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Si toi tu es près de moi, la nuit fera place au jour ∞ Théoly IV :: Three Broomsticks :: Pensine :: Les RPs
Sélénya Macmillan
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Sam 4 Mai - 0:49
Si toi tu es près de moi, la nuit fera place au jour
Théoly IV

« Mars 2019»
Je cours dans un dédale de couloir sans même savoir où je vais réellement. Derrière moi j’entends leurs pas qui se rapprochent de plus en plus. J’entends leurs rires et je pense à leurs bras, leurs mains qui veulent se poser sur moi, me toucher. Mon cœur s’affolait alors tandis que ma respiration se faisait de plus en plus saccader. Je cours sans m’arrêter, je tourne encore et encore et pourtant je sens qu’ils me rattrapent, je sens que je perds en vitesse. Les larmes me montent aux yeux et ne tardent pas à couler le long de mes joues. Fuir. Mais je ne sais pas où. Je m’arrête in extremis alors que je manque de tomber me retrouvant tout à coup en haut d’une falaise.  Cette dernière s’effrite sous mes pas. Je regarde alors autour de moi, les bruits de pas se sont interrompus. Plus personne ne me poursuit. Pourtant, le silence qui règne ne me dit rien qui vaille… Je regarde alors en face de moi dans le vide qui s’étend juste en face, lorsqu’une faible lumière commence à poindre le bout de son nez. Si au début elle semble loin elle se rapproche de plus en plus jusqu’à ce que je comprenne que ça n’avait rien à voir avec une lumière. J’allais me retrouver face à un feudeymon… Je cours alors dans l’autre sens pour pouvoir y échapper, mais il est déjà trop tard. Je sens les flammes venir me lécher les bras et les jambes. J’hurle alors de douleur et tandis que je brûle dans un brasier, des visages m’apparaissent les uns après les autres… Mon frère, mes sœurs, mes parents… Jimmy, Elise et en dernier Théo…

Je me réveille en hurlant dans mon lit. En sueur comme si j’avais littéralement pris feu pour de vrai. Je suffoque, je manque d’air. Comme d’habitude j’ai réveillé mes camarades de dortoir. Dans un élan de lucidité je m’excuse. Mon regard se pose partout autour de moi, l’heure m’indique que je n’ai même pas fermé les yeux plus d’une heure…  Des heures pour tenter de m’endormir pour au final me réveiller ainsi… Dans mon lit j’ai la sensation d’être bouillante, il faut que j’aille prendre l’air, que je sorte d’ici… Je n’hésite même plus à me lever. Que je sorte de mon lit en pleine nuit n’était plus une surprise. Les potions d’Hestia faisaient à peine effet. Personne ne s’étonne que je quitte la chambre, au contraire elles pourront se rendormir en paix. Je me faufile rapidement hors de la salle commune des poufsouffles, ne pouvant pas supporter la vue de la cheminée. Mon cœur tambourine encore dans ma poitrine. Il n’y a que lorsque mes pieds nus touchent le sol frais du sous-sol que je commençais à me sentir légèrement mieux… En pyjama aux couleurs de ma maison, j’avançais dans les couloirs sans même savoir réellement où j’allais. Dans un endroit où j’irais peut-être mieux ? Plusieurs fois je me retournais de peur d’entendre des rires de moldus qui me pourchasseraient. La chance que j’avais c’était que pour une fois j’étais tout de même assez lucide et pas totalement perdue dans mes cauchemars. J’étais tout de même épuisée à force de passer des nuits quasiment toutes égales à celle-ci. Si j’avais pensé me diriger vers l’extérieur de l’université pour prendre l’air et atténuer cette sensation de suffoquer de l’intérieur, mes pas avaient pris sans que je le veuille un tout autre chemin et au lieu de me retrouver devant la porte qui me mènerait vers l’extérieur, je me retrouvais devant une toute autre porte. Une porte que je n’avais jamais traversée pourtant… Je me retrouvais à l’étage des appartements du personnel. Et je n’avais pas besoin de réfléchir pour savoir devant laquelle je m’étais arrêtée. Si mon cœur continuait de battre rapidement, ce n’était soudainement plus seulement à cause du cauchemar… Ma main venait doucement frôler le bois de la porte. J’avais terriblement envie de frapper…

Je savais que Théo saurais me rassurer et m’apaiser encore mieux que l’air frais. J’aurais donné n’importe quoi pour le sentir me serrer dans ses bras encore une fois, pouvoir juste dormir tout contre lui… Je ne me rends même pas comptes que des larmes coules sur mes joues, sans trop savoir pourquoi. Le souvenir du cauchemar encore bien présent ? Le fait que je savais que je ne devrais même pas être là ? Que je ne devrais même pas y penser ? Ne nous étions pas dits qu’il était préférable de nous voir qu’en présence d’autres personnes ? Ce fût pour ça alors que ma main qui frôlait la poignée de la porte redescendit le long de mon corps. Ce ne serait pas juste de lui imposer cela alors qu’il ne le désirait pas, même si j’en avais tant besoin en cet instant. Frapper serait pure folie, même pas certaine qu’il m’entende… Et c’était le cœur lourd que je me préparais à faire demi-tour… Mais les bruits de pas venant de derrière ne me disait rien qui vaille… Mon cœur tambourinant dans ma poitrine, j’avais cette sensation de replonger au cœur de mon cauchemar… J’avais beau savoir que ce n’était pas possible, une peur irrationnelle s’emparait de moi. Je me retournais alors prête à m’enfuir, un moldu ou un professeur, dans tous les cas, il ne valait mieux pas que je reste dans les parages… Je n’aurais sans doute jamais dû venir ici de toute façon.
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Théo Greengrass
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Sam 4 Mai - 23:06
Tout s'éclairera puisque tu es là
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Faire des rondes pour empêcher des jeunes de sortir, voilà qui était bien étonnant lorsque l’on connaissait un tant soit peu Théo. Est-ce qu’il avait l’ait crédible quand ils disaient aux adolescents en quête d’aventure de retourner dans leur dortoir, pas sûr. En plus, ce n’est pas comme s’il les cherchait, franchement les rares adolescents qu’il croisait devait le faire exprès parce que lui de son côté il faisait des Lumos qui devaient se voir au moins trois couloirs plus loin, que la discrétion dont il faisait preuve était aux antipodes de tout ce qu’on lui avait appris ou qu’il avait appris par lui-même lorsqu’il faisait le mur… Non vraiment, il fallait être complètement truffe pour se faire attraper par Théo qui ne faisait aucun effort pour les rattraper.
Tout ce qu’il voulait en réalité, c’était retourner dans son lit pour essayer de récupérer des heures de sommeil et ne plus avoir ses pensées parasitées par une demoiselle et il vit comme une bénédiction le petit tintement de la cloche, qui annonçait les heures. Purée, enfin. Il ne se fit pas prier pour abandonner son poste afin de retourner vers les appartements du personnel, rêvant de se glisser dans son lit… embêté par le fait qu’il fallait aussi prendre une douche… peut être demain matin est ce que vraiment c’était un problème ? Par contre, à force de marcher, il avait faim. Hop un petit tour aux cuisines tout compte fait pour récupérer deux trois bricoles… d’ailleurs c’était abusé, les elfes ils ne dormaient jamais, il y en avait toujours 36 000 Non c’est pas de l’abus En plus, sans vouloir être méchant, ils se ressemblaient un peu tous donc impossible de savoir s’ils faisaient des pauses ou si c’était toujours les mêmes. Comme d’habitude on leur demandait un petit encas et il fallait preuve de fermeté pour ne pas se retrouver avec quarante trucs à manger… non mais à croire il faisait une grosse fiesta en plein milieu de la nuit, ça se voyait pourtant qu’il avait juste envie de dormir.

C’est donc après d’épuisantes négociations où il devait avoir l’air totalement ridicule à essayer d’avoir le dernier mot face à des chieurs – ah non mais faut le dire les elfes de maisons c’est casse bonbon – qui essayaient à tout prix de lui rajouter des trucs dans les poches, il finit par couper la poire en deux et accepter un petit truc pour leur faire plaisir  - petit ça dépend des points de vues, du point de vue de Théo c’était beaucoup trop, à croire il mourait de faim, faut pas exagérer non plus – et fila au moment où un elfe venait de sortir un truc de placard en disant que c’était pour Théo avec son grand sourire niais, non au secours.

Il grimpa quatre à quatre les marches avant de ralentir en entendant un bruit. Sortir sa baguette semblait être un réflexe ancré en lui, les mauvaises habitudes d’Auror certainement. Cependant, il était dans une école et même si c’était la nuit, que l’esprit la nuit est un gros traître qui s’inquiète pour un rien, il ne risquait pas grand-chose donc il réfréna cette envie pour aller voir ce qui se passait par ici. Théo n’essaya même pas d’être discret, à quoi bon, de toute façon il couperait bien toute retraite à l’intrus… et quel intrus. Cette silhouette oh il la connaissait très bien. Ce regard, il s’était perdu dedans un bon paquet de fois, il ne comptait même plus. Le truc c’est qu’est ce qu’elle fichait ici. Alors pour les visites de courtoisies au beau milieu de la nuit, il n’y croyait pas mais alors pas du tout. Et pourquoi il n’y croyait pas ? Facile, le regard de son amie rempli de larmes, il n’y avait pas que ça, ses joues étaient brillantes à la lumière signe que les larmes avaient eu le temps de rouler sur les joues de Sélénya. Il n’y avait pas beaucoup d’autres raisons qu’un cauchemar qui mènerait la demoiselle par ici et au vu de la porte devant laquelle elle se trouvait, il n’y avait guère de doutes sur qui elle était venue chercher. La difficulté c’était de savoir si elle était en pleine crise ou si elle était consciente d’où elle était « Sélénya ? » Il fit un premier pas en avant, elle n’avait pas trop l’air de mal réagir, ou alors il était aveuglé par son inquiétude pour elle et il franchit l’espace qui les séparait pour l’attraper dans ses bras. Depuis combien de temps aucune étreinte n’avait eu lieu entre eux, chacun essayant de remettre l’étiquette normale sur leur relation. Sauf que non, il n’y avait rien de normal et ce simple contact démontrait à la perfection que c’était naturel pour lui, qu’il n’avait aucune hésitation lorsqu’il caressait tout doucement son dos pour la réconforter. Elle lui avait manqué, ce contact lui avait manqué, horriblement manqué« Qu’est ce que tu fais ici ? »

Il est vrai que lui faire un câlin au beau milieu du couloir, ce n’était pas prudent, que l’affection dans son regard était clairement perceptible. A la limite il aurait dû lui dire qu’il la ramenait dans son dortoir comme tout membre de l’équipe enseignante digne de ce nom, sauf que non, il ne le ferait pas. Elle était dans un état déplorable, elle venait de traverser l’université pour venir ici pieds nus alors le ce qu’il fallait faire, Théo s’en moquait pas mal. La seule chose qui lui importait c’était de la calmer, sécher ses larmes et comprendre, même s’il se doutait, ce qui venait de se produire… Elle avait fait un cauchemar et elle en avait pas mal ces derniers temps, ça se voyait aux cernes sur son visage qui démontrait que cela ne s’arrangeait pas sauf que Théo n’avait aucun moyen de l’aider, il lui fallait du repos mais les potions n’aideraient pas vraiment celles trop légères l’endormiraient mais la ferait faire des cauchemars et celles trop lourdes l’assommeraient, certes mais elle ne se reposerait pas vraiment. C’était une impasse et s’il y avait que ça mais certainement que comme lui, elle devait faire des efforts pour ne pas se retrouver que tous les deux, du coup, impossible d’en parler ensemble et ça donnait des états comme ça. Elle aussi ressassait ? Cherchait une solution avant de dormir ou même carrément s’imaginait un futur ou ce serait possible ?  Est-ce qu’elle avait frappé et n’ayant aucune réponse avait décidé de faire demi-tour, est ce qu’elle venait de se réveiller et venait de voir où elle était et n’avait pas du tout l’intention de frapper tout compte fait… et lui qu’est-ce qu’il devait faire en réalité, rester en plein milieu du couloir, il faisait un peu frisquet non, elle allait attraper froid ? « Tu veux rentrer ? » Il déglutit longuement, cherchant doucement son regard pour voir ce qu’elle en pensait. Est-ce qu’elle vivait aussi intensément la chose que lui ? Ce n’était pas rien de lui proposer cela, ce n’était certainement pas autorisé mais il s’en moquait, elle était sa priorité. De toute façon, il se mentait à lui-même en disant que c’était juste pour ne pas qu’elle attrape froid, juste pour qu’elle se remette de ses émotions, qu’il tente de la réconforter et il la ramènerait dans son dortoir. Il ne faisait rien de mal n’est ce pas ?
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Sélénya Macmillan
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Dim 5 Mai - 15:34
Si toi tu es près de moi, la nuit fera place au jour
Théoly IV

« Mars 2019»
Qu’est-ce que je fichais là dans le fond ? Pourquoi ici ? Enfin je le savais, mais ce n’était pas là que je pensais me rendre de base. J’avais pensé à l’air frais extérieur, pas au doux parfum de Théo qui me manquait terriblement. Voilà que j’allais me faire prendre en plus ! Impossible de fuir assez rapidement et ce fût pourtant le soulagement qui venait chasser la peur qui s’était emparée de moi avec cette sensation de revivre exactement la même chose que dans mon cauchemars. Sauf qu’évidemment la personne qui arrivait n’avait rien à voir avec les moldus, c’était même tout le contraire. C’était donc du soulagement que je ressentais en reconnaissant les traits de mon infirmier préféré tandis que mon cœur faisait un bon dans ma poitrine. Théo. A aucun moment j’eu peur qu’il ne me réprimande d’être en plein milieu des couloirs comme il aurait dû le faire comme n’importe quel professeur ou membre du personnel de l’école. Sauf qu’entre nous c’était bien plus que spécial et il savait que la nuit j’avais du mal à dormir. J’étais même rassurée de tomber sur lui parce que je n’avais pas à m’expliquer. En revanche, c’était raté pour le fait de ne pas nous voir seuls…

Je me sentais tout de même un peu confuse et gênée, je savais que je ne devrais pas être ici et dans quel état j’étais ? Pieds nus, en pyjama, en larme… Mes tresses ne devaient plus ressembler à rien… A pour sur je n’étais pas à mon avantage, mais Théo avait vu bien pire de moi n’est-ce pas ? Lorsqu’il avait fallu venir me récupérer au fin fond du sous-sol… Mes cicatrices alors après tout peut-être que je n’étais pas à cela près. Je pouvais lire l’inquiétude au fond de son regard, mais je n’eus pas vraiment le temps de dire quoique ce soit que j’étais déjà au creux de ses bras. Bon sang. Dire qu’il m’avait manqué était un euphémisme. Mes doigts venaient s’agripper à lui, mon visage venait se nicher dans son cou venant respirer à plein poumon son odeur. Voilà de quoi j’avais besoin. De sa présence, de son contact, de ses bras… Combien de temps sans véritable contact entre nous ? Beaucoup trop. Si bien que je ne le lâchais plus de peur qu’il me libère beaucoup trop soudainement à mon goût. Contre lui j’en oubliais déjà les mauvaises images qui avaient hanté mes nuits. Pourquoi est-ce que nous nous battions si durement pour nous tenir autant éloigné loin de l’autre alors que le plus naturel pour nous deux c’était cela. A sa question, je me rappelais tout à coup où j’étais et qu’il était en train de me tenir dans ses bras au beau milieu du couloir du personnel. Pourtant pour rien au monde je ne m’écarterais un seul instant de ses bras.

« Pardon. » Commençais-je par murmurer alors en ayant conscience que je ne devrais pas être là. « Je sais qu’on avait dit qu’on ne devrait se voir qu’en présence d’autres personnes je… » Continuais-je sans pouvoir m’empêcher de renifler tandis que tout contre lui mes larmes semblaient enfin se tarir. « Je n’avais pas l’intention de venir… » Mais mes pieds et mon inconscience avaient apparemment décidé les choses pour moi. « J’ai fait un cauchemars… J’en fais quasiment toutes les nuits, c’est de plus en plus difficile de trouver le sommeil, je réveil mes camarades de dortoir, je dors à peine quelques heures et quand je le fais je… » Je faisais des cauchemars plus affreux les uns que les autres, mais je n’avais pas besoin de le dire, il comprenait n’est-ce pas ? Tout était sorti d’une traite, je manquais tellement de sommeil que j’étais plus ou moins sur les nerfs c’était la seule chose qui me permettait de tenir la journée. « Je sais que tu ne peux pas y faire grand-chose. » Mais pourtant mon réflexe avait été de venir ici. Parce que je le sentais c’était de lui dont j’avais besoin. Rien que d’être contre lui me faisait un bien fou. Mon esprit tordu se disait que peut-être si je pouvais avoir une part de lui dans mon lit, peut-être même que je dormirais mieux ? Sa dernière question m’étonnait autant qu’elle me réchauffait de l’intérieur. Est-ce que j’avais imaginé un seul instant qu’il me proposerait de rentrer dans ses appartements ? Non pas une seule seconde. Est-ce que j’en avais déjà rêvé ? Oui sans doute un milliard de fois. Si le regard de Théo venait chercher le mien, je n’étais pas en reste. Moi aussi j’avais cherché ses prunelles, j’en avais grandement envie, mais est-ce que réellement on pouvait ? Je ne me posais qu’une demie seconde la question avant de hocher la tête positivement en envoyant balader tout le reste. Est-ce que c’était bien ? Sans doute que non. Raisonnable ? Non… Mais est-ce que j’en avais besoin ? Oui. Est-ce que j’en avais envie ? Oui, mille fois oui.

« Oui » Murmurais-je alors mes pupilles plongées dans les siennes.  « Oui s’il te plait. » Ajoutais-je simplement sans me demander pourquoi est-ce qu’il avait changé d’avis sur le fait qu’il ne fallait pas que l’on soit seul. Peut-être que lui aussi en avait besoin ? Peut-être que c’était aussi naturel pour lui que pour moi ? Peut-être qu’il en avait assez de se priver ? Ces questions restaient alors dans mon esprit, parce que peu importe les réponses, c’était le résultat qui comptait. Et la dernière chose que je souhaitais était de retourner dans mon dortoir, là où de toute façon je ne ferais que tourner en rond sans jamais trouver le sommeil.
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Théo Greengrass
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Dim 5 Mai - 23:12
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Que ça faisait du bien cette proximité, la sentir contre soi c’était déjà quelque chose de formidable mais la sentir répondre aux étreintes, ça n’avait pas de prix. Le nez tout froid de Sélénya venait de se glisser contre le cou du sorcier et son souffle le chatouillait et le remplissait de joie dans un même temps. Il aurait pu rester des heures comme ça à juste sentir le corps de Sélénya contre le sien, caresser son dos tout en la sentant s’accrocher comme pour ne pas qu’il s’en aille et pourtant il avait posé une question. C’était peut-être stupide, peut être qu’il la ramènerait brutalement dans le monde présent et qu’elle allait se défaire de son emprise pour reprendre une distance que beaucoup de gens qualifierait de convenable, là où Théo devrait sûrement se retenir de soupirer, dépité. Et pourtant, non, elle ne s’écarta pas, se contentant de s’excuser, de quoi au juste ? D’être dans les couloirs au beau milieu de la nuit, il s’en tapait, s’il y avait bien une personne qui ne lui ferait jamais aucune remarque de ce genre c’était lui.

Non, ce n’était pas ça, c’était d’ailleurs logique que ça ne soit pas ça. C’est vrai, ils ne devaient jamais se retrouver uniquement tous les deux. Et pourtant, à cet instant, il s’en moquait éperdument de ce qu’ils devaient faire, elle n’était pas bien, alors si pour qu’elle aille mieux, il fallait qu’il la tienne dans ses bras, Théo le ferait, même si ce n’était pas prudent, elle semblait se calmer à son contact, bon bien sûr, elle était en train de tremper sa cape de sorcier au passage mais ce n’était pas vraiment un problème. Elle n’avait pas l’intention de venir ? Ses pas l’avaient mené malgré elle ici ? Il souffla doucement « Tu as bien fait de venir. » Oui, comme elle avait l’air d’en douter, autant lui faire comprendre que ça ne posait pas le moindre problème à Théo qu’elle vienne par ici et puis si ça devait se reproduire et bien sa porte serait toujours ouverte pour elle, à toute heure du jour ou de la nuit. Il pencha la tête sur le côté, elle confirmait ce qu’il pensait, que ses nuits étaient remplies de cauchemars, elle ne trouvait pas facilement le sommeil et en prime, elle trouvait le moyen de réveiller ses camarades. Il cherchait une solution à ce problème, réellement mais elle lui coupa l’herbe sous le pied en lui disant qu’elle savait qu’il ne pouvait pas faire grand-chose. Il pouvait être là pour elle, c’était tout ce qu’il pouvait faire et peut être que c’était utile puisque d’elle-même, elle était venue devant sa chambre « Tu seras toujours la bienvenue ici, c’est pas grave si c’est en plein milieu de la nuit, je te tiendrais compagnie jusqu’à ce que ça aille mieux. Je veux pas que tu sois dans cet état et que tu hésites à venir. Si ça va pas tu viens. »

La solution de facilité, c’était encore de rentrer à l’intérieur. Elle n’hésita pas longtemps et le sourire que renvoya Théo était rempli de satisfaction, elle acceptait, vraiment ? Elle confirma par deux fois qu’en effet, c’était ce qu’elle voulait. Théo détacha donc sa main droite du dos de sa camarade pour attraper la clé et ouvrir la porte de son appartement. Il la souleva pour la ramener à l’intérieur. Est-ce que ce n’était pas la plus belle vision au monde que celle de Sélénya chez lui ? Il était intimidé à l’idée qu’elle n’aime pas parce qu’il n’avait rien décoré, c’était incroyablement sobre. « Bienvenue chez moi. » La lâcher aurait été le plus logique, la poser dans le canapé et s’installer à ses côtés mais ça faisait trop longtemps qu’il ne l’avait pas tenu dans ses bras, ça faisait longtemps qu’ils n’avaient pas eu de contact tout simple tous les deux et ça lui manquait, énormément. Bien sûr que maintenant, comme elle savait, elle ne serait surement pas dupe mais c’était trop dur pour lui de la poser comme si de rien était alors que tout ce qu’il voulait s’était la garder contre elle. Alors il faisait un peu durer l’étreinte avant de finalement en arriver à s’insulter lui-même de profiter du fait qu’elle était toute chamboulée, alors oui elle avait des sentiments, il l’avait bien compris, elle aussi devait se battre sans arrêt contre eux et il n’aidait pas mais alors pas du tout à cet instant. Il déposa donc sa camarade sur le canapé avant d’attraper un plaid pour l’en couvrir et ne pas qu’elle attrape froid. « Tu veux boire ou manger un truc ? Je peux faire quelque chose pour que ça aille mieux ? » Est-ce qu’il devait lui dire que dès qu’elle allait mieux il pouvait la ramener ? Non, plus il y réfléchissait et moins cette solution lui convenait, pas qu’il avait envie de la séquestrer mais la ramener déjà c’était le risque de se faire attraper par un professeur et si lui il arrivait très bien à esquiver les rondes, n’ayant pas perdu de son habileté, il doutait en être capable s’il devait porter Sélénya jusqu’à la salle commune des Poufsouffles, parce que oui, elle était pieds nus, fatiguée, il n’allait pas la faire marcher jusque là bas, quand même, un peu de respect pour sa cadette. La solution qui lui paraissait la plus simple c’était celle qu’il lui proposa « Peut être que tu devrais dormir ici. »Il fronça les sourcils « Pas dans le canapé hein, je te prête mon lit, comme ça tu seras tranquille, tu n’auras pas peur de réveiller quelqu’un d’autres, personne ne risquera de te réveiller parce qu’il se lève avant toi. » Il la regarda dans les yeux « Et puis comme ça, si tu fais un autre cauchemar, je serais là pour te tenir compagnie. » Alors, oui la proposition le gênait un peu, parce qu’il avait peur qu’elle le voie réellement comme un profiteur, raison pour laquelle il s’installa sur le canapé mais pas contre elle, ne voulant pas non plus en rajouter une couche. Après tout, le risque qu’elle l’évite était toujours là et devoir revivre un mois à la regarder de loin sans pouvoir l’approcher, ça ne l’emballait pas des masses.

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Sélénya Macmillan
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Mar 7 Mai - 3:04
Si toi tu es près de moi, la nuit fera place au jour
Théoly IV

« Mars 2019»
J’avais la sensation de ne rien connaître de mieux que ses bras. Ce sentiment de bien-être et d’être comme chez moi. D’être à ma place. Comment est-ce qu’on pouvait aller contre ça ? Comment est-ce qu’on pouvait se battre jour après jour contre quelque chose qui paraissait si évident ? Si naturel ? J’aurais aimé pouvoir mettre ce moment sur pause et rester dans ses bras à jamais. Profiter de son odeur et de sa présence réconfortante encore et encore sans jamais arriver à la fin… Je ne m’étais pas rendu compte à quel point j’avais été en manque de lui. J’avais cette sensation d’être une droguée qui venait de replonger et que ça allait être encore plus terrible ensuite. Si j’avais simplement envie de profiter de ce moment en oubliant tous mes problèmes, je me devais tout de même de répondre à Théo et lui expliquer ce que je faisais là. Commençant alors par m’excuser parce qu’après tout je venais d’enfreindre les règles qu’on s’était fixées et je savais que c’était déjà assez difficile ainsi pour chacun, je ne voulais pas les rendre encore pire… Et si j’avais pu penser que venir n’était pas forcément une bonne chose même si j’en avais eu grandement envie, il balaya alors mes craintes d’une simple phrase. Je sentais alors doucement la culpabilité quitter mes épaules. J’avais donc bien fais de venir ? Il ne m’en voulait pas ? Même si j’aurais sans doute pu répondre à la question avec sa façon de m’étreindre contre lui. Ce que c’était bon. Et tandis que je finissais de lui expliquer ce qui se passait tout en sachant très bien qu’il ne pourrait sans doute pas faire grand-chose pour moi, enfin si, il me tenait dans ses bras et cela m’aidait déjà à aller mieux, mais je ne pourrais sans doute pas faire cela toutes les nuits n’est-ce pas ? Il finissait par me répondre et ses mots me faisait chaud au cœur et si je ne me contrôlais pas un minimum sans doute que mes lèvres seraient allées trouver les siennes. Heureusement que mon visage était caché dans le creux de son cou parce que probablement que mes yeux parleraient pour moi en cet instant.

« D’accord. » Murmurais-je alors simplement avant d’ajouter. « Merci beaucoup Théo. » C’était tout ce dont j’étais capable de répondre tant j’étais chamboulée. Tout ce que je pouvais dire si je ne voulais pas laisser transparaître tout l’étendue de mes sentiments dans ma voix. Mais intérieurement je lui en étais tellement reconnaissante et j’espérais qu’il le savait. Quant au fait de rentrer chez lui, était-ce réellement la meilleure idée ? Probablement que non dans le fond, mais pourtant j’avais accepté. Je n’étais pas en état de combattre quoique ce soit cette nuit. J’avais bien trop besoin de sa présence, je voulais pas retrouver les ombres de mes cauchemars, je ne voulais pas me retrouver de nouveau seule. De plus s’il me le proposait c’était qu’il était d’accord avec ça et en avait également envie n’est-ce pas ? S’il me lâchait tout d’abord d’une main pour ouvrir, j’appréhendais le moment où il me lâcherait entièrement pour rentrer à l’intérieur, pourtant ce ne fût pas le cas. Est-ce que c’était aussi dur pour lui que pour moi de s’éloigner ? Je ne rechignais pas à être portée au contraire, je passais mes bras autour de son cou pour l’aider et découvrais alors avec timidité l’intérieur de ses appartements. Mes yeux se posaient un peu partout autour de nous, sans m’attendre à quoique ce soit en particulier, je me sentais tout de même légèrement impressionnée. Est-ce l’endroit où il vivait hors de Poudlard ressemblait à celui-ci ou était-ce totalement différent ? Un léger sourire fit son apparition en l’entendant, malgré les larmes qui avaient été encore la quelques instants auparavant.

« Si j’avais su que je serais si bien accueilli je serais peut-être venue plus tôt. » Soufflais-je contre lui sur un léger ton de plaisanterie. Je profitais de chaque minute, chaque seconde pendant lesquelles Théo me gardait encore un peu dans ses bras. Comme s’il savait que je ne voulais pas les quitter ou encore une fois, peut-être que c’était autant difficile pour lui, mais mon cœur s’emballait davantage avec ce genre de pensées… Etait-ce fou de penser que ça pourrait être le cas ? Pour moi c’était aussi fou que de pensée que mes sentiments puissent être réciproque et pourtant… C’était bel et bien le cas. Mon cœur se gonflait à cette pensée. Mais cette étreinte finissait par prendre fin lorsqu’il me déposait sur le canapé. Alors que je quittais ses bras, je me rendais compte à quel point je pouvais avoir froid. Où étais-ce simplement le fait de ne plus être contre lui ? Un plaid ne tardait pas à venir m’entourer et je m’enroulais dedans même si je ne le trouvais pas aussi réconfortant que les bras de Théo et même si je tentais de le cacher, j’étais presque certaine que ce je voulais devait se lire sur mon visage car je ne le quittais plus du regard. Oui… Tu peux me reprendre dans tes bras avais-je envie de lui répondre… Pourquoi m’avait-il déposée ? Sauf que rien de tout cela ne traversa la fine barrière de mes lèvres. Dans le fond je savais que c’était sans doute raisonnable… J’avais juste l’impression d’être déjà de nouveau en manque alors que ça ne faisait sans doute pas cinq petites minutes qu’il m’avait lâchée…

« Je veux bien un peu d’eau ? S’il te plait. » Finissais-je alors par demander en me rendant tout de même compte que j’avais la gorge et sèche et puis cela me ferais sans doute un peu de bien. Quant à la proposition qui suivit, je devais avouer que je ne l’avais pas vu venir. Si bien que je restais un moment sans réaction quoique peut-être que mon regard c’était, lui, un peu arrondis. Lisait-il dans mes pensées ? Il voulait que je dorme ici ? Chez lui ? Dans son appartement ? Il voulait me garder avec lui ? Je sentais mon cœur s’affoler tandis qu’il reprenait précisant alors qu’il voulait me prêter son lit, ce que je trouvais adorable. La surprise finissait alors par laisser place à un éclat particulier dans mon regard, ce dernier devait s’être mis à briller alors comme c’était noël et qu’il venait de me faire le plus beau des cadeaux. « Je peux rester ? C’est vrai ? » Demandais-je alors afin d’être certaine d’avoir bien compris. Cela allait totalement à l’encontre du fait de ne pas rester seuls, tous les deux… Si je l’avais espéré, si plusieurs fois je m’étais dit que peut-être que la solution à mes cauchemars serait de dormir avec lui, je n’aurais jamais pensé qu’il puisse y songer lui aussi. Enfin pas à dormir avec moi, mais rien qu’à me laisser rester ici pour la nuit. Est-ce que j’aurais par oser le demander ? Je ne savais, mais je devais avouer que je me sentais soulagée. Je ne voulais pas lui demander s’il pensait que c’était raisonnable, j’avais bien trop peur qu’il revienne sur ses paroles pris par une soudaine conscience et puis… Sans doute qu’il y avait déjà pensé n’est-ce pas ?

« Merci… » Murmurais-je alors un instant avant d’ajouter… « Merci de toujours être là pour moi. » Oui d’accord, il me l’avait toujours promis, mais tout le monde ne tenait pas toujours leurs promesses après tout. Lui si… Et je reconnaissais la chance que je pouvais avoir. Tremblant légèrement, mon regard se perdait un instant dans un coin vide de la pièce et finalement lorsque je posais mon regard de nouveau sur Théo, je n’y tenais plus et finissais par demander ce dont j’avais tant envie. « Tu me reprendrais dans tes bras ? » Pas parce que j’avais envie de profiter de la situation, ce n’était pas un caprice, ce n’était pas pour assouvir un désir… J’avais juste… Besoin de lui pour aller mieux, j’avais besoin qu’il mette du baume sur mes plaies comme il savait si bien le faire. J’avais besoin qu’il m’entoure de sa chaleur, me berce avec ses mots, apaise mes craintes et fasse fuir les mauvaises images qui menaçaient d’envahir mon esprit chaque fois que je tenterais de fermer les yeux à nouveau. Oublier pour un soir la frustration de ne pas l’avoir contre moi et la nostalgie du temps où tout était encore si simple entre nous…
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Théo Greengrass
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Jeu 9 Mai - 18:51
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Le choix de venir travailler ici avait été le bon, pas pour le salaire, pas pour les opportunités de carrière mais pour le côté humain. Quand il voyait l’état de Sélénya ce soir, plus aucun doute ne subsistait, il avait toutes les raisons du monde d’être satisfait par le choix qu’il avait fait, elle se détendait tout doucement contre lui et il était persuadé qu’elle aurait eu beaucoup plus de mal à se remettre s’il n’avait pas été là. Et puisqu’il était présent, autant en profiter, oui ça allait à l’encontre des règles qu’eux deux avaient plus ou moins décidés – enfin, c’est surtout qu’ils n’avaient pas de multitudes d’options – sauf que s’il était en mesure de pouvoir l’aider par sa présence, que l’esprit de Sélénya semblait s’apaiser lorsque Théo était là, au diable les règles. Il ne tenait qu’à l’infirmier de savoir où s’arrêtait la thérapie et où débutait l’interdit. Bon, ce n’était malheureusement pas si évident, c’était étroitement mêlé, mais il allait se débrouiller. Le principal était que les yeux de Sélénya ne soient pas inondés de larmes, qu’elle puisse se rendormir et prendre un peu de repos, elle en avait besoin, bien besoin, d’où la proposition de l’infirmier quant au fait qu’elle vienne si ça n’allait pas. Il savait que ça serait compliqué néanmoins, parce que sans témoin, il serait tellement facile de laisser parler leur envie mutuelle, ils seraient les seuls détenteurs de ce secret et n’auraient aucune raison de vendre la mèche. Il fallait donc réussir à ignorer cette envie pour ne se concentrer que sur le bien être de Sélénya, c’était un matraquage mental perpétuel, c’était épuisant, mais nécessaire pour pouvoir se regarder dans le miroir tous les matins.

Puisqu’il la portait, et qu’elle avait passé ses bras autour de lui afin d’être le plus stable possible, il eut tout le loisir de la regarder pendant qu’elle observait les alentours, est ce que ça lui plaisait ? Il n’y avait aucun jugement dans son regard, c’était dur à savoir et même si ça l’intéressait, il ne posa aucune question, il ne fallait pas commencer à discuter de cela, ils devaient continuer à avoir une relation normale et parler décoration ensemble, demander son avis à la demoiselle, cela ne serait pas normale. En revanche, lui souhaiter la bienvenue, ce n’était pas une mauvaise chose, il espérait en tout cas, il ne pouvait pas penser à tout en même temps, il réfléchissait déjà bien assez pour rendre les choses le plus facile pour eux deux, ce qui n’était pas un franc succès vu que ça ne faisait que le frustrer encore plus. Il lui adressa un sourire complice avant de plaisanter à son tour « C’est sûr que c’est plus accueillant de l’infirmerie et il  y a moins de passages ici. » Encore heureux en même temps, purée si tout le monde entrait chez lui comme dans un moulin, ça aurait vite tendance à agacer le sorcier. Et puis, même si ce n’était pas très bien de se dire ça et qu’il le savait, il devait reconnaître qu’il serait ravi si elle revenait, même si ça allait à l’encontre des règles fixées, et pour qu’elle revienne, il fallait qu’elle soit bien accueillie. Il se rassurait en se disant qu’il aurait sûrement fait ça pour n’importe quel étudiant retrouvé en larmes devant sa porte, bon après… il n’aurait pas non plus eu envie d’embrasser toutes les étudiantes, ça c’était que Sélénya qui lui donnait ces envies.

Il l’observa tandis qu’elle s’emmitouflait dans le plaid qu’il lui avait donné, tout compte fait, c’était peut être ça la plus belle vision, la voir dans un plaid lever le regard vers lui avec tout un panel d’émotions dans ses yeux. C’était compliqué d’avoir des distances de sécurités lorsqu’elle le regardait comme ça, lui aussi avait envie de la tenir contre lui mais il fallait faire des efforts, raison pour laquelle il lui demanda ce qu’elle voulait, s’écarter de son regard, ne plus être sous l’emprise de sa personne, être occupé à quelque chose d’autres. Elle l’aida, heureusement sinon ça aurait été très compliqué, en lui demandant un peu d’eau, ça c’était dans ses cordes, il fila donc vers le robinet, remplissant un verre avant de le lui ramener et de lui proposer de rester… par pur professionnalisme bien sûr, ça aurait été une grave erreur que de laisser une demoiselle retourner dans son dortoir alors qu’elle avait des cauchemars aussi violents. Théo essayait de s’en convaincre en tout cas. Dans sa tête, ce n’était pas grand-chose de partager cet endroit avec elle, perdre son lit pour une nuit, ça n’avait rien de trop compliqué, alors comment ça pouvait faire autant plaisir à Sélénya. Il avait l’impression qu’il venait de lui faire le plus beau des cadeaux et pourtant, vraiment, ça n’était pas grand-chose. Il hocha la tête rapidement pour confirmer qu’il était sérieux la première fois lorsqu’il lui avait proposé, ce n’était pas une proposition faîte sur un coup de tête, enfin si, mais il n’avait pas l’intention de revenir dessus, essayant de ne pas trop penser au fait que si ça se savait, tout le monde le jugerait et songerait que ce serait pour se la faire. Il n’en ferait rien, il la respectait beaucoup trop pour ne serait ce que tenter un rapprochement, ce n’était pas le moment, ça ne le serait d’ailleurs jamais, là, il voulait juste jouer son rôle d’ami.

Son cœur se gonfla de joie en l’entendant dire merci, pour lui, c’était normal d’être là pour elle, même s’ils n’étaient pas du même sang, il la considérait comme un membre de sa famille et la loyauté de Théo envers sa famille n’était plus à prouver.  Il ne savait pas comment répondre à cette phrase, son regard pétillant juste d’une joie intense avec cette sensation qu’il était à sa place à ses côtés et que tant qu’elle voudrait bien de sa présence à ses côtés, il serait là, parce qu’il n’avait aucune raison d’être ailleurs, aucune raison de lui tourner le dos alors qu’elle avait besoin d’aide et même s’il n’était pas le seul sorcier à pouvoir venir en aide à Sélénya sur cette terre, il était une des seules présentes à Poudlard, autant respecter sa promesse et, il est vrai que ça leur permettait d’être ensemble sans trop se poser de questions et sans que les autres ne s’en posent trop… c’était profitable à Théo.

Il l’observait tandis qu’elle tremblait, ne sachant pas tellement comment agir, il y a de cela quelques semaines, il ne se serait même pas posé la question et serait venu l’attraper pour la réchauffer, ça se serait fait tout naturellement. Là, il en était incapable, ce n’est pas que l’envie lui manquait, il aurait été ravi de se coller à elle, de sentir son corps contre le sien et d’essayer de lui transmettre sa chaleur. Sauf que maintenant, elle savait, il aurait beau lui dire qu’il n’avait pas d’arrières pensées, elle pouvait se poser des questions, alors il hésitait, devait-il aller chercher une autre couverture, lui proposer d’aller se coucher ? Il ne savait pas, il ne savait plus comment se comporter avec elle, perturbé par ses sentiments. Finalement, la solution, ce fut elle qui la lui donna, elle l’observait, arrivait-elle à lire tout le dilemme dans l’esprit de Théo où leurs pensées étaient-elles connectées ? Dans tous les cas, elle lui posa une question qui balaya toutes les interrogations, tous les doutes, du jeune homme. Si ça venait d’elle, tout de suite ça passait beaucoup mieux, elle avait besoin de sa chaleur, elle aurait tout aussi bien pu lui demander une autre couverture mais non, c’était sa présence qu’elle réclamait. Il se rapprocha donc d’elle pour la prendre dans ses bras, se débrouillant pour arriver à la caler entre ses jambes. « Tu es confortablement installée ? » Foutu, pour foutu, il laissa doucement glisser sa main droite jusqu’à celle de Sélénya pour s’en emparer, reprenant leurs vieilles habitudes, essayant de la rassurer par des gestes qui lui étaient familiers, essayant d’ignorer la culpabilité qui l’envahissait. Il fallait qu’il les fasse penser à autre chose, elle pour l’empêcher de ressasser ce cauchemar, lui pour éviter de se maudire. « Il y a pas longtemps j’ai entendu parler de toi, Les Poursuiveurs de Gryffondor ronchonnaient que tu ne laissais rentrer aucun souaffle dans tes buts. Dis donc mademoiselle Macmillan, si tu pouvais éviter de ridiculiser mon ancienne maison, je t’en serais reconnaissant. » Un sourire bienveillant se dessina sur ses lèvres, il n’en pensait pas un mot et avait dû se retenir, ce jour-là, de se mêler à la conversation pour complimenter la gardienne de Poufsouffle. Est-ce que ça fonctionnait, est ce que parler d’autre choses allait l’aider à détacher son esprit de ses cauchemars, avec un peu de chance, elle s’endormirait dans ses bras et il n’aurait qu’à la mettre au lit.

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Sélénya Macmillan
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Sam 11 Mai - 0:38
Si toi tu es près de moi, la nuit fera place au jour
Théoly IV

« Mars 2019»
Découvrir l’endroit où il vivait à l’université de Poudlard lorsqu’il n’était pas à l’infirmerie, je devais bien avouer que cela faisait quelque temps que ça me travaillait sans que j’ose réellement venir frapper à sa porte. En même temps, les appartements du personnel de Poudlard n’étaient pas vraiment un endroit ou un élève avait le droit de mettre les pieds sans une bonne raison. Est-ce que je l’avais ce soir, la bonne raison ? Tout ce que je savais c’était que j’avais eu besoin de venir. La preuve mes pieds m’avaient conduit ici sans que je le veuille vraiment. Mon inconscient avait donc décider que l’air frais de dehors ne suffirait pas et sans doute qu’il avait raison. Si j’avais eu peur de le déranger et de le réveiller en pleine nuit, il n’en était rien finalement puisque lui aussi était dans les couloirs. En pleine ronde ? Je ne savais pas vraiment et dans le fond, ce qui comptait, c’était cet instant. Juste être dans ses bras c’était tout ce dont j’avais besoin. Tandis qu’il m’accueillait chez lui, je lâchais une légère plaisanterie, qui dans le fond laissait transparaitre une vérité. Oui j’aurais aimé venir plus tôt. Mais je n’osais pas l’avouer et sa réponse me fit doucement sourire en retour. Il valait peut-être mieux pour lui qu’il y a moins de passage n’est-ce pas ? Sinon il ne pourrait pas vraiment se reposer comme il le désirait…

Si j’étais heureuse parce que j’étais dans ses bras et que je ne souhaitais rien d’autre, ce fût pourtant de courte durée puisque je finissais par me retrouver sur son canapé et un plaid venir me recouvrir à la place de ses bras, sauf que ce n’était pas vraiment la même chose… Cela ne comblait pas le vide que je pouvais ressentir, cela ne me réchauffait pas plus que cela et j’avais du mal à ne pas montrer les émotions qui m’envahissaient, cette envie de l’avoir près de moi devait se lire sur mon visage, mais j’étais bien trop épuisée pour me battre contre cette dernière. Je lui demandais un peu d’eau lorsqu’il me demandait si je voulais quelque chose et ne tardais pas à en boire quelques gorgées avant de reposer le verre. Heureusement que je l’avais posé d’ailleurs, car il aurait été dommage que je le renverse sous la surprise que la question de Théo m’avait provoquée. Je ne sais pas à quoi je m’étais attendu… Peut-être à ce qu’une fois que j’irais mieux, enfin… Ce n’était pas gagné, mais je m’étais attendu à ce qu’il finisse par me raccompagner. Et pas du tout au fait qu’il me propose de rester. A croire qu’il avait de pouvoir de lire dans mes pensées ? Mais j’espérais bien que non… Pas parce que j’avais des choses à lui cacher, mais parce qu’il aurait accès à tout l’étendue de mes sentiments pour lui et cela lui rendrait certainement la tâche encore bien plus compliquée qu’elle ne l’était.

Lorsque je le vis acquiescer d’un signe de tête tandis que je lui demandais sa proposition était réelle, je sentais mon cœur se gonfler dans ma poitrine et je n’avais pas mis longtemps à accepter, il fallait être folle pour refuser d’ailleurs… Soulagée, je l’avais alors tout simplement remercié. J’avais cette impression de souvent le faire avec Théo, mais je lui devais tellement… Il était toujours là pour moi. J’espérais que si un jour, lui avait besoin de moi, j’espérais pouvoir être présente à mon tour et lui rendre tout ce que lui a pu m’apporter dans ma vie. N’y tenant plus, je finissais alors par craquer et lui demander s’il voulait bien me reprendre dans ses bras. Bien, ou mal… En cet instant je ne me posais pas de question, j’en avais juste besoin. Je n’avais aucune arrière-pensée, une partie au fond de moi espérait qu’il le savait. Je ne lui demandais pas une telle chose pour profiter de quoique ce soit de lui… Je ne me le permettrais pas. Si pendant quelques secondes je m’étais demandée s’il allait accepter, sa réaction finalement ne se fit pas attendre et en plongeant mon regard dans le sien j’avais cette sensation d’avoir résolu un dilemme qu’il semblait avoir en tête. Alors qu’il se rapprochait de moi je sentais déjà ce courant passer de mon corps jusqu’au sien et encore une fois me retrouver contre lui me semblait être la meilleure chose au monde qui puisse exister. Alors qu’il m’installait contre lui, mon corps semblait trouver sa place sans avoir à réfléchir, c’était instinctif, comme si mon corps était fait pour être contre le sien. Recroquevillée contre lui, toujours enroulée dans le plaid, ce n’est qu’une fois que ma tête venait reposer contre son torse que je répondais…

« C’est parfait. » Lui, ses bras, cet instant, sa main venant chercher la mienne. Tout. Je n’avais pas besoin de plus pour me sentir mieux, pour être heureuse. Juste besoin de ses bras et dormir aussi… Je devais bien l’avouer, ses bras malheureusement ne me rendais pas le sommeil dont je manquais. Mais ils étaient réconfortant, doux et fort à la fois… Mes doigts venaient se lier aux siens tandis que je me rappelais alors de la dernière fois qu’il m’avait tenu la main à l’auberge… Et cette question… Est-ce que rien n’avait changé ? J’aimerais tellement croire qu’il ait raison… Mais ce soir j’en avais tellement besoin que je refusais de me poser la moindre question. J’avais cette impression de retour aux sources et cela me faisait du bien. Pourtant je n’osais pas encore fermer les yeux, car dès que je le faisais des images de mes cauchemars revenaient. Doucement je calquais ma respiration à la sienne, ce fût sa voix qui me tirait de mes pensées. En l’entendant, un sourire s’échappait de mes lèvres. Oh alors mes exploits lui revenaient jusqu’à ses oreilles ? Un léger rire s’échappait malgré moi avant que je ne prenne la parole.

« Je n’y suis pour rien. » Lâchais-je en faignant l’innocence. « Mais peut-être qu’eux aussi auraient besoin que tu les aides à mieux viser ? » Taquinais-je légèrement. Je n’oubliais pas que mon retour dans l’équipe, je le devais aussi à lui. Parce qu’il m’avait aidé, m’avait soutenue aussi dans mon idée de reprendre le quidditch sans même savoir si j’en serais capable. Je redressais alors la tête, sur mon visage, il y avait ce petit sourire satisfait. Je n’étais pas du genre à manquer de modestie, ni à me vanter. Mais il en avait entendu parler et je devais avouer que j’étais tout de même assez fière de moi pour mes prouesses au quidditch et ce match en particulier, je devais avouer que j’avais été en forme ce jour-là et au moins les Gryffondor étaient beaucoup plus fairplay que les Serpentard. « Au moins cette fois je n’ai pas fini à l’infirmerie. » Ajoutais-je alors en me rappelant cette fameuse fois où on m’y avait emmené après une mauvaise chute. Je ne m’en rendais pas compte parce que j’étais concentrée sur notre conversation, mais mon corps était doucement en train de se détendre, je ne m’étais rarement sentie aussi bien. Je sentais sa chaleur m’envelopper et déjà je ne tremblais plus. « D’ailleurs, as-tu réussi alors ? » Demandais-je avant de me rendre compte que mes pensées avaient été plus vite que mes paroles et qu’il devait se demander de quoi est-ce que je parlais. « A rendre le goût de tes potions meilleurs ? » Disais-je en marquant une pause. « Tu sais histoire que je sache si je peux revenir faire un tour à l’infirmerie sans risquer d’être empoisonnée. » Lançais-je alors avec un sourire qui se faisait déjà légèrement plus grand. Oui je le cherchais un peux je devais bien l’avouer, mais cela faisait aussi bien longtemps que nous avions pas passé un moment simple comme celui-ci et j’en savourais chaque seconde…

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Théo Greengrass
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Mar 14 Mai - 0:33
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Tous les efforts qu’il faisait depuis le deux février venaient de voler en éclat. Il avait essayé tant bien que mal de refouler au fond, tout au fond, de lui ses sentiments, ignorant ses envies de lui prendre la main, essayant d’éviter que son regard ne soit trop expressif, essayant de faire en sorte que leurs sentiments se tarissent pour que ça soit tout simplement vivable pour l’un et pour l’autre. Cela n’avait finalement servi à rien puisqu’à l’instant où elle se retrouvait contre lui, sa tête venant se poser contre son torse, son esprit ne faisait que lui injecter que c’était ce qu’il voulait pour la suite. Rien de plus, rien de moins, c’était juste elle qu’il voulait. Son cœur tambourinait dans sa poitrine, se satisfaisant de ce contact pourtant tout simple. Est-ce que c’était innocent pour lui ? Il n’en était pas tellement certain. Il était là pour elle, c’était sûrement ce qu’il fallait retenir. Elle était bien contre lui, parfaitement bien installée s’il en croyait ce qu’elle disait. Et il y avait ce contact, ce contact qui n’avait plus le droit d’exister et qui pourtant était de nouveau présent, leurs deux mains liées. Il avait beau savoir que ce n’était pas une bonne chose en temps normal, c’était tellement naturel, un geste presque instinctif et vu la vitesse à laquelle Sélénya avait lié leurs doigts, ce geste était toujours utile, plaisant peut être même, pour elle. Combien de temps derrière pour se remettre de cette soirée. Une fois que la nuit se serait envolée, que le retour à la réalité serait là, combien d’heures à devoir faire le deuil de ce moment où tout avait été si simple entre eux, où il avait le droit de baisser la tête pour effleurer la sienne, où sa culpabilité le laissait en paix pour simplement être présent auprès de quelqu’un à qui il tenait, plus que de raison.

En attendant qu’elle s’endorme, il pouvait toujours parler, essayant d’effacer par ses mots les cauchemars de la demoiselle. Un sujet simple qui eut au moins le mérite de la faire rigoler quelques secondes. Il fit mine de s’étouffer lorsqu’elle prétendit qu’elle n’y était pour rien, c’est ça c’était la faute du balai, c’est lui qui faisait tout le travail, mais il ne rétorqua rien malgré l’innocence complètement foireuse de son amie. Il écarta la tête de la sienne pour la regarder, un peu surprit en l’entendant dire qu’il pourrait leur filer un coup de mains. Il l’avait aidé juste à reprendre confiance en elle, il avait passé du temps à lui envoyer des balles parce qu’il s’était dit que ça l’aidait à penser à autre chose qu’à son enfermement, il était bien incapable d’aider qui que ce soit à s’améliorer. Et puis, même sans ça, il avait fait cela uniquement parce que c’était une amie à l’époque, ne se prétendait pas être bon, surtout qu’il ne jouait pas spécialement souvent. Ce serait donc ridicule et pour l’équipe Gryffondor, et pour lui. Non, vraiment s’ils voulaient battre Sélénya, ce serait sans lui. C’est donc plein de sincérité qu’il répondit une fois qu’elle le regarda, avec son petit air très fier d’elle-même, elle pouvait l’être d’ailleurs. « Je ne vais certainement pas aider des Gryffondors, je sais comment tu joues, ce serait déloyal. Ils connaitraient toutes les astuces que j’utilise pour te marquer des buts. Moi je veux pas de problèmes avec la gardienne des Poufsouffles derrière si elle n’est plus capable d’arrêter le moindre souaffle parce que j’aurais donné de trop bonnes astuces. » Oui, sur la fin il était assez moqueur parce que ce n’était pas vraiment ce qui se passait lorsqu’ils étaient sur un terrain, elle était bel et bien capable d’arrêter des souaffles, mais c’était amusant de faire le prétentieux et puis, ça ne devait pas être très crédible au vu du sourire sur le visage de l’infirmier.

C’est un hochement de tête qui accompagna les propos suivants de Sélénya, oui, elle n’avait pas fini à l’infirmerie, ça il l’aurait remarqué tout de même et c’était pas plus mal. Au bout d’un moment, si toutes les maisons s’acharnaient sur Sélénya, ça aurait prodigieusement agacé Théo et puis les Gryffondors étaient forcément des bons joueurs voyons, c’était la meilleure maison du monde. Aucun risque qu’ils s’en prennent à Sélénya parce qu’elle était douée.  A la question suivante, il la regarda sans comprendre, qu’est-ce qu’il avait réussi ? Il était censé réussir quelque chose ? Elle reprit la parole et il sourit, s’apprêtant à répondre, sauf qu’elle lui coupa l’herbe sous le pied le taquinant sans qu’il n’ait eu le temps de dire le moindre mot. Il s’empressa d’aller dans son sens « Les deux personnes qui sont mortes suite à l’ingestion de mes nouvelles potions n’ont pas eu l’air de se plaindre du goût. » Ah, lui aussi était plus que capable de l’embêter et de se payer sa tronche. Et pourtant, en réalité, il passait toujours pas mal de son temps libre sur ces potions et leur goût. Il avait beau espérer qu’elle n’ait jamais besoin de venir à l’infirmerie pour se faire soigner, quand elle viendrait, il serait prêt. Pourtant, ce n’était pas quelque chose qu’il étalait, essayant juste de faire de son mieux, espérant que ça fonctionnerait. S’il savait pourquoi il faisait cela, il était en aucun cas capable de le dire à haute voix.

En l’observant, il pouvait constater qu’elle avait l’air plus en forme que lorsqu’elle était arrivée, moins paniqué et puisqu’il la tenait toujours contre lui, il pouvait sentir son cœur battre beaucoup plus calmement. Sa mission était donc parfaitement réussie, il avait réussi à l’apaiser. Et même si personnellement, l’infirmier aurait pu rester pendant des heures à juste la câliner et parler avec elle, il n’oubliait pas qu’elle était fatiguée, que ses envies à lui n’avaient même pas à être pris en compte, elle était sa priorité « Tu veux aller te coucher ou tu veux rester encore un peu comme ça ? » Il essayait d’avoir l’air le plus détaché possible mais son rythme cardiaque venait de s’intensifier à l’idée que ça allait bientôt être fini, que leur parenthèse, aussi sympathique soit elle pour l’un et pour l’autre, parce qu’il ne doutait même pas du fait que c’était certainement agréable pour Sélénya aussi, le problème des sentiments réciproques, tout cela devait se terminer. Et pourtant, il avait d’enfouir son nez dans le cou de sa camarade, il avait envie que ce moment dure éternellement. Il voulait vivre dans l’illusion, encore un instant que tout était parfaitement normal entre eux, que c’était autorisé tout ça.

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Dim 19 Mai - 1:56
Si toi tu es près de moi, la nuit fera place au jour
Théoly IV

« Mars 2019»
Si je détestais mes cauchemars, si je détestais toutes ces nuits passer à la recherche d’un sommeil réparateur, si je détestais ce qui m’étais arrivé, les moldus et tout ce que je pouvais ressentir de tout ça depuis trois ans… Je devais tout de même admettre que retrouver les bras de Théo chaque fois que ça n’allait pas était sans doute la plus belle chose que je pouvais ressortir de tout ça. Peut-être que ce n’était pas ce que je devrais pensée… Certainement pas d’ailleurs… Pourtant son réconfort m’était d’un grand soutient. Contre lui je ne réfléchissais plus, contre lui, les ombres s’en allaient, les cauchemars s’éloignaient et mon esprit semblait s’apaiser. Comment se tenir éloignés l’un de l’autre alors que c’était si simple d’être l’un contre l’autre ? Aussi naturel… Dire que je me retenais depuis des semaines et qu’il m’avait suffi d’une soirée pour flancher. J’appréhendais le moment où il me faudrait quitter ses bras. J’en avais eu un aperçu lorsqu’il m’avait déposée sur le canapé et c’était éloigné… Ce froid qui m’avait alors envahi, ce manque qui s’était créer quasiment instantanément… Bon sang… Je savais que plus je me tiendrais proche de lui et pire se serait ensuite… Mais ses bras, là tout de suite, j’en avais besoin. J’aimais me sentir entourée ainsi comme c’était le cas en ce moment, j’avais cette impression qu’il ne pouvait rien exister de mieux au monde et je trouvais ça injuste que le monde nous prive de cette sensation, de ce droit d’être ensemble, de ce droit de s’aimer… Je gardais évidemment toutes ces pensées pour moi… Parce que je n’avais pas le droit de les partager, parce que ça serait nous faire du mal, lui faire du mal et cette pensée m’insupportais. Fort heureusement je n’avais pas forcément besoin de beaucoup réfléchir pour penser à autre chose. Théo amenait un sujet léger sur le tapis. Encore une fois, il était parfait comme toujours. Evidemment, malgré les sombres raisons qui m’ont menées jusqu’ici je réponds à sa plaisanterie. Pourtant au lieu d’être amusé, c’était surtout de la sincérité qui émanait de lui lorsqu’il me répondait. Je finissais tout de même par sourire en secouant doucement la tête. Déloyal ? Marquer des buts ? Il m’arrachait même un gloussement au passage.

« Oh… Aurais-tu peur de la petite gardienne Poufsouffle ? » Demandais-je en plissant un instant les yeux tout en cherchant son regard à lui totalement amusée. « Mais je te suis quand même reconnaissante de garder mes petits secrets. » Lâchais-je alors accompagné d’un petit clin d’œil. Evidemment, nous savions tous les deux que j’arrêtais beaucoup plus de souaffle que lui ne mettait des buts, mais aucun de nous deux n’avaient besoin de le préciser, tout se passait par le regard, nous nous comprenions si bien… Et puis il m’avait tout de même beaucoup aidé, cela n’enlevait en rien tout le travail qu’il avait réalisé pour moi. Cette confiance en moi qu’il avait su insuffler en moi de nouveau. Sans lui je n’aurais peut-être pas repris le Quidditch et pourtant ce sport était tellement important pour moi. Je continuais sur la même note de plaisanterie sur laquelle avait commencé cette discussion en venant par la suite le taquiner à propos de ces fameuses potions qu’il préparait rien que pour moi. Et pourtant, même si j’en plaisantais, dans le fond j’étais réellement touchée de cette petite attention pour moi. A sa réponse, mon regard se mis à pétiller, si on pouvait lui reconnaître une chose, c’était la facilité avec laquelle il me faisait pensée à autre chose, la rapidité avec laquelle il me redonnait le sourire et arrivait à me calmer. On avait du mal à croire que quelques instants plus tôt j’étais totalement terrifiée devant la porte de ses appartements et à présent j’étais détendu dans le creux de ses bras.

« Et bien… Si personne n’est venue se plaindre, peut-être qu’il y a du progrès ! » Lançais-je avec un faux enthousiasme pour répondre à sa moquerie. Riant légèrement, mon regard se perdait dans le sien quelques instants, j’aimais cet instant si simple qui ressemblait tant à ceux d’avant… Avait-il raison dans le fond ? Pouvions-nous y arriver aussi simplement ? Pouvions-nous réellement continuer comme si de rien n’était tout en gardant notre complicité et notre proximité intacte ? Là en cet instant en tout cas, j’aimerais beaucoup y croire… Et tandis que je savourais chaque minute de cet instant, Théo finissait tout de même par poser la question que j’appréhendais. Est-ce que je voulais aller me coucher ? Oui… Parce que j’étais fatiguée. Non parce que j’avais bien trop peur de fermé les yeux et surtout, par-dessus tout, j’étais trop bien là. J’étais bien dans ses bras et je ne voulais rien de plus… Était-ce égoïste de vouloir rester là ? Était-ce difficile pour lui ? Je tentais d’obtenir les réponses dans son regard, mais Théo n’était pas toujours forcément facile à déchiffrer au niveau de ses émotions… Est-ce que je pouvais lui poser la question qui me brûlais les lèvres ? Je craignais sa réponse, parce que quelque part c’était sans doute franchir une limite et je n’étais pas certaine qu’il soit d’accord… Me mordillant un instant la lèvre, j’avais perdu cet éclat qui brillait dans le regard et mon air amusé avait laissé place à un peu plus de sérieux…

« J’ai peur de dormir… » Chuchotais-je alors tout bas, mais j’étais si proche de son oreille que je savais qu’il m’entendait parfaitement bien. « Là ça va, parce que tu es là. » Ajoutais-je avant de reprendre. « Mais sinon dès que je ferme les yeux je… » Un frisson me secouait légèrement et je collais un peu plus à lui ce que je ne pensais pas possible pourtant tant j’étais déjà proche. Je baissais le regard un instant n’osant pas le regarder dans les yeux tout à coup. Je m’éclaircissais alors la voix. « Je… Je sais que l’idée est sans doute un peu… » Folle ? Mauvaise ? Je ne savais même pas quel adjectif choisir et ne finissais finalement pas ma phrase, redressant simplement mon visage, mon regard allait chercher le sien. « Tu dormirais avec moi ? S’il te plait… Je… Je me tiendrais tranquille promis, je n’ai pas d’idée derrière la tête je… Je veux juste pouvoir fermer les yeux sans avoir toutes ses images, pouvoir dormir, réellement, pour de vrai et je… J’ai l’impression qu’avec toi ce serait possible… » Finissais-je par déclarer tandis que je me sentais légèrement rougir, et merde… Je baissais de nouveau les yeux, j’avais parlé plutôt rapidement, cafouillant quelques fois tant j’appréhendais sa réponse. S’il disait non, je serais forcément un peu déçu mais, probablement que je comprendrais, mais cela ne changerait rien à mon problème… Je me donnais quelques heures pour pouvoir m’endormir et une simple demie heure de sommeil avant de me réveiller de nouveau… Lui avait peut-être en possession la clé pour calmer au moins un peu tous ces cauchemars… Evidemment je ne voulais pas me servir de lui, ce n’était pas ainsi que je voyais les choses, mais juste une nuit, une simple nuit ou je pourrais peut-être enfin connaître un peu de calme, c’était tout ce que je demandais… Et avec sa façon de me calmer aussi rapidement, je me disais que mon idée n’était peut-être pas aussi bête que cela…

(c) DΛNDELION


     
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Théo Greengrass
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Mar 21 Mai - 16:51
Tout s'éclairera puisque tu es là
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Pas si compliqué de la faire sourire et de l’inviter à songer à des choses positives. Pourtant, vu l’état dans lequel elle était arrivée, vu les larmes versées sur les habits de Théo, cela n’était pas gagné d’avance. Mais il savait aussi que la faire songer à autre chose était sûrement bien plus bénéfique que de lui demander de raconter son cauchemar. Il n’avait pas eu de vocation psychomage, d’ailleurs ça ne l’avait jamais spécialement intéressé les problèmes des gens, d’après lui sa famille avait bien assez de problèmes comme ça pour qu’il aille se mêler en plus de ceux des autres. C’était totalement différent avec Sélénya parce qu’il n’était pas là en tant que professionnel de santé, alors oui ça pouvait être utile aussi, ça avait été sûrement utile à de nombreuses reprises pour la demoiselle, voire même pour leur relation. Cependant, il était là en tant que proche, ses problèmes bien sûr que ça l’embêtait et qu’il en parlait avec elle quelquefois, cherchant à connaître les améliorations mais ce n’était pas là son but principal.

Lui ce qu’il voulait, c’était lui rappeler les côtés positifs, la faire s’évader hors de ses pensées négatives, hors de ce cauchemar qui l’avait traumatisé bien assez pour qu’elle en arrive à la conclusion que venir ici était la meilleure chose à faire, quand bien même ils s’étaient mis plus ou moins d’accord sur le fait que se retrouver seuls tous les deux étaient une des pires choses à faire.  C’était d’ailleurs ultra contradictoire avec le fait que cette proximité était la chose qui semblait la calmer. Comment trouver le juste milieu entre ne surtout pas nourrir leurs sentiments respectifs et en même temps lui venir en aide ? Il n’avait pas la réponse, n’avait pas envie de se pencher sur la question, ça viendrait, bien sûr, il faudrait y réfléchir mais pas maintenant, pas ce soir. Ce soir, ils faisaient comme si tout était normal entre eux, ce soir, ils parlaient Quidditch et ça avait au moins le mérite de la faire rigoler et de l’inviter à taquiner l’infirmier. Il gonfla la poitrine dans une fausse bouffée d’orgueil, arrivant même à feindre la vexation « J’ai peur de rien moi ! » Les yeux brillants d’amusement, il plaisanta néanmoins, partant à l’opposé de sa première phrase « Mais tu te verrais sur un balai, on sent que si on te met un souaffle de trop dans tes cerceaux, c’est la fin du monde. » Il ne lui fit cependant pas l’affront de prétexter qu’il faisait exprès d’éviter de lui marquer des buts, ce n’était pas le cas. A la limite s’il fallait être de mauvaise foi, il aurait pu prétendre qu’il avait repris après plus d’années de pauses qu’elle mais ce ne serait pas très juste. Déjà parce que physiquement, ça n’avait pas été l’éclate pour Sélénya au début, que ce serait la replonger sur ces années d’enfermement – ce qu’il ne voulait surtout pas –. Mais surtout, la vraie raison pour laquelle les balles ne passaient pas toujours -pas souvent même- c’est qu’elle était bonne, tout simplement.

Son clin d’œil voulait dire bien plus qu’une fausse reconnaissance pour des secrets sur elle qu’il n’avait pas, c’était surtout de la complicité qu’on pouvait lire dans leurs deux regards. C’était d’ailleurs cette complicité qui les avait emmenés tous deux sur un terrain et c’était quelque chose qui avait appartenu à eux seuls et ça avait été une véritable bouffée d’oxygène. D’ailleurs ça avait dû contribuer à cette naissance réciproque de sentiments. Il fit mine d’être solennel, même si pour ça il fallait se retenir de rigoler, pour lui dire « Il faudrait me payer excessivement cher pour que je trahisse la petite gardienne Poufsouffle, trop peur qu’elle se venge et qu’elle révèle aux gens que je n’arrive pas toujours à lui mettre des buts. » En réalité, même si on lui donnait monts et merveilles, il ne le ferait pas, la confiance de Sélénya était beaucoup plus importante mais ça, il n’avait pas besoin de le dire, son regard était criant de vérité. Sa loyauté n’était pas à acheter, elle ne l’avait jamais été et ne le serait jamais.

Et au-delà de cette loyauté, il y avait aussi le fait que quitte à jouer avec une équipe à Poudlard, même s’il était un Gryffondor, qu’il aimait son ancienne maison, il préférerait jouer avec les Poufsouffle. Non pas qu’il se sente plus proche des valeurs de cette maison, plutôt qu’il y avait Sely dans l’histoire et que ce serait plus plaisant pour lui de jouer là où elle était, même si bien sûr, ça n’arriverait pas. Elle avait des coéquipiers maintenant et aucune excuse n’expliquerait qu’ils se retrouvent ensemble sur un terrain, que tous les deux. Non, il faut croire que le seul endroit où il était logique qu’ils se retrouvent, c’était pour des raisons médicales à l’infirmerie… ou ici… comme ce soir mais quelque chose soufflait à Théo que ça ne devait pas devenir une habitude afin d’éviter que ça ne dérape entre eux. C'est ce qu'aucun des deux voulait n'est-ce pas ? Il ne fallait pas aller plus loin.

En parlant de raisons médicales, il y avait le sujet des potions. Potions qu’elle trouvait, à juste titre, pas des plus agréables à boire. Passer son temps à travailler là-dessus, voilà quelque chose que Théo n’aurait jamais cru possible. Quand jeune adolescent, il imaginait son futur, ça n’était certainement pas faire des potions qui l’amusait beaucoup et qui développait son imagination. Ce n’était pas le professeur en lui-même qui était un problème que ce soit Rogue ou Slughorn ou l’autre d’après mais on le connaît pas donc on en parle pas, les professeurs savaient rendre les cours intéressants pour qui avait à cœur de s’y intéresser, bien entendu. Non Théo avait à cœur autre chose, celui de se rendre utile et ça ne passait pas par les potions mais par l’action. Et à présent et bien… il avait revu ses ambitions, le but n’était pas le même, ce n’était pas pour la postérité et ça rendait sûrement la plus belle chose, il ne le faisait pas pour la gloire, il le faisait parce que c’était utile, pour Sélénya en tout premier lieu, il est vrai qu’elle était la raison pour laquelle il faisait tout ça, mais certainement par la suite qu’il ferait ça aussi pour les autres, même si, pour le moment, c’était uniquement pour rendre les choses plus facile pour la Poufsouffle. Et pourtant, plutôt que de dire cela, le sous-entendre même, il préférait sous-entendre, par une plaisanterie, que c’était un échec.

Elle rebondit là-dessus, trouvant qu’il y avait du progrès. Les yeux pétillants d’amusement, il demanda innocemment « ça veut dire que tu serais prête à les tester toi aussi ? Je savais que je pouvais compter sur toi ! Je dirais un truc sympa pour ton enterrement ne t’en fais pas. » Il fit mine de réfléchir quelque secondes avant de se moquer de nouveau « Que penses-tu de : Ci git Sélénya, une fille qui ne fait même pas l’effort de survivre à mes potions mortelles ? Dans tous les sens du terme. » C’était si simple de plaisanter avec elle de tout et de rien, de se dénigrer même. Dans ces moments-là, il avait l’impression que l’univers entier les acceptait tels qu’ils étaient tous les deux, avec leurs qualités et défauts respectifs, ainsi que leurs sentiments. Et même si ça ne durait jamais éternellement, ces moments volés rappelaient juste à Théo qu’ils étaient toujours les mêmes et que leur complicité était le plus beau des cadeaux.

Suite à la question qu’il posa, il sentit le regard de son amie et tellement plus à la fois, se planter dans le sien, longuement. Théo déglutit, mal à l’aise, avait-il dit quelque chose qu’il ne fallait pas ? Est-ce que s’inquiéter de son sommeil était une mauvaise chose ? En tout cas, il venait de détruire son bonheur, l’éclat dans ses yeux s’était éteint brusquement, elle était mal à l’aise, sérieuse même. Il avait tout tenté pour la mettre en confiance, lui faire oublier ses horribles cauchemars, sa peur et il venait de réduire à néant toutes les avancées. Il s’attendait même à ce qu’elle s’écartât, remettant une distance entre eux et pourtant, aucun geste de ce type ne vint. A la place, il y eut quelques mots de la part de Sélénya et en retour, un regard rempli de compassion de la part de Théo. Ce n’était pas étonnant, tant qu’elle était réveillée, son esprit pouvait relativiser et il était là pour lui parler, pour l’inviter à songer à autre chose. Une fois endormie, son esprit serait seul maître à bord et il pouvait paniquer sans que personne ne le stoppe. Alors oui, sa peur était normale, est ce qu’en revanche, il était d’accord avec elle, pas forcément. L’état dans lequel elle était à présent, il n’était plus indispensable, certes il était un confort mais elle n’aurait pas resombrer s’ils étaient en pleine journée et qu’elle devait vaquer à ses occupations. Elle s’inquiétait, appréhendait ce moment où elle serait seule et frémit avant d’essayer de se coller un peu plus à son partenaire comme si, tout d’un coup c’était vital, il caressa son dos pour essayer de lui fournir du réconfort, s’apprêtant à lui dire qu’elle pouvait rester là, cela ne lui posait pas de problème même si c’était plus raisonnable, au vu de son état de fatigue qu’elle s’endorme, mais il pouvait attendre. En revanche, il ne comprit pas forcément pourquoi, tout d’un coup, elle détournait le regard alors qu’elle le regardait deux secondes avant. Elle avait une idée un peu ? Un peu quoi d’ailleurs, elle n’allait pas au bout de ses phrases. Si elle n’allait pas au bout de ses phrases, elle venait quand même de trouver la force de le regarder de nouveau, il lui fit un sourire, essayant sûrement de la mettre en confiance. Sourire qui se figea en écoutant sa requête, il l’observa attentivement, écoutant ses mots, le débit rapide mais avec quelques hésitations de sa voix.

La réflexion fut longue, parce que ce n’était pas une question à prendre à la légère. Cela impliquait beaucoup de choses, ce n’était pas anodin, sa réaction à la question n’était pas anodine, son cœur avait battu un peu plus vite comme si c’était une consécration, puis l’esprit avait instantanément reprit le dessus, ce n’était même pas une victoire. Ce n’était pas par plaisir, elle ne le demandait pas parce que ses sentiments étaient présents, même si bien sûr ceux-ci n’avaient pas disparus pour autant, obligeant la demoiselle à préciser qu’elle se tiendrait tranquille. Non, si elle le demandait, c’était uniquement parce qu’elle avait envie de dormir, et lui, il était au milieu de tout cela, avec sa morale. Cette morale qui lui soufflait que ce pas qu’ils franchissaient, c’était pour toujours, qu’il n’y aurait pas de retour arrière, que ses draps auraient l’odeur de Sélénya, qu’il aurait pour toujours l’image de cette fille dans son lit mais qu’effectivement, comme elle le disait si bien, ils se tiendraient tranquilles et c’était une bonne chose, oui, mais c’était douloureux aussi parce qu’il n’était pas insensible à tout cela, c’était une sorte de drogue qu’on déposait dans ses mains tout en le prévenant en amont que non, il lui était interdit d’en prendre.

Et pourtant, toute cette réflexion, toute cette conscience de la moralité, du lendemain même, ça ne pesait finalement pas grand-chose dans la balance. Ça ne serait pas évident, oui et alors ? ça ne l’était déjà pas avant ça, quelle importance que par la suite il se dise qu’elle avait été là, si pour elle le fait d’avoir été là, à ses côtés, ça lui avait permis de prendre du repos. Il n’arriva cependant pas à trouver ses mots, impossible de dire oui à haute voix, sa conscience ne le lui permettait pas. C’est donc silencieusement qu’il se leva, le cœur battant la chamade, la maintenant contre lui pour l’emmener jusque dans la chambre, éteignant les lumières du salon pour allumer celle de la chambre et déposer la demoiselle dans son lit. Rectification avec ce qu’il avait songé précédemment, c’était ça la plus belle vision du monde, tout en étant la plus douloureuse aussi. Finalement, il recouvra la parole, la regardant dans les yeux « Je me mets en pyjama et j’arrive. » Elle était dans ces mots, la réponse à la question, il arrivait, il acceptait le fait de se coucher contre elle, sans que rien ne se passe. La recherche d’un pyjama ne fut pas une chose aisée, il n’en mettait pas souvent, n’étant pas un fan des hauts, alors en dégoter un dans ces affaires en un temps record pour que ça ait l’air naturel, un exploit. Il fila donc dans la salle de bain je ne précise pas mais tkt il se lave les dents, c’est important les dents pour se changer.

Une fois là-bas, face à la glace lui renvoyant son propre reflet, il frémit avant de détourner le regard. Même si ça partait d’une bonne intention, même si c’était uniquement pour aider, il était tout bonnement incapable de se regarder dans ce miroir, ayant tout bonnement l’impression de se faire juger en continu mais par lui-même. Il espéra même en revenant dans la chambre qu’elle se serait écroulée de fatigue, certes il serait resté à côté d’elle mais ça aurait peut-être été moins compliqué. Bien évidemment, ce n’était pas le cas, l’inverse eut été étonnant tout de même. Il la regarda dans les yeux, cherchant de la bienveillance dans son regard à elle, son affection, la raison pour laquelle il acceptait de se détester un peu plus tout en sachant que c’était bénéfique pour elle, voir que leur relation n’en pâtirait pas par la suite. Puis, il grimpa dans le lit pour la rejoindre. La prendre dans ses bras ne fut qu’une question de secondes. Et même s’il s’en voulut instantanément de réagir ainsi, il eut quand même ce petit sourire, ce petit battement de cœur plus rapide, tout ça dû à un simple contact, à ce plaisir qui certes n’était pas approprié mais qui était bel et bien là, celui d’être tout contre elle. Et au milieu de ce plaisir d’être avec elle mêlé à cette culpabilité, il y a avait la frustration immense de la savoir toute proche et de ne rien faire du tout. Ce mélange d’émotions plus ou moins contradictoire l’empêchait de trouver ces mots, alors il ne dit rien, se contentant de faire ce qu’il faisait le mieux, être une présence amicale et réconfortante pour la demoiselle.


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Jeu 23 Mai - 19:20
Si toi tu es près de moi, la nuit fera place au jour
Théoly IV

« Mars 2019»
Cet instant si simple entre nous, je n’avais pas envie qu’il se termine. C’était si simple d’exister entre ses bras. J’avais l’impression que mes cauchemars étaient loin et il lui suffisait de quelques mots pour me rendre le sourire. C’était dans des instants comme celui-ci qu’on pouvait se rendre compte du chemin que j’avais parcouru. Avant il me fallait des heures pour m’en remettre et à présent ? Ses bras, ses mots, sa chaleur, sa présence suffisait tout simplement. J’avais du mal à croire que nous en étions là, aussi proche, à discuter de sujet aussi léger, comme avant, sans aucune barrière, sans même se poser la moindre question. Est-ce que ce ne serait pas aussi simple finalement ? D’agir juste de façon aussi naturelle et d’arrêter de se prendre la tête ? Mais c’était peut-être aussi dangereux, parce que les barrières pourraient risquer de tomber à n’importe quel moment… Pourtant j’avais du mal à croire en ce moment que ça pouvait être si compliqué parfois… Alors qu’il me taquinait, je finissais alors par faire de même en lui demandant s’il avait peur d’une petite gardienne poufsouffle, sa réponse me fis pouffer alors encore un peu plus. Et en même temps, je pouvais aisément le croire. Ancien auror, ancien Gryffondor. Il en avait vu des choses, il en avait fait également. Il savait ce courage et ce goût pour l’aventure que je n’avais pas et qui expliquait pourquoi moi j’avais fini dans la maison des jaune et noir. Cette maison dans laquelle je m’étais toujours sentie chez moi. Quand il reprit la parole, je pris un air faussement outré.

« Dis donc… Serais-tu en train de sous-entendre que tu m’aurais laissé gagner ? » Lâchais-je alors suspicieuse, mon regard alors plongé dans le sien, je reprenais avec un air de défis dans ce dernier. « Tu veux qu’on remette ça sur le terrain pour vérifier ? » Demandais-je alors, quand bien même je perdrais, je m’en fichais, rien que l’idée de passer un peu de temps avec lui m’enchantais. Je le remerciais tout de même de garder mes secrets alors sans me départir de mon petit air amusé bien entendu et lorsqu’il répondit, même si une part de sa phrase se voulait être une plaisanterie, ses premiers mots venaient réchauffer mon cœur qui se mit à battre un peu plus vite et le temps de quelques secondes mon sourire devait me trahir sur les sentiments que j’éprouvais pour lui, son regard d’ailleurs lui n’était pas en reste, je pouvais y lire toute sa sincérité. Je finissais tout de même par sourire de plus belle et prendre la parole mon tour prenant un ton aussi solennel que le sien. « Tant mieux alors, je garderais ton secret aussi longtemps que tu garderas les miens… » Si cette phrase était dite avec légèrement en réalité elle était sans doute bien plus lourde de sens qu’elle ne laissait transparaître… Beaucoup plus que je ne l’avais désiré également, mais je tentais de faire en sorte que ce n’était pas le cas. Je n’avais pas envie que la situation dans laquelle nous étions devienne compliquée soudainement. Mettre des œillères et continuer d’agir de façon simple et naturelle l’un envers l’autre me paraissait être la meilleure des solutions… Heureusement pour cela il y avait la suite de la conversation. Je venais le taquiner au sujet des potions imbuvables auxquelles j’avais le droit depuis que j’avais été retrouvée dans le fameux sous-sol qui me hantait encore aujourd’hui. Et évidemment il ne se faisait pas prier pour répondre lui aussi par la plaisanterie et au lieu de m’insurger j’avais également décidé de jouer le jeu.

« Oh mais je ne m’en fais pas. Je sais que je peux compter sur toi en retour. » Lâchais-je alors amusée tandis qu’il en rajoutait une petite couche. « Contente que ma future mort semble t’amuser à ce point, je ne te manquerais même pas un petit peu ? » Finissais-je par demander avec une mine faussement vexée tout en sachant évidemment que ce serait le cas en réalité, ou en tout cas j’espérais tout de même un peu. Et si en cet instant nous étions tous les deux détendus l’un contre l’autre, cela ne durait pas… Il finissait par poser la question que je redoutais le plus et pour plusieurs raisons. Déjà, la plus évidente, j’avais peur de dormir, peur de fermer les yeux et de me sentir encore happée dans mes cauchemars. Parce que même si c’était son lit dans lequel j’allais dormir, ce dont j’avais du mal à croire d’ailleurs et bien j’y serais tout de même seule… Et ensuite parce qu’il y avait cette question en suspens, que je ne savais pas comment faire pour le lui demander. Je sentais sa main dans mon dos qui me faisait du bien cherchant à me rassurer, son contact me faisait évidemment du bien et puis son regard lorsque je m’approchais de nouveau à ce dernier. Il n’avait aucune idée de ce que je voulais dire et pourtant il cherchait à me mettre à l’aise… Pourtant il était à des années lumières de ma demande, cela se voyait à son sourire qui s’était alors figé d’un coup tandis que je continuais de parler, j’avais presque envie subitement de lui demander d’effacer de sa mémoire mes dernières paroles. Le silence qui suivait fût pire. Je n’osais même plus le regarder, j’avais de nouveau baissé le regard.

Merde… Je n’aurais pas dû. Voilà pourquoi j’appréhendais autant… Certainement qu’une part de moi savait que c’était une étape à ne pas franchir… Et même si j’avais envie de lui dire que ce n’était rien, que je pourrais dormir toute seule, je n’y parvenais pas… Pourtant plus les secondes passaient et plus j’étais convaincue que c’était sans doute la demande de trop… Au moment où il se mettait à bouger, j’avais eu peur qu’il s’éloigne de moi, intérieurement je me préparais à supporter la distance qu’il allait mettre en nous. Si bien que je ne m’attendais pas à ce qu’il me porte, je me rattrapais au dernier moment à son cou sans comprendre. Où est-ce qu’on allait ? Allait-il me mettre à la porte ? Pourtant c’était le chemin inverse qu’il prenait et finalement c’était dans sa chambre que nous nous retrouvions sans même savoir s’il allait rester ou non. Mon regard cherchait le sien, je ne comprenais pas, je sentais mon cœur battre plus vite sans même savoir si c’était d’appréhension qu’il ne reste pas, ou le fait de savoir qu’il allait peut-être rester. Pourquoi est-ce qu’il ne parlait pas tout à coup ? Pourquoi semblait-il muré dans un silence que je ne lui connaissais pas ? Je me retrouvais finalement dans son lit et je me sentais si petite en cet instant. Et tandis que mon regard était toujours à la recherche du sien, je finissais par avoir une réponse. Il arrivait. Cela voulait dire oui ? Cela voulait dire qu’il acceptait ? Pourtant le fait qu’il n’ait absolument rien dit m’empêchait de m’en réjouir. Je ne voulais pas qu’il se force, je ne voulais pas avoir la sensation d’abuser de sa bonté et même si… Même si dormir seule était quelque chose de difficile, je ne voulais pas qu’il reste simplement parce qu’il ne voulait pas me dire non…

Alors que j’étais finalement seule dans la chambre je me glissais sous les couvertures afin de l’attendre. Mon regard se posait timidement dans chaque recoin de cette pièce qui était sa chambre. Si je m’étais sentie impressionnée rien que par le fait d’être à l’intérieur de son appartement, ce n’était rien par rapport à ce que je ressentais en cet instant. J’étais dans son lit. L’endroit où il dormait chaque nuit… Mon cœur venait tambouriner contre ma poitrine si bien qu’il en devenait presque assourdissant. Pendant son absence, je ne pus m’empêcher de venir humer son odeur contre l’oreiller et rien qu’avec cela je me sentais déjà un peu mieux, même si cela n’avait évidemment rien à voir avec ses bras. Combien de temps se passait-il avant son retour ? Je n’en savais rien, je m’étais redressée et attendait le cœur battant toujours aussi rapidement me demandant même s’il n’avait pas changé d’avis entre temps et s’il ne revenait pas finalement ? Mais je fus vite soulagée lorsque je le vis revenir sans pouvoir pour autant déchiffrer l’air qu’il avait sur le visage. Mon sourire se fit alors légèrement timide car c’était plutôt difficile d’agir sans même savoir ce qu’il pensait réellement, si je ne savais pas réellement comment agir à cause de son silence, ce fût à son tour de m’enlever une épine du pied tandis qu’il me reprenait presque automatiquement dans ses bras, je m’étais alors à inspirer profondément sans même m’être rendu compte que j’avais cessé de respirer depuis qu’il s’était approché. Je souriais en retour au sien, m’accrochant à chacune de ses réactions pour tenter de comprendre ce qui se passait dans sa tête. Contre lui, je n’avais plus qu’à reposer ma tête contre son torse, mais mon cerveau tournait à plein régime, j’avais besoin d’être certaine qu’il était d’accord.

« Merci. » Murmurais-je alors avant quoique ce soit d’autre. Qu’il sache qu’au moins j’étais reconnaissante de ce qu’il faisait pour moi. « Mais tu sais… Si tu ne voulais pas… Tu n’étais pas obligé je… » Je marquais une pause, je ne voulais pas qu’il prenne mal quoique ce soit. Mon regard accrochait un instant le sien. « Tu ne dis rien... » Disais-je en fronçant les sourcils, ce n’était pas son genre d’être aussi silencieux, c’était logique que je m’inquiète non ? Je m’imaginais tout et n’importe quoi et je ne savais pas trop comment réagir. « Si c’est trop… Ou je ne sais pas tu… Tu peux dire non… » D’accord je ne savais pas envie qu’il dise non, je serrais doucement l’un de mes poings car je n’étais pas certaine de pouvoir encaisser son refus, pas maintenant, pas alors qu’il se trouvait à côté de moi et d’une certaine manière, il avait déjà dit oui… Mais je ne voulais pas qu’il reste simplement parce qu’il n’aurait pas osé me dire non… Je ne voulais pas qu’il se force, ou qu’il aille à l’encontre de ce qu’il voulait vraiment…
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Théo Greengrass
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Ven 24 Mai - 20:17
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L’amusement les gagnait tous les deux. C’était si simple de communiquer avec elle, et pourtant, il n’était pas dupe, tout les trahissait, des sous-entendus que l’un comme l’autre comprenait très bien. Cette proximité ne laissait aucun doute sur l’affection qu’ils se portaient mutuellement, couplé au fait que leurs deux cœurs semblaient décidés à faire la course l’un contre l’autre. Il y avait aussi ces regards qui ne laissaient planer aucun doute. N’importe quelle personne rentrant dans la pièce à cet instant aurait compris ce qui se tramait entre les deux protagonistes. Et pourtant, ils faisaient réellement de leur mieux, chacun de leur côté, pour rendre les choses les plus simple possible, tout en ayant ce besoin d’être ensemble, impossible à réprimer. Faire rire Sélénya semblait être la chose qui l’intéressait le plus en cet instant précis. A chaque fois qu’il y parvenait ce soir, il avait ce sourire en coin, cette fierté d’arriver à la faire songer à autre chose. Il l’observa le regard brillant d’amusement en constatant qu’elle sautait à la conclusion qu’il prétendait l’avoir laissé gagner. Il aurait sûrement été plus mature de dire que non, il reconnaissait sa défaite mais l’occasion était trop belle pour qu’il la laisse filer. Il se moquait bien d’être meilleur ou moins bon qu’elle, ça n’avait pas la moindre importance, le principal ce serait de passer du temps ensemble. Il était touché, touché qu’elle veuille passer du temps avec lui sur un balai, quand bien même il n’était pas un de ses coéquipiers. Touché que pour la première fois depuis qu’ils étaient à Poudlard, même en connaissant ses sentiments, elle lui propose de passer du temps avec. Alors certes, ce n’était pas raisonnable, certes ça ne se ferait sûrement pas parce que dès le lendemain, ils se rendraient compte que rien avait changé et que c’était toujours aussi compliqué, mais à cet instant précis, Théo ne s’en rendait pas compte, la seule chose qui lui importait, c’était la proposition qu’elle lui faisait et à laquelle il répondit, sans même tenter de cacher son plaisir « Défi accepté mademoiselle Macmillan, on va remettre ça sur un terrain ! » Il ne chercha même pas à lui faire croire qu’il la surpassait en tout point, ne faisant preuve d’aucune ironie, se contentant de la regarder, les yeux brillants de plaisir.

C’était la soirée des premières fois. Première proposition, première fois qu’elle mettait les pieds ici et première fois, toute première fois qu’ils ne cherchaient même plus à faire du politiquement correct, leurs regards se cherchaient sans arrêts, plus aucune barrière n’était levée, leurs sentiments étaient clairement visibles. C’était dû à plusieurs facteurs, le fait qu’elle soit épuisée et qu’elle ait besoin de réconfort jouait beaucoup, il y avait aussi le fait qu’ils étaient seuls, qu’ils n’avaient pas peur de se faire surprendre, voir même qu’ils étaient déconnectés de la réalité, se satisfaisant juste du moment présent, sans aller jusqu’au point de non-retour néanmoins, comme quoi, ils n’étaient pas entièrement fous non plus. Alors oui, il était le gardien de ses secrets, comme il l’avait toujours été, mais ce secret était différent parce que si c’était d’une autre personne pour qui elle éprouvait des sentiments, il n’y aurait pas eu de problèmes, il n’aurait même pas eu à être le gardien de ce secret. Il y avait une chance sur des millions que ça tombe sur lui, les probabilités étaient incroyablement faibles et pourtant, ils en étaient là, à garder chacun le secret de l’autre, à vivre le même tourment. Chacun avait beaucoup à perdre, à commencer par l’autre. Il posa doucement son front contre le sien, contact tout simple pour démontrer qu’il comprenait ce qu’elle avait voulu dire et qu’il partageait sa façon de penser.

Ils étaient complices sur tous les plans, le sujet suivant le démontrait encore plus. Ils arrivaient à se taquiner sans arrêt et chacun rebondissait sur les propos de l’autre avec une aisance incroyable. Et même s’ils se cherchaient et que dans leurs phrases il y avait beaucoup d’ironie, les propos en eux même étaient véridique, oui ils pouvaient compter l’un sur l’autre. Peu importait qu’ils soient en froid, que ça soit compliqué de gérer, pour l’un ou pour l’autre, ou même les deux, ils seraient là à chaque fois que l’autre aurait besoin d’eux, c’était inscrit en eux et rien ne semblait pouvoir empêcher cette confiance, pas même de trop forts sentiments pas faciles à gérer. A sa question, à cette mine faussement vexée sur son doux visage, il ne continua pas sur la lancée précédente, préférant reconnaître la vérité pour le coup. « Oh que si tu me manquerais. » D’ailleurs, il n’avait pas envie que ça arrive, il ne voulait pas rester en vie dans un monde où elle ne serait pas là, parce qu’il aurait l’impression qu’il manquait quelque chose. « Je perdrais ma confidente, mon amie. » la personne pour qui j’éprouve plus que de l’amitié resta en suspens, il aurait réellement aimé pouvoir lui dire mais n’en fit rien. A la place, il reprit après avoir fait mine de réfléchir « Tu as raison, je vais continuer à empoisonner les autres jusqu’à ce que ça soit parfait, je m’ennuierais sans toi et puis tu me manquerais, à qui je foutrais sa raclée au Quidditch si tu n’étais pas là ? » Se sauver par l’humour d’une situation gênante, c’était plus simple, bien sûr qu’à force chacun savait que l’humour les sauvait bien souvent.

L’humour les aurait peut-être aidés suite aux propos de Sélénya, il aurait aimé trouver le courage de répondre oui, de savoir comment agir sans qu’il n’ait l’impression de faire une bêtise. Bêtise qui était cependant utile à la demoiselle, qui n’était une bêtise réellement que parce qu’il connaissait les sentiments de Sélénya, sinon certainement que ça aurait été beaucoup plus simple, il se serait reposé uniquement sur ce qu’elle avait besoin elle sans avoir à se poser de questions. Là, il craignait énormément de choses, était tendu à l’idée de ne pas savoir comment gérer. Et il fit une première erreur, là où habituellement à chaque fois qu’il bougeait, il la prévenait ou faisait attention à ce qu’il n’y ait aucun problème, il échoua cette fois-ci. Sélénya ne s’attendait pas à être porté, comment aurait-elle pu d’ailleurs puisqu’il ne lui donnait aucun indice pour aller dans ce sens-là. Il n’empêche qu’il fut étonné par son temps de réaction, ce qui était là aussi stupide puisqu’elle était fatiguée, elle réagissait moins vite, c’était logique, sans parler du fait qu’il était dur avec elle de lui demander d’anticiper des choses alors qu’elle sortait d’un cauchemar, que son esprit devait encore être un minima perturbé.

Après être allé dans la salle de bain, son retour fut un peu étrange. Il la perturbait, il le sentait, le voyait sur son visage sans parvenir à poser des mots sur ses émotions. Elle était anxieuse, à cause de ses réactions à lui et au moins, maigre soulagement mais soulagement tout de même, elle se mit à respirer de nouveau lorsqu’il l’attrapa. Donc, elle ne s’attendait pas forcément à ça ? Il aurait peut-être dû lui poser la question, c’était instinctif mais l’instinct n’aidait pas toujours.
Elle reprit la parole pour le remercier, il esquissa un sourire, plongeant sur elle un regard rempli de tendresse. Ce n’était pas grand-chose, il aurait fait la même chose pour sa sœur si elle avait un cauchemar, ce n’était pas le fait de la prendre dans ses bras et de dormir avec qui lui posait problème, c’était tout le reste. Visiblement, il était transparent dans ses émotions, enfin elle n’arrivait probablement pas à déchiffrer tout ce qui passait par la tête de l’infirmier mais elle savait que quelque chose était étrange. Elle pensait qu’il ne voulait pas dormir avec elle ou encore qu’il se sentait obligé.

En réalité, s’il ne répondit pas à cette première phrase, ce n’était pas par manque de respect, il cherchait juste comment tourner ses mots, son regard plongé dans celui de sa cadette. Elle reprit donc la parole pour constater quelque chose qu’il savait vrai, il ne disait rien, il n’avait juste pas les mots. Il avait des milliers de questions auxquelles il n’y avait finalement qu’une réponse: seul l’avenir le dirait. Ils pouvaient supposer mais leurs comportements, ils ne pourraient pas avoir la certitude de comment ils allaient réagir avant de le vivre. Et puis, ses interrogations, ses inquiétudes, il n’osait pas les exprimer à haute voix parce qu’il n’avait pas envie qu’elle se prenne la tête, il voulait qu’elle se repose, qu’elle aille bien. Bien évidemment, il fut trop long à répondre, ce qui le desservit et qui devait augmenter l’état de stress de sa partenaire puisque sa voix couvrit une nouvelle fois le silence. Elle était adorable, elle avait beau avoir besoin de dormir, être épuisée, avoir besoin d’une présence pour pouvoir être en paix, elle se faisait passer après les envies de l’infirmier, malgré le fait que ça lui en coûtait de dire ça. Théo pencha la tête pour déposer tout doucement un baiser sur son front avant de prendre, enfin, la parole « Je sais que je pouvais dire non, j’ai choisi en mon âme et conscience d’accepter. » Son choix de mots démontrait que ce n’avait pas été une réaction impulsive, comme une carotte qu’il avait saisi bien trop rapidement et dont il aurait voulu se défaire. Non, il avait pris le temps de réfléchir avant d’agir même si ça n’était pas spécialement dans sa nature, qu’il agissait d’abord et réfléchissait ensuite la plupart du temps… sauf que cette fois, dans l’équation, elle avait été là et qu’il avait essayé de faire non pas le mieux pour lui, non pas ce que lui avait envie ou non, il avait même essayé de faire fi de ses envies à elle, ce concentrant uniquement sur ce qui était le mieux pour Sélénya.

Il la regarda dans les yeux murmurant, comme s’il craignait que quelqu’un arrive pour juger « Je n’ai pas changé d’avis. » Et pourtant qu’ils étaient dur à dire les mots je veux dormir avec toi, ça ne voulait pas, il essayait de tourner toutes les phrases en avance dans sa tête pour que ça sonne bien mais le résultat n’était pas concluant, il avait l’impression que ça en dirait bien trop sur ce qu’il ressentait. Et en même temps, il ne voulait pas la vexer en prononçant que de trop rares mots alors qu’elle était habituée à bien plus. « Je ne vais pas m’éloigner, je reste avec toi toute la nuit. Repose-toi, Sely. » Il s’installa confortablement tout contre elle et comme les réflexes ont la vie dure, il vint chercher la main de sa camarade, qui formait un poing ? Dû au stress d’être seule avec lui certainement, il suspendit donc son geste, ne voulant forcer personne et posa sa main à plat sur le matelas, chuchotant « Je ne te toucherais pas, je te le jure. »
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Mer 29 Mai - 19:00
Si toi tu es près de moi, la nuit fera place au jour
Théoly IV

« Mars 2019»
Cela avait été plus fort que moi. Alors qu’il me taquinait au sujet du quidditch, laissant sous-entendre qu’il m’avait laissé gagner alors qu’on savait tous les deux que ce n’était pas le cas. Je n’avais pas pu m’empêcher de le défier à nouveau sur un terrain. Et en même temps, pourquoi est-ce que nous n’en aurions pas le droit ? M’entrainer sur un terrain au quidditch avec lui était loin  d’être aussi risqué et immoral si on pouvait le dire ainsi que d’être entre ses bras en ce moment n’est-ce pas … ? Et puis j’aimais l’idée de partager cela de nouveau avec lui. Le fait qu’il accepte sans même y réfléchir à deux fois venait me réchauffer le cœur et dans son regard je pouvais y lire toute la satisfaction qu’il ressentait également. D’une certaine façon, j’avais raison moi aussi. La situation était pire depuis que nous connaissions les sentiments de l’un et de l’autre, parce que dans ces moments-là nous pouvions les lire dans nos regards, qu’on avait beau essayer les cacher… Ils transpiraient par tous les pores de nos peaux. Impossible de l’ignorer et pourtant les choses restaient si simple entre nous. Il ne relevait pas lorsque je parlais de garder son secret et lui les miens. Si cette phrase se voulait totalement innocente, ce n’était qu’après l’avoir dit que je me rendais compte qu’elle ne l’était pas forcément. Un regard envers Théo pour savoir que lui aussi comprenait. Son front venant tout contre le mien, je sentais mon cœur s’affoler un peu plus, j’y appuyais également le mien, aimant le réconfort qu’il pouvait m’apporter de cette façon également.

Fort heureusement la conversation restait légère malgré tout, déviant sur les potions qu’il lui arrivait de préparer pour moi.  La plaisanterie était au goût du jour, ou plutôt de la nuit, l’un et l’autre ne pouvant pas s’empêcher ce venir se taquiner, se chercher d’une certaine façon tandis que l’autre était toujours au rendez-vous. Et si je m’attendais à ce qu’il rebondisse une nouvelle fois avec une autre pique, pourtant ce n’est que de la sincérité qui est sortis de sa bouche. Un vague de tendresse me submergeait alors tandis que mon regard se perdait une fois de plus dans le sien. La phrase suivante en revanche me fit un pincement au cœur. Pas parce que ça ne me faisais pas plaisir, mais parce le mot « amie » me faisait une mauvaise piqûre de rappel… Nous n’étions rien de plus… Pourtant je ne lui en voulais pas, son regard voulait dire tellement plus, mais évidemment il ne se le permettait pas, tout comme moi. C’était cette fameuse limite que nous ne devions sans doute pas dépasser…  Je restais silencieuse, lui offrant tout de même un sourire sans cacher que j’étais tout de même touchée par ses mots.  Ce fût lui qui nous sortait de cette pente assez glissante en rebondissant de nouveau sur de l’humour.  Je souriais et pouffais une nouvelle fois, même si mon cœur semblait lourd et n’y était pas totalement.

« Tu as raison, qui serait là pour s’occuper de ton égo pas du tout surdimensionné si je n’étais pas là. » Lâchais-je alors en tentant de répondre sur le même ton de plaisanterie que lui. « Je suis tout de même ravie de savoir que je te manquerais. » Ajoutais-je alors avec un petit sourire satisfais. Si je souriais et si ça faisais du bien d’être dans ses bras, ce moment de parfaite quiétude prenais fin assez brutalement alors qu’il me proposait d’aller dormir et que par la suite j’avais eu la brillante idée de lui demander de dormir avec moi… Au fond de moi je savais sans doute que je n’aurais pas dû. Mais je savais également que sans lui je n’étais pas certaine de pouvoir dormir. Alors j’avais posé la fameuse question et si j’avais eu peur qu’il me dise non. Je n’avais pas pensé au fait que je pourrais aussi ne pas avoir de réponse du tout… Son silence… Je n’y étais pas habituée et je me sentais mal alors en comprenant que quelque chose clochait. Que même s’il m’emmenait dans son lit, même s’il avait fini par ouvrir la bouche en me disant qu’il revenait, il restait quelque chose… Comme un caillou dans une chaussure. Et lorsqu’il revenait, même s’il me prenait dans ses bras, ce n’était pas forcément mieux. Je me sentais mieux bien évidemment et qu’il dorme avec moi c’était tout ce que je souhaitais, mais j’avais besoin de savoir que lui aussi était réellement d’accord avec tout ça. Je ne voulais pas qu’il me dise oui seulement pour moi, parce qu’il ne voulait pas me faire de la peine ou quoi que ce soit d’autre…

Je ne voulais pas qu’il se force, je n’avais pas envie qu’après cette nuit que cela devienne bizarre entre nous. Alors je commençais tout d’abord par le remercier. Parce que j’étais reconnaissante de ce qu’il faisait pour moi, du fait qu’il était là, que ce soit quelque chose qu’il désirait vraiment ou non. Son regard était tendre, en total contradiction avec son silence, il parlait beaucoup plus que lui… Pourtant, je finissais alors par lui dire qu’il était obligé de rien, mais même en parlant encore une fois, il restait silencieux… Pourquoi ? Qu’est-ce que je faisais de mal ? Je reprenais alors la parole. Je me sentais anxieuse, serrant mon poing. J’avais besoin qu’il dise quelque chose, même si c’était pour changer d’avis, même si c’était pour me dire le non que j’appréhendais depuis le début… J’avais besoin qu’il parle. Sa voix avait toujours été apaisante, je ne pouvais pas le laisser se muret dans un silence qui ne lui ressemblait pas. J’attendais calmement, mais en réalité à l’intérieur, j’étais perdue, je ne comprenais pas et je ne savais pas ce que j’aurais fait s’il avait gardé encore plus longtemps le silence. Ce qui me fit arrêter de réfléchir pendant un instant ? Ce fût ses lèvres sur mon front, je me disais qu’au moins il ne désirait pas forcément être loin de moi, j’avais fermé les yeux un instant avant de les rouvrir lorsque ses lèvres ont quittés ma peau. Je me sentais soulagée lorsque j’entendais enfin sa voix. Et encore plus soulagée en entendant ses mots. Cela voulait dire qu’il voulait bien rester ? Il était sûr ? Mon regard le questionnait, mais je n’osais pas poser la question puisqu’il venait d’y répondre. Un petit sourire se dessinait peu à peu sur mon visage tandis que je comprenais qu’il n’allait pas fuir d’une seconde à l’autre. Et je fus encore plus soulagée lorsqu’il m’assurait qu’il n’avait pas changé d’avis, comme s’il lisait dans mes pensées et avait compris mon besoin d’être rassurée.

J’avais alors envie de lui demander pourquoi est-ce qu’il ne parlait pas, mais après tout c’était son droit n’est-ce pas ? Tant qu’il en avait envie, tant qu’il ne se forçait pas, cela devait certainement me suffire. Il faudra bien en tout cas. Il insistait une nouvelle fois sur le fait qu’il n’allait pas partir et ses mots me faisaient du bien. Savoir qu’il allait rester toute la nuit. C’était à mon tour d’être silencieuse. Silencieuse, mais tellement reconnaissante, mon regard parlait pour moi, le sourire que j’avais également. Le voir s’installer à mes côtés et me dire qu’il allait rester là, ça n’avait juste pas de prix. Je sentais mon cœur cogner contre ma poitrine tandis que sa main venait prendre la mienne. Sauf qu’il arrêtait son geste sans que je ne comprenne vraiment pourquoi. Au moment où sa main quitte la mienne, mon regard se pose sur lui interrogatif et mes sourcils se fronçaient au moment où il indiquait qu’il ne me toucherait pas. L’espace d’un instant je ne comprenais pas pourquoi est-ce qu’il se sentait obligé de le préciser, si j’avais peur de quoique ce soit, je ne serais pas venue ici, je ne lui aurais pas demandé de dormir avec moi… Mes yeux se posaient alors sur ma main qui formait toujours un poing à cause de mon appréhension que j’avais eu. Je la dépliais doucement.

« Oh… » Murmurais-je alors tout doucement avant de plonger mon regard tendre dans le sien. Je trouvais son inquiétude touchante si bien que je me penchais vers lui et venais déposer un baiser sur sa joue. « Je le sais. » Ajoutais-je avant de marquer une pause et de reprendre.  « Je n’en ai même pas douté un seul instant. » Assurais-je, je ne voulais pas qu’il se sente mal, j’avais confiance en lui et j’espérais que l’inverse était tout aussi vrai. Même si… Qu’il me touche de cette façon, j’étais certaine que ce serait loin d’être désagréable, ce n’était pas le problème… C’était juste l’une des limites à ne pas dépasser… « Je… J’avais juste peur que ce n’était pas ce que tu voulais et je tentais de me préparer à cette éventualité. » Expliquais-je alors afin de lui faire comprendre pourquoi est-ce que j’avais été aussi tendue. Rassurée je me glissais à ses côtés, malgré le fait que c’était moi qui lui avait demandé, il y avait tout de même une légère timidité de ma part, car après tout c’était la première fois que j’allais passer la nuit entre ses bras. J’allais à mon tour lui chercher la main, nouant nos doigts naturellement ensembles, ramenant nos mains sur son ventre tandis que ma tête venait se loger sur son torse, un peu plus bas que son épaule. J’inspirais profondément tandis que je me retrouvais totalement bercée par son odeur. Mon cœur continuait de battre fortement dans ma poitrine de par le fait que j’étais aussi proche de lui, mais le sien n’était pas en reste d’ailleurs… Je faisais de mon mieux pour occulter et tenter de me concentrer sur mon sommeil.

« Bonne nuit. » Murmurais-je alors tout simplement. Je sentais mon cœur battre alors un peu plus rapidement, mais d’appréhension cette fois, car j’allais fermer les yeux… Ma main venait instinctivement serrer un peu plus la sienne au moment où mes paupières se fermaient. Si de mauvaises images tentaient alors d’envahir mon esprit, je me contractais légèrement me concentrant alors sur la présence de Théo, les battements de son cœur, sa main dans la mienne, son corps collé au mien et sa respiration. C’était sur cette dernière que je me calais. Je me concentrais sur ses inspirations et ses expirations et doucement je me sentais me détendre… Combien de temps est-ce que je mettais pour m’endormir ? Je ne pourrais réellement le dire, je ne m’étais pas endormie dans la minute non plus. Mais contre lui, dans ses bras, je me sentais bien. Je me sentais rassurée et protégée et au bout d’un moment mes barrières finissaient par enfin cédée pour laisser place à un vrai sommeil qui serait sans doute le plus réparateur de tous ceux que j’avais pu avoir depuis mon enlèvement…
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Théo Greengrass
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Ven 31 Mai - 0:13
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La frontière entre ce qu’ils avaient le droit de faire ou non, était mince, incroyablement mince. Certainement que ce soir, plus que toutes les autres soirées qu’ils avaient passés ensemble, ils étaient trop proches, beaucoup trop proches. Ils ne s’étaient jamais retrouvés seuls depuis qu’ils étaient au courant de ce que l’autre ressentait. D’ailleurs, Théo n’était pas convaincu d’avoir bien agi ce jour-là en étant honnête avec elle. Alors oui, sur le papier mentir, ce n’est pas une bonne chose mais et là ? Est-ce que c’était plus facile à vivre comme situation pour elle, il n’en était pas convaincu. Ne la faisait-il pas souffrit davantage en étant présent ? Il n’en savait rien, n’arrivait même pas à se dire qu’il fallait qu’il fasse des efforts puisqu’à la moindre proposition qui lui était faite par la demoiselle, il se comportait comme un adolescent à qui on propose son premier rancard. Sauf qu’il n’était pas adolescent et que ce n’était pas un rancard mais est ce qu’en même temps se priver et la priver, parce qu’au vu de l’éclat dans le regard de Sélénya, ce n’était pas une punition pour elle, était une meilleure solution ? Comment en être convaincu quand un geste aussi simple que deux fronts collés l’un à l’autre apportait autant de plaisir et rappelait qu’ils n’avaient pas besoin de beaucoup plus pour être heureux. Ce qui était un honteux mensonge que Théo se faisait à lui-même pour le coup, mais pour le moment, ce contact suffisait. Ce contact que Sélénya appuyait pour montrer qu’elle était là, elle aussi et qu’elle prendrait soin du secret qu’elle détenait sur lui.

Le problème c’est qu’il y avait des fois, où même sans le vouloir, ils étaient positionnés sur cette foutue frontière et alors qu’il aurait voulu, réellement de tout son être c’était quelque chose qu’il aurait voulu faire, dire ouvertement ce qu’elle représentait pour lui, il venait de lui faire du mal. Un seul mot que la plupart du gens prendrait bien, c’était important les amis, les véritables amis. Il savait que ça ne convenait pas, mais ni à l’un, ni à l’autre, ils n’avaient pas envie d’être amis, bien sûr que non, sauf qu’ils n’avaient pas le choix et que c’était la meilleure chose qui puisse leur arriver de rester amis avec tout ça. Il fallait à tout prix qu’il évite de réfléchir à ceci. Il ne devait pas se préoccuper du fait qu’elle n’aimait pas, quand bien même il voulait lui faire plaisir, il ne pouvait pas lui offrir autre chose que son amitié. Alors, Théo prit sur lui pour essayer de partir sur une note beaucoup plus positive et utiliser de l’humour pour les sauver de la mélancolie. Clairement, lorsqu’elle rétorqua sur son égo il poussa un soupir de soulagement, elle ne lui en voulait pas. C’est tout sourire et prétentieux sur les bords qu’il rétorqua « On est bien d’accord, plus humble que moi, ça n’existe pas. » Et pourtant, elle lui manquerait, c’était une certitude, elle lui avait déjà manqué durant tout le mois de février et elle était en vie, il pouvait la voir. L’avenir ne s’annonçait pas des plus roses pour lui, s’il avait déjà du mal quand il passait un mois loin d’elle, quand elle quitterait Poudlard, quand elle aurait une famille à elle, comment le vivrait-il de son côté ?

Ce n’était pas simple de se retrouver seul dans un lit avec elle. De devoir démêler ses sentiments, ignorer au mieux ce qu’il ressentait en tant qu’être humain pour se concentrer sur cette présence qu’il souhaitait bienveillante, qu’à aucun moment dans le futur elle revienne sur cette soirée en jugeant que ce qu’il faisait était immoral et qu’il abusait des sentiments qu’elle éprouvait pour lui. Il y avait tout un monde entre avoir peur du regard extérieur des gens, ainsi que de leur jugement, et être jugé par la personne qu’il tenait entre ses bras à cet instant précis. Alors, même s’il était tard pour lui aussi, Théo était beaucoup plus prudent que d’ordinaire, parce qu’il tenait réellement à cette fille. Il se sentait mal d’être tout simplement heureux de se retrouver avec elle et certainement que s’il avait eu beaucoup moins de moralité, cette nuit se serait beaucoup mieux passé. Il aurait trouvé les mots pour apaiser sa camarade, il ne se serait pas muré dans un silence ou la seule échappatoire qu’il trouva devait être bien pire que tous les mots qu’il aurait pu dire. Un baiser sur le front, il n’aurait jamais dû faire ça, il en avait conscience et ne parvenait même pas à savoir pourquoi il l’avait fait, pour la rassurer par les gestes puisque par les mots c’était si compliqué, sûrement. Théo avait essayé en une phrase de lui expliquer qu’il ne s’était senti obligé en rien, que s’il avait voulu, il aurait très bien réussi à lui dire non. Sauf que ça ne suffisait pas, le regard interrogatif de la Poufsouffle ne le quittait pas, elle essayait de lui faire dire qu’il souhaitait ou non rester. Puisqu’il fallait dire ça pour qu’elle se sente mieux, ce fut dit, non il n’avait pas changé d’avis, et oui il avait extrêmement envie de dormir avec elle. Sauf que le reconnaître, c’était presque reconnaître qu’il était… un gros con et un sacré profiteur.

D’ailleurs, au vu de la réaction physique de Sélénya au niveau de sa main qui formait un poing, il pouvait bien arriver à cette conclusion sur lui-même. Alors qu’ils avaient depuis bien longtemps passer l’étape du raidissement de la demoiselle lorsqu’elle était contre lui, si elle n’était pas stressée, là sa main démontrait qu’elle était crispée, signe évident de son malaise aux yeux de Théo. Alors oui, il se sentit obligé de préciser qu’il n’avait pas l’intention de la toucher, ni ce soir, ni jamais d’ailleurs parce qu’il savait que c’était pas bien. Et ce qui était encore plus étrange que cette non confiance en lui, c’était le regard qu’elle fronçait comme si elle ne comprenait pas qu’il s’inquiète de ses réactions, jusqu’au moment où elle posait son propre regard sur son poing. Elle ne s’était même pas aperçue qu’elle stressait d’être en contact avec lui ? En tout cas elle dépliait les doigts sous le regard de l’infirmier qui au moins pouvait se rassurer, elle faisait des efforts de son côté pour rendre les choses plus simples pour lui et qu’il ne se sente pas mal. Elle s’approcha pour déposer un baiser sur sa joue, juste un moment de douceur visant à le réconforter.

Ainsi, elle savait qu’il n’avait pas l’intention de faire quoi que ce soit, elle n’en avait jamais douté une seule seconde. Il frémit sous la confiance que cette phrase démontrait, elle savait qu’elle ne risquait rien avec lui et il lui lança un regard bourré de reconnaissance. Le silence de Théo avait fait des ravages chez elle, elle s’était par conséquent préparée à se faire abandonner. C’était donc pour ça qu’elle s’était crispée, parce qu’elle avait eu peur qu’il lui tourne le dos, ce n’était pas le cas, il serait là, il serait toujours là pour elle. Il se passa à peine quelques secondes avant qu’elle vienne chercher sa main pour lier leurs doigts sous le regard attentif du sorcier qui la laissa faire. Ravi même que par la suite elle vienne se blottir contre lui, forcément que son cœur s’emballa, impossible de ne pas réagir quand elle se tenait si proche.

Lorsqu’elle lui souffla bonne nuit, il répondit la même chose mais ne ferma pas les yeux, parce qu’il n’oubliait pas que pour elle, ça allait être extrêmement compliqué. Ça l’était déjà depuis quelques temps, il le savait.  D’ailleurs il la sentit se crisper contre lui et caressa doucement le dos de sa main avec son pouce. Il resta attentif à toutes ses réactions durant tout le temps où elle fut éveillée et ce ne fut qu’en entendant sa respiration changer qu’il ferma les yeux laissant la fatigue l’emporter.
◊◊◊◊

Alors qu’il dormait comme un bienheureux, Théo fut réveillé, à moitié, par le chatouillement des cheveux de Sélénya contre son nez. Théo poussa un léger grognement de mécontentement avant d’enfouir sa tête un peu plus dans le cou de sa compagne, là où son odeur était enivrante comme jamais mais que ses cheveux ne dérangeaient plus le sorcier dans le coltard. Ça percutait difficilement dans son cerveau, il était encore à moitié endormi et la seule chose dont il avait envie et bien c’était de faire un bisou à la fille qu’il tenait dans ses bras. Mauvaise, très mauvaise idée mais ce n’était pas le pire, non, bien sûr que non. Tout se déroula en une fraction de secondes, il y eut ce léger baiser dans le cou de sa comparse accompagné d’un léger « Je t’aim » Il se stoppa sur le champ sans avoir réellement prononcé la dernière syllabe. Son cerveau venant de percuter qu’il était réveillé, qu’il ne rêvait pas et que ça c’était une limite, une limite qu’il venait de franchir. Son rythme cardiaque venait de s’accélérer très nettement, pour le coup, là le réveil était brutal et pas franchement des plus agréables. Comment, en l’espace d’une seconde il était passé d’un réveil qui était tout simplement un rêve éveillé, à ça. Pas simple de s’écarter de Sélénya, alors faudrait qu’on lui explique comment ils avaient réussi à dormir avec cet emmêlement mutuel de jambes, c’était du grand n’importe quoi. Sans parler de leurs mains qui ne s’étaient pas lâchées durant leur sommeil. Et puis, alors qu’il essayait de délier ses doigts de ceux de sa camarade, il se souvint qu’il avait promis qu’il resterait avec elle toute la nuit, alors certes, dehors il devait faire jour mais pas sûr qu’elle apprécie beaucoup se réveiller seule dans un lit inconnu. Il avait déjà brisé une promesse, est ce qu’il fallait en briser une autre, surtout qu’elle semblait dormir paisiblement, détendue et qu’en bougeant, il y avait de fortes chances qu’elle se réveille.

Difficile de savoir comment agir, d’ailleurs, il n’était pas sûr de prendre la bonne décision, quoi qu’il en soit, il évita de bouger davantage, s’en voulant d’avoir été aussi bête. Est-ce qu’il n’aurait mieux pas valu dire non au final, ça aurait certainement évité cette réaction stupide. Il souffla doucement, essayant de se détendre. Et pourtant, il n’était pas serein, parce qu’il aurait pu la réveiller et qu’il aurait brisé cette confiance, alors que ce n’était même pas ce qu’il avait voulu, enfin si, mais pas comme ça, dans ses rêves c’était tout de même beaucoup moins problématique. Et puis il y avait aussi cette crainte que ça change, qu’elle s’aperçoive que c’était trop compliqué derrière, parce que ça allait l’être, forcément, ils avaient dormi ensemble, ce n’était pas rien… Et ils n’étaient pas dos à dos, ils étaient réellement collés et cette sensation de chaleur était tout simplement grisante pour l’infirmier, lui qui se plaignait quand son ex la collait dans le lit… Là, Sélénya n’était même pas sa copine et il se sentait bien d’être contre elle. Il craignait qu’en voulant échapper aux souvenirs de cette nuit, elle sépare leurs deux chemins. Alors, même si ce n’était pas convenable, il profitait du moment présent, essayant de graver dans sa mémoire cette fille blottit contre lui qui dormait paisiblement.

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Sélénya Macmillan
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Lun 3 Juin - 23:37
Si toi tu es près de moi, la nuit fera place au jour
Théoly IV

« Mars 2019»
Je savais qu’il avait raison que dans le fond nous ne pouvions pas être plus que des amis… C’était pour ça que j’avais pris sur moi, que même si je n’avais pas pu cacher que dans le fond ses paroles me faisaient mal, je ne lui en avais pas tenue rigueur. Sans doute que c’était aussi difficile pour lui que pour moi n’est-ce pas ? Je n’avais pas le droit de lui demander plus, je n’avais même pas le droit à songer à plus de toute façon… Pourtant c’était bien tout le contraire. Combien de fois est-ce que je me surprenais à rêver d’une vie ou nous pourrions être deux. Lui et moi ensemble. Entre ça et ce qui m’était arrivé avec les moldus, je me demandais à quel moment le destin allait arrêter de jouer avec moi comme si je n’étais rien d’autre qu’un pantin entre ses mains. Avais-je été trop heureuse pendant mon enfance ? N’avais-je finalement pas le droit au bonheur ? J’écartais ce genre de pensée et j’avais trouvé le courage de répondre également par de l’humour afin de ne pas le laisser mouliner tous seul. Nous étions deux dans cette galère n’est-ce pas ? Alors je préférais le soutenir en sachant très bien que rien de tout cela n’était sa faute, aucun de nous deux n’avait cherché à ce que cela nous tombe dessus et pourtant. Il n’y avait plus aucun doute, notre regard parlait pour nous, c’était même à se demander comment est-ce qu’on avait pu se rendre de compte de rien avant que l’on s’avoue que l’on ressentait la même chose. Je pouffais légèrement en l’entendant de nouveau, je finissais par simplement lui mettre un petit coup de coude dans les côtes de manière taquine évidemment tandis que je me perdais une nouvelle fois dans son regard…

Est-ce que j’avais imaginé dormir dans ses bras ? Oui un nombre incalculable de fois… Mais est-ce que j’avais pensé que cela se produirait pour de vrai dans un futur proche ? Non pas un seul moment avant de lui demander ce soir et encore… J’avais tellement cru qu’il allait me dire non que je m’étais totalement tendue. Qu’est-ce qu’il lui avait fait accepté dans le fond ? Il ne m’avait suffi que d’un seul coup d’œil pour comprendre que quelque chose n’allait pas forcément alors qu’il gardait le silence, silence auquel je n’étais pas habituée… Le voulait-il vraiment ? Ne le faisait-il pas uniquement dans le but de vouloir me faire plaisir ? J’avais besoin d’être certaine, parce que je ne supportais pas l’idée de le forcer à quoique ce soit, je tenais bien trop à lui pour lui faire cela. Il finissait par me rassurer alors, même s’il ne parlait pas forcément beaucoup plus et ce fus à moi d’être silencieuse, du moins jusqu’à ce qu’une de ces phrases m’interpelle ne comprenant pas pourquoi est-ce que soudainement il se sentait obligé de me préciser qu’il ne me toucherait pas. Comme je le lui disais par la suite, je n’en avais même pas douté une seule seconde. J’avais confiance en lui depuis le premier instant où il m’avait tenue dans ses bras dans le fameux sous-sol. Et cette confiance, elle n’avait fait que grandir depuis. Je n’avais pas peur en sa présence, c’était même tout le contraire, c’était aussi l’une des raisons qui faisait que je m’étais dit que dormir avec lui m’aiderait sans doute à éloigner les cauchemars…  Allongés, l’un contre l’autre, les doigts entremêlés, c’est ainsi que je finissais par m’endormir tout contre l’infirmier, tentant de chasser les images qui menaçaient d’envahir mon esprit. Grâce à son contact c’était devenue beaucoup plus facile, je n’avais qu’à me concentrer sur lui, sur ses gestes, ses doigts qui caressait ma main, son souffle, son odeur, il était mon remède contre le reste du monde… Et c’était en toute quiétude que je finissais par m’endormir…

☆☆☆☆☆☆☆☆

Difficile de dire ce qui me réveillait réellement… Un vague murmure sans en comprendre le sens, quelque chose qui me chatouillais le cou, un souffle ? Un contact. La douceur de ses bras. Est-ce que j’avais réellement déjà connu un tel réveil un jour ? Pendant l’espace de quelques secondes, d’un battement d’aile de papillon, pendant le temps ou mon esprit était encore bien trop endormie pour comprendre ce qui se passait, mais assez réveillé pour savoir que je n’étais pas dans mon lit, je m’étais demandé où j’étais. Mais dans la seconde d’après je prenais conscience des bras qui m’entourait, de sa présence plus que rassurante et son odeur qui me berçait… Encore un peu embrumée dans le sommeil, sans me rendre réellement compte de ce que je faisais mon nez venait glisser contre le cou de l’infirmier venant respirer son odeur à plein poumon avant de simplement soupirer de bienêtre. Tandis que les secondes défilaient je prenais peu à peu conscience du fait que j’étais réveillée, mais du reste aussi. De nos corps encore plus collé l’un contre l’autre qu’au moment de dormir, de nos jambes totalement entremêlés les unes avec les autres, de nos visages enfouis dans le cou de l’autre, de nos mains qui étaient toujours liés comme si elles ne s’étaient jamais quittés. Est-ce que l’idée de dormir ensemble me paraissait toujours aussi innocente que la veille ? Pas vraiment… Est-ce que je regrettais ? Au sourire qui naissait sur mon visage après une bonne nuit de sommeil que j’attendais depuis des mois ? Pas le moins du monde… La plus belle vision du monde ? Pour moi c’était celle d’ouvrir les yeux et de tomber dans le regard de Théo. Je sentais mon cœur se gonfler en cet instant et au fond de moi, une petite voix, celle qui me soufflait qu’on pouvait se voiler la face aussi longtemps qu’on le voulait, nous n’étions pas amis. Les amis ça ne se regardait pas ainsi, les amis ça ne se réveillait pas de cette façon…

« Bonjour… » Murmurais-je alors sans avoir aucune idée de l’heure qu’il pouvait être. La luminosité m’indiquait tout de même qu’il faisait jour, signe que j’avais dormi sans même me réveiller une seule fois. Je n’avais même pas fait un seul cauchemar, je m’étais réellement reposée, je le sentais ça me faisait un bien fou, si bien que je ne pouvais même pas cacher le sourire qui devait illuminer mon visage en cet instant. Je me disais que si j’avais su je serais venue dormir ici beaucoup plus tôt… Peut-être que c’était des potions avec l’odeur de Théo que je devais me faire finalement… Que c’était dur de ne pas lever la tête pour ne pas simplement aller chercher ses lèvres. « Tu as bien dormis ? » Finissais-je alors par demander tout en me sentant rougir en prenant de nouveau conscience de notre position, tout en me rendant compte que je n’avais même pas cherché à bouger. Une part de moi savait qu’il le fallait, mais l’autre… Celle qui avait tant besoin de lui n’était pas prête à se décoller… Je voulais encore sentir son odeur, je voulais encore sentir les battements de son cœur et puis par où commencer ? Où est-ce que s’arrêtait mes jambes et où est-ce que commençait les siennes ? Est-ce que j’aurais le droit de dormir encore avec lui ? Oui cette question venait de nulle part… Mais je me rendais compte que si moi je ne regrettais pas, cela pouvait- être le cas pour lui. M’en voulait-il ? Allait-il finalement s’éloigner ? J’ignorais d’où cette peur pouvait provenir, peut-être parce qu’au fond je savais que même si nous n’avions fait que dormir, quelque part nous venions tout de même de franchir une étape et qu’on ne pourrions pas revenir en arrière…
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Lun 10 Juin - 0:13
JOYEUX ANNIVERSAIRE
♥

Merveilleux moment que celui où la demoiselle se réveillait. Il y eut quelques secondes, une poignée, durant lesquelles le temps n’avait plus la moindre emprise sur cette chambre, où la jeune fille vint tout simplement poser le bout de son nez contre le cou de la personne blottie contre elle. Elle était bien ici, tout simplement ça s’entendait au souffle qui s’échappait de sa bouche. Elle était à son aise, elle était là, ils étaient bien ensemble et ça aurait dû avoir toute son importance. Ils n’étaient plus seulement des amis de longues dates trouvant en l’autre, son confident et la personne qui donnait le sourire. Ça aurait dû permettre à leurs sentiments d’exister que de se retrouver ici. Combien de personnes se retrouvait dans un lit avec une personne qu’ils jugeaient attirante et ne faisaient rien ? Peu de personnes et combien de personnes laisseraient filer l’occasion en sachant que l’autre personne était tout aussi sensible que la première ? Encore moins. Et pourtant, Théo savait qu’il n’y aurait rien, parce qu’aucun des deux n’était prêt pour cela, pas qu’ils n’en avaient pas envie mais que valait quelques minutes de plaisirs contre deux vies brisées ? Ce ne serait pas uniquement leurs sentiments qui étaient en jeux mais le regard des autres. Il n’était pas idiot, s’il demandait à des gens ce qu’ils penseraient de la situation, la grande majorité serait outrée… surtout en sachant que cette enfant, il l’avait vu grandir. Et sûrement que s’il lui avait posé la question dans le cas où c’était une autre fille, de son cercle d’ami proche par exemple, Sélénya aurait posé un regard tout à fait différent sur lui. De la même façon que si elle lui avait avoué éprouver des sentiments pour un professeur, il l’aurait sûrement regardé les yeux ronds. Parce que quelque part, la société était ancrée en eux et qu’ils savaient que c’était tout sauf normal de vouloir cela.

Leurs regards se croisèrent tandis qu’elle venait d’ouvrir les yeux, reprenant sûrement conscience de la réalité, mais l’esprit était encore un brin endormi puisque l’éclat dans son regard était incroyablement criant de vérité. Le sourire de Sélénya ne laissait guère plus planer le doute, elle était heureuse. La question était de savoir à quel sujet, d’avoir bien dormi ou de se réveiller contre Théo, difficile à dire, mais dans un cas comme dans l’autre, c’était plaisant pour l’infirmier. Et puis cette voix, bien plus rauque qu’à l’ordinaire, déclencha des frissons dans tout le corps de Théo. Il voulait l’entendre plus souvent au réveil, c’était beaucoup trop mignon. Le problème c’est que ça donnait plus envie qu’autre chose au sorcier d’embrasser sa cadette et ne pas pouvoir le faire, c’était ultra frustrant. Merde à la fin, il était responsable du sourire sur le visage de la demoiselle, il le savait parfaitement et pourtant ça n’allait pas plus loin. La frustration ne l’empêcha cependant pas d’être poli « Bonjour Sélénya. »

Lorsqu’elle lui posa une question, la voix toujours aussi adorable, il y eut pourtant un changement radical chez elle. Ses joues se colorèrent presque directement, signe d’une gêne qui venait de se réveiller. Difficile de savoir à quoi c’était dû, le fait d’être contre lui ? Le fait d’être venu le voir ? Est-ce qu’elle aurait préféré se réveiller seule dans ce lit tout compte fait ? Le retour à la réalité aurait-il été plus simple pour elle, s’il n’avait pas été contre elle ? Il ne la quittait pas du regard, inquiet tout d’un coup. Est-ce qu’il n’était tout simplement pas en train de la perdre ? N’était ce pas trop pour elle et comment inverser la tendance. Même cette question était horrible en réalité, pas en elle-même, mais pour tout ce que la réponse pouvait signifier. Oui, il avait bien dormi, ça ne s’arrêtait pas à cette appréciation, il avait envie que toutes les nuits se passent ainsi, sentir sa chaleur corporelle, écouter sa voix au réveil sauf qu’il avait aussi envie d’aller plus loin. Bien sûr qu’hier ça aurait été profiter de sa vulnérabilité s’il était venu chercher un baiser… mais maintenant ? Maintenant, c’était uniquement la moralité qui l’en empêchait, cette même moralité qui le poussait à se dire qu’il fallait retourner dans la réalité, qu’ils n’avaient pas le droit de rester là comme ça mais il leur offrit cinq minutes de répit, cinq minutes où tout semblait si simple. « Si on m’avait dit qu’un jour j’arriverais à dormir paisiblement tout en étant aussi collé à quelqu’un, je ne l’aurais jamais cru. »

Il n’oubliait pas non plus la raison pour laquelle elle avait décidé de venir en ces lieux « Et toi ? Tes cauchemars ? » Est-ce que le contrat était rempli, est ce qu’elle avait eu raison de venir, était-il une barrière contre les cauchemars ? Et si la réponse était oui, son cœur s’enorgueillit de cette idée, ce qui était stupide… Si c’était le cas quoi ? Ils ne pouvaient pas dormir ensemble, parce que c’était dangereux. A commencer par le fait que même s’ils arrivaient à se retrouver, le risque qu’elle se fasse prendre était là et même s’il lui venait en aide, parce que ce serait le cas, il faut pas se mentir bien sûr qu’il viendrait l’épauler, et bien ça mettrait des soupçons aux gens. Sans parler du fait que s’ils se faisaient attraper ensemble, même s’il ne se passait rien et qu’elle était ici en tout bien tout honneur, pour une thérapie même, c’était sa place qu’il risquait. Alors oui, elle en valait la peine, ça il le reconnaissait sans problème, elle valait la peine qu’il se batte pour elle et qu’il risque gros mais pas sûr que tout le monde adore l’idée, à commencer par ses parents… parce qu’il faut croire que non, quitter la demeure familiale ça ne donnait pas tous les droits, qu’ils garderaient toujours un œil sur l’enfant… loin d’être prodige. Sélénya, dans cette équation, était, elle aussi, un problème puisqu’elle éprouvait aussi des sentiments, ce qui était adorable mais ça donnait encore plus envie. Pas besoin d’être un génie de Serdaigle pour se douter que cette innocence que l’un, comme l’autre s’évertuait à garder en place, finirait par leur échapper si ça se répétait souvent, ils finiraient par ne plus y arriver, le combat serait trop intense et ils n’étaient pas des machines.

Même si ça l’ennuyait profondément, même s’il aurait adoré la garder contre lui et juste profiter du temps qui lui était offert, ce n’était et ça ne serait jamais sa copine, alors, il prit sur lui pour se détacher doucement d’elle. Ce qui était un peu galère malgré tout, parce qu’ils avaient fait fort en dormant, qu’il n’avait pas envie de se détacher. Une fois debout, il hésita quelques secondes, lui tendre la main ou pas ? Puis finalement, il demanda « Tu veux prendre ton petit déjeuner ici ? » Ici pouvait vouloir dire plusieurs choses, ici dans le lit, ici dans l’appartement, il la laissait seule juge de la façon dont elle comprenait la question et il agirait en conséquence. Sans oublier la troisième solution, elle pouvait aussi vouloir partir pour déjeuner avec ses camarades et répondre par la négative, ce qu’il ne souhaitait pas le moins du monde.

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Sélénya Macmillan
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Mar 11 Juin - 21:59
Si toi tu es près de moi, la nuit fera place au jour
Théoly IV

« Mars 2019»
De tous les réveils auxquels j’avais eu le droit, celui-ci venait en tête de liste sans hésiter un seul instant. A aucun moment en venant lui demander hier soir de rester dormir avec moi, je n’avais pensé au bonheur que m’apporterais le fait de me réveiller dans ses bras. Et bon sang que c’était bon. Je me sentais si heureuse pendant l’espace de quelques secondes et pendant encore de longues minutes même ! Si bien que je ne pouvais cacher ce que je ressentais, mon regard devait probablement être un livre ouvert et il m’était difficile de me concentrer dans cette situation pour reprendre mon masque habituel, même si de toute façon j’étais certainement la plupart du temps un livre ouvert… Surtout depuis qu’il savait lui aussi. Je finissais alors par dire bonjour dans un premier temps et souriais en l’entendant également. Rien que ces mots me donnaient envie de me réveiller ainsi tous les jours… Je n’avais pas du tout pensé à la difficulté que se serait par la suite de me décoller de ses bras après y être restée pendant des heures… Et alors que je prenais réellement conscience de notre proximité et que j’en devenais légèrement gênée, je tentais de donner le change en lui demandant s’il avait bien dormi. Après tout, si pour moi la question ne se posait même pas, je voulais savoir si pour lui ça avait été. J’avais peur quelque part qu’il regrette, j’avais peur de voir cette ombre sur son visage… D’ailleurs le fait que la réponse ne venait pas tout de suite ne me disait rien qui vaille… Je me perdais un instant dans son regard, ne sachant réellement quoi penser de tout cela, ne sachant pas à quel point nous avions franchis une limite. Mon cœur se mettait alors doucement à tambouriner et je faisais de mon mieux pour que le réveil reste doux et ne devienne pas tout à coup brutale. Mais à la réponse de Théo, mon sourire venait doucement s’agrandir puis un léger rire s’échappait de ma gorge.

« Il faut dire qu’on a fait fort là. »
Ajoutais-je alors le sourire aux lèvres. Ne valait-il mieux pas en rire après tout ? Et puis, je ne connaissais rien de plus agréable que d’avoir mon corps totalement entremêlé avec le sien. Doucement ma tête venait se coller contre sa tempe tandis qu’il me retournait la question et m’interrogeait à propos de mes cauchemars. Est-ce que j’avais bien dormi ? Certainement que mon sourire parlait pour moi n’est-ce pas ? Et puis… Je savais très bien que je ne pouvais pas laisser parler mon cœur dans un moment pareil… Je me mordillais lèvre un instant tandis que je faisais attention aux mots qui allaient sortir de ma bouche. « Aucun. » Disais-je alors sans pouvoir maitriser le sourire qui s’agrandissait jusqu’aux oreilles. « Je ne me suis pas réveillée une seule fois. » J’avais envie de lui dire que pour moi c’était sans doute ma plus belle nuit puisque je l’avais passée dans ses bras, mais ces mots-là m’étaient totalement interdit de prononcer… Tout comme le fait que j’avais envie de recommencer ou que je n’avais plus envie de quitter ses bras… Bon sang c’était mon meilleur réveil et en même temps ce moment était le plus cruel, parce que je savais que viendrait le moment où notre bulle devrait éclater, où il devrait s’éloigner… N’était-ce pas ce qu’il était en train de faire justement ? Je prenais sur moi pour ne pas le retenir, pour ne pas m’agripper à lui alors qu’il se défaisait de mes bras. Par contre je n’ai pas eu le temps de maîtriser le frisson qui s’emparait de moi par la suite à cause du froid qui s’engouffrait sous la couette parce qu’il n’était plus là. Voilà qu’il n’était plus près de moi et je me sentais telle une junkie en manque… Une seule nuit dans ses bras et voilà les dégâts que cela causait déjà en moi… Mon sourire rayonnait déjà moins, pourtant je faisais de mon mieux pour faire comme si cela ne me touchais pas autant. Je me glissais un peu plus dans la couette, ayant aucune envie de partir d’ici… La question de Théo faisait doucement renaître mon sourire sur mon visage. Ici ? Chez lui ? Donc je n’allais pas devoir partir tout de suite ?

« Je veux bien oui. » Répondais-je alors un peu timidement. Est-ce que j’étais censé rester ici ? Dans le lit ? Ou bien me lever ? Dans le doute et ne voulant pas passer pour la fille la plus feignasse au monde, je me redressais alors et quittait à mon tour le lit de Théo avec un petit pincement au cœur. C’était peut-être et sûrement la première et dernière fois que je m’y trouverais n’est-ce pas ? C’était sans doute ce qui était le plus… Raisonnable ? La question était combien de temps est-ce que j’allais tenir avant de manquer de sommeil de nouveau ? Et surtout combien de temps allais-je tenir avec le souvenir d’avoir dormis dans ses bras rien qu’une nuit ? Cela m’avait paru être la solution et si j’étais certaine d’une chose c’était que je ne regrettais pas un seul instant… Mais je n’avais pas du tout pensé à l’après… Et à présent je me demandais si ça n’allait pas rendre les choses encore plus compliquées ? Et lui ? Que pensait-il de tout cela ? Mais je n’osais pas poser la question, je ne voulais pas gâcher tout ça. Debout je récupérais le plaid que j’avais utilisé la veille, me sentant encore un peu frileuse à présent que j’étais séparée de l’espace entre ses bras…
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Jeu 13 Juin - 18:31
Tout s'éclairera puisque tu es là
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Pas facile de se convaincre qu’il fallait se séparer d’elle. Il n’y aurait pas de prochaine fois, ils le savaient. Plus jamais il n’aurait le droit à ce regard débordant d’amour au réveil. S’il était gêné parce qu’il savait que ce n’était pas vraiment ce qu’on attendait de lui, il y avait néanmoins cette satisfaction, celle qu’il garderait en mémoire, elle avait été heureuse entre ses bras. Peut être même qu’elle immortaliserait ce moment dans un coin de sa mémoire, comme il le faisait et qu’elle y repenserait en se disant qu’ils avaient connu un moment de bonheur pur et cette sensation le grisait. Il ne serait jamais son copain, il le savait que trop bien, mais durant quelques heures, il avait été la personne la plus importante aux yeux de Sélénya. Il n’y avait eu que lui qui avait compté, alors certes à l’échelle d’une vie, c’était dérisoire mais pour lui ça comptait énormément, c'était plaisant tout simplement. Et en même temps se satisfaire de cela, ça n’était pas une bonne chose non plus puisque ça redonnait de l’importance à des sentiments qu’ils devaient étouffer.
Si éveillé, il pouvait contrôler, au mieux, ses mots et ses gestes, difficile de contrôler cela lorsqu’il dormait. Il pouvait bien se mentir autant qu’il voulait en se disant que c’était instinctif de se coller à la première source de chaleur présente, mais c’était peu crédible. Autant le reconnaître ouvertement alors, ils avaient un peu merdé cette nuit, enfin pas elle, uniquement lui. La seule chose qu’avait voulu Sélénya c’était dormir paisiblement. Et pourtant, loin de le lui reprocher, la blondinette avait un grand sourire, voir même arrivait à en rire. Cela semblait vouloir dire qu’elle le prenait bien, qu’elle n’allait pas l’éviter. Et bien, il fallait croire que ce n’était à l’ordre du jour puisqu’au contraire, elle revenait coller sa tête contre celui de son presque amant, ils étaient à ça de faire le geste de trop. Chacun en avait parfaitement conscience, ce qui ne les empêchait pas de flirter avec le danger.

Le regard de Théo s’éclaira d’une joie immense en entendant le mot aucun. C’était la première fois qu’il l’entendait dire qu’elle avait passé une nuit sans le moindre cauchemar, depuis qu’elle avait été dans ces cachots sombres. Il lui offrit un sourire plein de tendresse en entendant le complément, pas une seule fois elle s’était réveillée, elle avait dormi d’une traite. Le cœur de Théo battait à tout rompre, de joie, mais aussi d’inquiétude. Si c’était arrivé, comment aurait-elle réagi ? En réalité, ce qu’il aurait dû lui dire c’est qu’il fallait qu’ils trouvent une façon de remédier aux cauchemars de la demoiselle. Maintenant, ils savaient que c’était possible. Le problème c’est que ce genre de phrases les projetterait dans un futur où ils n’étaient pas ensemble dans un lit. Il se contenta de lui dire, essayant réellement de ne pas paraître imbu de lui-même, fier, détestable quoi « Je suis content pour toi. » En temps normal, il aurait réussi à faire de l’humour mais là ça ne lui paraissait plus si évident puisqu’il avait plus envie de lui dire que sa porte serait toujours ouverte pour la demoiselle si elle en avait besoin. Ce qui était le cas attention, il savait que si elle se pointait, il lui ouvrirait toujours et accepterait toujours de dormir avec elle, sans rien faire, quand bien même c’était difficile le matin de se défaire de son étreinte. Sauf que ce n’était pas la solution idéale, ni pour l’un, ni pour l’autre. Si s’éviter n’avait fait que créer un manque, être collé l’un à l’autre n’aiderait pas plus. Pour ce qui était de Théo en tout cas, ça n’allait pas du tout parce qu’il ne se passait, certes, rien entre eux mais, cela ne l’empêchait pas d’avoir une conscience morale, qui ne faisait que le tourmenter.

Ce fut cette dernière qui le poussa à remettre une légère distance entre eux, ce qui ne le rendait clairement pas plus heureux qu’elle. Pour lui aussi c’était compliqué de faire une croix sur cette parenthèse fort agréable. Et s’il n’était plus contre elle, cela ne l’empêchait nullement d’avoir envie de rester à ses côtés, essayant, une fois de plus, de se persuader qu’il ne faisait rien de mal en lui proposant de petit déjeuner ici. Et il faut dire qu’elle l’aidait à mieux vivre les choses avec son sourire, elle voulait rester et ne lui tenait pas rigueur de son éloignement, nécessaire mais difficile. A sa réponse positive, il eut l’impression que c’était le plus beau des cadeaux qu’elle lui faisait. Il l’observa tandis qu’elle quittait les draps, ce qui, quelque part l’attrista énormément, parce qu’il savait que ça ne se reproduirait pas. Elle semblait avoir froid une fois hors du lit puisqu’elle récupéra le plaid. En temps normal, il aurait fait un feu de cheminée pour la réchauffer mais se doutait qu’elle devait avoir en horreur les feux suite à ce merveilleux épisode de la fête foraine. Mieux valait-il alors lui laisser la couverture et ne rien faire qui puisse la traumatiser.

Une fois dans la cuisine, c’était tout autre chose qui l’animait, une volonté de bien faire. C’était totalement crétin, il n’avait rien à lui prouver, elle s’en moquait sûrement éperdument de ce qu’il y avait sur la table mais, c’était plus fort que lui.  Clairement, c’était la première fois depuis qu’il bossait ici que la table fut aussi garnie. Entre les viennoiseries, les confitures, la charcuterie, le fromage et les différents jus qui lui passaient par la tête, difficile de trouver un espace libre sur la table, bon excepté pour les bols, les assiettes, les couverts et les verres, là oui quand même, il ne les avait pas oubliés.  Observant cette table et faisant un check up mental de tout ce qu’il y avait, il finit par dire « Voilà, je crois qu’on est bon. » D’un geste de la main, il l’invita à prendre place avant de la regarder, timidement. Est-ce que ça n’était pas trop présomptueux de sa part d’avoir fait cela ?  A vouloir bien faire, est ce qu’il n’en faisait pas trop et que ça déplaisait à sa camarade ? Il s’installa donc avant de tenter un peu d’humour « Non ma table n’est pas comme ça tous les jours. Déjà parce que la plupart du temps je ne mange pas ici, mais aussi parce que je n’arriverais jamais à manger tout ça seul… Enfin même à deux, ça me paraît compliqué. J’ai peut-être un peu abusé. » un nouveau sourire vers la demoiselle avant de constater « Au moins tu as du choix. Sers-toi, ne sois pas timide. »

C’était peut-être un chouya malhonnête de faire comme si de rien était, de ne surtout pas lancer le sujet qui les concernait tous les deux, à savoir le après. Se voiler la face c’était plus simple. Il ne savait même pas ce que lui voulait, enfin au fond de lui si, il savait mais ce n’était point possible. Il craignait un peu les choix qu’ils devraient faire alors il manquait un peu de courage, ce qui était lamentable pour un ex Gryffondor. Pour ne rien arranger, il savait aussi que pour la faire sortir, ça allait être une angoisse, la peur que quelqu’un les surprenne et en saute à la conclusion qu’ils s’étaient envoyés en l’air dans cette chambre. Ah clairement, ce n’était pas l’envie qui avait manqué mais non… Peut être qu’il aurait mieux valu, au moins il aurait une bonne raison de se maudire et de craindre de se faire attraper. Il porta son chocolat chaud à ses lèvres, pensif et finalement, c’est le bonheur de Sélénya qui prit le dessus sur tout le reste. « Tu as déjà essayé de dormir avec une de tes camarades pour voir si ça t’apaisait et te permettait de dormir sans cauchemar ? « Qu’on ne s’y trompe pas, il posait la question mais ça ne lui plaisait pas le moins du monde. C’était d’ailleurs chiant cette jalousie, il ne la contrôlait pas mais elle était bel et bien présente, indignée. Le problème, c’est qu’il pouvait ou non ressentir ne rentrait pas en ligne de compte, elle était plus importante que cela, quand bien même, ça ne lui plaisait pas de l’imaginer dormir dans les bras de quelqu’un d’autres. Il fallait donc qu’il fasse preuve d’une grande maîtrise de soi même pour ne pas montrer que ça l’affectait.


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Sélénya Macmillan
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Jeu 13 Juin - 22:06
Si toi tu es près de moi, la nuit fera place au jour
Théoly IV

« Mars 2019»
Quelque part je l’admirais… Enfin ce n’était pas un secret, je l’admirais déjà beaucoup pour pas mal de chose, mais j’admirais son courage chaque fois que nous étions ensemble et encore plus après cette nuit. Car il en fallait pour prendre ses distances comme il l’avait fait, il en fallait pour sortir de se lit alors que je n’aspirais qu’à ses bras et que sans doute, lui aussi aurait désiré plus ? Et pourtant, il ne m’avait pas touché, il n’avait eu aucun geste déplacé, aucune parole qui aurait pu laisser penser qu’il aurait aimé plus… Un parfait gentleman. Plus que ce que moi j’avais été capable puisque je n’étais pas parvenue à m’arracher de ses bras. Tout cela ne faisait qu’amplifier tout ce que je pouvais ressentir pour lui. Est-ce que c’était cela l’amour ? Le vrai ? Pas celui que j’imaginais avec les autres que j’avais pu connaître avant… S’aimer si fort au point de sacrifier ses propres envies pour ne pas briser nos vies et pourtant sentir nos cœurs s’affoler lorsque nous étions proche l’un de l’autre ou par le simple fait de s’apercevoir ? Pouvoir lire dans le regard de l’autre chaque fois qu’ils se croisent ? Si j’avais cru aimer avant, je me fourvoyais me rendant compte de ce qu’il en était vraiment lorsque c’était le cas… Etait-ce logique ? Alors que nous faisions tous pour rester amis que ces sentiments ne faisaient que s’intensifier avec le temps ? Et s’ils ne disparaissaient jamais finalement ? Si nous étions destinés à nous aimer sans que cette flamme ne s’éteigne un jour sans même pouvoir vivre cet amour au grand jour ? Toutes ces questions dans ma tête et je n’en posais aucune…

J’avais bien trop peur des réponses et puis cela serait me dévoiler un peu plus et je ne voulais pas le mettre encore plus dans l’embarras que ce n’était déjà le cas. Emmitouflée dans le plaid qu’il m’avait prêté hier soir, j’attendais patiemment dans le salon tandis qu’il s’affairait dans la cuisine sans savoir s’il avait besoin d’aide ou non… Je ne disais rien, voyant la table se remplir au fur et à mesure… Plus elle se remplissait et plus un léger sourire s’échappait de mes lèvres… Il pensait que nous étions combien au juste à manger ce matin ? Ou alors est-ce qu’il me pensait réellement capable d’avaler tout cela dès le matin ? Pourtant je ne l’arrêtais pas. J’étais totalement fascinée, par lui, par ses gestes, je n’en perdais pas une miette alors qu’il avait l’air d’être concentré… Et puis, je pouvais le dire, je trouvais cela tellement adorable que je n’avais pas le cœur à l’arrêter sur une aussi bonne lancée. Finalement, il finissait par s’arrêter, annonçant alors que tout était bon. Mon regard brillait un instant en le regardant, encore une fois je n’arrivais pas à le maitriser ce traitre qui dévoilait sans gêne ce que je pouvais ressentir. Je me levais en m’approchant, mon sourire ne quittait pas mon visage tandis que je regardais toute la nourriture qu’il avait réussi à caser sur la table. Je n’eus pas le temps de lancer une petite plaisanterie, ce fût lui qui reprit la parole. Je souriais alors de plus belle en étant amusée alors qu’il tentait de s’expliquer. Adorable, il était adorable et mon cœur lui ne cessait de s’emballer de plus belle… J’avais envie de m’approcher et de venir l’embrasser sur la joue pour le remercier, mais je le faisais pas me disant qu’il fallait peut-être un peu freiner sur les contacts physiques avant qu’une bêtise ne soit commise…

« Juste un peu ? »
Demandais-je en riant légèrement afin de le taquiner… « Du moment que je ne suis pas obligée de tout manger. » Ajoutais-je alors en continuant de le chercher un peu. Ah ça, pour avoir du choix, j’avais du choix, il n’y avait aucun doute là-dessus et doucement je mettais le sourire de côté afin d’y répondre un peu plus sérieusement. « Merci Théo. » Je le taquinais, mais dans le fond j’étais réellement touchée qu’il se soit donné autant de mal. Je n’en avais pas demandé autant bien entendu, loin de là, juste quelques trucs auraient suffi je n’étais pas difficile… Je dirais même que je suis un ventre sur patte même si ma silhouette ne le laissait pas deviner, mais là tout de même ça faisait un peu beaucoup. Je m’installais donc non loin de Théo et un autre sourire se dessinait sur mes lèvres en constatant que l’on prenait tous les deux un chocolat chaud. Détail peu intéressant pour certains, mais qui pour moi avait toute son importance. Quant au reste, je me perdais un peu sur la table tellement il y avait de choix différents, je finissais par me laisser tenter par de la brioche. C’était la première fois que nous prenions notre petit déjeuner ensemble, rien que tous les deux et pourtant je trouvais cela naturel, comme s’il n’y avait rien d’étrange à tout cela, comme si chacun de nous était à sa place, même le silence entre coupé des bruits de couverts ne semblait même pas pesant, je me sentais bien. L’infirmier reprenait tout de même la parole et je m’étais un petit moment à réagir ne m’attendant pas à cette question. Je finissais doucement ma bouchée tandis que les mots se formaient dans ma tête, mais avait du mal à sortir… Je savais où il voulait en venir, mais je savais aussi que cela ne servirait à rien…

« Je… » Disais-je pensive un moment avant de m’éclaircir la voix afin de reprendre. « Pas vraiment, même si certaines m’ont proposé de les rejoindre après avoir réveillé tout le monde à la suite d’un cauchemar, le souci reste le contact… » Comment dormir avec une personne sans la touchée ? Tout en gardant une distance entre cette personne et moi-même ? Et avec Elise, même j’avais développé son contact, je n’avais pas encore pris le risque de la rejoindre en pleine nuit… S’il y avait un risque à prendre apparemment mes pieds préféraient venir ici… Chez lui… Près de lui… Mais je pensais qu’il le savait non ? Pour moi c’était clair comme de l’eau de roche, c’était de son contact à lui dont j’avais besoin, pas d’un autre, aucune autre présence ne m’apaisait comme la sienne… Sûrement que ma mère y parviendrait également… Mais pas de la même façon… « Mais je sais déjà que ça ne fonctionnerait pas… » Il fallait d’abord pouvoir me calmer et encore une fois seul lui y parviendrait… Et ce n’était pas un hasard s’il n’y avait que lui qui y arrivait aussi bien… Il y avait cette confiance sans fin entre nous et probablement également les sentiments que j’éprouvais pour lui… Peut-être même qu’ils étaient la cause de tout même si au début je n’avais pas voulu les voir… C’était de lui dont j’avais besoin, c’était surtout lui que je voulais, que je désirais…

« Ce n’est sans doute pas un hasard si c’est devant ta porte que mes pieds m’ont dirigé cette nuit. » Soufflais-je à défaut de pouvoir lui dire ce que je pensais quelques secondes plus tôt. En revanche le sous-entendu était bien là, c’était lui, pas quelqu’un d’autre… Mais je savais pourquoi est-ce qu’il me posait la question, je n’étais pas idiote… « Il ne faudra pas que ça se renouvelle c’est ça ? » Finissais-je par demander en me mordant la lèvre, ce n’était même pas une vraie question, il n’avait même pas besoin de répondre dans le fond, car je savais déjà que la réponse était oui, nous avions franchis une limite que nous aurions sans doute jamais dû franchir… Pourtant je n’arrivais pas totalement à m’en vouloir et je ne voulais pas qu’il s’en veuille non plus.
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Mer 19 Juin - 23:39
Tout s'éclairera puisque tu es là
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Le regard de la Poufsouffle sur lui, il le sentit, tout le temps que dura le remplissage de la table. Pourtant, il ne se détacha pas de son objectif pour croiser ce regard. De toute façon, il ne fallait pas qu’ils se cherchent sans arrêt du regard, quand bien même il avait envie de voir l’affection que cette demoiselle lui portait, il ne le fallait pas. C’était son devoir que de la préserver de tout cela, même si dans un même temps, il avait bien conscience de ne pas l’aider en éprouvant des sentiments similaires à ceux de Sélénya. Et finalement, il n’y tint plus, son regard vint s’enquérir de ce qu’elle songeait, croisant ce doux regard, craignant d’en avoir trop fait quand bien même ça ne les mènerait nulle part. Son sourire aussi en dévoilait long sur la satisfaction de la demoiselle, elle ne semblait pas être blasé par lui, ce qui était rassurant pour le coup. Néanmoins, au cas où, il se justifia, faisant un peu d’humour, se charriant lui-même. Chose qui sembla amuser aussi Sélénya puisqu’elle en rajouta une couche, ce qui le fit lever les yeux au ciel tandis qu’elle rigolait à ses dépens « C’est au cas où, tu es difficile. » C’était la pire excuse au monde, il en avait bien conscience et son sourire le démontrait à la perfection, même lui n’y croyait pas une seule seconde. La demoiselle ne lui laissa pas de répit, l’enquiquinant un peu plus sur le fait qu’il était clairement dans l’abus au niveau des victuailles. Théo fit mine de réfléchir quelques secondes avant de dire une nouvelle bêtise « Ah tu ne comptais pas tout manger ? Moi qui comptais là-dessus pour te remplumer un peu, il va falloir que je trouve une autre astuce alors. »

Finalement, elle le remercia et il sentit son cœur s’emballer sous la franchise du remerciement. Il ne trouva pas les mots pour rebondir là-dessus, simplement touché par cela. Il l’observa venir prendre place à table, et là aussi, c’était un plaisir tout particulier. Contrairement à la nuit qu’ils avaient passée ensemble, ce n’était pas la première fois qu’ils mangeaient ensemble, ce n’était probablement même pas la première fois qu’ils étaient à côté de l’un de l’autre à table. Mais là, il n’y avait qu’eux, personne pour détourner l’attention d’une des deux personnes, ils étaient attentifs l’un à l’autre, c’était plaisant tout simplement. Théo essayait réellement de ne pas se focaliser uniquement sur ses gestes à elle, sur le fait qu’il était tout simplement ravie qu’elle ait accepté de prolonger un peu plus ce moment à deux, envoyant paître sa morale qui n’était pas ravie qu’il ne fasse pas plus d’efforts pour rendre les choses normal et arrêter de flirter avec les limites. Ce qui était fou, c’est que même lorsqu’ils ne parlaient pas – parce que parler la bouche pleine bouuuh c’est pas bien – et bien c’était un agréable moment. Théo n’avait d’ailleurs pas eu envie de tout gâcher en parlant des nuits de Sélénya. Il voulait juste essayer de trouver une solution pour qu’elle ne ressemble pas à un panda… même si pas de problème Sélénya serait sûrement le plus joli des pandas, la question n’était pas là.

D’ailleurs, elle mit un moment avant de répondre, si bien qu’il lui lança un regard pour voir s’il l’avait déstabilisé. Ça n’avait pas l’air de l’avoir perturbé outre mesure, elle finissait juste ce qu’elle avait dans la bouche, bien que prenant tout son temps pour cela… Ce n’est qu’au premier mot, non suivi par le reste de la phrase qu’il fut certain que ce n’était pas la discussion favorite de Sélénya au petit déjeuner, alors il aurait bien aimé la rassurer sur ce point en disant que ce n’était pas non plus de gaieté de cœur qu’il parlait de ça. Il dû faire preuve d’une certaine dose de sang froid lorsqu’elle reprit la parole pour reconnaître que certaines lui avaient proposés. C’était si simple pour les autres, lui ne pouvait même pas lui faire la même proposition. Pire encore, il était celui qui devait lui fournir des solutions tout en s’écartant de l’équation alors que c’était une évidence à présent, il l’aidait à dormir sereinement. Et elle relevait un point essentiel, le contact restait problématique pour Sélénya. Si pour lui, ça n’était pas un problème car elle avait confiance en lui, pour la plupart des gens de cette école, ça n’était pas si simple. Il était mitigé entre le plaisir de savoir qu’il était un privilégié – ce qui entraînait de la culpabilité chez lui – et l’envie que quelqu’un y arrive à son tour et qu’elle puisse être avec cette personne sans être jugée par tout le monde, pour des éléments tels que l’âge ou la profession – ce qui le déprimait un chouya - . Il réfléchissait à comment contourner ce problème, comment faire en sorte que les gens ne la touchent pas mais qu’elle puisse puiser en eux le calme nécessaire pour se rendormir. Sélénya le stoppa dans sa réflexion, convaincue que ce n’était pas vers les membres de son dortoir qu’il faudrait se tourner pour que ça puisse mieux se passer.  

Il n’eut pas le temps de répondre à cette phrase que sa camarade enchaînait avec une autre vérité. Cela ne servait à rien de faire le modeste, pas plus que le surprit. Ils savaient tout deux qu’elle était dans le vrai. Ce n’était pas un hasard si elle était ici. Même s’ils n’avaient pas eu cette discussion à Sainte Mangouste, elle aurait pu dire la même chose, c’était cette confiance en lui qui l’avait fait venir ici.  Il posa un regard rempli de franchise sur elle « Sans doute pas, en effet. » Il n’y avait rien à dire de plus, il avait conscience de cette relation privilégiée et du fait que ça avait été un réflexe pour elle de venir ici. Il ne la jugeait d’ailleurs même pas, elle venait chercher de la sérénité et il était en mesure de lui offrir, il n’y avait rien de plus à en dire. Il était là où il devait être pour aider la fille qui lui tenait à cœur.

A la question suivante, il la regarda dans les yeux. C’était là tout l’enjeu en effet, ce n’est pas pour autant que c’était facile de répondre, parce qu’il avait l’impression d’être coincé. Quoi qu’il arrive, ce n’était pas la chose qu’ils souhaitaient et il le savait. « Je ne t’empêcherais jamais de venir ici. Je ne refuserais jamais de t’ouvrir la porte surtout si tu es dans un état comme hier soir et que tu as besoin de soutien. » ça c’était la partie sympathique de la réponse, il ne savait pas comment lui dire le reste, craignant de lui faire de la peine ou de passer pour un profiteur. Il mit donc quelques secondes avant de reprendre « Si on recommence, combien de temps avant que l’on franchisse une nouvelle limite ? On ne peut pas se le permettre. » Sincèrement, il avait envie de croire qu’ils en étaient capables, qu’ils étaient capables de dormir l’un contre l’autre sans qu’il ne se passe jamais rien mais cela semblait peu probable. De plus, il craignait réellement les bruits de couloirs si ça s’apprenait qu’elle dormait ici. Personne ne voudrait le croire, tout le monde serait au courant et il n’avait pas envie de perdre le respect des gens pour quelque chose qu’il n’avait pas fait.

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Sélénya Macmillan
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Ven 21 Juin - 20:34
Si toi tu es près de moi, la nuit fera place au jour
Théoly IV

« Mars 2019»
Comment ne pas tomber encore plus sous le charme ? Des mois que l’on faisait comme si de rien était, des mois que nous gardions nos distances l’un avec l’autre sans forcément s’empêcher de se voir. Les sentiments allaient s’atténuer, c’était ce qu’on s’était dit… Sauf que chez moi pour le moment c’était totalement l’inverse… Mon regard posé sur lui je sentais mon cœur se gonfler de bonheur et des sentiments que je ressentais pour lui. Comment faisait-il lui pour se contrôler aussi bien ? Même si je savais, il y avait des moments où j’avais l’impression qu’il gérait beaucoup mieux que moi, qu’il ne laissait rien paraître… Peut-être que si mes sentiments auraient été envers quelqu’un d’autre je lui aurais demandé des cours, là… Cela me semblait un peu compliqué. En tout cas j’étais réellement touchée même s’il y avait beaucoup trop de nourriture sur la table pour seulement deux personnes, chose qu’il semblait lui-même remarqué puisqu’il avait été le premier a plaisanté sur le sujet, bien évidemment je n’étais pas en reste. En l’entendant mon sourire s’agrandissait un peu plus. « Mais bien sûr, tu pouvais demander aussi, je ne mords pas. » Lâchais-je alors en riant doucement pour lui montrer que son argument ne tenait pas du tout la route. Mais je ne lui en voulais pas, pas du tout encore une fois je trouvais ça juste adorable. Je continuais alors en précisant que tant que je n’étais pas obligée de tout manger ce n’était pas grave. « Me remplumer ? » Insinuait-il que j’étais trop maigre à son goût ? Si je tentais de garder le sourire, une part de moi n’a pas pu s’empêcher de se remettre en question. C’était un léger complexe chez moi, pas autant que mes cicatrices, mais j’avais perdu beaucoup de poids en deux ans… Lorsque j’avais été retrouvée, on voyait mes côtés, les os de mes poignets ressortais, ma colonne vertébrale était beaucoup plus que dessinée… Ce fût long, mais doucement j’ai repris du poids, doucement mes formes sont revenues pas tout à fait à la normal, j’en avais conscience, les médicomages m’ont dit que c’était normal, mon corps avait subi un traumatisme, même plusieurs, il lui faudrait du temps pour se remettre. Je savais que dans le fond, la remarque de Théo ne se voulait pas être blessante ou ne sonnait pas comme un reproche, pourtant c’était plus fort que moi, je me demandais s’il n’y avait pas une part de vérité… N’arrivant pas à rebondir je m’étais contenté de sourire tandis que mon regard avait fui le sien pendant quelques secondes avant que nous nous mettions à table et que doucement la pression que j’avais ressentis s’évanouisse aussi vite qu’elle était venue.

Manger en présence de l’infirmier n’était pas nouveau. Le fait qu’il n’y ait personne avec nous en revanche, ça, ça l’était. Même si le silence nous entourait, je savourais ce moment. J’avais l’impression d’être dans une bulle, que tout autour le monde pouvait bien s’écrouler, rien ne pouvait nous atteindre. C’était simple et en même temps c’était tellement plus… Aucun de nous ne le disait, mais on le savait tous les deux que nous dépassions encore des limites qui ne devrait pas être dépassées… Pourtant, je n’arrivais pas à me sentir coupable. Quelque part, au fond de moi je savais que ce n’était pas bien, mais une autre en avait tout simplement marre de se restreindre et ne supportais plus cette frustration que l’on supportait depuis des mois… Alors je préférais savourer chaque petit moment, même si je savais que le retour à la réalité allait-être brutal. Je mentirais si je disais que je ne l’appréhendais pas, au contraire… Finalement c’est l’infirmier qui reprenait la parole en premier, pensant probablement poser une question anodine… Pourtant elle ne l’était pas… Je ne voulais pas dormir avec quelqu’un d’autre… Et quelque part, je ne voulais peut-être pas trouver une autre solution, sauf si on m’en trouvait une où j’étais capable de gérer toute seule…  De plus je savais que dormir avec quelqu’un d’autre ne fonctionnerait pas et ça, pour plusieurs raisons que je ne pouvais pas réellement citée à voix haute, alors je prenais des moyens détournés même si Théo déchiffrait probablement aisément mes propos puisqu’il affirmait ces derniers. Cela me forçais à me poser une autre question… S’il cherchait un autre moyen, c’était parce que celui que nous avions trouvé cette nuit ne convenait pas, parce que cette limite que nous avions dépassée, nous ne pourrions probablement pas la repasser, jamais… Les mots m’échappent, la question se pose à voix haute et au fond de moi je ne veux pas entendre la réponse, parce que je la connais… Je me contracte alors, prête à encaisser… Les mots tardent à venir et pendant un instant je me demande s’il n’a pas lu dans mes pensées, mais finalement, il prend la parole. Ses mots viennent dans un premier temps réchauffer mon cœur, ils l’enrobent dans du coton, le protège certainement de la suite… Parce qu’il y a un mais n’est-ce pas ? Je le sais, je m’y attends… Quand il reprend la parole, son regard toujours dans le mien, j’ai du mal à le soutenir tant son regard accompagné de ses mots sont intenses. Pourtant il avait raison. Dieu sait ce qu’il avait raison et je le savais…

« Je sais… » Fût tout ce qui put sortir de ma bouche avant que je ne me renferme sur moi-même afin de tenter de garder une contenance. Ma gorge s’était complètement nouée et je sentais les larmes commencer à me monter aux yeux et je ne voulais pas pleurer, je ne voulais pas gâcher ce moment. Je voulais sa force. Moi aussi je voulais donner cette sensation que rien ne pouvait m’atteindre. Comment faisait-il ? Alors que moi je me sentais si faible en cet instant… A deux doigts de craquer… Mon regard quittait le sien pour se poser sur la brioche entre mes doigts, mon estomac refusait que je prenne une bouchée de plus. Et en même temps, je ne voulais pas rester ainsi, je voulais pouvoir encaisser, surmonter, sans rien laisser paraître, comme lui… « Je suis désolée… » Murmurais-je alors afin de ne pas m’enterrer dans mon mutisme. « Je ne voulais pas te mettre dans une situation délicate… Je… Je ne veux pas que tu perdes ton travail… » Parce que c’était ce qu’il risquait au fond. Et que nous n’avions fait que dormir oui, mais que si on nous prenait sur le fait qui irait croire que cela ? Et puis en tant qu’infirmier, qu’est-ce qui lui donnait le droit de dormir avec une élève ? Je n’avais pas tort lorsque je pensais qu’il me fallait une solution ou je pourrais m’en sortir seule, parce qu’il allait bien falloir qu’un jour je cesse de m’appuyer sur lui, je ne voulais pas qu’il pense que je me servais de lui pour aller mieux, je ne voulais pas qu’il finisse par m’en vouloir…

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Tout s'éclairera puisque tu es là
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Leur complicité ne faisait aucun doute. Dès le réveil, leurs esprits étaient déjà au taquet et ne demandaient visiblement qu’à se chercher, dans la joie, et la bonne humeur. L’argumentaire de Théo craignait, c’était une certitude et Sélénya était bien loin d’être dupe et ne se laissait clairement pas mener en bateau. Ah non mais même en s’essayant au sourire innocent, ça ne passait pas le moins du monde auprès de la demoiselle qui rebondit aussitôt pour démonter ses arguments. Ah non mais il faudrait mieux s’y prendre s’il voulait donner le change et avoir le dernier mot. Après, avoir tort dans ce cas de figure ce n’était pas un problème, raison pour laquelle il répondit avec un grand sourire « Tu as raison. » Son regard pétilla d’amusement, tandis qu’il prononçait la partie suivante « Mais, pour une fois que j’avais une invitée de marque, ici. Je voulais me débrouiller seul, sinon tu allais te dire ahlala ces gars incapables de se débrouiller seul. » Il avait eu envie aussi de lui dire qu’à l’avenir, il lui demanderait mais les mots se bloquèrent dans sa gorge, quel avenir ? C’était une parenthèse, certes agréable et vivifiante, mais ce n’était qu’une parenthèse et dès qu’elle franchirait la porte d’entrée, un monde les séparerait de nouveau. Il voulait profiter un maximum de sa présence ici et plus que ça, il voulait qu’elle en garde un bon souvenir.

Chose qui n’allait pas arriver si les mots sortaient plus vite qu’il ne réfléchissait. Ce n’était pas tant le ton utilisé par Sélénya qui était alarmant, plutôt son expression, le fait que tout d’un coup, son regard se voilà imperceptible pour qui ne la connaissait pas spécialement. Elle aurait pu réussir à duper un inconnu, mais pour Théo ça sautait au visage. Il n’avait pas réfléchi et elle détournait le regard comme si tout d’un coup il n’était plus son allié mais quelqu’un qui la tourmentait, la faisant se remettre en question. Il garda le silence quelques secondes, le temps pour lui de mettre ses idées en place, regardant la main de Sélénya, hésitant à la lui prendre pour lui montrer du soutien, mais se retint, déjà parce que ce n’était pas une façon de régler les choses, ça les faisait flirter avec les limites, mais aussi et surtout parce qu’il craignait qu’elle se dérobe. Autant reconnaître la vérité « C’est mon grand père qui disait ça lorsque j’étais enfant et que je ne voulais pas manger. » Il faut dire que s’il avait fait autre chose que des légumes verts, Théo aurait sûrement mis plus d’entrain à finir son assiette. « J’ai pas réfléchi, je suis désolé, je ne voulais pas te blesser. Ça n’a aucun rapport avec ta silhouette, je t’assure. » Il aurait aimé pouvoir lui dire qu’il la trouvait belle comme elle était mais, les mots ne pouvaient sortir, pas qu’il ne les pensait pas, son regard étant criant de vérité, mais il essayait de rester dans le cadre ami, ne voulant pas la flatter tout en ayant aucun avenir à lui offrir. Et puis, il était sûrement le premier témoin du fait que Sélénya reprenait peu à peu du poids, la portant assez régulièrement, pas plus tard qu’hier pour être précis, il se rendait bien compte que ça allait de mieux en mieux et que la complexer là-dessus aurait été bien sadique de sa part, quel idiot.

Heureusement, par la suite Sélénya ne sembla pas lui tenir rigueur de ses propos complètement foireux et ils purent manger sans que Théo n’ait l’impression de l’avoir perdue. C’était juste un moment à deux, plaisant, jusqu’à ce qu’il ouvre de nouveau la bouche. En fait, il aurait clairement mieux valu qu’il s’étouffe avec de la brioche ou son chocolat chaud parce qu’à chaque fois qu’il en plaçait une, il foirait. Ce qui était désolant tout de même, il essayait juste de lui venir en aide mais niveau échec cuisant difficile de faire mieux.
Il comprenait aisément qu’elle n’avait pas envie de quelqu’un d’autres, ça il le concevait, de même que si lui de son côté Sélénya l’avait invité à dormir avec une autre personne, il n’aurait pas spécialement trouvé l’idée géniale. De la même façon, qu’il savait très bien la raison qui avait poussé son amie à venir ici. Il savait que ce n’était pas un caprice, pas plus qu’un ras le bol de mettre des distances entre eux, tout ça il le savait. Et sa question était douloureuse, ce n’était pas parce qu’il savait ce qu’il devait faire et ce qu’il devait dire que c’était plus facile pour Théo. Et s’il y avait que la situation qui était délicate, sauf qu’en plus, il la blessait. Il le voyait à sa posture qui venait de changer, à son regard qui s’humidifiait et brillait un peu plus et qui, finalement, se détourna de la personne à l’origine de cette tristesse. L’infirmier la regarda sans trop savoir quoi faire. Lui rappeler qu’elle n’était pas la seule à souffrir dans l’équation, paraissait bien inhumain et lui prendre la main semblait désormais banni des choses à faire. La regarder souffrir en silence ce n’était clairement pas évident.

Son regard se remplit de surprise en entendant la demoiselle lui dire qu’elle était désolée. C’était incompréhensible, il ne lui reprochait rien, ils avaient été deux, ils étaient deux à prendre les décisions, s’il n’avait pas voulu prendre le risque, il l’aurait ramené dans son dortoir, ce n’était pas le cas. Il écouta tout ce qu’elle avait dire puis se leva, fit le tour de la table, puis tourna la chaise de Sélénya pour lui faire face « Ecoute moi, si je venais à perdre mon travail parce que tu es venue ici, je ne regretterais pas pour autant de t’avoir ouvert la porte hier soir. Tu avais besoin d’aide, je voulais t’aider. Personne n’a à juger cela. » Autant, il voulait bien reconnaître qu’il merdait avec ses sentiments pour elle, autant qu’elle culpabilise parce que des gens sauteraient à des conditions hâtives, c’était tout bonnement impossible pour lui. « Je ne dis pas que je n’ai pas peur que ça arrive mais tu n’as pas à être désolée d’avoir fait des cauchemars et d’être venu ici. Personne n’a le droit de te blâmer parce que tu as peur Sélénya. » Et en même temps, oui il avait peur que ça arrive et peur d’être séparé d’elle, parce qu’il ne se faisait pas d’illusions, ce serait une rupture réellement, ils n’auraient alors aucune raison de se voir et il avait conscience que ce serait la perdre définitivement. Il poussa un soupir « Est-ce qu’on peut éviter de se projeter dans un potentiel futur négatif et juste… essayer de faire comme si tout allait bien… au moins aujourd’hui ? » Il voulait garder en mémoire cette journée comme quelque chose de sympathique, une parenthèse agréable, la réalité les rattraperait bien assez vite, dès qu’elle franchirait la porte, il faudrait de nouveau mettre de la distance entre eux, essayer de faire en sorte de garder ses sentiments pour soi, que leurs regards évitent de les trahir sans arrêt. Bref, la routine dans laquelle ils étaient depuis début février, routine fort déplaisante pour les deux, mais qui était nécessaire pour pouvoir avoir le droit de se côtoyer, tout simplement.


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Sélénya Macmillan
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Dim 23 Juin - 21:36
Si toi tu es près de moi, la nuit fera place au jour
Théoly IV

« Mars 2019»
J’avais des défauts oui, comme tout le monde bien entendu. Mais je ne me considérais pas comme difficile loin de là. Côté bouffe tout m’allait ou presque et j’adorais goûter de nouvelle chose. Si un jour Elise voulait m’emmener dans sa famille en France, je serais la première à vouloir goûter toutes les spécialités. Alors non son excuse ne fonctionnait pas et il le savait très bien. Il n’y avait qu’à voir son sourire pour voir que lui non plus ne croyait même pas en ce qu’il disait. Il finissait par reconnaître que j’avais raison, néanmoins il ajoutait un mais, m’arrachant au passage un nouveau sourire. Je levais les yeux au ciel lorsqu’il parlait d’invité de marque. Je n’étais rien de plus que moi. Sélénya Macmillan, celle qu’il connaissait depuis que j’étais petite et je n’avais pas spécialement changé en dehors de ces deux ans où j’ai été enfermée… « Oh… Oui comme si c’était mon genre. » Pouffais-je alors simplement.  Comme si j’allais penser ce genre de chose pour une simple question… Mon regard croisait le sien complice, je savourais ce moment que nous partagions et qui était si simple… Même si la remarque d’après m’avait tout de même un peu perturbée et il s’en était apparemment rendu compte puisqu’il reprenait assez vite la parole. La tendresse dans mon regard revenait vite. Bien sûr qu’il n’avait pas voulu me blesser et dans le fond, je le savais… Cela avait juste été un mauvais réflexe, quelque chose que je ne gérais pas du tout…

« Je sais… » Murmurais-je dans un soupire en lui souriant doucement. « C’est moi, j’ai encore un peu de mal avec ça. » Mais ce n’était pas sa faute et même si je lui avais déjà parlé de ce complexe, il était humain comme n’importe qui et il ne pouvait pas y penser tout le temps non plus. Non c’était à moi de réapprendre à mieux gérer tout ça… Et puis… Venant de quelqu’un d’autre, peut-être que je n’aurais même pas cillé… Mais venant de lui, sachant ce que je pouvais éprouver pour lui… Bien évidemment qu’il y avait cette part en moi qui avait peur de ne pas être assez jolie pour lui. Mais ça évidemment, je ne pouvais pas lui expliquer, ce serait me vendre d’avantage et aucun de nous deux n’avions besoin de cela. L’atmosphère s’allégea assez rapidement tandis que nous prenions notre petit déjeuner ensemble. Et peut-être qu’elle aurait pu rester ainsi, mais les paroles de Théo venaient rembrunir le paysage et en même temps… Est-ce que je pouvais lui en vouloir de poser des questions ? De s’inquiéter pour moi ? Bien sûr que non, mais sa question en soulevait d’autre qui me faisait de la peine et je faisais de mon mieux pour prendre sur moi et me contrôler. Mais il n’y avait rien à faire je n’étais pas aussi douée que lui. J’arrivais au moins à ne pas pleurer et c’était déjà un miracle en soit…

La question était combien de temps est-ce que j’allais encore tenir ainsi ? A faire comme si de rien était ? A le regarder dans les couloirs, à lui parler tous les jours comme si nous étions de simple amis tout en sachant les sentiments qui nous unissaient… A croire qu’ils allaient s’éteindre un jour… Sauf que ce n’était pas le cas… C’était de pire en pire et m’éloigner de lui nous ferait souffrir tous les deux… Je finis par m’excuser, parce que mes pieds étaient peut-être venus ici sans me demander mon avis et peut-être qu’il avait accepté que je reste, mais… Je ne voulais pas qu’il ait des ennuis à cause de moi. Je ne voulais pas que qui que ce soit se rende compte de ce qui pouvait se passer entre nous et qu’il perde son emploi. Et pas parce que je ne pourrais plus le voir, mais simplement parce qu’il ne méritait pas que ça lui arrive. Parce que je me rendais compte qu’avec les sentiments que j’avais pour lui j’étais de plus en plus en train de nous foutre dans la merde… Je ne m’attendais pas à ce qu’il se lève, je ne m’attendais pas à ce qu’il vienne près de moi afin de tourner ma chaise. Bon sang il était trop près, beaucoup trop près… Et pas parce que j’avais peur qu’il me touche loin de là, mais parce que mon regard tombait sur sa bouche alors qu’il tentait de me rassurer et que je n’avais qu’une envie… Me jeter dessus… Je me mordais la lèvre pour me retenir, écoutant alors attentivement ses paroles et remontant le regard dans ses yeux pour éviter d’être tentée, même si ce n’était pas beaucoup mieux. Je n’eus pas le temps de répondre qu’il reprenait de nouveau la parole, avouant que lui aussi avait peur de ce qui pouvait arriver… Il fallait que l’on soit prudent, très prudent, même s’il ne se passait rien entre nous. Je n’étais pas seulement désolée d’avoir fait des cauchemars et d’être venue ici… J’étais également désolée pour ce que j’éprouvais, même si c’était réciproque, parce que sans tout cela se serait tellement plus simple… Sauf que les mots restaient bloqués dans ma gorge. Je gardais un moment le silence sans trop savoir quoi répondre… Ce fût lui qui me venait en aide, je ne savais pas s’il avait lu dans mes pensées ou non, mais j’hochais la tête à l’affirmative lorsqu’il proposa de faire comme si tout allait bien. Après tout, nous faisions déjà cela depuis la veille, nous pouvions le faire un peu plus n’est-ce pas ?

« Oui, tu as raison. » Répondais-je alors dans un murmure. Je tentais de sourire timidement tout en lui en étant reconnaissante d’être aussi compréhensif. Comment ne pas tomber amoureuse encore d’avantage ? Je sentais mon cœur battre encore plus fort. Doucement je tentais de manger à nouveau, forçant ma gorge à se dénouer. De toute façon nous n’avions aucune solution, alors profiter de cet instant jusqu’à ce que je sois obligée de retourner dans la réalité semblait être la meilleure des solutions…

(c) DΛNDELION


     
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Si toi tu es près de moi, la nuit fera place au jour ∞ Théoly IV
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