à s’habituer au nouvel éclairage plus sombre. Cependant, après quelques secondes à habituer mes yeux à la basse lumière, je les ai vus et ils m’ont vue. Doucement, un premier sombral s’est approché, curieux, et je lui ai souri. C’étaient des créatures qu’on pouvait qualifier d’effrayantes et de laides, mais derrière ces allures près des créations de Tim Burton, se cachaient des animaux d’une rare douceur. Je me souvenais encore du cours sur les sombrals que j’avais alors que j’étais encore au collège il y a de ça quelques années. J’avais été charmée. Maintenant près de moi, j’ai tendu la main vers la bête pour qu’elle puisse me sentir et un deuxième cheval magique s’est approché à petits pas. Le souffle de la créature ailée chatouillait ma main, mais j’ai tout de même essayé de ne pas bouger pour ne pas l’effrayer. Un premier ami, pas mal! « Vous devriez faire attention à votre sac. » Concentrée sur la créature qui semblait m’avoir acceptée dans son environnement, je n’avais pas entendu les pas arriver derrière moi. J’ai sursauté tout en me retournant vers la douce voix. « Ils sont plus curieux qu’ils n’en ont l’air. » J’ai baissé les yeux vers mon sac qui pendait de mon épaule et qui semblait intéresser énormément le deuxième sombral. Il essayait d’y enfiler son museau, mais était beaucoup trop gros pour y entrer. J’ai lâché un petit rire, éloignant mon sac de l’animal et j’ai souris à la sorcière.

«Ohh, merci beaucoup. Il est subtil, je ne m’étais rendu compte de rien.»

Mal à l’aise, comme une enfant qu’on avait prise la main dans la jarre à biscuits, je suis restée silencieuse en attendant de voir si j’avais le droit d’être là. La jeune femme s’est avancée vers moi, souriante, ce qui était plutôt rassurant. La peau basanée, de longs cheveux bruns et les yeux caramel, elle était superbe. À la voir à l’aise comme ça, je me suis dit qu’elle devait travailler ici. « Pardon, je ne voulais pas vous déranger. » Je n’aurais pas pu avoir l’air plus surpris. Elle, elle me dérangeait? J’ai vu le seau qu’elle avait posé à ses pieds et je me suis rendu compte que c’était plutôt moi qui devais la déranger. « Hola querida. » À l’entendre parler, elle devait venir d’Espagne, ça expliquait son allure plus exotique. En disant exotique, je pensais surtout qu’elle n’avait pas la même teinte de peau que l’Anglais moyen, c’est-à-dire de la couleur d’une pinte de lait à aller à un teint verdâtre, selon la saison.

«Ne soyez pas ridicule, c’est moi qui vous empêche de travailler. Je vais vous laisser faire, désolé du dérangement.»

J’ai souris et fait un salut de la main à la jeune femme avant de me retourner et d’entendre les mots de la brune. « C’est rare de voir quelqu’un rendre visite aux sombrals. Habituellement les gens préfèrent les éviter. » Elle avait raison, les gens ne les aimaient et ça pouvait se comprendre. Par contre, je me sentais près de ces créatures, je n’étais pas laide. Au contraire, de ce que m’avait appris le professeur Asclépiades, mon côté sirène avait développé mon esthétisme si je pouvais le dire ainsi. Malgré cela, je me sentais seule, exclue. Contrairement à ces créatures, par contre, j’en étais la seule responsable. Rebroussant chemin et revenant vers la sorcière hispanique, j’ai senti le besoin de m’expliquer.

«C’est vrai, mais je sens un lien entre ces créatures et moi. Nous avons un petit quelque chose en commun. J’en sais trop rien. Et en plus, elles ont le don de m’apaiser. Elles sont calmes, douces et pacifique. Du moins, pour ce que j’en ai vu et ce que mon enseignante de soins aux créatures magiques m’a appris quand j’allais à son cours. Vous êtes responsable d’elles ?»

J’avais terminé en pointant les créatures qui s’étaient approchées encore plus de nous maintenant que la femme au seau était présente. Les sombrals la connaissaient et l’aimaient, ça se voyait.

(c) DΛNDELION



We're stuck inside paradise motion
'Cause I'm upset and you're outside and we're both stuck in our paradise. You're weightless hoping, I'm out just smoking


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Soledad Velasquez
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Soledad Velasquez
Mar 31 Mar - 23:30




Whispers down the lane
Soledad ☽ ☾ Thalia


C’était drôle de voir que ce cirque où, au départ, elle se rendait à reculons, Soledad y avait désormais ses habitudes. Quand Mahra était venue la trouver pour lui exposer son ultimatum, jamais la mexicaine n’aurait penser en arriver là. Elle avait bien compris qu’elle n’avait pas le choix alors elle s’était résignée à faire ce qu’on lui demandait, à jouer les diseuses de bonne aventure docile pour éponger la dette de son père et en rester là. Elle avait eu l’intention de faire ce qu’on demandait d’elle pour s’assurer que sa famille restait en sécurité, rien de plus. Mais ça c’était avant d’apprendre à véritablement connaître le cirque et les artistes qui en composaient la troupe. Au fond, Soledad ne savait pas trop comment elle avait pu croire qu’elle resterait de marbre face à un tel univers, ça avait toujours été impossible pour elle de ne pas s’impliquer, aussi bien dans ses actions que dans ses sentiments. Quand elle faisait les choses, elle les faisait à fond. Alors bien sûr avec Neverland ça n’avait pas loupé. Les débuts avaient été difficiles, mais une fois la glace brisée, la voyante n’avait pas tardé à y trouver sa place et à s’y investir. Et ce chaque jour un peu plus. Ca avait commencé par son rôle au sein du cirque, puisqu’elle n’avait pas eu le choix autant tenter de maitriser la situation au maximum. Ses vêtements de scène, la décoration de sa tente, son nom d’artiste, tout avait été chapeauté par sa cousine mais Soledad avait tenue à prendre part à toutes les décisions. Elle s’était décidée à ne pas subir cette expérience de bout en bout, surtout qu’elle savait que celle-ci allait durer des années. Et puis peu à peu elle s’était ouverte à ce qu’il se passait autour d’elle, elle avait appris à connaitre les autres artistes, elle s’était faite à la philosophie du cirque et à tout ce qu’il avait à offrir et désormais elle savait qu’elle y était un peu chez elle. C’était un univers étrange, décalé et troublant, mais c’était aussi le sien. Et Soledad était loin d’en être mécontente.

Alors obligatoirement elle avait fini par y prendre ses petites habitudes. C’était même un peu obligatoire puisqu’elle travaillait à Neverland depuis plus de quatre ans désormais. Elle avait beau ne pas y venir tous les soirs, ça suffisait amplement pour qu’elle se créer sa propre routine dont elle ne dérogeait jamais. Etrangement, celle-ci ne commençait pas par la tente où elle officiait en tant que La Catrina, elle débutait par une visite à un enclos un peu reculé et boudé par les visiteurs. Là se trouvaient les sombrals, les créatures que sa cousine dressait pour ses spectacles. Sans Mahra, Soledad n’aurait certainement jamais porté plus d’attention à ces chevaux, mais la dresseuse lui avait ouvert les yeux et elle lui en était reconnaissante. Les sombrals étaient des créatures mal aimées qui ne méritaient pas leur réputation. Certes elles n’avaient pas grand-chose de rassurant avec leurs corps squelettiques et leurs immenses ailes de chauve-souris, et oui, il fallait bien avouer que le fait qu’on ne puisse les distinguer qu’après avoir vu la mort n’aidait vraiment pas. Mais au fond ça ne voulait rien dire, les sorciers les fuyaient à cause de superstitions qui n’avaient pas lieu d’être. En s’y intéressant un peu, la mexicaine n’avait pas tardé à découvrir des créatures douces comme des agneaux. Rien à voir avec les rumeurs qui courraient sur leur compte, ils étaient juste des êtres qui étaient jugés sur leurs apparences. C’était bien le genre d’injustice que la voyante pouvait comprendre. Soledad n’avait pas tardé à se prendre d’affection pour les sombrals et l’inverse avait l’air tout aussi vrai, les créatures n’avaient pas tardé à lui rendre ses petites attentions. Alors à partir de là, il ne lui avait pas fallu plus longtemps pour prendre l’habitude d’aller leur rendre visite dès qu’elle mettait un pied dans l’enceinte de Neverland. Elle n’y dérogeait jamais, profitant de ces instants en solitaire pour leur prodiguer quelques papouilles et leur offrir des friandises bien méritées.

Sauf que cette fois-ci la solitude ne serait pas de mise. Ce que la mexicaine ne déplorait pas le moins du monde. Une jeune sorcière que Soledad n’avait pas encore eu l’occasion de croiser à Neverland se tenait près des sombrals et tendait la main pour que le cheval puisse venir sentir son odeur. La mexicaine serait bien restée éloignée à observer cette scène qu’elle trouvait attendrissante, mais elle repéra le museau d’un des chevaux ailés qui tentait -sans grand succès- de fouiner dans le sac de la nouvelle venue. S’avançant, elle la prévint de la présence du petit curieux et arbora un sourire d’excuse en voyant la sorcière sursauter. « Ohh, merci beaucoup. Il est subtil, je ne m’étais rendu compte de rien. » Le sourire de Soledad se fit un peu plus grand en écho au rire de la jeune brune. A sa place la plupart des autres sorciers se seraient enfuis en hurlant en voyant un sombral leur manifester tant d’attention, mais ce n’était pas son cas. Elle ne semblait pas vraiment dérangée de l’incident, plutôt amusée même. Elle était bien la première à réagir ainsi, en fait elle était même la seule puisque les autres visiteurs du cirque s’appliquaient à éviter l’enclos des sombrals autant que possible. Soledad avait bien vu des petits groupes d’élèves de Poudlard s’en approcher dans le but évident de se faire une bonne frayeur, mais ils n’allaient jamais bien loin, courant se réfugier au loin dès qu’une des créatures daignait tourner la tête dans leur direction. C’était un peu ridicule mais la mexicaine ne voulait pas les juger trop durement, l’inconnu leur faisait juste peur. Seul le temps et une bonne dose de curiosité pourraient venir corriger tout ça. Même si la sorcière semblait bien réagir à son intrusion, Sol prit la peine de s’excuser de l’avoir dérangée. « Ne soyez pas ridicule, c’est moi qui vous empêche de travailler. Je vais vous laisser faire, désolé du dérangement. » La voyante, qui s’était approchée d’une femelle et lui flattait doucement le museau, se tourna vers la sorcière. Elle paraissait un peu mal à l’aise mais elle ne faisait rien de mal, ce n’était pas parce que les visiteurs choisissaient d’ignorer l’existence de ces enclos que personne ne pouvait en profiter. Si des petits panneaux indiquaient leurs positions, ce n'était pas pour rien. La mexicaine voulu lui adresser un sourire rassurant mais déjà la brune faisait demi-tour. « Oh non vous pouvez rester ! Vous ne me dérangez pas, je venais juste leur rendre visite. Ils seront contents d’avoir un peu plus de compagnie. » S’exclama-t-elle aussitôt. Elle ne voulait pas être la cause de son départ, si elle se trouvait là c’était que les sombrals l’intéressaient, autant qu’elle puisse profiter de ces instants. Les lieux étaient assez grands pour qu’elles se les partagent et les créatures assez nombreuses. Et puis, Soledad n’avait pas le monopole de cet endroit. « J’avoue que j’ai un petit faible pour eux. » Ajouta-t-elle en glissant une deuxième main à travers l’enclos pour gratter le sombral sous le menton. Elle avait appris à voir au-delà des apparences, et désormais tout ce qu’elle voyait dans leurs grands yeux noirs, c’était de la douceur.

Tranquillement, Soledad se saisit du seau qu’elle avait apporté. Aussitôt les trois sombrals se rapprochèrent, attirés par l’odeur de viande fraiche qui devait s’en dégager clairement pour leur odorat fin. La mexicaine n’était pas particulièrement ravie à l’idée de toucher de la viande crue mais puisque c’était le régime alimentaire principal de ces créatures elle pouvait bien faire un petit effort. Non loin elle sentait que la nouvelle venue s’était arrêtée, mais elle ne lui dit rien pour lui laisser le temps d’assimiler ses paroles. A la place elle se concentra sur les chevaux squelettiques, leur murmurant des paroles dans son espagnol natal pour les flatter. Elle laissait le choix à la jeune sorcière mais ne fut pas mécontente de la voir rebrousser chemin pour s’approcher de nouveau. « C’est vrai, mais je sens un lien entre ces créatures et moi. Nous avons un petit quelque chose en commun. J’en sais trop rien. Et en plus, elles ont le don de m’apaiser. Elles sont calmes, douces et pacifique. Du moins, pour ce que j’en ai vu et ce que mon enseignante de soins aux créatures magiques m’a appris quand j’allais à son cours. Vous êtes responsable d’elles ? » Soledad détourna ses prunelles des sombrals pour observer la jeune femme avec un intérêt renouvelé. Déjà sa présence ici, auprès de créatures qui terrifiaient la plupart des sorciers, était un fait notable, mais ce qu’elle affirmait était encore plus intéressant. Non seulement la sorcière ne semblait pas du tout adhérer aux rumeurs qui courraient sur ses chevaux sombres -ce qui était déjà un bon point aux yeux de Soledad- mais elle affirmait sentir une forme de connexion. Voilà qui piquait la curiosité de la voyante ! Elle nota également que l’enseignante en charge des cours de soins aux créatures magiques tenait enfin un discours sensé sur ces créatures. Peut-être que les nouvelles générations de sorciers allaient enfin apprendre à les apprécier à leur juste valeur. Même si elle était intriguée, la brune choisie d’abord de répondre à l’interrogation de la sorcière sur sa présence ici. « Non. Ma cousine s’en occupait avant de quitter le cirque, c’est elle qui m’a vraiment appris à les connaître. Depuis j’ai gardé l’habitude de venir les voir avant de rejoindre ma tente. Ici je suis la diseuse de bonne aventure. » Expliqua-t-elle en embrassant du regard l’enclos et la forêt avoisinante. Elle ne s’appesantit pas davantage sur son rôle au sein du cirque, ce n’était pas parce que la sorcière n’avait pas d’aprioris sur les sombrals que c’était également le cas sur la divination.

Sentant une poussée contre son seau, Soledad reporta son attention sur les sombrals pour découvrir que deux d’entre eux se disputaient la place la plus proche de la source de nourriture pour tenter d’en chiper. Etouffant un rire, la mexicaine poussa doucement sur les museaux des impatients pour les forcer à reculer. Ils renâclèrent, vexés, mais obtempérèrent, conscients qu’ils auraient plus de friandises en étant sages. « Vous dites que vous avez quelque chose en commun ? Voilà qui est original. » Demanda-t-elle à la sorcière tout en plongeant la main dans le seau pour en sortir un morceau de viande crue qu’elle tendit au sombral le plus proche. Même si elle s’adressait à la visiteuse, elle gardait ses prunelles rivées sur les créatures, elles avaient beau être douces, un coup de dents accidentel était vite arrivé. Néanmoins, la remarque ne lui avait pas échappé et elle ne pouvait s’empêcher de se demander ce qu’il se cachait derrière. « Qu’est-ce qui vous fait dire ça ?  Ne vous méprenez pas, je trouve que c’est une très bonne chose, ces créatures sont fantastiques. » Un instant elle croisa le regard de la brune et lui adressa un sourire avant de tourner de nouveau le regard vers les chevaux. Elle lui avait parlé de leur calme et leur douceur, mais Soledad avait le sentiment que ce n’était pas tout ce qui causait ce sentiment de proximité. Après tout, les sombrals avaient beaux être d’une gentillesse exemplaire ils n’en restaient pas moins des chevaux ailés à l’allure effrayante. C’était plutôt rare de se comparer volontairement à ce type de créature. Si elle l’avait voulu, la sorcière aurait pu choisir de se comparer à une licorne, elles aussi étaient douces et pacifiques, et bien plus jolies ça allait de soi. Mais elle avait également parlé d’un sentiment d’apaisement, ça ne pouvait pas être rien. Un nouveau morceau de viande fut vite englouti. « Mais vous êtes bien la première personne que je rencontre à se reconnaitre en elles. » Souligna-t-elle sans se départir de son sourire. Et en travaillant au cirque ce n’était pas les occasions qui manquaient à Soledad de croiser des personnes différentes.

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Whispers down the lane ♦ Thalia 19081812072388884
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Thalia Carrow
Thalia Carrow
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Thalia Carrow
Sam 11 Avr - 16:32
Whispers Down the Lane
Soledad & Thalia

« They say I may be making a mistake, I would've followed all the way, no matter how far. I know when you go down all your darkest roads, I would've followed all the way to the graveyard»
Le cirque ne m’avait jamais vraiment attirée. Aller voir des gens exposer leurs différences comme s’ils étaient des bêtes des foires, ça me repoussait. Je trouvais cela humiliant, surtout pour les gens s’exposaient ainsi. C’était comme s’ils n’étaient rien d’autre que leur différence, comme s’il n’y avait rien de mieux en eux. J’aimais me dire que j’étais plus qu’une queue de poisson, plus qu’un étrange mélange de races. Au départ, j’avais refusé de me laisser définir par ce que j’étais devenue. Malheureusement, plus le temps avait passé, moins j’avais trouvé d’objectifs à tout ça, un but, un projet pour rendre tout ça utile. Il n’y avait rien. Ça ne semblait être qu’une malédiction qui me ralentissait, qui me rendait faible. Je l’avais déjà subie, j’avais essayé de régler le problème, mais maintenant quoi? C’était ça mon problème. Je ne savais pas ce que tout ça voulait dire. C’est bien pour ça que je me trouvais ici. S’il n’y avait rien de plus, j’étais peut-être une bête de cirque au final. Rien de plus, rien de moins. J’allais peut-être me trouver en cherchant au cirque. Pour l’instant, les sombrals me parlaient. Ils semblaient en paix avec ce qu’ils étaient, même s’ils inspiraient la peur. J’aurais aimé atteindre un niveau de calme et de respect semblable au leur, mais je n’y croyais pas trop. Tout ce qui était beau devenait flétri entre mes mains, je brisais tout. Ma sœur et moi avions enfin pu nous réconcilier et j’avais réussi à tout briser à nouveau en la trahissant. Mon but n’avait pas été de la blesser, j’avais seulement voulu ne pas la décevoir, mais ça a été un échec monumental qui s’était terminé en larmes, encore une fois. C’était à croire que la famille Carrow ne sera jamais en paix.

Alors que j’étais près des sombrals, ces créatures m’ont montré, sans surprise, qu’elles n’avaient pas changé depuis que j’en avais rencontrées pendant mes cours de soins aux créatures magiques il y a de ça plusieurs années. Je m’étais quelque peu éloignée pour que le fouineur sorte sa tête de mon sac. J’étais même prête à quitter ce lui puisque j’empêchais la sorcière de faire son travail comme il se doit. « Oh non vous pouvez rester ! Vous ne me dérangez pas, je venais juste leur rendre visite. Ils seront contents d’avoir un peu plus de compagnie. » Je me suis retournée, surprise et contente d’entendre ces mots. Ça me détendait d’être auprès de ces cheveux ailés, ils inspiraient le calme et la bonté. On ne pouvait pas être de mauvaise humeur près d’eux. Moi qui avais tellement la tête gonflée d’idées sombres, ça me permettait de me détendre. Ce n’était pas de trop ce jour-là. « J’avoue que j’ai un petit faible pour eux. » Je me suis rapprochée doucement de l’enclos et de la sorcière qui grattait un sombral sous le menton en souriant timidement. Vite comme ça, on pouvait avoir de la difficulté à comprendre cette attirance dont parlait la femme. Ces créatures étaient catégorisées comme hideuses. Mais qu’est-ce que c’était la beauté? C’était une notion très floue qui changeait dans les yeux de la personne qui regarde. Et puis, il y avait des gens visuellement très beaux qui étaient franchement démoniaques. Je ne pensais qu’à Eljas comme exemple. Physiquement il avait tout pour plaire, mais il était pourri jusqu’à la moelle. Ma tante Meredith aussi pouvait embarquer dans ce lot de beaux hideux. Moi, je voyais la « laideur » de ces créatures comme un système de défense. Ainsi, ils avaient la paix. Ils étaient tranquilles entre eux et peu de gens les dérangeaient. C’était presque à envier d’un certain point de vue. Je suis venue m’accouder à l’enclos, près de la sorcière et je lui ai parlée calmement en regardant les sombrals qui me regardaient avec curiosité.

«Je peux comprendre ce faible. J’en ai un aussi. Ils sont si calmes, si doux…»

Un seau est apparu dans les mains de la sorcière près de moi et les trois sombrals, qui n’étaient pas trop loin, se sont rapprochés de nous. Ils savaient ce qui allait suivre. Le repas était servi. Près de la brune, je l’ai entendue murmurer des mots aux chevaux, mais je n’ai pas compris ce qu’elle leur disait. Cette langue avait des sonorités espagnoles. C’était doux, comme ces créatures. J’avais interrogé la femme sur son lien avec ces chevaux squelettiques, pensant qu’elle les dressait, qu’elle était responsable d’eux, mais elle me détrompa. « Non. Ma cousine s’en occupait avant de quitter le cirque, c’est elle qui m’a vraiment appris à les connaître. Depuis j’ai gardé l’habitude de venir les voir avant de rejoindre ma tente. Ici je suis la diseuse de bonne aventure. » J’ai regardé la femme avec surprise. Tous les cirques, moldus ou sorciers, avaient des voyants dans leurs rangs. C’était une longue tradition. Quand j’étais en voyage, il y a de ça quelques années, j’avais croisé un cirque moldu en Espagne et ils avaient eu aussi une voyante. Par contre, elle ne semblait pas aussi saine d’esprit que celle qui se trouvait à côté de moi. Dans le cirque moldu, elle ressemblait à un vrai stéréotype, elle avait les cheveux en pétard, portait trop de foulards et sentait le patchouli en poussant des exclamations de OOOOO et de AAAAAA. Là, je voyais une femme normale sourire à des créatures fascinantes qui se disputaient pour de la nourriture. Intelligentes, elles semblèrent comprendre que la meilleure option pour eux était d’attendre sagement pour avoir leurs gâteries.

«Est-ce que vous êtes une vraie voyante ? Je suis déjà allée dans des cirques et la plupart des voyants que j’ai vus était des charlatans qui exagéraient tout. Vous semblez tellement…normale. J’aurais tendance à croire que vous êtes le vrai truc.»

J’ai regardé la jeune femme prendre un morceau de viande dans son seau pour le tendre à un sombral qui attendait avec patience. « Vous dites que vous avez quelque chose en commun ? Voilà qui est original. » J’ai jeté un coup d’œil à la jeune femme à mes côtés et elle ne me regardait pas du tout. Son regard restait fixé sur les chevaux ailés. Je ne sentais pas de jugement dans sa voix, simplement de la curiosité. « Qu’est-ce qui vous fait dire ça ?  Ne vous méprenez pas, je trouve que c’est une très bonne chose, ces créatures sont fantastiques. » Là, je me rendais compte que j’avais parlé un peu trop vite. Comment pouvais-je expliquer mes pensées à une sorcière qui ne me connaissait ni d’Ève ni d’Adam? D’un autre côté, ça pouvait être un avantage. Qu’elle ne me connaisse pas, je pouvais lui dire à peu près ce que je voulais sans qu’elle rapporte ça à qui que ce soit. Je devais tout de même choisir mes mots, mais les répercussions étaient tout de même moins grandes. J’ai jeté un coup d’œil à la femme qui nourrissait les créatures et j’ai retourné mes yeux vers les chevaux. « Mais vous êtes bien la première personne que je rencontre à se reconnaitre en elles. » Les yeux de la brune se sont tournés vers moi et un sourire est passé sur ses lèvres. La question était légitime et l’absence de jugement rassurait. Elle avait une aura qui inspirait confiance. Mon instinct me disait qu’elle était une bonne personne. J’allais m’y fier au lieu de le combattre. J’ai pris une grande inspiration en réfléchissant à ce que j’allais dire à cette femme. Autant me laisser aller, je n’en pouvais plus de tout garder.

«J’en sais rien, ça m’est venu comme ça. Les autres ne voient pas vraiment ce que je suis. Personnellement, je me vois comme si j’avais une certaine laideur comme ça. Je ne vois pas l’intérêt de cette laideur. Elle ne sert à rien et mis à part être un gros boulet très handicapant. Autant pour eux ça leur apporte une certaine tranquillité que les autres ont une mauvaise opinion d’eux. Vous voyez ce que je veux dire ? Je n’ai pas l’impression que je suis très clair. Même dans ma tête c’est assez confus. »

Ce que je venais de dire ne semblait pas vraiment avoir de sens. Mais dans ma tête, il n’y avait que de la confusion. Ma dispute avec Hestia m’avait franchement joué dans la tête. Je ne me sentais pas bien et il ne fallait pas être voyante pour le comprendre.
(c) DΛNDELION



We're stuck inside paradise motion
'Cause I'm upset and you're outside and we're both stuck in our paradise. You're weightless hoping, I'm out just smoking


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Soledad Velasquez
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Soledad Velasquez
Mar 28 Avr - 0:07




Whispers down the lane
Soledad ☽ ☾ Thalia


Rendre visite aux sombrals, c’était un peu l’excuse parfaite pour se dégager un peu de temps en solitaire. C’était pendant ce court laps de temps que Soledad en profitait pour se concentrer, pour laisser derrière elle sa vie quotidienne de sorcière et se préparer à endosser son rôle de diseuse de bonne aventure. Entre le moment où elle franchissait les portes du cirque Neverland, et celui où elle ouvrait les pans de sa tente pour accueillir son premier client de la soirée, elle n’était plus exactement la même personne. Ce n’était pas un rôle particulièrement difficile pour elle, elle avait toujours vécu avec son don, l’appeler à elle ne lui posait aucun problème, bien au contraire elle n’était jamais aussi heureuse que lorsqu’elle pouvait laisser son héritage s’exprimer librement. En revanche, ce à quoi elle devait se préparer, c’était à recevoir ses visiteurs. Là se trouvait toute la difficulté de son rôle à Neverland. En face d’elle, les autres cachaient rarement leurs émotions, ils venaient avec leurs espoirs, leurs craintes et leurs peurs, ils projetaient tout sur elle et même si elle aimait ce qu’elle faisait c’était aussi plutôt épuisant. Elle devait rester dans son rôle, rester La Catrina, ne pas se laisser atteindre par leurs émotions afin de pouvoir faire une lecture la plus objective possible de leur futur. C’était un exercice auquel elle s’était habituée, elle avait appris à faire avec, à ériger un mur entre ses clients et elle afin que son empathie ne vienne pas faire obstacle à son don, mais ça lui réclamait beaucoup d’énergie. Au fond, Soledad avait beau mettre de la distance entre ces sorciers et elle, elle était tout de même atteinte par leurs émotions les plus fortes. C’était éreintant, mais elle l’acceptait, si cela lui permettait d’aider les autres alors elle pouvait bien supporter qu’ils lui communiquent leurs sentiments les plus vifs. Quand elle voyait la compréhension, le soulagement ou la résignation dans leur regard, quand elle comprenait qu’elle réussissait à leur apporter des réponses et à les aider à avancer dans leur existence, alors la fatigue ne comptait plus. Soledad était consciente que beaucoup de sorciers ne comprenaient pas son don ou ce qu’elle pouvait bien en faire, mais elle, à chaque fois qu’un nouveau client ressortait de sa tente avec des réponses, elle savait qu’elle faisait quelque chose d’important. Et personne ne pourrait lui enlever ça.

Cependant, elle restait consciente que son rôle à Neverland demandait beaucoup d’énergie, alors elle prenait soin de se ressourcer avant. Ces instants de calme étaient nécessaires pour sa concentration et son équilibre, pour ne pas se laisser engloutir par les émotions et attentes de ses clients. Avant elle les passait seule dans sa tente, à se préparer tranquillement jusqu’à ce que le cirque ouvre ses portes. Puis, elle les avait passé en compagnie de Mahra, à l’aider avec les sombrals, souvent en silence puisque sa cousine n’était pas une grande bavarde. Désormais, ces moments elle les passait de nouveau seule avec pour simple compagnie ces sombrals qu’elle avait appris à aimer comme si c’était elle qui s’en occupait. Sa cousine avait beau être partie, Soledad avait continué de rendre visite à ces animaux, pour leur apporter un peu de compagnie, quelques marques d’affection et des friandises. La mexicaine ne faisait pas partie de ces sorciers qui craignaient les sombrals, au contraire, elle s’attachait chaque fois un peu plus à ces chevaux si mal-aimés et elle n’avait aucune honte à l’affirmer, même devant une inconnue. « Je peux comprendre ce faible. J’en ai un aussi. Ils sont si calmes, si doux… » Soledad hocha la tête, un sourire aux lèvres. Elle était contente de rencontrer enfin une nouvelle personne qui n’était pas effrayée par les sombrals. Ces animaux souffraient vraiment d’une réputation qu’ils ne méritaient pas. Malheureusement les sorciers avaient du mal à voir plus loin que leur apparence, c’était bien dommage. Quelque part ça renforçait un peu plus l’affection que la voyante avait pour eux, ils méritaient tellement plus. Alors elle était soulagée de voir qu’enfin, les jeunes sorciers étaient capables de voir les choses différemment. Ce n’était peut-être qu’une unique visiteuse pour le moment, mais Soledad voulait voir ça comme un signe positif. C’était elle aujourd’hui et demain ce serait peut-être quelqu’un d’autre, et ainsi de suite. C’était ainsi que les choses bougeaient. Petit à petit, jusqu’à créer un nouveau normal.

Tout en s’occupant de nourrir les trois sombrals gourmands, Soledad prit le temps de répondre aux questions de la jeune sorcière. Elle s’occupait bien des sombrals à sa manière, c’est-à-dire en les gâtant et en leur offrant des caresses dès qu’elle en avait l’occasion, mais son rôle auprès d’eux s’arrêtait là. Elle aurait bien été incapable de les dompter comme sa cousine Mahra le faisait. Sol avait eu l’occasion de la voir à l’œuvre de nombreuses fois et elle avait été soufflée par la maitrise et la grâce de sa cousine. Elle n’aurait pas pu faire un travail aussi impressionnant, ah non les sombrals n’auraient pas manqué de faire flancher sa volonté avec leurs grands yeux noirs et chaque séance de domptage aurait fini en séance de gratouilles. Elle était bien plus efficace en tant que diseuse de bonne aventure, ce qu’elle souligna à l’attention de la nouvelle venue. Soledad ne manqua pas la surprise qui vint agrandir les yeux de la jeune femme, ni le petit instant qu’elle passa à l’observer. Elle ne dit rien, la laissant s’imaginer à quoi elle devait ressembler dans son rôle de voyante de cirque sorcier. « Est-ce que vous êtes une vraie voyante ? Je suis déjà allée dans des cirques et la plupart des voyants que j’ai vus était des charlatans qui exagéraient tout. Vous semblez tellement… Normale. J’aurais tendance à croire que vous êtes le vrai truc. » La réaction de la sorcière ne manqua pas d’arracher un sourire à Soledad. C’était tellement… Typique des visiteurs du cirque qu’elle ne s’en offensait même plus. Et puis au fond, la brune ne la critiquait pas, au contraire elle avait plutôt l’air de vouloir croire en sa crédibilité. Ce qui était déjà un bon point. C’était sa manière de présenter les choses qui faisait sourire la mexicaine. Elle savait que la plupart des sorciers avaient une image préconçue des voyantes, c’était bien pour ça qu’elle avait refusé de porter un costume de scène qui jouait justement sur ces codes là. Elle voulait bien jouer les diseuses de bonne aventure, mais pas jouer les clichés qui desservirait sa cause. « Vous êtes en train de dire que vous auriez douté de moi si j’avais porté un turban, des énormes boucles d’oreilles et des centaines de bracelets à chaque bras ? » Demanda-t-elle, un brin moqueuse, avec un grand sourire aux lèvres. C’était peut-être pour ça que la brune la trouvait si normale, parce qu’elle ne ressemblait pas à la voyante à moitié folle qui apparaissait dans tous les grimoires pour jeunes sorciers. Mais elle devait bien admettre que cette image n’aidait vraiment pas à avoir confiance en les voyantes. « C’est vrai que j’aurai douté de moi aussi dans ce cas-là. Mais non, mon abuela m’a transmis le vrai truc. Ici je n’arnaque personne, j’essaye de guider ceux qui me le demandent grâce à ce que je peux voir de leur futur. » Expliqua-t-elle avec patience tout en offrant un morceau de viande au troisième sombral qui n’avait pas encore eu sa part. Quelque part elle comprenait les questionnements de la jeune femme. Comme les sombrals, les voyantes souffraient d’une mauvaise réputation. Arnaqueuse, charlatan, profiteuses, illuminées, timbrées, il y en avait des termes négatifs pour les désigner. C’était souvent difficile de démêler le vrai du faux, surtout quand certains en jouaient. Mais puisque cette jeune femme avait l’air de bien vouloir croire en sa bonne foi, il n’y avait pas de raison de se fâcher. Soledad se pencha légèrement vers elle, un air de conspiratrice sur le visage. « Je dois quand même vous avouer un secret… J’ai laissé mes bracelets dans ma tente. » Souffla-t-elle en haussant un sourcil amusé. Oh ce n’était pas parce que les clichés sur les voyantes étaient légion qu’elle devait voir le mal partout. Soledad était d’avis qu’elle pouvait les contrer, mais aussi s’en servir pour s’amuser un peu. Et puis ce n’était même pas un vrai mensonge, si elle refusait de s’habiller en cliché ambulant de la voyante, elle affectionnait de porter des bracelets à ses poignets lors de ses séances, même si elle en portait bien moins que les clichés l’affirmaient. Ils faisaient un joli bruit lorsqu’elle battait ses cartes et ça ajoutait une aura de mystère. Et puis ça lui allait bien, voilà tout.

Avec tout ça, Soledad en venait à se dire qu’elle était plutôt intéressante, cette nouvelle visiteuse. Elle n’avait pas de préjugés sur les sombrals et ne remettait pas en cause son don de voyance comme certains n’hésitaient pas à le faire. Elle avait l’air d’avoir une ouverte d’esprit qui manquait encore à certains. On aurait pu croire que vivre dans un monde magique aiderait à voir les choses avec philosophie et à les accepter plus facilement, mais étrangement ce n’était pas toujours le cas. La jeune brune la surprit même en affirmant qu’elle se trouvait des points communs avec les sombrals. Voilà qui ne manquait pas de piquer la curiosité de Soledad, habituellement les sorciers fuyaient les sombrals, certains entretenaient une certaine curiosité à leur égard mais c’était bien la première fois que la mexicaine entendait une telle remarque. Puisque la sorcière avait l’air prête à s’exprimer avec une certaine liberté, elle se permit donc de l’interroger un peu plus, curieuse de voir où elle voulait en venir par là. « J’en sais rien, ça m’est venu comme ça. Les autres ne voient pas vraiment ce que je suis. Personnellement, je me vois comme si j’avais une certaine laideur comme ça. Je ne vois pas l’intérêt de cette laideur. Elle ne sert à rien et mis à part être un gros boulet très handicapant. Autant pour eux ça leur apporte une certaine tranquillité que les autres ont une mauvaise opinion d’eux. Vous voyez ce que je veux dire ? Je n’ai pas l’impression que je suis très clair. Même dans ma tête c’est assez confus. » Tout en continuant de nourrir les sombrals, Soledad écouta avec attention l’explication de la jeune femme. Elle avait beau dire qu’elle n’était pas très clair -ce qui en soit n’était pas faux- il y avait tout de même des choses qui résonnaient dans le cœur de la mexicaine. Ainsi elle avait l’impression que les autres ne la voyaient pas vraiment pour ce qu’elle était. Sur ce coup, Soledad pouvait parfaitement la comprendre, elle-même savait que la plupart des gens ne voyaient qu’une jolie sorcière qui prenait grand soin de son apparence. Elle savait que ceux-là ne cherchaient pas plus loin et la catégorisaient comme une femme futile et superficielle. Il était si facile de juger les gens en surface. Cependant la suite des paroles de la sorcière la fit tiquer. Ainsi elle se sentait dans la situation inverse, elle parlait même d’une certaine laideur que les autres ne pourraient pas voir derrière son joli visage. Soledad fronça légèrement les sourcils, elle était quand même très dure avec elle-même. Posant la main sur le museau du sombral le plus proche pour l’inciter à un peu de patience, la mexicaine se tourna vers la sorcière. « Il n’y a rien de laid en vous, j’en suis sûre. » Affirma-t-elle avec douceur. Elle avait beau ne pas la connaitre, elle en était intimement persuadée. Il suffisait de voir comment elle se comportait avec des créatures mal jugées ou comment elle se jugeait elle-même.

Son premier élan passé, Soledad prit le temps de réfléchir à la tirade de la sorcière. Elle avait senti une douleur dans sa voix et bien comprit que ses choix de mots n’étaient pas anodins. Elle se comparait aux sombrals, mais pas pour les aspects positifs, plutôt pour toutes ces différences qui faisaient d’eux des animaux mal aimés. Ainsi, si Soledad comprenait bien, elle possédait elle-même une différence et elle considérait que celle-ci, en plus d’être inutile, la rendait laide. Comme si elle non plus ne méritait pas d’être aimée pour ce qu’elle était vraiment. Soledad trouvait cette idée vraiment triste et injuste. Afin de bien pouvoir se concentrer sur la sorcière, qui méritait amplement toute son attention, elle distribua les deux derniers morceaux de viande aux sombrals, ainsi ils allaient pouvoir réclamer des caresses sans tenter de lui croquer un doigt. D’un coup de baguette, elle fit disparaitre le seau et fit couler un peu d’eau pour se laver les mains -est-ce que le contexte actuel déteint sur mes rps ? Complètement. Lavez-vous les mains c’est important. Ceci fait, elle rangea sa baguette et se tourna vers la brune. « Vous êtes très dure avec vous-même. La différence n’est pas un mal, au contraire. Vous préféreriez être comme tous les autres ? Pour quoi faire ? Vous fondre dans la masse et vous faire oublier ? Si vous voulez mon avis, je ne trouve pas ça très intéressant. » Déclara-t-elle d’une voix douce. Bien sûr, elle ne savait pas exactement ce qui poussait la jeune à se considérer ainsi mais elle était quand même sincère. Vu ce qu’elle lui disait, elle avait l’air de posséder un don ou de souffrir d’une malédiction. En tant que sorcière ce n’était pas bien difficile d’imaginer plusieurs scénarios possibles. Peu importait, ce n’était pas ce qui définissait la personne qu’elle était. Même si elle était lycanthrope -ce qui était l’idée qui venait la plus facilement à l’esprit de Soledad- la mexicaine ne croyait pas que ça faisait d’elle une mauvaise personne. C’était une malédiction très dure à porter, mais ça ne changeait pas qui elle était, ça ne la rendait pas laide. Au contraire, vivre avec une différence demandait du courage, l’accepter était une force. « J’ignore pourquoi vous dites ça exactement, mais ne laissez pas l’opinion des autres définir la manière dont vous vous voyez. Nos différences nous rendent uniques. Il ne tient qu’à vous d’en faire votre force. » Soledad savait que c’était facile à dire pour elle, son don elle était née avec, elle l’avait toujours considéré comme une part d’elle, mais ça ne l’empêchait pas de savoir ce que c’était, de ne pas être comme tout le monde. Sauf qu’à ses yeux, ça n’avait rien de négatif. Ça n’était pas toujours simple d’être différent, loin de là, mais puisqu’elle n’avait pas le choix autant trouver le positif dans cette situation. S’accepter ça commençait aussi par-là, savoir qu’on était différent et que ça pouvait être une bonne chose. Au fond l’avis des autres importait peu, le plus important était la manière dont cette sorcière se voyait et Soledad trouvait ça infiniment triste qu’elle se juge aussi durement. « Je suis sûre que si vous cherchez bien, il n’y a pas que des aspects négatifs à votre différence. » Reprit-elle avec un sourire encourageant avant de poser une main sur le museau du plus grand sombral pour lui administrer quelques caresses. Elle ignorait si elle avait bien compris là où la sorcière voulait en venir, mais elle espérait que ce qu’elle venait de lui dire pourrait résonner en elle. Et pourquoi pas lui faire voir les choses autrement.

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Thalia Carrow
Lun 4 Mai - 15:16
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« They say I may be making a mistake, I would've followed all the way, no matter how far. I know when you go down all your darkest roads, I would've followed all the way to the graveyard»
Je devais avouer qu’en venant au cirque, je ne savais pas du tout ce à quoi je m’attendais. J’étais venue pour m’y perdre et surtout, je l’espérais, pour me trouver. Ce que j’allais trouver? Ça, je n’en étais pas certaine. J’espérais beaucoup trouver une certaine paix intérieure. C’était ce qui me manquait le plus depuis les dernières années. Ça allait et venait, sans prévenir. Depuis ma dispute épouvantable avec Hestia, je me disais que la paix à laquelle j’aspirais tant se ferait des plus rares. Elle serait discrète, se cacherait de moi comme une chauve-souris fuyant la lumière du soleil. Si je la voulais, j’allais devoir la chercher avec autant de dextérité qu’un chercheur de diamant dans une mine. J’aurais beau vouloir le chercher, je savais très bien que je ne trouverais rien du tout tant que ma sœur refusait de me voir et de me pardonner. Est-ce que ce vide espoir aller un jour se réaliser? J’en doutais, c’était bien pourquoi j’avais la tristesse de dire que cet espoir était vide. Maintenant au cirque, je n’avais pas trouvé la paix ni rien qui puisse me guider vers une solution à cette guerre entre ma cadette et moi. Par contre, j’avais trouvé de la compagnie qui avait le potentiel de me changer les idées un tant soit peu. La sorcière près de moi semblait apprécier les sombrals, tout comme moi. Elle semblait avoir apprécié ce que je lui avais dit et son sourire me fit du bien. De la bienveillance était toujours le bienvenu, surtout en ce moment. Elle n’était comme ça seulement avec moi, je voyais tout de suite qu’elle avait cette bienveillance avec les sombrals qu’elle nourrissait à ce moment-là. La sorcière m’expliqua son rôle au cirque et je ne pus qu’avoir une quantité impressionnante de questions. Les gens comme elle étaient plutôt rares, surtout ceux qui ont vraiment le don.  Pendant quelques secondes, j’ai eu la crainte d’avoir froissé la sorcière, mais son sourire me rassura. « Vous êtes en train de dire que vous auriez douté de moi si j’avais porté un turban, des énormes boucles d’oreilles et des centaines de bracelets à chaque bras ? » En le disant comme ça, je n’étais pas très fière de ce que j’avais demandé. J’étais la première à dire à tout le monde qu’il ne fallait pas se fier aux apparences et là je faisais l’inverse. Je ne pouvais pas dire que ce n’était pas le cas. J’aurais douté d’elle si elle s’était habillée de cette façon. Je n’ai pu que hocher la tête positivement. Avec le ton qu’elle avait utilisé, elle ne semblait pas fâchée de mon jugement. Elle souriait, encore et toujours. « C’est vrai que j’aurai douté de moi aussi dans ce cas-là. Mais non, mon abuela m’a transmis le vrai truc. Ici je n’arnaque personne, j’essaye de guider ceux qui me le demandent grâce à ce que je peux voir de leur futur. » Alors elle était une vraie voyante. Si je me souvenais de mon court passage en Espagne et que mon espagnol n’en avait pas trop perdu, son don lui serait venu de sa grand-mère. Aucune arnaque, aucun mensonge. Elle disait la vérité quand on la payait pour le faire. Payer pour un service comme le sien pouvait être à double tranchant. On payait pour savoir ce qui allait se passer, mais parfois ça pouvait se faire ce que nous ne voulions pas savoir. Voulons-nous réellement savoir si notre conjoint est infidèle? Voulons-nous vraiment savoir si nous allions subir un accident? Voulions-nous toujours vivre et être aux aguets dans l’attente du malheur qui devait nous atteindre à un moment non précisé? Nous savons qu’il arrive, mais sans plus. Ce devait être horrible d’avoir un don tel que le sien.

« Je suis désolée, ça n’est clairement pas sorti de la façon dont je l’aurais voulu…mais oui vous avez compris ce que je voulais dire. Pas que toutes les voyantes sont des fraudes, ce n’est pas du tout ce que je pense. Mais disons que pour ce que j’en ai vu, celles qui se montrent le plus dans le style voyante sont rarement celles qui le devraient, si vous voyez ce que je veux dire. Je me dis qu’elles essaient de compenser l’absence de don par un effet supplémentaire pour « l’expérience » client. »

Quand je parlais de l’expérience, c’était tout ce qui venait autour de la session de voyance. Les bougies, le costume, l’encens, les bracelets et le turban, tout ces trucs qui faisaient qu’en bout de ligne, on y croit à ce qu’on vient de vivre. Si on dit de la merde, il faut essayer de se donner de la crédibilité, on compense, et ça donne des gens ridicules qui voyaient des sinistros partout. « Je dois quand même vous avouer un secret… J’ai laissé mes bracelets dans ma tente. » Je ne pus que rire à cette remarque. Elle était marrante cette sorcière, je l’aimais bien. J’imaginais bien qu’elle devait avoir un costume particulier pour faire son travail, un uniforme, comme n’importe quel autre corps d’emploi. Sans dire qu’elle entrait dans l’exagération, la jeune femme devait tout de même faire son travail et donner une expérience client. Il en valait de sa clientèle d’avoir un bon rythme de vie. La coquetterie n’était pas un péché, non? J’avais l’impression que dans un cirque, tout était permis, tout le monde était accepté. C’était bien là que les marginaux se retrouvaient non? Dans les films moldus c’était le cas à tout le moins. C’était peut-être cette idée chevaleresque qui m’avait menée jusque-là. Ma dépression du moment, mon sentiment de rejet, mon incapacité à m’inclure nulle part et la perte de la plupart de mes proches faisaient que j’étais là, me cherchant un objectif, un but pour me permettre de continuer. Que faisaient les gens qui n’avaient plus rien? Je me le demandais ardemment. Plus je m’expliquais à la sorcière qui nourrissait les sombrals, plus je réfléchissais sur ce que j’étais et sur ce que j’allais devenir. Je mentais au visage de tout le monde, me montrant sous mon meilleur jour, charmante à souhait, un caractère très fort, qui défend ses opinions et surtout les gens qui sont dans le besoin. L’injustice me puait au nez. Mais tout ça n’était plus rien quand on ment aux autres. Une rebelle qui a une grande confiance en elle. Bidon, ça ne valait rien. Que des apparences et ça prouvait que je n’étais pas mieux que mes parents. Je regardais vers les sombrals sans réellement les voir. J’étais trop loin dans ma tête. « Il n’y a rien de laid en vous, j’en suis sûre. » Sur quoi se basait-elle pour faire une telle affirmation? Je trouvais cette sorcière bien sympathique, mais elle ne me connaissait pas et je ne la connaissais pas. Bon, je semblais bien insultée, mais je ne l’étais pas du tout. Je dirais même que j’étais émue de ce petit commentaire qui ne se basait sur rien. Il y avait de la naïveté dans ses paroles, mais en même temps, son côté extralucide me rassurait. Peut-être savait-elle vraiment… Le seau de nourriture maintenant vide disparut d’un coup de baguette et les mains de la sorcière furent propres en quelques secondes. Son air joyeux avait laissé place à un peu plus de sérieux. « Vous êtes très dure avec vous-même. La différence n’est pas un mal, au contraire. Vous préféreriez être comme tous les autres ? Pour quoi faire ? Vous fondre dans la masse et vous faire oublier ? Si vous voulez mon avis, je ne trouve pas ça très intéressant. » J’écoutais la sorcière et ses mots étaient emplis de sagesse. C’étaient des propos assez généraux, mais ils avaient l’avantage d’être adaptables à quoi que ce soit. Je l’appliquais moi-même à ma situation particulière. Je savais que physiquement, je n’étais pas laide, mais comme plusieurs le disaient, ce n’était pas l’extérieur qui comptait, mais bien l’intérieur. Je me disais que mon intérieur devait être pourri. Ma sœur l’avait dit, je n’étais pas mieux que mes parents. Je manipulais, je mentais, je cachais ce que j’étais vraiment. Ce n’était pas beau ça, c’était même très laid.

« Mais quand on est semblable aux autres, c’est plus facile s’intégrer non ? Quand on ne ressemble à rien, quand on ne connait personne comme nous, c’est difficile. Je comprends ce que vous dite, mais avoir de la compagnie un minimum… c’est plus simple, préférable. La solitude, c’est lourd je trouve. »

Plus le temps passait, plus je me sentais seule. Les gens vivaient leur vie, bougeaient, déménageaient et en fin de compte me quittaient. Ma meilleure amie était disparue, mon mentor était parti, j’avais déjà eu un flirt avec un sorcier de l’école, mais lui aussi était parti. Maintenant, on rajoutait ma sœur qui ne voulait plus me voir avec le reste de ma famille qui m’avait reniée. Il ne me restait plus personne dans mon noyau. J’allais devoir me reconstruire dans mon entièreté et ça me semblait une tâche colossale. Il me restait des amis, certes, mais avec la réaction de ma sœur à ma révélation, j’étais terrorisée de leur avouer ce que j’étais. Et s’ils réagissaient aussi mal qu’Hestia? Et s’ils ne voulaient plus de moi? J’étais seule avec mon secret à présent. « J’ignore pourquoi vous dites ça exactement, mais ne laissez pas l’opinion des autres définir la manière dont vous vous voyez. Nos différences nous rendent uniques. Il ne tient qu’à vous d’en faire votre force. » J’aurais préféré que la sorcière ait raison. Ce n’était pas l’opinion des autres qui me définissait. Certes, il y avait bien l’opinion de ma sœur qui comptait énormément, c’est la seule qui savait vraiment ce que j’étais, mis à part la direction de l’école, mais, elle, je m’en foutais. Tout ce qui comptait, c’était Hestia et elle me détestait. Ces mots étaient entrés en moi avec la même facilité qu’un couteau dans du beurre. La voyante avait raison finalement, je m’étais fait ma propre opinion de moi, mais en me basant sur les propos de ma sœur qui semblait me trouver hideuse. Pas pour ma nageoire, mais pour mon comportement. J’étais aussi désespérante que les autres Carrow, manipulatrice et menteuse. « Je suis sûre que si vous cherchez bien, il n’y a pas que des aspects négatifs à votre différence. » Ma différence en soi, j’avais fini par m’y habituer. La jolie brune avait raison, il y avait des avantages à ce que j’étais devenue. Je pouvais explorer des fonds marins et je pouvais y découvrir des choses que tous les sorciers ne peuvent pas voir. Mes explorations avaient été assez restreintes; j’avais exploré le lac noir et le lac d’Ullswater, c’est tout.

« Vous avez raison, ma différence en soit je l’ai acceptée. Même que dans un certain sens je l’aime bien, malgré certains désavantages. Mais quand on a menti à tout le monde, c’est difficile de tout replacer. C’est ça mon problème. Je déteste cette différence pour ce qu’elle m’a fait faire. J’ai menti à quelqu’un de très proche de moi et quand je lui ai parlé, elle a pété les plombs. Elle me déteste maintenant… Je ne sais plus quoi faire de tout ça. »

J’avais parlé tout le long en regardant droit devant moi, le regard vers la forêt et les sombrals. C’était plus facile de parler comme ça. Comment aurais-je pu justifier de parler à une pure étrangère autrement.
(c) DΛNDELION



We're stuck inside paradise motion
'Cause I'm upset and you're outside and we're both stuck in our paradise. You're weightless hoping, I'm out just smoking


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Soledad Velasquez
Soledad Velasquez
Sorcier OP
Métier : Co-gérante du Witches Bazaar et diseuse de bonne aventure au cirque Neverland sous le pseudonyme de "La Catrina". Intervenante occasionnelle aux cours de divination à Poudlard
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Lumos
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Soledad Velasquez
Dim 10 Mai - 15:32




Whispers down the lane
Soledad ☽ ☾ Thalia


Ah l’apparence des voyantes, voilà qui ne cessait de faire couler beaucoup d’encre. Ça avait toujours été un sujet qui faisait beaucoup parler de lui, et ça ne cesserait certainement jamais d’être le cas. Soledad avait toujours trouvé ça étrange, le monde magique était loin d’être commun, avec un simple bout de bois il était possible de jeter des sorts, des personnes étaient capables de se changer en animaux, certaines pouvaient modifier leur apparence à leur guise et d’autres lire dans les esprits, mais ce qui perturbait le plus les sorciers c’était de s’imaginer que certains de leurs congénères étaient en capacité de lire le futur dans des artefacts. Niveau logique, le monde sorcier avait encore des progrès à faire c’était une évidence. Dès qu’il était question de troisième œil, l’imagination des sorciers s’emballait et, soudainement, ils devenaient sceptiques et doutaient de tout. Et même là, l’originalité n’était pas vraiment de mise. Pourtant les sorciers étaient connus pour leur extravagance, leurs tenues, leurs animaux de compagnie, les enchantements dont ils s’entouraient, ils ne ménageaient pas leurs efforts quand il s’agissait de se distinguer les uns des autres. Mais dès qu’il s’agissait des voyantes, ils avaient tous la même image qui s’imprimaient dans leur esprit. Un turban, des cheveux emmêlés qui n’avaient certainement pas vu un peigne depuis une éternité, de grands yeux écarquillés surmontés de lunettes avec des verres énormes. Et puis bien sûr une tenue extravagante, composée de nombreux jupons et de gros bijoux dorés en tel nombre que c’était à se demander comment la sorcière qui les portait avait encore la force de se déplacer sous leur poids. Ah oui, dès qu’il s’agissait d’imaginer l’apparence des voyantes, les sorciers faisaient dans le cliché, tous sans exception. Et bien sûr, pour arranger le tout, ils ne parvenaient pas à croire que d’autres sorciers soient capables de lire l’avenir sans se révéler être des menteurs. Qu’une personne soit en mesure de se transformer en oiseau ça ne leur posait pas de problème, mais qu’une autre puisse lire le futur dans une boule en cristal tout de suite c’était trop leur demander. Ah, les sorciers avaient encore bien des progrès à faire.

Au fond, tout ça avait toujours fait un peu rire Soledad. Les sorciers multipliaient les contradictions sans se rendre compte de leur niveau de ridicule. Quelque part, c’était eux qui se retrouvaient perdants dans l’histoire. A force de ne pas vouloir croire les voyantes et de tourner en ridicule la moindre personne qui affirmait posséder le troisième œil, ils se privaient de leurs services. Pourtant connaitre l’avenir pouvait se révéler utile à bien des égards, ça pouvait même sauver des vies. S’ils ne voulaient pas la croire et bien tant pis pour eux, ils ne savaient pas ce qu’ils loupaient et elle gagnait un peu de tranquillité. Certes, il y avait toujours les regards en coin et les moqueries quand elle parlait de son don mais cela faisait bien longtemps qu’elle avait appris à passer au-delà. Au moins ça lui permettait de repérer les sorciers qui méritaient qu’elle use de son troisième œil pour eux, ceux qui ne la jugeaient pas et ne remettaient pas en question la moindre de ses paroles. Même si, il fallait bien l’avouer, même ceux-ci s’étonnaient souvent qu’elle ne ressemble pas au cliché de la bonne petite voyante à l’allure délirante. Une peu comme cette jeune sorcière qui lui faisait face d’ailleurs. « Je suis désolée, ça n’est clairement pas sorti de la façon dont je l’aurais voulu… Mais oui vous avez compris ce que je voulais dire. Pas que toutes les voyantes sont des fraudes, ce n’est pas du tout ce que je pense. Mais disons que pour ce que j’en ai vu, celles qui se montrent le plus dans le style voyante sont rarement celles qui le devraient, si vous voyez ce que je veux dire. Je me dis qu’elles essaient de compenser l’absence de don par un effet supplémentaire pour « l’expérience » client. » Un sourire indulgent étira les lèvres de Soledad. Cette jeune femme n’avait pas besoin de s’excuser, la mexicaine savait qu’il était difficile de se débarrasser des idées reçues. Surtout qu’elle n’avait pas tort, de nombreuses sorcières profitaient de la crédulité de certains pour se faire passer pour des voyantes et, pour se donner contenance, usaient de tous les artifices existants pour convaincre les autres. Quand ils avaient face à eux une sorcière qui cochait toutes les cases du bingo de la voyante clichée, certains ne cherchaient pas plus loin. Ce n’était pas très étonnant que par la suite tout le monde perde foi en les voyantes. C’était un des rares dons qu’il était facile de simuler. Bon, il y avait bien la nécromancie aussi, mais étrangement faire semblant de parler avec les morts n’était pas l’activité préférée des charlatans. Au final le don de voyance restait rare, alors il était plus facile de rencontrer des fausses voyantes que des vraies. Pas étonnant que l’image de la divination soit si mauvaise. « Ne vous excusez pas, vous n’êtes pas la seule à penser ça, mais vous êtes la seule à avoir l’honnêteté de le dire. Les clichés ont la vie dure, vous devriez voir la tête que tirent certains clients quand ils s’aperçoivent que, non, je ne porte pas de turban. » Lança Soledad en balayant ses excuses d’un sourire. La brune n’avait pas besoin d’être désolée, elle ne l’avait pas vexée. Il y avait bien longtemps que la mexicaine s’était habituée à ce genre d’attentes, désormais elles la faisaient plus sourire qu’autre chose. Au fond, ça lui donnait l’opportunité de surprendre les gens et c’était infiniment mieux que de répondre à tous les clichés sur les voyantes. Elle leur apprenait, petit à petit, que sa capacité à voir le futur n’avait rien à voir avec son accoutrement. C’était ainsi qu’on changeait les choses et elle aimait se dire qu’elle y participait, à son échelle.

Ce que la mexicaine aurait aimé changer, également, c’était la manière dont la jeune visiteuse semblait se voir. Elle savait que cela pouvait sonner présomptueux, après tout elle ne la connaissait pas cette jeune sorcière, elle ne savait rien de sa vie, passée comme actuelle, il lui était donc difficile de se faire une idée objective sur elle. Mais elle voyait bien la façon dont elle traitait les sombrals, elle les acceptait sans broncher, avait même de l’affection pour eux alors que tous les sorciers qui se disaient si progressistes continuaient d’en avoir peur sans la moindre raison valable. Et puis, elle lui avait avoué sans hésitation ses idées reçues sur les voyantes, s’excusant dans le même temps de ne pas être capable d’enrayer ces clichés, ce qui au fond n’avait pas grand-chose à voir avec elle mais plutôt avec l’éducation qu’elle avait reçue -et on sait ce que ça donne l’éducation des Carrow hein. Soledad aimait bien sa manière d’être, elle savait qu’elle avait toujours face à elle une inconnue, mais ce qu’elle apercevait de sa personne était plaisant. Elle avait l’esprit ouvert, de la curiosité et assez de jugeotte pour se remettre en question lorsque c’était nécessaire. Par contre, elle avait de toute évidence une image d’elle-même assez mauvaise, ce que la voyante trouvait bien dommage. Alors quand elle se défini comme laide, Soledad n’avait pu s’empêcher de protester aussitôt. De ce qu’elle voyait, la sorcière n’avait rien de laid, et elle ne parlait pas uniquement de son physique, elle lui semblait plutôt perdue et criblée de doutes qui de toute évidence la minaient considérablement. La raison était simple et Soledad ne tarda pas à l’apprendre : elle possédait une différence, quelque chose qu’elle devait cacher et qui la faisait se sentir à part. La mexicaine n’en apprit pas plus et d’ailleurs elle ne l’interrogea pas dessus, ce n’était pas son rôle que de fouiner dans la vie de cette inconnue. Elle pouvait s’ouvrir à elle si elle le souhaitait et lui en dire plus, Soledad avait toujours aimé aider son prochain, après tout certains affirmaient que parler à un inconnu faisait du bien, mais cela devait rester son choix. La voyante ne posa donc pas de question, tentant tout de même d’apaiser les tourments de la sorcière avec des paroles qu’elle voulait avisées.

« Mais quand on est semblable aux autres, c’est plus facile s’intégrer non ? Quand on ne ressemble à rien, quand on ne connait personne comme nous, c’est difficile. Je comprends ce que vous dite, mais avoir de la compagnie un minimum… c’est plus simple, préférable. La solitude, c’est lourd je trouve. » Le regard plongé dans les prunelles noires du sombral dont elle flattait l’encolure, Soledad expira doucement. Les paroles de la jeune n’étaient pas dénuées de sens, l’intégration était effectivement bien plus simple lorsqu’on ressemblait à tout le monde. Mais la mexicaine avait toujours trouvé que c’était une illusion, réconfortante et facile, mais aussi trompeuse. Vouloir s’intégrer à la société était un désir parfaitement normal, faire partie d’un tout, se sentir soutenu, entouré, c’était plus qu’une envie c’était souvent un besoin. Mais ce n’était pas forcément ainsi qu’on trouvait le bonheur. Parfois cela voulait dire qu’on se voilait la face et alors la chute n’en était que plus rude. « Quand on ressemble aux autres c’est aussi plus facile de se perdre. Ne laissez pas vos craintes vous faire regretter celle que vous êtes. » Expliqua-t-elle doucement en prenant soin de croiser le regard de la sorcière. Allait-elle la comprendre ? Soledad n’en n’était pas sûre, mais elle tentait tout de même, cette jeune femme avait besoin d’être rassurée alors elle faisait de son mieux. La différence dont elle parlait ne pourrait certainement pas être effacée d’un claquement de doigt. Elle comprenait son désir de s’intégrer, mais ce n’était pas en réprimant qui elle était qu’elle serait heureuse. « C’est vrai que ce n’est pas toujours facile pour autant. J’ai toujours accepté mon troisième œil, c’est un héritage que je chéri, mais il m’a aussi fait comprendre ce que c’était que de se sentir différent. » Son troisième œil, Soledad n’avait jamais eu de problème à l’accepter, cependant elle savait que ce n’avait pas toujours été le cas de ceux qui l’entouraient. Maintenant qu’elle était adulte les choses étaient différentes, mais quand elle était élève à Poudlard certains n’avaient pas hésité à lui faire sentir qu’elle n’était pas comme eux. Ça avait été une épreuve, mais ça lui avait aussi permis de grandir, et surtout de bien s’entourer. Cependant, elle n’avait pas un don qui s’apparentait à une malédiction, contrairement à ce que la jeune femme laissait entendre, aussi ne s’étendit-elle pas sur la comparaison. Le don de voyance était un cadeau, ce qui ne pouvait pas forcément être dit d’une morsure de loup-garou. Comparer les deux seraient offensant et c’était bien la dernière chose qu’elle voulait. « Parfois on se sent seul, mais souvent ce n’est que ça : un sentiment trompeur créé par nos craintes. Regardez bien autour de vous, vous n’êtes sûrement pas aussi seule que vous le pensez. » Les sombrals qui les entouraient en étaient l’exemple parfait. Ils étaient différents et inquiétants, ils ne parvenaient pas à se fondre dans la société, mais ils n’étaient pas seuls pour autant. Ils vivaient en troupeaux, avaient des compagnons et, pour ce que Sol pouvait en voir, une vie parfaitement heureuse. « Et si c’est tout de même le cas, c’est que les bonnes personnes vous attendent encore. » Conclut-elle avec un sourire qu’elle voulut encourageant. Rien ne condamnait la sorcière à un futur sombre et solitaire, elle devait simplement cesser de penser ainsi.

Pour Soledad être différent n’était pas un mal, en fait elle considérait même ça comme une chance. Être comme tout le monde, très peu pour elle, elle préférait être elle-même et ceux à qui ça ne plaisait pas, eh bien tant pis. Cependant, elle savait que c’était facile à dire pour elle, elle était voyante, elle ne se transformait pas en louve à chaque pleine lune et ne devait pas lutter contre une bête assoiffée de sang. Quelque part, elle avait de la chance, elle le savait, mais elle restait persuadée que la différence n’était pas forcément une malédiction, il y avait du bon partout, l’important était de savoir le trouver. « Vous avez raison, ma différence en soit je l’ai acceptée. Même que dans un certain sens je l’aime bien, malgré certains désavantages. Mais quand on a menti à tout le monde, c’est difficile de tout replacer. C’est ça mon problème. Je déteste cette différence pour ce qu’elle m’a fait faire. J’ai menti à quelqu’un de très proche de moi et quand je lui ai parlé, elle a pété les plombs. Elle me déteste maintenant… Je ne sais plus quoi faire de tout ça. » La mexicaine eut le sentiment qu’elles mettaient enfin le doigt sur le cœur du problème. Ce n’était pas la différence en elle-même qui faisait souffrir la visiteuse, mais plutôt ce qu’elle devait faire pour la camoufler. Pour avoir vu sa cousine Toni tenter de cacher son don de nécromancie pendant toute son enfance, Soledad savait ce que cela impliquait. Les mensonges, les esquives, les excuses creuses et les faux semblants. Et surtout cette impression tenace de ne jamais pouvoir être soi-même et de s’enfoncer chaque jour un peu plus dans les mensonges à tel point que faire demi-tour était impossible. C’était ça qui gâchait une vie. « Vous êtes sûre que c’est vous qu’elle déteste vraiment ? Et pas les mensonges dans lesquels vous êtes empêtrées ? » Souligna-t-elle en tentant de choisir ses mots avec tact. Soledad ne voulait pas juger mais de ce qu’elle entendait, il était tout à fait possible que la personne concernée en veuille à la sorcière à cause de ses mensonges, et non pas de sa différence. Accepter de voir les choses sous cet angle pourrait peut-être apaiser la sorcière. Ce n’était pas elle qui était détestée, mais ce qu’elle était obligée de faire pour garder son secret. La différence pouvait tout changer.

Alors que le plus grand sombral s’éloignait tranquillement dans son enclos, Soledad se perdit un instant dans sa contemplation. Vraiment elles étaient au bon endroit pour avoir ce genre de conversation, les sombrals étaient des animaux si différents de tous les autres, mais ça ne les empêchait pas de mériter de l’acceptation et de l’amour. La sorcière parvenait-elle à faire ce même parallèle avec sa propre situation ? Si ce n’était pas le cas alors Soledad était décidée à l’y aider. Elle gratta doucement un autre cheval squelettique sous le menton avant de reporter ses prunelles sur la jeune femme. « Si vous avez pu accepter votre différence, d’autres pourrons en faire de même. Vos proches vous aiment pour vous, votre différence n’y changera rien. En fait, vous pourrez enfin être vous-même. Mais pour ça vous devez d’abord vous ouvrir, et tâcher de leur faire confiance. » Elle avait déjà fait le premier pas, s’accepter, et c’était énorme, maintenant venait le plus terrifiant : s’ouvrir aux autres. Il n’y avait qu’ainsi qu’elle pourrait cessée de mentir et surtout de se sentir si seule. Cette solitude dont elle parlait, Soledad avait du mal à y croire. Elle avait en face d’elle une sorcière sensée et agréable, elle devait bien avoir des amis, de la famille, ou au moins des connaissances à qui elle pourrait s’ouvrir. Se retrouver totalement seul était rarement possible au fond. Elles en étaient l’exemple, elles se ne connaissaient pas mais s’étaient trouvées et échangeaient librement sur ce qui troublait la sorcière. Si elle pouvait le faire avec elle, alors elle pourrait le faire avec des proches en qui elle avait confiance. Ce ne serait pas forcément simple, la preuve avec cette première expérience qui s’était mal passée, mais en laissant du temps à ses proches pour assimiler la nouvelle, rien n’était insurmontable. « Je sais que ça fait peur, mais n’oubliez pas de laisser une chance à vos proches. Vous pourriez avoir de bonnes surprises. » S’ils l’aimaient, ils l’accepteraient telle qu’elle était. Et s’ils ne parvenaient à passer outre sa différence, c’était qu’ils n’en valaient pas la peine et que la sorcière était mieux sans eux. Mais pas la peine d’aborder le sujet sous cet angle, Soledad voulait l’encourager, pas la déprimer.

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Thalia Carrow
Lun 18 Mai - 15:56
Whispers Down the Lane
Soledad & Thalia

« They say I may be making a mistake, I would've followed all the way, no matter how far. I know when you go down all your darkest roads, I would've followed all the way to the graveyard»
69fd1d291d42ceccc00dfcfefe7015cf3feacd07.gifJe devais l’avouer, j’étais un peu gênée. J’avais ouvertement jugé la voyante qui était si gentille avec moi et qui me laissait gruger son temps avec les sombrals. Ce n’était pas nécessairement voulu, mais c’était tout de même arrivé. J’avais souvent entendu des sorciers dire qu’ils étaient beaucoup plus évolués que les moldus, qu’ils jugeaient moins, que nous étions ouverts et tout ça, mais clairement, juste par mon action, on pouvait voir que ce n’était pas le cas. Et puis, on ne pouvait pas me lancer sur les jugements sur le sang parce que j’allais m’emporter. Tout ça pour dire que, nous avions beau être très différents des moldus, en fin de compte nous avions les mêmes comportements. La différence était que nos jugements se plaçaient sur des gens différents. Avec tout ça, j’avais essayé de me dépêtrer de mes mots et de m’excuser, très maladroitement, de ce que j’avais dit. Je ne l’avais pas insultée directement, mais c’était tout de même très déplacé de ma part de juger ce dont une voyante devrait avoir l’air ou pas en me basant sur des stéréotypes. Alors que je faisais ça, la brunette s’était mise à me sourire, ce qui me rassura un peu tout en me gênant encore plus. Elle était vraiment trop gentille. « Ne vous excusez pas, vous n’êtes pas la seule à penser ça, mais vous êtes la seule à avoir l’honnêteté de le dire. Les clichés ont la vie dure, vous devriez vous la tête que tirent certains clients quand ils s’aperçoivent que, non, je ne porte pas de turban. » Dans un autre contexte, j’aurais probablement ri à la remarque de la sorcière. À la place, j’avais baissé un peu la tête après avoir dit mes excuses qui partaient un peu dans tous les sens, gênée de mes propos. Autant je me donnais des allures de sorcière confiante qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, autant devant les gens bienveillants comme la voyante je m’écrasais de peur de déplaire. J’avais tellement eu l’habitude de déplaire à mes parents et ma famille que lorsque j’avais des gens biens autour de moi, je voulais leur plaire à tout prix. Dernièrement, j’avais l’impression de ne plaire à personne et c’était peut-être pourquoi je m’accrochais autant à cette inconnue qui me semblait si sympathique et fondamentalement bonne.

J’avais besoin de me faire rassurer, de sentir que je n’étais pas aussi mauvaise que je le sentais dernièrement. Je ne voulais que sentir que j’avais les mêmes racines que ma famille. Je les avais rejetées, je refusais qu’elles soient en moi malgré tout. Maintenant que je n’avais plus de famille et que je me retrouvais seule avec mon secret qui m’avait rendue encore plus seule, je me tournais vers une pure inconnue pour avoir, peut-être une bouée de sauvetage. « Quand on ressemble aux autres c’est aussi plus facile de se perdre. Ne laissez pas vos craintes vous faire regretter celle que vous êtes. » J’avais fait un commentaire sur la facilité de s’intégrer quand nous étions plus semblables aux autres, cherchant un point d’appui pour ce qui allait suivre. Ma confiance, que je croyais indestructible il y a de ça quelques années, s’effritait de plus en plus rapidement, laissant un tas de poussière à mes pieds. Pleine de sagesse, la voyante avait pu venir chercher mon regard et surtout elle avait pu le garder. La bouée avait été lancée, c’était maintenant à moi de nager vers elle et de la saisir. Elle disait qu’il était facile de se perdre, mais quand on l’était déjà, que devions-nous faire?

« Mais quand on est déjà perdu, on est encore plus coincée, non ? »

C’était l’une de mes plus grandes peurs à ce moment-là. Ça pouvait sembler dramatique expliqué ainsi, mais est-ce que j’étais trop loin, trop perdue en mer pour pouvoir revenir sur la rive ? Je venais d’avoir l’engueulade la plus important de ma vie avec ma sœur, je ne voyais rien d’autres. Ma vision était complètement obstruée par la tempête qui se déroulait dans ma tête. Mon dernier vrai point d’attache était parti, me laissant à la dérive à la recherche de ma suite. Qu’est-ce que j’allais devenir ? « C’est vrai que ce n’est pas toujours facile pour autant. J’ai toujours accepté mon troisième œil, c’est un héritage que je chéri, mais il m’a aussi fait comprendre ce que c’était que de se sentir différent. » Mon regard était toujours attaché à celui de la voyante, attendant une sorte de révélation. Elle semblait avoir vécu le même genre de problématique d’isolement, mais je me disais quand même que son cas devait être moindre. Elle avait sûrement eu des parents, des amies, un entourage quoi. Et puis, elle disait qu’elle avait toujours accepté son don. Moi, je n’acceptais pas ma nageoire, surtout que je ne l’avais pas de naissance. Ce n’était pas un héritage, c’était une malédiction. Malgré que je me disais que mon cas était pire que le sien, elle me faisait comprendre que je n’étais pas seule dans mon cas. La roue tournait et elle allait le faire pour moi aussi. Il fallait seulement que je sois patiente. « Parfois on se sent seul, mais souvent ce n’est que ça : un sentiment trompeur créé par nos craintes. Regardez bien autour de vous, vous n’êtes sûrement pas aussi seule que vous le pensez. » De l’espoir, c’est de ça que j’avais besoin. Je voulais croire que tout irait mieux. Je voulais croire que je ne resterais pas seule avec mon secret jusqu’à la fin de ma vie. Cependant, mon regard était tellement sombre sur ce qui m’entourait que je ne voyais rien d’autre que mon malheur et ma petite personne. J’ai essayé de faire l’exercice de la voyante. Regarder autour de moi pour voir que je n’étais pas seule. Je n’avais plus de sœur, pas de famille, pas de petit copain, quelques amis, certes, mais ils ne connaissaient pas mon secret. Je leur mentais. Est-ce que ça comptait? J’ai posé mes yeux sur les sombrals, songeuse. Même ces créatures avaient une vie de famille et semblaient bien là-dedans. C’est ce que je voulais. « Et si c’est tout de même le cas, c’est que les bonnes personnes vous attendent encore. » J’ai reposé mes yeux sur la voyante, pleine d’espoir. J’espérais vraiment qu’elle avait raison. J’allais peut-être rencontrer de nouvelles personnes, retomber sur de vieux amis que je n’avais pas vus depuis des années. Le champ des possibilités était vaste. Il fallait seulement que je m’en laisse la chance. En espérant que ce soit réaliste. Cloitrée entre quatre murs dans un château, on avait vite fait le tour.

« J’ai bien quelques amis, bien sûr, mais ils ne savent pas ce que je suis vraiment. Je leur mens tous. Ça fait de moi une mauvaise personne n’est-ce pas ? Je ne suis pas mieux que le reste de ma famille, finalement. Mes parents sont des menteurs et j’avais beau me dire que je valais mieux que ça, en bout de ligne, je suis pareille. »

Malgré le magnifique sourire de la sorcière qui m’accompagnait, j’avais de la difficulté à répondre par la pareille. Je jouais le jeu, j’essayais d’être positive, de suivre la ligne que me montrait la voyante, mais c’était difficile, très difficile. Avec le temps, probablement que ma vue allait s’éclaircir. La tempête aurait eu le temps de se calmer et moi j’aurais eu le temps de faire mon deuil. Je ne pouvais pas forcer Hestia à m’accepter. C’est ce que j’allais devoir me rentrer dans le crâne et même si je la laissais faire, je refusais de penser que c’était terminé. Je ne voulais pas la laisser me filer entre les doigts encore une fois. « Vous êtes sûre que c’est vous qu’elle déteste vraiment ? Et pas les mensonges dans lesquels vous êtes empêtrées ? » En y réfléchissant bien, elle avait sûrement raison. À tout le moins en partie. C’était évident que ma petite sœur détestait le mensonge que je lui avais servi pendant des mois. Mais j’avais bien retenu ce qu’elle m’avait dit alors que nous étions chez Eliael. Elle me détestait de lui avoir servi ce mensonge. Elle me détestait de ne pas lui avoir fait confiance et surtout elle me détestait pour m’être servi d’elle pour avoir une potion que je n’ai finalement jamais utilisée. Je l’avais fracassée sur le mur alors qu’elle était partie, me laissant seule en larme sur le plancher du salon de mon mentor. « Si vous avez pu accepter votre différence, d’autres pourrons en faire de même. Vos proches vous aiment pour vous, votre différence n’y changera rien. En fait, vous pourrez enfin être vous-même. Mais pour ça vous devez d’abord vous ouvrir, et tâcher de leur faire confiance. » Accepté, c’était vite dit. Malgré ce que j’avais dit à la sorcière il y a quelques instants, je ne savais pas à quel point j’acceptais ce que j’étais devenue. J’avais l’habitude maintenant, on est d’accord. J’avais établi une routine, ça aussi je l’accepte. Après tout, je n’avais pas vraiment le choix. Si je ne le faisais pas, j’allais mourir. C’était un calcul assez rapide à faire. Je m’étais adaptée et je le vivais bien. Mais tout ce qui entourait ma différence, l’isolement que j’avais créé moi-même. Ça je ne l’acceptais pas. Je l’avais dit, j’avais créé tout ça; ces mensonges, cet isolement. Mais je ne voyais pas comment faire autrement. J’avais grandi là-dedans. C’est tout ce que je savais faire. L’ouverture, je n’avais jamais vraiment connu ça. Si je voulais y arriver, j’allais devoir me jeter dans le vide.

« Vous avez raison, en partie. Elle déteste le mensonge que je lui ai servi. Par contre, elle me déteste aussi. Elle n’en revenait pas que j’ai pu lui faire ça. Elle ne me croyait pas capable d’aller aussi bas. Mon manque de confiance, mon mensonge, la manipulation…moi. Elle déteste tout ça. Elle me l’a dit, littéralement. »

Me l’avait-elle réellement dit? Je me souvenais de son regard qui voulait me crucifier sur place. Je me souvenais de son ton sans appel, agressif et froid comme elle seule savait le faire. J’avais vu le regard dédaigneux que notre père posait sur les sorciers indignes de lui, de son rang, de son sang. Tous ses mots sonnaient comme le glas de la fin des temps. C’est ce que j’avais retenu, elle me détestait et je n’avais plus rien. Le reste ne comptait pas. Les amis, les connaissances, je m’en foutais si je n’avais pas Hestia. C’était elle qui comptait le plus. « Je sais que ça fait peur, mais n’oubliez pas de laisser une chance à vos proches. Vous pourriez avoir de bonnes surprises. » Ça faisait plus que peur. J’étais terrorisée. Déprimée, fatiguée et terrorisée. Avant de jouer la carte de la vérité avec les autres, j’avais d’autres projets. Si Hestia avait réagi de cette façon, comment réagiraient les autres ? Je n’osais pas l’imaginer. Une pensée m’est rapidement venue en tête et c’est gênée, en regardant la voyante avec du désespoir dans les yeux que je lui ai demandé.

« Avec votre don, pourriez-vous me dire mon avenir ? Voir si ma sœur va me pardonner ? Si mes amis réagiraient bien si je leur disais ? »

En aillant une petite idée de l’avenir, y aller serait peut-être plus facile. C’était peut-être une mauvaise idée aussi. Je pourrais être déçue.

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Soledad Velasquez
Soledad Velasquez
Sorcier OP
Métier : Co-gérante du Witches Bazaar et diseuse de bonne aventure au cirque Neverland sous le pseudonyme de "La Catrina". Intervenante occasionnelle aux cours de divination à Poudlard
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Lumos
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Soledad Velasquez
Lun 25 Mai - 14:26




Whispers down the lane
Soledad ☽ ☾ Thalia


Il était souvent difficile de prouver que le monde n’était pas tout noir, mais quand on devait le faire face à une personne qui ne voyait que le négatif c’était infiniment plus compliqué. Soledad devait bien avouer qu’elle n’était pas vraiment habituée à ce que cet exercice soit aussi complexe. Bien sûr, elle avait déjà dû réconforter de nombreuse fois des amis qui venaient de subir une déception amoureuse ou une perte. Mais à ce moment-là, même si elle savait que les conseils qu’elle prodiguait ne pouvaient pas être appliqués dans la minute, elle savait également qu’ils étaient enregistrés et qu’ils serviraient plus tard. La mexicaine savait qu’il était sain de s’autoriser à être triste ou en colère ou à broyer du noir, il fallait s’accorder ses instants pour pouvoir les mettre derrière soi et ensuite avancer, notamment grâce aux conseils avisés prodigués par ses proches. Mais pour le coup, face à cette jeune inconnue, elle ignorait totalement si les paroles qu’elle lui adressait parvenaient à se frayer un chemin dans sa petite tête ou si elles en étaient rayées aussitôt. La sorcière avait l’air complètement paumée, mais pas que ça, Soledad discernait aussi de la souffrance dans ses propos et des interrogations sans fin qui la torturaient tout autant. C’était un bien beau mélange que la voyante s’efforçait de démêler du mieux possible. Mais elle ne connaissait pas la sorcière, et si elle devinait à peu près en quoi sa différence consistait elle ne pouvait l’affirmer avec conviction, alors l’exercice était délicat. Elle ne pouvait pas trop s’avancer dans ses propos, et si ses conseils pouvaient parfois sonner un peu généralistes, elle faisait tout de même de son mieux pour qu’ils collent à la situation de la jeune femme et qu’ils résonnent en elle. Elle n’était peut-être pas prête à les écouter pour l’instant, ou à admettre qu’ils visaient juste, mais s’ils lui restaient assez en tête pour la faire réfléchir à sa situation plus tard et à prendre les bonnes décision, Soledad considérerait ça comme une victoire. Seulement, pour le moment elle avait le sentiment d’avancer pas à pas, en tâtonnant et en devant sans cesse trouver des parades pour montrer à la jeune sorcière que le monde n’était pas aussi noir qu’elle le voyait.

Clairement ce n’était pas une discussion aisée qu’elles menaient là. Parce que Soledad sentait bien que la souffrance de la brune n’était pas superficielle, elle était profonde et ancrée en elle, elle était pour elle comme un poids qui la menait vers le fond. Même si elles étaient deux inconnues, la mexicaine ne pouvait pas rester insensible face à une telle détresse. Elle voulait lui montrer qu’il y avait toujours une lueur vers laquelle se tourner, qu’elle n’était pas condamnée comme elle semblait le croire, elle voulait réussir à l’aider grâce à ses paroles, ou juste parvenir à lui insuffler assez d’espoir pour qu’elle ne lâche pas prise. Sauf que la visiteuse ne rendait vraiment pas la tâche aisée, à chaque parole de la voyante, elle trouvait le moyen de les remettre en cause ou de renchérir pour montrer qu’elle voyait sa situation comme désespérée. Même quand Soledad affirma que ressembler aux autres c’était risquer de se perdre, elle réussit à trouver quelque chose à redire. « Mais quand on est déjà perdu, on est encore plus coincée, non ? » La voyante tourna vers elle un regard où perçait une infinie patience. C’était bien ce qu’il fallait pour ne pas avoir envie de saisir la jeune sorcière par les épaules pour la secouer en lui répétant de cesser d’être aussi dure avec elle-même. Elle était tenace, mais surtout Soledad savait que c’était souvent ainsi lorsqu’on se sentait mal, on avait du mal à voir le positif. Il était là, simplement nos yeux glissaient dessus sans parvenir à s’y accrocher, il était plus facile de se concentrer sur le négatif, parce que la douleur était déjà là. Dans ces instant, l’espoir semblait vain et tenter de s’y accrocher faisait peur parce qu’il était facile de le laisser échapper. Quand on souffrait, s’autoriser le moindre espoir c’était prendre le risque d’avoir un peu plus mal. Soledad le comprenait tout ça, elle était passée par ces phases lors du décès de son père, mais elle était tout aussi tenace que la sorcière et elle n’avait aucune intention de la laisser s’enfoncer dans son désespoir. « On n’est jamais aussi perdu qu’on le croit, il est toujours possible de faire demi-tour ou de trouver un autre chemin à emprunter. Essayez de ne pas voir tout en noir. » Argua-t-elle avec douceur mais également une pointe de fermeté. Peut-être que c’était ça dont elle avait également besoin cette jeune femme, qu’on lui prenne la main avec un peu plus de résolution pour lui montrer que sa manière de voir les choses n’était pas la seule qui existe. S’il fallait que Soledad joue ce rôle pour la soulager, alors elle le ferait.

Se sentir perdu, c’était compréhensible. De ce qu’elle lui disait, cette sorcière était dans une position délicate, avec une différence qu’elle gardait secrète. En agissant ainsi non seulement elle se coupait de la possibilité d’être elle-même mais elle se forçait à vivre dans une impression de solitude. Tout ça, Soledad doutait que ça soit très sain, et surtout ça faussait sa vision des choses. Elle se sentait seule parce qu’elle repoussait les autres pour garder son secret, mais la mexicaine savait que cette solitude c’était elle qui la créait, elle ne reflétait pas la réalité et d’ailleurs elle n’hésite pas à lui expliquer sa manière de voir les choses. « J’ai bien quelques amis, bien sûr, mais ils ne savent pas ce que je suis vraiment. Je leur mens tous. Ça fait de moi une mauvaise personne n’est-ce pas ? Je ne suis pas mieux que le reste de ma famille, finalement. Mes parents sont des menteurs et j’avais beau me dire que je valais mieux que ça, en bout de ligne, je suis pareil. » Et voilà qu’elle recommençait à être incroyablement dure envers elle-même. Soledad était d’accord pour dire qu’elle seule pouvait se juger, mais si c’était pour être aussi exigeante envers elle-même ce n’était peut-être pas la meilleure chose à faire. La sorcière avait vraiment une vision erronée de sa personne, elle jugeait sans aucune pitié ses actions et ses décisions. Sauf que là où elle ne cessait de voir le mal, Soledad voyait tout autre chose. Elle voyait une jeune femme en prise avec une différence, quelqu’un qui se débattait avec un secret qu’elle avait choisi de garder pour se protéger. Est-ce que ça la rendait vraiment mauvaise ? Soledad n’était pas d’accord. « Non, ça ne fait pas de vous une mauvaise personne. Ça fait de vous une personne prudente. » Affirma-t-elle avec conviction en laissant ses prunelles rencontrer celles de la brune. Certes, elle mentait aux autres, elle leur camouflait une part d’elle, mais était-ce vraiment une mauvaise chose ? Quand il s’agissait d’un don ou d’une malédiction, il était difficile de se montrer totalement transparent. Même dans une société sorcière, certains acceptaient mal ces différences. Alors comment être sûr que ce serait le cas de ses proches ou de ses amis ? C’était difficile de s’ouvrir car ça représentait un risque. « Les mensonges existent pour bien des raisons. Certains servent à tromper les autres ou à les manipuler, d’autres nous protègent. Je ne dis pas qu’il est bon de mentir, je dis qu’il est bon de garder en tête les raisons pour lesquelles vous le faites. Vous n’êtes pas parfaite, vous êtes humaine, n’en exigez pas trop de vous-même. » Expliqua-t-elle en espérant lui faire entendre raison. Son comportement au fond elle le comprenait, même si elle acceptait son troisième œil, elle savait que le garder secret lui aurait parfois rendu la vie plus facile. Alors du point de vue de Soledad ce n’était même pas vraiment du mensonge, c’était plutôt des mises sous silence, et c’était parfois nécessaire. « Je suis sûre qu’en regardant bien autour de vous, vous découvrirez des personnes dont vous n’avez pas besoin de vous protéger, et alors vous pourrez cesser de leur mentir. » Conclut-elle en choisissant de voir le bon côté des choses.

Si la jeune femme voyait tout en noir, il était de son devoir de faire l’inverse. Seulement, ça restait une ligne de conduite difficile à suivre quand la sorcière expliquait qu’une personne proche d’elle avait mal pris la révélation de sa différence. Soledad s’efforça tout de même d’aplanir la situation pour qu’elle ne paraisse pas aussi horrible que ça. Certes, les choses s’étaient mal passées, mais de ce qu’elle entendait, elle avait l’impression que ça venait plus des circonstances, que de la sorcière en elle-même. « Vous avez raison, en partie. Elle déteste le mensonge que je lui ai servi. Par contre, elle me déteste aussi. Elle n’en revenait pas que j’ai pu lui faire ça. Elle ne me croyait pas capable d’aller aussi bas. Mon manque de confiance, mon mensonge, la manipulation… Moi. Elle déteste tout ça. Elle me l’a dit, littéralement. » Soledad fit la moue. Voilà qui était difficile à réfuter. Elle ne pouvait pas affirmer que tous les proches de la jeune femme prendraient bien ses révélations, du moins dans un premier temps, ce ne serait pas lui rendre service que de la bercer de telles illusions. Elle devait se préparer à ce que les choses ne prennent pas le tournant voulu, que certains se sentent trahis ou vexés, que d’autres aient besoin de temps pour accepter la vérité. Ce n’était pas une science exacte mais Soledad restait persuadée que le jeu en valait la chandelle. « Il est parfois difficile de comprendre les choix des autres. Se mettre à leur place n’est pas une tâche aisée. Laissez-lui du temps, si cette personne vous aime vraiment, elle comprendra qu’il y a une différence entre les décisions que vous avez pris pour vous protéger, et celle que vous êtes. » Expliqua-t-elle en marchant clairement sur des œufs. Elle espérait que cette vision des choses se révélerait vraie et que la personne chère au cœur de la sorcière accepterait de voir les choses ainsi. Soledad n’avait aucune envie de devoir admettre que parfois l’amour se trouvait brisé et qu’on était déçu par les gens qui nous étaient chers. Cette sorcière n’avait pas besoin de ça maintenant.

Pendant qu’elles parlaient, un nouveau sombral s’était éloigné pour aller s’ébrouer avec son camarade. Soledad flatta pensivement l’encolure du dernier d’entre eux. Elle se demandait si elle arrivait à quelque chose avec cette jeune femme, si elle parvenait à lui insuffler un peu d’espoir, un peu plus de confiance en elle et en ses proches. C’était difficile à dire mais elle se trouvait dans une situation complexe donc c’était normal. La mexicaine espérait surtout que les prochains mois seraient plus doux avec elle, elle avait l’air d’en avoir besoin. Le désespoir qu’elle pouvait lire dans ses prunelles lorsque leurs regards se croisèrent suffit à lui serrer le cœur. « Avec votre don, pourriez-vous me dire mon avenir ? Voir si ma sœur va me pardonner ? Si mes amis réagiraient bien si je leur disais ? » Soledad prit une profonde inspiration, s’empêchant de poser un regard surprit sur la jeune femme. Elle avait l’air plutôt terre à terre et si elle ne lui avait pas appris sa fonction au sein du cirque, Soledad doutait qu’elle se serait dirigée d’elle-même vers la tente de la voyante. Mais tous comme les clichés, elle savait qu’une première impression n’était pas toujours la bonne. Après un bref instant de silence, Soledad hocha la tête, pensive. « Oui je le pourrais. Si vous vous me le demandez, je peux le faire. » Confirma-t-elle d’une voix douce. C’était pour ça qu’elle était là après tout, si la jeune sorcière le voulait elle ne refuserait pas de lire son avenir. Elle ferait même de son mieux pour lui apporter le plus de réponses possibles, tout en croisant les doigts pour avoir de belles choses à lui apprendre. Mais là était toute la complexité de la chose. « Mais je dois vous prévenir que connaitre son avenir n’est pas toujours un cadeau. Vous pourrez apprendre de bonnes nouvelles, comme des mauvaises. Ce que je pourrais vous dire de votre avenir ne sera peut-être pas ce que vous voulez entendre. » La prévint-elle tout de même en soutenant son regard. Soledad ne voulait pas la décourager mais elle voulait qu’elle reste consciente que la divination n’était pas forcément la réponse à tout. Elle devait comprendre que ça ne lui apporterait peut-être pas le soulagement qu’elle recherchait. Soledad aurait aimé lui affirmer le contraire mais elle ne voulait pas lui mentir. Cette visiteuse avait déjà l’air de souffrir assez comme ça, elle ne voulait pas risquer d’empirer les choses. « La décision vous appartient, mais sachez que vous pouvez venir me voir ici quand vous voulez pour discuter. » Conclut-elle. Si la jeune femme était tout de même décidée à savoir alors Soledad lirait son avenir pour elle, mais elle voulait qu’elle ait bien toutes les cartes en main avant de décider. Laissant finalement le dernier sombral rejoindre ses congénères, la mexicaine adressa un sourire à la jeune femme. Elle était sincère, elle pourrait venir quand bon le lui semblerait. « Il vous suffira de demander Soledad. » Elle ne doutait pas de recroiser la route de cette jeune femme un jour. Elle espérait simplement que lors de leur prochaine rencontre, l’avenir lui semblerait plus prometteur.

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Thalia Carrow
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Thalia Carrow
Jeu 2 Juil - 18:50
 
Whispers Down the Lane
Soledad & Thalia

« They say I may be making a mistake, I would've followed all the way, no matter how far. I know when you go down all your darkest roads, I would've followed all the way to the graveyard»
69fd1d291d42ceccc00dfcfefe7015cf3feacd07.gifJe parlais à une pure inconnue et ça ne me dérangeait pas de me vider le cœur sur elle. C’est en faisant cette réalisation que j’ai vu à quel point j’étais profondément enfoncée dans ma merde, à quel point j’étais seule devant ce qui se passait dans ma vie. Le secret que j’avais décidé de garder m’avait isolée, j’avais creusé ma tombe toute seule et j’allais devoir m’en sortir. Le ciel et mon univers avaient beau être tout noir au-dessus de ma tête, j’allais devoir changer les couleurs du plafond. La pauvre voyante faisait ce qu’elle pouvait pour me réconforter, me montrer un peu de couleurs dans toutes ces nuances de noirs et de gris. Elle faisait ce qu’elle pouvait pour me sortir de l’eau avec les moyens de bord. Même si elle ne me connaissait pas, elle faisait un travail titanesque. Mon esprit voulait être imperméable à ce qu’elle disait, c’était plus simple de rester prostrée dans mon malheur comme je l’étais. Mon coin sombre en devenait presque rassurant, confortable, chaud et surtout familier. Cependant, malgré ce confort factice, je me forçais à écouter, il le fallait, je devais tout retenir, garder ses mots en moi jusqu’à ce que je sois prête à les réfléchir et surtout à les appliquer. J’ai beau verbaliser des paroles positives là, quand j’écoutais la Mexicaine, je n’étais pas aussi docile, je ne voyais pas le bout à tout ça. Malgré mon négativisme, la sorcière ne montrait aucune impatience, au contraire. Je ne voyais pas de pitié dans ses yeux non plus. Je voyais de la compréhension et une infinie douceur. C’était de ça que j’avais besoin. « On n’est jamais aussi perdu qu’on le croit, il est toujours possible de faire demi-tour ou de trouver un autre chemin à emprunter. Essayez de ne pas voir tout en noir. » Autant moi j’avais toujours une réplique négative, la voyante en avait toujours une réflexion profonde et encourageante. Sa façon de voir les choses était beaucoup plus mature que la mienne, c’était évident et sans avoir été sèche, j’entendais un ton très adulte dans ses propos. Sans exiger, elle voulait me montrer les choses. Il fallait seulement que je lui laisse la chance de le faire. J’ai regardé la sorcière et j’ai rougi un peu de honte.

« Vous avez sûrement raison, il faudrait que j’essaie ça. »

Les mots que j’avais dit pouvaient sembler vides et manquer de conviction, mais je les pensais. Clairement, ma tête n’y était pas complètement, mais j’avais de bonnes intentions. Je pensais seulement à tous ces gens à qui je mentais et à qui j’allais devoir tout expliquer éventuellement. C’était beaucoup de pression pour mes épaules. Cette pression, je la créais moi-même, personne ne la mettait sur moi mis à part moi-même. C’était là que résidait mon vrai problème, moi. C’était ce qui faisait de moi, peut-être, une mauvaise personne. Toute cette réflexion me donnait des maux de tête et m’étourdissait alors que j’écoutais les mots de la Mexicaine. « Non, ça ne fait pas de vous une mauvaise personne. Ça fait de vous une personne prudente. » Les yeux de la sorcière sont venus chercher les miens et j’y ai senti de la sincérité. La voyante ne me connaissait pas réellement, mais à l’écouter, j’aurais pu croire que oui et j’appréciais ce moment énormément. C’était la première fois depuis longtemps que je ne me cachais pas, à tout le moins pas complètement, et surtout où je pouvais parler tel que je le pensais réellement. « Les mensonges existent pour bien des raisons. Certains servent à tromper les autres ou à les manipuler, d’autres nous protègent. Je ne dis pas qu’il est bon de mentir, je dis qu’il est bon de garder en tête les raisons pour lesquelles vous le faites. Vous n’êtes pas parfaite, vous êtes humaine, n’en exigez pas trop de vous-même. » Pourquoi je mentais ? C’était une excellente question. Clairement, je ne voulais pas manipuler les autres, même si c’était ce que pensait ma sœur. Quel était mon objectif en ne leur disant pas tout ? Est-ce que je trompais les autres ? Dans un certain sens oui, mais ce n’était pas l’objectif. La voyante avait peut-être raison en parlant de protection. Pendant un temps, j’avais pensé que ça me rendrait la vie plus facile, mais plus le temps passait, plus je me disais que ce n’était pas le cas. « Je suis sûre qu’en regardant bien autour de vous, vous découvrirez des personnes dont vous n’avez pas besoin de vous protéger, et alors vous pourrez cesser de leur mentir. » J’allais devoir faire cet exercice un peu plus tard, à tête reposée. Sur le coup, maintenant, probablement que je ne trouverais personne ou sinon très peu de gens et que j’allais me mettre à douter.

« C’est une bonne idée, je vais essayer de faire ça plus tard, quand je vais pouvoir réfléchir plus clairement. »

C’est à ce moment que j’ai vraiment vidé mon sac et que j’ai parlé de ma dispute avec Hestia. Je lui ai tout raconté, son regard, sa haine. Ça m’avait vraiment fait mal et juste à en reparler je sentais la plaie vouloir s’ouvrir de plus belle. J’avais pu la fermer de peine et de misère pour pouvoir vaquer à mes occupations, c’est-à-dire errer, mais là, c’était tendu. J’ai vu le visage de la Sudaméricaine changer alors que je racontais mon histoire. Clairement, il n’y avait pas beaucoup de positif à sortir de cet événement. « Il est parfois difficile de comprendre les choix des autres. Se mettre à leur place n’est pas une tâche aisée. Laissez-lui du temps, si cette personne vous aime vraiment, elle comprendra qu’il y a une différence entre les décisions que vous avez pris pour vous protéger, et celle que vous êtes. » Avant, j’aurais répondu tout de suite qu’Hestia m’aimait et j’aurais accepté tout de suite l’idée qu’il lui fallait seulement un peu de temps pour intégrer les nouvelles informations. Par contre, maintenant, je n’étais plus certaine de rien. Je n’avais jamais vu ma cadette dans cet état et bien qu’il y ait eu beaucoup de douleur dans mon cœur, il y avait aussi une couche de peur. Et si tout était brisé? C’était ça mon problème. L’incertitude, c’est ce qui me tuait à petit feu. J’allais devoir apprendre à laisser les choses aller, mais comme tout le reste, il allait me falloir un peu de temps pour y arriver.

Pour chasser cette incertitude, j’avais demandé à la voyante si elle pouvait regarder mon avenir, me rassurer. Elle eut besoin de quelques secondes de réflexion avant de me répondre. Pendant ce court moment, mon cœur battait la chamade. « Oui je le pourrais. Si vous vous me le demandez, je peux le faire. » Je ne pu que sourire en entendant la réponse de la Mexicaine. Tout serait plus facile après notre session, non ? « Mais je dois vous prévenir que connaitre son avenir n’est pas toujours un cadeau. Vous pourrez apprendre de bonnes nouvelles, comme des mauvaises. Ce que je pourrais vous dire de votre avenir ne sera peut-être pas ce que vous voulez entendre. » Ses mots me firent bien réfléchir. Je me disais que tout serait plus simple, mais je n’avais pas envisagé que les choses tournent mal. Qu’est-ce que j’allais faire si tout le monde se retournait contre moi? Si personne ne m’acceptait? Si je me retrouvais encore plus seule que maintenant, avec le regard des gens me jugeant. Je ne pourrais pas passer par-dessus ça. J’ai baissé les yeux vers mes chaussures, déçue de ce manque de jugeote de ma part. « La décision vous appartient, mais sachez que vous pouvez venir me voir ici quand vous voulez pour discuter. » J’allais devoir réfléchir plus longuement à la question. Est-ce que je voulais être encore plus déprimée que je l’étais en ce moment ? C’était un risque. C’était possible. « Il vous suffira de demander Soledad. » J’ai relevé les yeux vers la sorcière et je lui ai lancé un petit sourire.

« Je crois que je vais prendre le temps de réfléchir un peu plus à tout ça. Merci Soledad…je vais peut-être repasser vous voir, plus tard. Quand j’aurai fait le tri dans ma tête. »

J’ai reculé de quelques pas et je suis partie, la tête pleine de réflexion qui se chevauchaient, ne sachant pas trop dans quelle direction aller. Moi-même je ne savais pas où aller.

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