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De profundis clamavi ✘ utakata & érebos :: Three Broomsticks :: Pensine :: Les RPs
Érebos Asclépiades
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Mar 15 Jan - 13:30
De profundis clamavi
utakata & erebos
12.01.19 13h58, samedi 12 Janvier 2019. Mon élève n'est jamais en retard. Si bien qu'il viendra frapper à ma porte dans deux minutes exactement. Le temps pour moi de remplir une théière d'eau, et de la mettre à chauffer pour préparer le thé. Mon bureau est rangé, comme d'habitude chaque chose est à sa place. Sauf la table basse légèrement décalée, mais c'est tout à fait normal et fait exprès. Elle doit être décalée de la sorte. Ne me demandez pas pourquoi, c'est comme ça, pas de raison particulière. Aujourd'hui j'ai prévu du thé au Jasmin. J'espère que ça lui rappellera le pays. C'est Takahiro qui m'en a envoyé par hibou la semaine dernière. On deal du thé ensemble, lui m'en envoie du Japon et moi je lui en envoie du Royaume-uni. Je m'entendais particulièrement bien avec le professeur d'astronomie de Mahoutokoro, ce vieux japonais un peu bossu qui avait l'air d'avoir au minimum 200 ans, par jambe, hors taxes. Je me suis toujours demandé quel âge il avait exactement, sans jamais oser le lui demander. Il avait eu un peu de mal avec moi au début. Surtout parce que je ne suis pas Japonais, il a fallu un temps d'adaptation à tout le monde à l'école, surtout aux parents d'élève qui avaient exprimé leur inquiétude face à ma présence dans l'école. Mais quand après deux ans tout le monde a constaté que je ne faisais pas de vagues et que je respectais leurs coutumes sans poser de questions, ils ont fini par m'accepter.

C'est ça qui est important là-bas j'ai l'impression. Ils n'ont pas vraiment l'habitude des étrangers, ne connaissent pas grand chose en dehors de leur archipel. Alors il faut leur montrer qu'on les respecte, qu'on les accepte et qu'on suit leurs coutumes et leurs usages poliment sans poser trop de questions embarrassantes. Heureusement... J'avais des cours de langue privés avec Asami, la jolie bibliothécaire de l'école. C'est d'ailleurs à cause d'elle que j'ai terminé là-bas, dans ce pays que je ne connaissais absolument pas. Comme tous les occidentaux, tout ce que je savais du Japon étais assez limité : ils mangent des sushis, aiment les cerisiers et sont super bons au Quidditch. Finalement, après plusieurs années là-bas je me suis rendu compte que c'étais bien plus que ça. Même si ces trois clichés sont plutôt vrais.

A la rentrée comme tous les ans, j'ai feuilleté les dossiers scolaires des nouveaux répartis dans ma maison. Surtout celui d'un petit Japonais, dont le nom ne m'étais pas inconnu, même si quand il a débarqué je ne l'ai pas reconnu. Un peu comme moi, il a radicalement changé après avoir terminé sa septième année. Piercings, tatouages, cheveux colorés. J'avais du mal à croire que c'étais bien lui, le petit Taira un peu rondouillet qui avais les lunettes en cul de bouteille et un peu d’acné. Remarque le changement pour moi a aussi été radical. Piercings, tatouages sur tout le corps, allure inquiétante, si bien que ma mère a failli faire une syncope avant de dire que j'étais très effrayant, et qu'elle étais fière de moi. Mais il s'est avéré que Utakata n'a pas changé que physiquement. J'ai épluché son relevé de notes, et il a continué à progresser après mon départ. Des résultats très bons en défense contre les forces du mal, sortilèges et potions. Un peu moins en métamorphose, mais je suis certain qu'il fournissait tout de même des efforts. Quand j'ai vu qu'il avait rejoint le cursus de défense magique, j'ai été réjoui. Le petit a bien grandi. Et le fait qu'il soit dans ma maison m'a rempli de joie également, c'est un bon élément, qui saura redorer notre image.

Toujours est-il que du coup, depuis la rentrée, nous prenons le thé ensemble tous les samedi ou presque. Parfois il a du travail, moi aussi, alors nous décalons à la semaine suivante. Il a un examen la semaine prochaine mais a demandé à me voir tout de même pour me poser quelques questions. A force, il sait très bien que je suis au courant de pas mal de choses, surtout en ce qui concerne la magie noire. Héritage familial oblige. Alors, il a pris l'habitude de me demander ces choses-là. Ces questions qui gênent les autres, qui assument tout de suite que vous êtes un mangemort si vous vous intéressez à ce genre de magie, alors qu'en fait... pas du tout.

Dire que je suis parfaitement blanc et dénué de tout pêché serait mentir. Mais JAMAIS je ne rejoindrai les mangemorts. Disons que j'ai mes propres raison, mais que surtout, c'est à cause d'eux que j'ai perdu un être cher. Très cher.

14h pile. J'entend frapper à la porte. J'esquisse un sourire et part enlever Macabre qui a décidé de s'installer sur la clanche de la porte, surement pour m'embêter. Une fois mon boa autour du bras, j'ouvre donc et offre un sourire à mon élève avant de le laisser entrer. « Installes-toi, le thé est prêt. Thé au Jasmin aujourd'hui. J'ai aussi préparé des gâteaux à la pomme et à la cannelle.  » Je suis un homme plein de talent insoupçonnés. Et la pâtisserie m'occupe et m'aide à arrêter de trop réfléchir. Si bien que ma femme a pris dix kilos à force, quand elle m'a forcer à rentrer du Japon.   
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Utakata Taira
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Dim 20 Jan - 19:14
De profundis clamavi
utakata & erebos
12.01.19
Ce serait mentir que de dire que je n'attends pas cet instant avec impatience depuis quelques jours. C'est toujours le cas de toute façon, tous les samedis qui arrivent je trépigne à l'idée de rejoindre le château de Poudlard, loin en Ecosse. Ce n'est pas tant le lieu qui m'intéresse, plutôt la personne que je m'en vais rejoindre. Le professeur Asclépiades est après tout ce qui se rapproche le plus d'un ancien ami...et pourtant, ça me fait toujours bizarre de me dire ça parce qu'il reste un de mes anciens professeurs, quand bien même c'était il y a longtemps et que nous n'avons pas tellement d'années d'écart. Un peu plus de dix ans, ça peut paraître beaucoup pour la plupart des gens, mais en réalité lorsqu'on arrive à l'âge adulte il est courant de rencontrer des personnes bien plus âgées. Ma famille en est un très bon exemple ; les couples sont disparates, certains sont même presque malsains quand on sait que l'écart d'âge entre les deux protagonistes est supérieur à trente ans. Oui, trente ans ! Alors imaginez bien que dix petites années ne sont rien pour moi, et c'est pourquoi je ne peine pas tant à discuter tranquillement avec ce professeur. Le problème est plutôt que nous avons été en contact d'une autre manière lorsque j'étais plus jeune, j'ai du mal à passer outre malgré sa demande. Le tutoyer, l'appeler par son prénom...je n'y parviens que depuis peu après plusieurs semaines d'efforts, mais je n'en suis pas mécontent. Au moins, j'essaye !

Je m'habille de manière extravagante aujourd'hui, comme chaque weekend. Je tente d'être un minimum sobre pour les cours parce que j'ai toujours cette séparation dans ma tête entre le travail et le loisir, même si s'habiller comme on aime n'est pas franchement un loisir normalement. Ca doit être l'éducation japonaise, ça y joue beaucoup...être toujours présentable lorsqu'on étudie, comme si on allait à un entretien d'embauche. Bon certes, avec mes piercings et mon maquillage certes moins lourd mais tout de même présent, je n'ai rien de très présentable...mais comparé au weekend, c'est un progrès considérable. Au moins, je sais que le professeur Asclépiades, ou devrais-je dire Erebos, ne me juge pas à ce niveau-là. Un garçon qui se maquille ? Quelle idée! Mais si le professeur en question se maquille également, il ne pourrait faire de réflexion sur cette habitude, n'est-ce pas ? C'est pour ça que je me lâche autant le samedi, parce que je sais que je ne recevrai pas de regards en coin ou n'entendrai de murmures désobligeants sur mon passage. Enfin si, peut-être sur le chemin de son bureau, mais je m'en fiche...après tout, je ne suis pas au collège, j'ai terminé cette partie de mon apprentissage et ce que pensent quelques mineurs de moi, je m'en fiche. En plus je trouve qu'on va plutôt bien ensemble, le professeur et moi-même, avec nos looks différents de la norme. Je suis juste...beaucoup moins maniaque que lui, largement.

Chaque samedi, je ne viens pas les mains vides le voir. Ou plutôt la tête vide. J'étudie beaucoup, souvent des choses qui n'ont aucun rapport direct avec mes études officielles. Sauf que...je n'ai pas le droit d'accéder à la réserve de la bibliothèque, aussi certains sujets évoqués vaguement dans un bouquin tout public se trouvent inaccessibles pour un petit étudiant comme moi. Mais le professeur est très intelligent, surtout très curieux lui aussi ; il a beau n'enseigner que la défense contre les forces du mal, je me suis vite rendu compte qu'il écumait les bibliothèques comme moi. Sauf que lui n'a absolument aucune restriction...résultat, il peut apprendre bien plus de choses que moi. Nous aurions pu être classés chez les bleus, les Serdaigle si je me souviens bien du nom...c'est apparemment la maison de ceux qui sont curieux et intelligents, mais je trouve que c'est surtout la maison des grosses têtes aux chevilles enflées. Un peu comme Hyacinthe déteste les rouges, j'ai beaucoup de mal avec les bleus. Heureusement, monsieur Asclépiades est dans la même maison que moi...il est même mon directeur, c'est presque gênant de venir prendre le thé avec lui du coup. Mais ce n'est pas si grave, au final c'est un peu comme passer l'après-midi à la bibliothèque, mais en bien plus agréable puisqu'il y a quelqu'un avec qui discuter, faire des réflexions sur des sujets particuliers...mais également manger des petits gâteaux ! La gourmandise parle souvent pour moi, là plus que jamais. Les pâtisseries des elfes de maison de Poudlard sont délicieuses, et se marient à la perfection avec le thé que mon...ami... ? Choisit toujours avec soin.

Deux heures tapantes. Deux heures de l'après-midi évidemment, pas du matin...qu'est-ce que je foutrais ici en pleine nuit, franchement ? Je frappe à la porte de son bureau, et n'attends pas plus de quelques secondes pour voir le panneau s'ouvrir devant moi. Il m'attendait, c'est évident. Je crois qu'il aime beaucoup notre petit rituel lui aussi, peut-être parce qu'il se sent seul ici...enfin je crois qu'il a des amis parmi les professeurs, surtout monsieur Harrison qui pourtant semble être totalement son opposé. Bah, on dit que les contraires s'attirent, non ? En tout cas, je ne sais pas si je suis le seul élève avec qui il a une relation, et par relation j'entends seulement quelque chose de cordial et pas amoureux. J'ai déjà un homme dans ma vie...lui ? Je crois qu'il est marié avec un gosse, mais qu'il s'en fout totalement. D'ailleurs chose amusante, c'est lui qui m'a aidé à m'occuper du cas « Hyacinthe Chang en période d'examen » avant les vacances. Comprenez par là qu'il a soudoyé le professeur de potions de Poudlard pour avoir les ingrédients nécessaires, et a préparé un somnifère puissant qu'il s'est empressé de me donner pour sauver la vie du blond. J'étais surpris au début, mais...il avait fait la même chose à l'époque de ses ASPIC, cette période où Hyacinthe était d'autant plus insupportable avec lui-même et avec les autres. Je crois qu'il n'a eu qu'un Effort Exceptionnel dans une matière, le reste étant des Optimal...mais c'est un échec cuisant pour lui, aussi il s'est mis en tête de se buter aux révisions avant chaque examen. Et moi, je m'occupe seulement de l'assommer de temps en temps pour qu'il n'aille pas réellement tuer des gens simplement parce qu'ils ont osé lui adresser la parole. Je ne suis pas certain de pouvoir tenir comme ça deux fois dans l'année...

« Bonjour, Erebos. Tu m'attendais à ce que je vois ! »

Je le salue par habitude, une vieille coutume de mon pays quand bien même nous ne faisons pas de manières entre nous. J'entre comme il me l'a demandé, esquissant un sourire à l'odeur agréable qui flotte dans l'air. J'aime beaucoup cet endroit. Plus encore que certains lieux de l'université, à vrai dire. Je me sens presque chez moi...il faut dire que malgré son éloignement du Japon, il a conservé quelques tics et objets du quotidien qui me rappellent la maison. La nostalgie parle, c'est certainement ça...en tout cas, je me sens à ma place ici, entre les vieilles habitudes et l'apparence de mon hôte. C'est pour ça que j'aime autant les samedis.

« Ca a l'air parfait ! Ta semaine s'est bien passée ? Pas trop d'élèves dissipés cette fois ? »

Je me souviens que la semaine dernière, ce n'était pas tout beau tout rose de son côté. Il a des hauts et des bas, comme n'importe qui, et...parfois, il a du mal à supporter les élèves qui semblent se foutre totalement des cours et s'intéressent seulement aux conneries qu'ils pourraient faire dans le château.

Avant même que je ne reçoive une réponse, je sens quelque chose de souple glisser sur mes cuisses. Je sursaute légèrement, mais ce n'est qu'un simple boa bicolore...oui, ça pourrait paraître flippant et étrange, mais je connais bien ce serpent. D'ailleurs, lui me connaît bien également...ou devrais-je dire elle, puisqu'il s'agit d'une demoiselle.

« Ah, Macabre ! Je me demandais où tu étais passée, ma jolie. »

Je souris en la caressant du bout des doigts, comme elle semble apprécier. Cet animal en faisait fuir plus d'un à Mahoutokoro, et j'ai même entendu la bande de Li parler de l'envoyer dans la mer pendant une tempête...mais elle sait se défendre seule et ne quitte de toute façon jamais le professeur, aussi ces idiots n'ont pas eu le temps ni le cran de mettre à exécution leurs idées nauséabondes. Moi ? Je l'ai toujours aimée, dès le premier jour. Et en plus, Erebos peut lui parler et la comprendre ! Quand j'ai appris pour son don, j'en ai été d'autant plus fasciné. Ce professeur pourtant si différent des autres m'attirait irrémédiablement...et je ne parle pas d'attirance physique ou sexuelle une fois de plus, j'ai bien trop de respect pour lui. Non...son esprit m'attirait. Je sentais que si nous brisions cette barrière élève-professeur qui s'était installée entre nous, nous pourrions avoir des discussions plus qu'intéressantes. N'avais-je pas raison à l'époque ? C'était le début des routines du samedi...même si nos routines à Mahou n'étaient pas aussi joyeuses. Mais c'est certainement grâce à lui que j'en suis là, alors je lui en suis reconnaissant. S'il ne m'avait pas donné de cours particuliers, je ne sais pas où j'en serais aujourd'hui...peut-être que brisé, au fond du gouffre et mon honneur bafoué par des années de harcèlement scolaire, j'aurais fini par me suicider en bonne et due forme. C'est triste quand on y pense, mais c'est comme ça au Japon. Pas étonnant qu'on soit le pays avec le taux de suicide le plus élevé chez les enfants et adolescents, n'est-ce pas ? Je me souviens, quand j'étais encore là-bas, un garçon avait sauté du haut de la plus haute tour jusque dans la mer, à un endroit où les rochers étaient particulièrement escarpés et coupants. Evidemment, il n'a pas survécu, mais c'était le but. Nous étions tous un peu choqués, puisqu'il a fait ça en pleine journée devant tout le monde, mais élèves comme professeurs s'en sont très vite remis à l'approche des examens. Personne n'en a jamais parlé, personne n'évoquait le sujet. Mais moi, ça m'a marqué. Tiens, je me demande si le professeur Asclépiades était déjà là à ce moment-là...je sais qu'il faudrait que j'en parle à quelqu'un un jour, après tout, c'est quand même flippant de voir quelqu'un se donner la mort comme ça, surtout un camarade de classe. Mais je ne sais pas comment aborder le sujet. C'est plus facile de parler de magie noire que d'un suicide !

« Je suis désolé, j'étais un peu...ailleurs. Je repensais à Maho, il y a longtemps...mais c'est pas important. Enfin...je sais pas si je devrais en parler, j'ai l'impression que c'est un sujet tabou. »

Je soupire longuement et bois une gorgée de thé, un peu chaud pour moi. Autant aller jusqu'au bout, non ? J'en ai trop dit, et à la fois pas assez.

« Je repensais à...Ryûta. Je sais pas si tu étais là quand il a sauté dans la mer. Je crois que j'étais en deuxième ou troisième année...c'était juste avant les examens, alors tout le monde a fait comme si de rien n'était. C'est malsain comme réaction, je m'en rends compte quand j'y repense...mais à l'époque, ça me paraissait normal. T'en penses quoi, toi qui ne viens pas de cette culture ? »

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Érebos Asclépiades
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Lun 21 Jan - 12:27
De profundis clamavi
utakata & erebos
12.01.19 Assez étrangement, Utakata est l'un des rares sang-mêlés que Macabre supporte. Est-il vraiment de sang-mêlé d'ailleurs ? Tous ses ancêtres sont des sorcier plus ou moins, c'est juste qu'ils ne tiennent pas de généalogie, et que leur situation au sein de l'archipel Japonais est un peu... Particulière. La faute à un coup d'état raté il y a des centaines années, qui relayent les Taira modernes au rang de parias. En ayant vécu là-bas quelques années, j'ai appris tout un tas de chose sur leur culture, leur manière de faire. Au Japon, il faut rester dans les clous si on ne veut pas de soucis. J'avais l'excuse d'être étranger, alors... Il faut dire qu'ils ont laissé passer pas mal de choses, surtout au début, jugeant que c'était simplement de l'ignorance. Et c'était le cas. A force, j'ai fini par m'habituer à leurs coutumes, aussi étranges qu'elles soient à mes yeux.

Tout en m'installant avec mon ancien élève, je nous sert donc du thé et laisse mon Boa faire ce qu'elle veut. C'est un gros spécimen maintenant, mais elle n'est pas dangereuse car bien trop fainéante pour attaquer réellement un être humain. Elle ne fait que chasser dans la forêt interdite quand il ne fait pas trop froid, et a interdiction de toucher aux animaux de Poudlard. Je ne veux pas revire le drame causé par mon Boa, qui avait au tout début gobé le Hibou d'un jeune élève de première année. Cet après-midi, Utakata semble nostalgique. Tout en relevant mes manches pour prendre un gâteau, dévoilant au passage mes tatouages j'esquisse à mon tour un sourire fade. « Oui. Je venais à peine d'être titularisé quand c'est arrivé. » Autant dire que si je n'avais pas été formé au sein de Mahoutokoro, je ne serais sans doute pas un Professeur aussi sévère et demandeur. Ils visent l'excellence, dans l'école asiatique et le dur travail est perçu comme étant quelque chose de tout à fait normal, voire bénéfique. J'avoue sans mal que j'ai eu un choc, en reprenant mes fonctions à Poudlard, face au manque de discipline de certains élèves.

« Tu sais très bien que je suis un étranger. Je suis plus ouvert sur certains points, alors je ne vais pas te juger si tu as besoin de vider ton sac. » C'est vrai que j'étais probablement le seul Professeur à m'indigner du harcèlement scolaire. Avoir été victime de moqueries lors de ma propre scolarité y a sans doute jouer. A l'époque, je ne me défendais pas vraiment non plus, préférant me réfugier derrière Eddy ou rester avec des amis pour qu'on me laisse tranquille. J'avais pris l'habitude de ne jamais être seul, par mesure de sécurité. Ce qui ne m'a quand même pas empêché de finir en caleçon dans un placard. Alors quand j'ai su pour Utakata, j'avoue que je m'étais fortement indigné et j'avais pris les choses en main, prenant sur mon temps de repos pour m'occuper de lui donner quelques leçons particulières. Si ça n'avait pas été aussi mal vu et qu'il ne risquais pas l'expulsion à l'époque, je lui aurais sans doute appris quelques sortilèges et maléfices que beaucoup de sorciers, même en occident, jugeraient infâme. ça a ses avantages, d'avoir été à Poudlard au temps des Carrow. Je n'étais peut-être qu'en troisième année, mais Amycus Carrow nous avait fait mettre en pratique certaines choses jugées... Peu respectables. De même que les cours d'étude des moldus dispensés par sa soeur, Alecto Carrow qui à l'époque ne me choquaient pas spécialement. J'avais entendu le même genre de propos toute mon enfance sur les moldus et les sorciers de sang impur, j'avoue que je ne voyais donc pas spécialement le problème. Surtout cette histoire de commission de registration des nés moldus, pour moi c'était... normal, à ce moment là. C'est seulement bien plus tard que j'ai réalisé tout ce qui clochait dans mon éducation puriste.

« Nous étions allé cherché Ryûta-kun, quand il a sauté. Heureusement la météo était assez calme ce jour-là. J'étais descendu en balai, avec la capitaine de l'équipe des Cognards, je ne sais pas si tu t'en souviens. Honda-san, une fille à l'air austère mais courageuse. Il y avait aussi le professeur de sortilèges, Kurokawa-san avec nous. Honda-san et moi voulions à tout prix récupérer son corps, pour ne pas le laisser dériver. Par simple respect. » Surtout qu'au Japon, le respect des morts et des âmes est important. Je le comprend très bien, après tout... Mon frère aîné Phobos travaille dans ce domaine là, au sein du département des mystères. Il n'en parle pas, bien entendu tout est confidentiel et nous n'avons pas le droit de savoir grand chose. Mais je sais au moins à quel niveau du département il travaille, il est affecté à la chambre des morts. « C'était Asami-Cha.. san, qui avait prévenu les parents de Ryûta-kun. Ils étaient dévastés, d'avoir perdu un fils. Et malgré la pudeur nippone, sa mère n'a pas pu s'empêcher de fondre en larmes devant nous, en voyant le corps de son fils. On avait essayé de faire au mieux, pour qu'il ait l'air... Un minimum présentable pour ses parents, mais tu te doutes bien qu'avec une chute pareil... On ne pouvais malheureusement pas faire grand chose pour lui. » Surtout qu'aucun de nous n'était croque mort, et qu'au Japon ils ne pratiquement pas l'embaumement comme en occident. Certes, ils nettoient et habillent les corps pour les funérailles, mais ça s'arrête là. Je soupire longuement et souffle sur ma tasse tout en posant mes mains glaciales sur le mug pour me réchauffer.

« Il faut te dire que ce n'est de la faute de personne. C'était son choix. Il faut le respecter, même si c'est difficile. Si tu veux mon avis, ça demande du courage de se suicider. » J'ai beau y avoir songé, je n'ai jamais réussi à trouver le courage de le faire. Avec le recul, je me dis que ma lâcheté a été une bonne chose finalement. J'ai bien failli le faire, ce soir d'octobre 1998. Mais... Sans le savoir, en débarquant avec son téléscope, Livia m'a sauvé la vie et redonné de l'espoir en me montrant Charon en orbite autour de Pluton. « Du moins, c'est ce que te dirais un Japonais. Mais je ne suis pas Japonais. Je suis grec, et je trouve ça tragique de mourir si jeune. Dans mon pays, les auteurs antiques ont écrit beaucoup de pièces de théâtre dramatiques, où tout le monde meurt tragiquement à la fin, parfois en se suicidant. Mais c'est simplement une manière de rendre ça plus beau, plus... Romantique, si j'ose dire. ça n'enlève pas la gravité de l'acte en lui-même. S’ôter la vie c'est... je dirais que ce n'est pas la solution. J'ai beau ne pas être encore un vieux sorcier plein de sagesse, je sais déjà que ça finit toujours par s'arranger. »

Je souffle de nouveau sur ma tasse et regarde Macabre un instant avant de soupirer. Puis mon élève. C'est vrai que ça a du le marquer, de voir quelqu'un mourir comme ça. Il était encore jeune à l'époque, comme il l'a si bien souligné. Peut être en deuxième ou troisième année, effectivement. Et je suis bien placé pour savoir ce que c'est, de faire face à la mort de manière si prématurée. On est pas censé voir ce genre de choses, quand on est un jeune adolescent. C'est le pire des moments, car c'est à cet âge là qu'on se construit, que sa personnalité se créé. Heureusement, ça ne semble pas l'avoir traumatisé outre mesure. A moins qu'il ne cache ses sentiments, ce qui dans le fond ne m'étonnerais pas. C'est typiquement Japonais. Mais ensemble, Utakata et moi ne faisons pas usage du Tatemae, concept particulièrement étrange pour les occidentaux. Moi-même j'ai mis très longtemps à le comprendre, à m'habituer à cette règle tacite qui pourtant, fait partie intégrante de la culture Nippone. Je suis avant tout un homme méditerranéen. Nous sommes particulièrement honnêtes, tactiles, bruyants, séducteurs aussi. Tout l'inverse des Japonais en soi. « Ce n'est jamais beau de mourir. Les Gryffondor vont te dire que si tu meurt en héros au combat par exemple, ta mort sera honorable et t'apporteras le respect des autres. Mais a quoi bon, le respect et la reconnaissance post-mortem, ça ne t'apporteras rien à toi puisque tu ne seras plus là. Je sais que tu as encore du mal à bien comprendre ces histoires de maison à Poudlard, Utakata. Mais tu es un Serpentard. Et moi aussi. Nous sommes plus rationnels que des Gryffondors. Beaucoup dirons que nous sommes des lâches, mais nous avons plutôt le réflexe de nous protéger et de ne rien faire de stupide ou de dangereux sans y avoir réfléchi avant. Étrangement, ça n'empêche pas l'impulsivité parfois, mais je dirai que tu as de meilleures chances de survivre à une guerre en étant un Serpentard plutôt qu'un Gryffondor. Un Rouge iras se battre pour le prestige, un Serpentard le fera pour sauver sa peau ou les gens qu'il aime et iras se mettre en sécurité dès que possible. Parce que avouons le, ce n'est pas le but de mourir. Autant l'éviter. »

Cette conversation n'est pas la plus joyeuse que j'aie pu avoir avec le jeune homme. Mais la mort, il faut l'accepter. Elle nous touchera tous à un moment ou à un autre. On perdra tous un proche, de manière plus ou moins soudaine et brutale. Dans un monde idéal, tout le monde mourrai de vieilleisse bien tranquillement dans son lit sans souffrir, et entouré de sa famille. Mais nous ne vivons pas dans un mon idyllique. Je goûte finalement mon thé au Jasmin et m'essuie la bouche avec une serviette. « Ryûta-kun ne méritais pas de mourir. Mais ça n'a pas servi à rien. Avec son suicide au moins, j'ai un peu plus compris comment fonctionnaient les choses chez vous. Asami-chan aussi était indignée, alors... On a travaillé ensemble pour essayer d'arranger un peu les chose, quitte à nous rebeller contre le directeur qui ne voulais pas qu'on pose de affiches un peu partout pour dire aux élèves que nous étions prêt à les écouter s'ils étaient en souffrance. Il n'y en a pas beaucoup, qui sont venus nous parler. Mais le peu qui se sont déplacés ont survécu je suppose. Vous êtes Japonais, c'est mal vu d'exposer vos sentiments. Mais être Japonais ne signifie pas être dénué de sentiments. Vous restez humains. »
   
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Lun 11 Fév - 17:15
De profundis clamavi
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12.01.19
Discuter d'un sujet aussi sérieux en buvant tranquillement un thé dans un service typique au sein du bureau d'un professeur a quelque chose d'assez...étrange si je puis dire. Une sensation bizarre m'envahit, comme si je retombais en enfance à suivre cette histoire de loin. Le sujet n'ayant jamais été remis sur le tapis, je n'ai jamais pu savoir ce qu'il était advenu du corps de Ryûta. Mais apparemment, ils se sont fait chier à le récupérer...enfin...à tenter de récupérer tous les morceaux pour les recoller tant bien que mal. J'en frissonne rien que d'y penser. C'est horrible de faire ça...au moins si on utilise certaines potions ou un sort, le corps reste un minimum intact et la famille n'est pas obligée de subir ce choc de nous voir dans un état lamentable. Je ne sais même pas si le visage de Ryûta était intact...mais étant donné la chute qu'il a fait, ça m'étonnerait fort.

« Les suicides dans les œuvres littéraires sont courants aussi, enfin...je sais pas trop pour l'occident, mais je lisais pas mal de bouquins au Japon où au moins l'un des protagonistes se donnait la mort. Les autres comprenaient toujours ce geste, ils étaient même presque fiers qu'il en soit arrivé à là...comme si se donner la mort était une fierté. C'est à cause de l'histoire, ça...des samouraïs...mais franchement, tu crois qu'un élève faisait face aux difficultés scolaires est comparable à un type menacé de mort qui n'a d'autre choix que de se suicider pour empêcher son honneur d'être sali ? En quoi un honneur est bafoué quand on rate un ou deux examens ? »

C'est cette façon de penser qui me valait souvent beaucoup de réflexions à l'école et en-dehors, quand j'étais toujours au Japon. Il faut croire que malgré mon éducation, je suis plus proche des occidentaux que des japonais...enfin je pense de la même façon que le professeur Asclépiades tout du moins. La mort, c'est tragique. Il n'y a rien de glorieux à se la donner soi-même, rien de très prestigieux. Les traditions anciennes doivent être revues, abandonnées pour la plupart. A quoi bon garder cette façon de penser désuète dans une société qui a pourtant changé du tout au tout ? C'est ce qui nous causera à tous notre perte. Mais je n'ai rien à dire à ce sujet ; après tout, je suis un Taira. Je suis bien placé pour savoir que le gouvernement, surtout du côté de la magie, ne changera jamais rien des traditions. Sinon nous ne serions certainement plus persécutés de la sorte, n'est-ce pas ?

Je soupire longuement en jetant un coup d'oeil à l'extérieur par la fenêtre. L'hiver est déjà bien installé, pourtant le soleil haut dans le ciel n'est pas gêné par de potentiels nuages flottants. Le ciel bleu est presque éblouissant même lorsqu'on est toujours à l'intérieur, et pourtant...c'est rare, trop rare en Angleterre si je puis me permettre. J'ignore si je serais capable de m'y habituer un jour à cette météo pourrie, comme à beaucoup d'autres choses d'ailleurs. Les us et coutumes de ce pays, loin d'être aussi laxistes que je m'imaginais mais presque opposés à mes habitudes japonaises, sont tout aussi difficiles à assimiler. Je ne suis pas totalement japonais car je suis moi aussi pointé du doigt dans mon propre pays à cause d'une éducation plus juste, presque plus traditionnelle que celle imposée par le gouvernement. Je ne suis pas non plus occidental, car mon mode de pensée reste profondément asiatique malgré tout, et mes habitudes de vie ont parfois du mal à cohabiter avec ce qu'on me demande ici, dans ce pays individualiste à l'extrême. Alors que suis-je réellement ? Qui suis-je ? C'est une question à laquelle je n'ai pas encore de réponse, moi qui viens tout juste de me couper de mes racines.

« Je me souviens de ces affiches. Certains élèves comme d'autres professeurs les retiraient régulièrement par honte, par défi aussi parfois. On en parle pas de ce genre de choses, là-bas. On reste silencieux, on souffre en silence. Si tu n'étais pas venu me voir, si tu n'avais rien vu sur ce qu'il se passait de mon côté, je n'aurais jamais parlé. Pas même à l'infirmier qui me rafistolait régulièrement, et pourtant il était au courant que quelque chose ne tournait pas rond. Mais c'est comme ça que ça se passe, chez nous. Le silence est d'or, la parole signifie la perte de l'honneur une fois de plus. C'est comme avouer qu'on est blessé sur un champ de bataille, se dévoiler aux autres c'est leur permettre de nous détruire. Il est plus aisé de rester blessé dans son coin et s'achever soi-même. C'est ça, l'honneur. »

Cette discussion me coupe presque l'appétit. C'est d'imaginer le cadavre d'un certain garçon au fond de la mer qui me plombe le moral, mais c'est de ma faute évidemment. Je n'avais pas à mettre ce sujet sur le tapis.

« Parlons d'autre chose, veux-tu ? J'avoue que j'ai pas tellement envie de me transformer en Hyacinthe d'un coup... »

C'est gratuit, mais c'est la vérité. Hyacinthe est la parfaite définition du type qui se complaît dans son malheur, comme le dit si bien sa sœur. Aigri, toujours à faire la gueule, à se buter au travail et à noyer son chagrin inexistant dans l'alcool...parfois je m'en veux de penser ainsi, puis je me retrouve face à lui et me rappelle pourquoi ces pensées affluent dans mon esprit. C'est évident qu'il est malade, aussi je ne lui dis rien...mais n'hésite pas à donner raison à sa sœur lorsqu'il lui arrive, très souvent, de se plaindre de lui. Je termine mon thé, et croise les mains au-dessus de la table d'un air particulièrement sérieux.

« Il va me falloir de l'aide pour cet individu, d'ailleurs. Le même genre d'aide qu'avant les vacances. J'ignore ce qu'il lui arrive, mais j'ai l'impression qu'il commence à devenir parano...et il déteint sur moi. Nous nous sommes battus il n'y a pas si longtemps pour une connerie, nous avons fini à l'infirmerie...mais au moins nous savons maintenant que ça peut très mal tourner entre nous. »

Ca fait un moment que je n'ai pas vu Erebos, il n'est pas forcément au courant de tout et je m'en rends compte maintenant. J'ai beaucoup de choses à lui raconter...mais chaque chose en son temps. Je pourrais toujours lui dire plus tard, pour notre altercation des vacances.

« Il est perturbé ces temps-ci. Ne dort pas beaucoup, lui qui de base n'a pas le sommeil facile. Je crains qu'il finisse par devenir fou comme en période d'examens, mais...au quotidien cette fois. J'ai besoin de conseils, peut-être de potions au cas où ça ne fonctionne pas oralement. J'ai pas vraiment envie d'en venir aux mains une fois de plus, de risquer ma vie à chaque fois que je dois le calmer. Tu vois ? »

Je vois que le professeur m'écoute attentivement, au point d'en oublier son thé. C'est amusant de voir un grand gaillard comme lui s'intéresser aux histoires de cœur d'un élève. Mais c'est plus profond que ça...plus complexe aussi. Il a connu Hyacinthe avant moi, il sait donc ce à quoi je fais face. C'est pour ça que j'ai besoin de ses conseils...et peut-être de son influence. Je me vois mal me pointer devant le prof de potions, aussi cool puisse-t-il être, et lui demander de but en blanc un somnifère puissant à administrer de force à un autre élève. Quoique, peut-être qu'en entendant le nom de Chang il serait plus simple de voir mon souhait exaucé ?

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Érebos Asclépiades
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Mar 12 Fév - 0:01
De profundis clamavi
utakata & erebos
12.01.19 Ah, les histoires d'amour. Après avoir parlé de suicide et d'honneur, mon élève m'avoue être là pour son cher et tendre Hyacinthe. C'est une façon de parler, bien entendu. Le préfet en chef des Serpentard à l'université n'a rien d'un tendre. Il est même carrément rigide, mais mes élèves ont besoin de discipline parfois. Je sais que Chang, aussi imbuvable qu'il est restera impartial et connaît le règlement par cœur. C'est pour ça que je l'ai proposé comme préfet en chef également à l'université. Les élèves le déteste, mais il fait parfaitement bien son travail et est impartial, au point que beaucoup doivent penser qu'il ne dois pas avoir de cœur. Il pousse même le vice jusqu'à me faire un rapport détaillé de qui a fait perdre des points pour quoi, environ toutes les deux semaines. Grâce à lui, je sais qui fout la merde chez les Serpentard. Quand le Japonais m'avoue que le Chinois est en train de devenir fou de nouveau, je soupire et hoche la tête. « Il m'en reste. Attends. » Je me relève pour aller fouiller dans une petite armoire, et sors une fiole de somnifère. J'en ai d'avance, j'en ai besoin moi aussi parfois. J'ai le sommeil très léger, alors parfois, ça m'arrive d'en prendre aussi.

« Tu te souviens des doses ? Jamais plus que deux gouttes, sinon on va devoir le laisser dans le coma pendant plusieurs jours en attendant qu'il émerge. » On a des sacrés cas à Poudlard tout de même. Entre Chang qui a besoin de somnifères et un élève qui pionce dans les couloirs à cause de la narcolepsie... heureusement, Uta lui est à peu près normal, ça change des insomniaques et de ceux qui dorment trop. Voire même carrément en cours pour certains. Si j'excuse Deadman qui n'y peut rien, pour les autres, je n'ai pas de pitié. Au Japon ça n'arrivais pas souvent, un élève qui pionce en cours. Certains tombaient d'épuisement, je les excusais donc. Mais n'allez pas me dire que les élèves à Poudlard sont surmenés académiquement comme à Mahoutokoro. Je devrais en envoyer certains en stage là bas, juste un petit mois. Ils se rendraient compte que Poudlard ce n'est pas si terrible que ça...

Pendant que Uta range le petit flacon dans sa poche, je bois une petite gorgée de thé et observe Macabre du coin de l’œil, toujours installée sur Uta. Elle le préfère à moi quand il est là, puisqu'il est toujours chaud. C'est à croire qu'en plus de zozoter légèrement, j'ai moi aussi le sang froid comme les reptiles... « J'ai eu vent de votre querelle d'amoureux. Mais je suppose que ça s'est arrangé. » Ce sont des choses qui arrivent à tout le monde, de se disputer. Peut-être pas aussi violemment que ces deux-là, mais je ne suis pas spécialement étonné du résultat. Chang a un cœur de pierre paraît-il. Et Uta, même s'il ne parle pas de ses sentiments et ne les montre pas par pudeur nippone... je sens qu'il n'est pas comme ça. Et puis ce sont des garçons. Nous avons plus tendance à nous laisser aller à la violence que les filles, nous sommes différents. On aura beau dire ce qu'on veut, mais les hommes et les femmes ne sont pas les mêmes.

« Sinon je suppose que tes études se passent bien ? » Il m'avait confié que son petit copain l'aidais parfois à comprendre, en lui expliquant certains mots de vocabulaire. Je comprend la situation de Uta, j'ai été à sa place moi aussi quand j'ai débarqué dans son pays en bredouillant maladroitement quelques mots de Japonais de manière hésitante. Lui contrairement à moi, a eu le temps d'apprendre l'Anglais avant de venir ici. C'est un avantage certain, surtout pour ses études. J'avais peur qu'il soit complètement largué au début, à cause de la langue. Apprendre l'Anglais dans un mannuel et entendre les gens parler vite au quotidien, c'est deux choses très différentes. Mais les élèves étrangers qui intègrent l'université s'en sortent généralement assez bien. Je dois avouer que je suis soulagé, quand je vois des anciens élèves de Poudlard aider ceux dont l'anglais n'est pas la langue maternelle. Même si mes élèves m'énervent parfois ils me rendent tout de même fier. Comme cette jeune fille de Gryffondor, qui aidais une nouvelle arrivante à Serdaigle une fois dans la cour de la fac, en lisant un livre avec elle. Je ne sais pas trop d'où la demoiselle venait, mais en tout cas, elle parlais visiblement très mal l'Anglais !

« Tu sais que si tu as besoin de quoi que ce soit, tu peux me demander. Je suis là pour aider, c'est mon rôle de Professeur. Encore plus quand il s'agit de l'un des élèves de ma maison. » Je sais que Utakata n'a jamais trop rien compris aux maisons. Quand il est arrivé, on a limite du lui montrer quelle table c'était, Serpentard. S'il a appris l'Anglais correctement avant de débarquer, il ne s'est visiblement pas donné la peine d'en apprendre plus sur l'histoire de Poudlard. « Et je suppose que tu n'arrives toujours pas à dire Hufflepuff correctement... » Je le taquine en souriant et en rigolant. Mais je sais qu'il ne le prendras pas mal. C'est comme moi, quand j’essaye de dire 7時です il est sept heures en Japonais, c'est hilarant également. Mais ce n'est pas ma faute si j'ai la langue qui fourche !

Nous avons beau nous tutoyer et prendre le thé ensemble comme deux vieux amis, quand l'asiatique a des questions sérieuses sur ses cours de protection magique, nous savons rester polis et respectueux l'un en vers l'autre. La hiérarchie entre Professeur et élève s'installe de nouveau tout à fait naturellement dans ces moments-là. Surtout que je dispose de certaines connaissances, parfois mal vues. Il est au courant, et ne me juge d'ailleurs pas. J'estime qu'il n'y a pas de savoir tabou, ainsi... Il lui est déjà arrivé de me poser quelques questions sur la magie noire. Avec moi, mon élève sait qu'il peut parler librement, sans crainte d'être jugé.
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Jeu 14 Fév - 15:16
De profundis clamavi
utakata & erebos
12.01.19
Ah, il semblerait que mon ami soit bien équipé. Un œil extérieur pourrait trouver ça bizarre, cet espèce de troc que nous sommes en train de faire avec des potions qui pourraient mettre KO une équipe de Quidditch entière. Mais ce n'est rien de bien méchant...c'est un mal nécessaire pour obliger une certaine personne à fermer l'oeil la nuit. Je range précautionneusement la fiole dans mon inséparable sacoche, et acquiesce sérieusement à sa mise en garde.

« Ne t'en fais pas, je sans doser. J'étais plutôt doué en potions tu sais ? »

Ce n'est pas comme ici où j'aurais eu beaucoup de mal à suivre les instructions et ingrédients à cause de la barrière de la langue. J'avais des notes excellentes en sortilège par exemple, mais à cause de certains termes spécifiques que j'ai du mal à traduire et également à cause des différences de prononciation des sorts dans ce pays, je suis retombé un peu trop bas à mon goût et suis forcé d'étudier davantage que tous les autres. Comme quoi, c'est encore plus complexe qu'on pourrait croire de changer de pays sur un coup de tête !

« Hmm...on va dire que ça s'est arrangé. Mais c'est quand même stupide d'en être arrivé là simplement à cause d'une histoire idiote. »

L'histoire en question ? La jalousie de ma part. Une jalousie peut-être fondée en soi, puisque j'ai cru qu'il flirtait avec un type aux Trois Balais. Il semblerait qu'en réalité ce type le draguait bien ouvertement...mais que Hyacinthe, soucieux de ne pas me perdre, l'a repoussé comme il fallait. Je n'étais seulement pas au courant de ce dernier passage, ce qui m'a mis hors de moi. Heureusement que je n'ai pas été jusqu'au bout, n'est-ce pas ? J'aurais pu le tuer. De chagrin, hein. Mais j'aurais pu le faire. Finir en prison en Angleterre pour cette raison alors que j'ai un projet aussi important, c'est quand même la mort, j'avoue.

« Mouais...on va dire que ça se passe. J'ai du mal à suivre dans certains cours à cause de l'accent du prof, et j'ai toujours besoin de demander à Hyacinthe de m'expliquer des termes spécifiques alors que je les connais en japonais. C'est très frustrant. J'aimerais bien qu'il y ait un dictionnaire à la bibliothèque, même pas forcément quelque chose qui traduit de l'anglais au japonais hein, mais au moins un dictionnaire qui explique les mots anglais qui ne sont pas trop d'usage...j'en ai trouvé qu'un, et il expliquait les sorts en fait. Ca m'est aussi utile vu la différence entre les sorts d'ici et ceux du Japon, mais c'est pas...enfin...bref. »

Comme je m'y attendais, Erebos me propose son aide. C'était après tout le premier à le faire à Maho, et grâce à lui que j'ai pu m'en sortir sans trop de dégâts psychologiques je dirais. Mais maintenant je ne peux plus l'accepter. Je ne vais pas l'emmerder avec mes problèmes de compréhension alors qu'il n'est même plus mon prof ! Non, je vais trouver une autre solution, et de toute façon Hyacinthe me file volontiers un coup de main pour l'instant. Il ne me prend pas pour un débile, c'est le principal.

« Non, ne t'en fais pas...je vais me débrouiller pour le moment. Je pense demander de l'aide à un élève de ma filière, ils connaissent mieux le sujet que n'importe qui d'autre ! Et je dois surtout essayer de capter ce que le prof attend de nous. Tu sais, il paraît qu'il veut nous faire manier l'épée ! »

Ce type est taré, mais comme c'est un professeur, personne n'ose rien dire. Je ne sais même pas si les autres professeurs sont au courant de ce qu'il fait en cours...ni si le directeur de la fac l'est aussi, d'ailleurs. Si ça se trouve il n'y a que ses élèves qui savent ! Ce serait dangereux, surtout qu'il paraît que quelques années auparavant des mages noirs se sont déjà glissés dans l'équipe enseignante de Poudlard. Je grimace rien qu'en me souvenant des devoirs qui m'attendent à la maison ; je vais encore devoir squatter des heures à la bibliothèque, je le sens.

« Hey ! C'était gratuit ça ! En plus je commence à pouvoir le prononcer correctement d'abord, pfou-sfouslf. Pou-sfoule. Poul...chikushô. Pardon. Mais quelle idée d'inventer ce nom aussi ! »

C'est vrai quoi ! Ils pensent vraiment pas aux étrangers ici, à sortir des noms pas possibles ! Même nous au Japon qui sommes pas très portés sur les gaijin nous n'avons pas de noms aussi complexes. Et avec leur accent aussi...quelle horreur ! De toute façon je les nomme par leurs couleurs maintenant. Au moins je sais dire Serpentard, ce serait un comble puisque c'est ma maison. Serdaigle est aussi simple à prononcer. Les rouges...j'ai seulement du mal à me souvenir de leur nom, ça veut pas rentrer. Non, il n'y a que cette maison jaune qui me donne du fil à retordre !

« Par contre je suis désolé...mais je vais bientôt devoir y aller, le professeur Dolohov nous a donné une montagne de devoirs pour lundi ! J'ai déjà commencé à m'avancer mais il me reste pas mal de trucs à écrire...c'est rien de très compliqué, il n'a pas l'air trop porté sur la théorie mais plus sur la pratique alors ça va. C'est juste long. »

Je peux rester encore quelques minutes supplémentaires évidemment, je ne veux pas expédier notre petit rendez-vous comme lui l'a fait l'autre jour ! Mais ah, c'était particulier. Il en avait un autre qui suivait et...j'ai vite compris en quoi il était important. Nous discutons de tout et de rien en terminant ses gâteaux, puis vient déjà l'heure de se quitter. Le soleil se couche petit à petit à l'horizon, et j'ai promis à Hyacinthe de le retrouver devant la cheminée avant de partir. Je salue donc mon ami sur le palier de son bureau, le cœur léger d'avoir passé un bon moment, l'estomac peut-être un peu trop rempli avant le dîner. Bah, j'ai toujours de la place pour avaler un autre repas ! Hyacinthe dit parfois que j'ai un gouffre à la place du ventre, et peut-être a-t-il raison en soi.

Je me dirige tout juste vers la cheminée en question quand une silhouette sombre déambulant dans le couloir vide attire mon attention. Je fronce les sourcils, perturbé par cette vision étrange ; est-ce un élève ? Un professeur ? Est-il malade ? Ce n'est qu'en m'approchant un peu plus que je reconnais Thaddeus, mon ami à l'uniforme jaune qui me donne tant de fil à retordre.

« Hey, Thad ! Ouh là...ça a pas l'air d'aller... »

Il a l'air complètement mort, son visage reste impassible et ses yeux fixent droit devant comme s'il ne me voyait pas vraiment. C'est presque flippant de le voir comme ça, lui qui a toujours l'air joyeux quand je le croise...je remarque d'ailleurs immédiatement qu'il n'a pas son crabe domestique avec lui, qui aurait pu lui remonter le moral. Est-ce que ça a un rapport avec ça ?

« Viens, on va se poser vers les escaliers et tu vas me raconter tes malheurs. Tu as perdu ton crabe ? Ou c'est à cause du type de Pré-au-lard ? »

Je devrais déjà être devant la cheminée avec Hyacinthe, mais...j'ai le sentiment que ma place est ici, à supporter un ami qui a l'air au bout du rouleau. Mon amant peut bien attendre quelques minutes, quand même ! Je lui enverrais bien un hibou, mais Guruguru est resté à la fac. Tant pis. Je m'expliquerai plus tard...après tout, rien ne peut arriver de son côté, n'est-ce pas ?

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